FARIOLI - La sauce a pris
Avec 49 points sur 51 possibles, le FC Porto a réussi un début de saison exceptionnel. La greffe est réussie entre l’entraîneur italien et les Dragons.
14 Jan 2026 - L'Équipe
RÉGIS DUPONT
La semaine dernière, le FC Porto est parti quatre jours en stage en Algarve comme on passerait les fêtes de fin d’année entre proches. Femmes et enfants étaient convoqués, ainsi que quatre champions du monde U17 insérés dans la « famille » pour l’occasion. Un moment de cohésion pour un groupe dont c’est déjà le trait de caractère principal.
Toutes les équipes dominantes sont d’abord des formations qui défendent bien collectivement. Mais les Dragons ont affiché une expertise rare dans ce domaine au fil de leur première partie de saison, à 49 points pris sur 51 possibles. En Liga, ils n’ont encaissé que 4 buts en 17 rencontres. Un seul même, glissent leurs supporters, car dans le lot figurent 1 c.s.c. et 2 ballons déviés. Cette saison, le FC Porto finit en moyenne 3 matches sur 4 sans encaisser de but! Alors, au Portugal, les observateurs insistent sur le contraste entre la première moitié d’année civile manquée (38,5 % de victoires) et une seconde quasi parfaite (85,2%). Les premiers six mois de Francesco Farioli à la tête de l’équipe sont un triomphe et ont été récompensés comme tel : dimanche, le club a annoncé la prolongation de contrat du technicien italien (36 ans) jusqu’en 2028. « Une fantastique marque de confiance» , a réagi l’excoach de Nice sur le site du club.
Un schéma tactique et un homme de base bien connus de Nice
Une manière, aussi, de fermer pour de bon une année 2025 douloureuse sportivement comme sur le banc (évictions de Vitor Bruno en janvier puis de Martin Anselmi en juin), et bien au-delà. Le 15 février s’éteignait Pinto da Costa, le président battu aux élections une année plus tôt par André Villas-Boas et, le 5 août, c’est Jorge Costa, directeur du football du club après en avoir été le capitaine lors des conquêtes européennes de 2003 et 2004, qui était terrassé par une crise cardiaque. Sans parler du décès accidentel début juillet de Diogo Jota, révélé au haut niveau avec les Dragons.
Farioli bénéficie du mercato ambitieux de l’été (arrivées de Bednarek, Kiwior, Prpic, Alberto Costa, Froholdt, Rosario, Veiga, Karamoh, Sainz et De Jong), financé entre autres par les ventes lucratives de Galeno et de Nico Gonzalez il y a un an (110 M€ en cumulé). Mais il a incontestablement changé l’équipe, au-delà des joueurs. Les supporters niçois ne seraient pas dépaysés en observant ce 4-3-3 hyper organisé, cette obsession du contrôle du jeu et une charnière en forme de « mur polonais » formée par Jan Bednarek et Jakub Kiwior. Ils le seraient d’autant moins que l’ancien Aiglon Pablo Rosario, au milieu, est devenu un de ses hommes de base. Un jeu efficace, pas forcément spectaculaire, mais qui a réveillé l’esprit FC Porto.
Farioli suscite l’adhésion des troupes, au point que la récente prolongation du capitaine Diogo Costa jusqu’en 2030 serait en partie liée à sa présence sur le banc. Le public, lui, l’adore, malgré l’utilisation prudente de la pépite Rodrigo Mora (18 ans). Il attend juste que le jeune Italien démente sa réputation d’entraîneur d’une demi-saison: en 2023-2024, Farioli avait pris 35 points avec Nice sur la phase aller et 20 lors de celle retour, avant de voir le titre lui filer entre les mains avec l’Ajax au printemps dernier, alors qu’il possédait 9 points de marge sur le PSV à cinq journées du terme.
Pour éviter un fâcheux triplé, son président Villas-Boas, luimême sacré champion du Portugal alors qu’il n’avait que 33 ans, lui a alloué un renfort : Thiago Silva, 41 ans, a signé pour les six prochains mois à Porto.
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Mourinho sous pression
14 Jan 2026 - L'Équipe
R. D.
Il est déjà très loin, ce temps où José Mourinho vivait comme un quasi-succès le nul (0-0) obtenu au stade du Dragon, début octobre. Il dirigeait son cinquième match sur le banc de Benfica, il venait d’infliger au FC Porto son premier coup d’arrêt de la saison, et le retard sur le leader (4 points) paraissait encore surmontable. Depuis, il est passé à 10 unités et les Aigles, virtuellement éliminés de la C1 (25es actuellement), reviennent ce soir au bord du Douro, en quarts de finale de la Coupe, escortés d’une pression maximale. L’élimination en demi-finales de la Coupe de la Ligue contre Braga (1-3), mercredi dernier, a fait basculer le club dans la crise. Mourinho a décrété que les joueurs dormiraient la nuit suivante au centre d’entraînement. « Et j’espère qu’ils dormiront mal ou pas du tout » , a lancé, cinglant, le Special One. Son équipe est toujours invaincue en Liga mais elle peine à transformer ses phases de domination en buts. Mais Mourinho, bientôt 63 ans, a une excuse : il n’avait pas encore bénéficié, avant ces derniers jours, d’une semaine de travail complète avec l’ensemble de son effectif à disposition. Et les renforts attendus tardent à arriver.
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