« L’un des Tours les plus durs à courir »


Vainqueur de son quatrième Tour de France, Tadej Pogacar qui se projette au moins jusqu’aux Jeux de 2028, reconnaît avoir souffert plus que d’habitude, physiquement et mentalement, pour s’imposer.

"Si je n’étais pas fatigué après 21 jours de course, 
il y aurait quelque chose qui cloche"

"Pour ma première participation à Paris-Roubaix, 
j’ai trouvé cette course dingue. Je veux revenir"

"Vous me verrez au départ du Tour 
l’an prochain pour défendre mon titre"

28 Jul 2025 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS

Au lendemain d’une étape encoreé puisante, le répit a été de courte durée et Tadej Pogacar, avec son équipe UAE Emirates-XRG, a quitté son hôtel à Dijon pour prendre la route vers Paris. «On n’est pas partis trop tôt, j’ai pu me reposer», a-t-il glissé en préambule de cet entretien réalisé au téléphone alors qu’il se trouvait avec ses équipiers. Durant vingt minutes, le Slovène de 26 ans, 4e de la dernière étape sur les Champs-Élysées, a pris le temps de revenir sur ces trois semaines éreintantes, àtoutpoint devue. 


Tadej Pogacar salue Jonas Vingegaard 
après l’arrivée au col de la Loze, jeudi.

- Comment vous sentez-vous après ces trois semaines de Tour de France?

Je me sens bien, c’est une sensation incroyable d’arriver à Paris avec le Maillot Jaune. Ce Tour, c’est un grand succès, à tout point de vue, et on peute nêtre fiers.

- Quel a été le moment décisif ?

C’est difficile de choisir un moment en particulier. Car l’ambianceau sein de l’équipe, la façon dont nous avons abordé ce Tour, unis, nous a permis d’atteindre notre but. Peut être que le chrono sur le plat (2e de la 5e étape le 9 juillet, à Caen, il prend le Maillot Jaune et repousse Jonas Vingegaard à 1’13”) a été un des moments les plus importants car j’ai su à ce moment que j’avais les bonnes jambes pour aller au bout. Et puis il y a bien sûr lesAlpesoùj’ai pucontenirtouteslesattaque set assurermapremièreplaceau classementgénéral.

- Comment décririez-vous votre relation avec Jonas Vingegaard, meilleure ou pire qu’avant ?

Je crois que Jonas s’est un peu plus ou vert cette année. Déjà au Dauphiné, on parlait de tout et de rien. J’apprécie la personneet j’aime courir contre lui. Dans le départfictif aujourd’hui, on a discuté de nos batailles ces cinq dernières années et à quel point onsetirevers le haut. Onest privilégiés d’avoir cette compétition entre nous.

- L’an passé, vous disiez avoir terminé le Tour dans de “très bonnes conditions mentale et physique”. Est-ce encore le cas?

Je termine avec une très bonne forme mais mon corp sapris beaucoup de coups. Il a besoin de récupérer car ce la a été un des Tours les plus durs à courir, pour tout le peloton. De la première à la dernière étape, c’était à fond, tous les jours. Il n’y a paseu de jours faciles (sourires). Mais mentalement, j’étais très bien.

- On vous pose la question car, sur ce plan, on vous a senti épuisé ces derniers jours…

Par ce que j’aieu beau coup de questions sur ma forme. J’ai répondu honnêtement que, oui, j’étais fatigué. Peut-être qu’il y aeu un jour où je me suis senti un peu moins bien, ce qui est humain. Vous ne pouvez past ou les jours être bien. Mais a près, tous les journalistes m’ont encore et encore posé la question. À la 19e étape (Albertville-La Plagne), j’ai en coreré pon du que oui, j’étais fatigué. Et l’étape suivante (Nantua-Pontarlier), c’était encore la même question. Evidemment que j’étais encore plus fatigué (sourires). Mais pour être honnête, l’étape de La Plagne (3e, à 2” du vainqueur, Thymen Arensman) a été très difficile. J’étais épuisé a près la course et les gens ne m’ont pas vu aussi heureux que d’habitude. Mais ce la me semble normal de ne pas avoir un grand sourire et d’être heureux tous les jours.

