Vingegaard veut sa vie en rose
Jonas Vingegaard n’a jamais participé au Tour d’Italie.
Il découvrira l’exercice le 8 mai.
Le Danois visera en mai une victoire au Giro, pour boucler sa collection des trois grands Tours.
14 Jan 2026 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO
LA NUCIA (ESP) – Passer son mois de mai en Italie est une invitation à toutes les douceurs et toutes les couleurs, à la flânerie, aux paysages qui s’éveillent à mesure que les jours s’allongent. Jonas Vingegaard n’a pourtant pas l’intention de traverser le Giro 2026 (8-31 mai) en mode dolce vita. Le Danois de 29 ans a une idée derrière la tête et il ne s’est pas fait prier pour la présenter hier, à La Nucia, devant les journalistes, ses coéquipiers et les partenaires de son équipe Visma-Lease a bike. Vingegaard a faim, il a des rêves et le dernier en date consiste à épingler à son tableau de chasse le dernier des t roi s grands Tours qui lui manque.
Le Tour de France, c’est fait, et même à deux reprises (2022, 2023), le Tour d’Espagne aussi, en septembre dernier, et le Tour d’Italie, donc, c’est pour bientôt. « Cela a joué un rôle dans ma décision, assure Vingegaard. J’ai déjà gagné en France et en Espagne. Maintenant, je veux faire la même chose en Italie. Cela fait un moment que je pense à faire le Giro. J’adorerais ajouter le maillot rose à ma collection. »
Jacques Anquetil, Felice Gimondi, Eddy Merckx, Bernard Hinault, Alberto Contador, Vincenzo Nibali et Christopher Froome sont à ce jour les seuls à avoir régné dans les trois pays. Tadej Pogačar ne figure même pas dans cette liste, chose rare lorsqu’il s’agit de records ou de performances historiques. Vingegaard n’aura d’ailleurs pas pu échapper aux commentaires acerbes qui expliquent sa présence en Italie… parce que Pogačar n’y est pas.
Le Giro pour monter en puissance jusqu'au Tour ?
« L’organisation a conçu un superbe parcours pour le Giro. Peut être pas aussi exigeant que ces dernières années, ce qui fait de la combinaison du Giro et du Tour une option favorable pour nous » , souligne Vingegaard. Le Danois a été surpris de constater, après étude de ses données 2025, qu’il n’avait pas souffert d’une baisse de régime à la Vuelta quelques semaines après avoir trimé sur le Tour. Et même que sa forme – hormis les deux fois où il est tombé malade en Espagne – avait continué à monter. L’idée que cela puisse être la même chose en 2026 avec le combo Giro-Tour a donc infusé dans son esprit et celui de ses dirigeants.
Le Giro et ses tifosi l’attendent maintenant de pied ferme sur leurs terres pour la première fois de sa carrière. Le 1er juin dernier, le Pape Léon XIV avait béni le peloton et son maillot rose, Simon Yates, et Richard Plugge, le manager de Visma-Lease a bike, en parle encore avec émotion et fierté. Vingegaard aimerait lui aussi voir Léon XIV dans les mêmes conditions, le 31 mai prochain. « Je sens que j’ai une motivation différente cette saison, peutêtre même quelque chose que je n’ai pas eu depuis plusieurs années » , glisse-t-il.
Pour l’aider à parler avec les mains, choisir la bonne pasta le soir à l’hôtel ou comprendre les cols italiens, Vingegaard pourra compter sur un petit nouveau chez Visma, Davide Piganzoli, transfuge de Polti, 13e du Giro 2024 et 14e l’an dernier.
« Cette année, je serai avec Jonas et je vais tout faire pour essayer de l’aider à le gagner, confie le grimpeur de 23 ans. Je suis très c o nt ent de la confiance que l’équipe a en moi et du potentiel qu’ils voient en moi. On va certainement essayer quelques ascensions des cols avant d’aller au Giro, mais si je devais lui décrire la course, je lui dirais que c’est très différent de ce qu’on voit d’habitude, notamment à cause de la météo. » Originaire de Morbegno, dans le nord de la Lombardie, Piganzoli ajoute et se marre : « Il y a aussi ces longues ascensions caractéristiques de l’Italie. Je pense que je pourrais l’aider là-dessus, mais globalement c’est plutôt moi qui vais apprendre de lui ! »
Commenti
Posta un commento