- Et on vous redemande si vous êtes fatigué… 

(Rires.) Oui, je suis fatigué et si les gensne le comprennent pas… Si je ne l’étais pas a près 21 jours de course, il y aurait quel que chose qui cloche. J’imagine que tout le monde esté puisé, vous aussi les journalistes comme tous ceux qui sont embarqués dans le Tour. Donc je pense que les coureur sont aussi le droit d’être fatigués (sourires).

- Un burn-out est-il possible ?

Ca pour rait m’arriver, bien sûr. Même si c’était le cas, je serais déjà content de ce que j’ai accompli. Dans le cyclisme, on est par fois trop obsédé par l’entraînement. On veut s’entraîner toujours plus et certains ont de la fatigue très tôt dans la saison. Et on continue dans ce cerc le sans jamais vraiment se reposer jus qu’à octobre. Et à partir de décembre, tout recommence.

- Les athlètes parlent de plus en plus de leur santé mentale. Vous sentez-vous concerné ?

La santémentale est importante engénéral,passeulementdans le sport. La pire des choses qui l’impacte, ce sont les réseaux sociaux, les médias, Internet, qui affectent notre confiance. Et dans le sport, nous devons y faire attention. Beau coup d’équipes travaillent avec des psychologues. C’est sûr que c’est dur d’être constamment sous pression de tous les côtés. Il faut enparler, accepterqu’il puisseyavoirun problème de santémentale, et si quelqu’une na un, iln’y a rien de mal à demander de l’aide.

- Quand avez-vous le plus profité de ce Tour? Lors de la première semaine?

Non, elle n’a pas été la plus marrante. Les étapes étaient vraiment agitées et brutales pour les coureurs qui jouaient le général. Il fallait être superconcentréet motivé, il y avait tellement d’attaques, de Visma notamment, c’était vraiment difficile. Il y avait toujours despièges. J’ai préféré la deuxième semaine (dans les Pyrénées). L’équipe a réalisé de grandes performances et creusé desécarts importants. La troisième a servi à assurer cette avance et à profiter du Maillot Jaune.

- Vous avez remporté votre 4e Tour, gagné la plupart des classiques, vous êtes champion du monde. Quelle course vous excite encore?

Là, j’attends avec impatience le Critérium de Komenda, chez moi, le 9 août, car c’est différent. Il me reste des objectifs d’ici à la fin de saison mais plus beau coup de courses. En suite, je vais couper, profiter de la période de reposet penser à préparer la suivante. Avec notamment Paris-Roubaix que je veux gagner. Cette année, pour ma première participation, j’ai trouvé cette course dingue, ma deuxième place était déjà incroyable. Je veux revenir.

- Combien de temps vous voyez-vous continuer dans le peloton professionnel?

Je ne planifie pas trop, j’ai encore un long contrat (jusqu’en 2030). Je ne pense pas arrêter tout de suite mais je ne me vois pas non plus pour suivre trop longtemps. Les Jeux de Los Angeles (en 2028) sont un de mes objectifs, ce qui m’amène à dans trois ans (il aura presque 30ans). Alors je commenceraipeut-être à penser à la retraite, onverra. Mais si je continue de rouler comme ça, avec une équipe aussi forte et un entourage aussi présent… Je ne m’intéresse pas trop à mon futur. J’essaie de profiter du moment.

- Donc vous serez bien au départ du Tour l’an prochain?

Le Tour est la plus grande course de vélo au monde. Mais elle cause aussi beau coup de stress. J’aimerais bien ne pas le disputer une saison pour m’essayer sur d’autres courses mais je sais que ce sera difficile. Donc, oui, vous me verrez au départ du Tour l’an prochain pour défendre mon titre, il y a de fortes chances.

- Egaler Eddy Merckx, Jacques Anquetil, Bernard Hinault et Miguel Indurain est une source de motivation?

Pas vraiment. J’ai atteint le point oùjemesuisprouvéàmoi-même que je pouvais avoir de grands résultats. Maintenant, j’essaie de me concentrer sur d’autres choses dans ma vie tout en profitant du vélo. Et si je bats des records historiques, ce sera formidable, mais ce n’est pas mon objectif »

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