CAN : le Maroc rêve d’un destin à la France 1998
GABRIEL BOUYS/AFP - Le défenseur marocain Achraf Hakimi face à l’attaquant tanzanien Selemani Abdallah lors du 8e de finale de la Coupe d’afrique des nations entre le Maroc et la Tanzanie, le 4 janvier, à Rabat.
Opposée au Cameroun en quarts de finale de la Coupe d’afrique des nations, la sélection marocaine avance sous le feu des critiques. Un contexte qui rappelle les Bleus d’aimé Jacquet.
9 Jan 2026 - Le Figaro
Baptiste Desprez
D’un côté, un sélectionneur critiqué pour ses choix et une équipe tancée pour sa piètre qualité de jeu. De l’autre, un public toujours enthousiaste mais souvent impatient. Au centre de toutes ses considérations, le rêve partagé par tout le Maroc de décrocher la Coupe d’afrique des nations à domicile. Ce serait du jamais-vu depuis 1976, seule victoire dans cette compétition des Lions de l’atlas. Cette mission reste plus que jamais d’actualité avec un quart de finale très attendu, ce vendredi face au Cameroun (20 h, bein Sports) pour un pays qui joue sa crédibilité sur plusieurs tableaux.
Côté terrain, après la demi-finale (perdue contre les Bleus, 0-2) du Mondial 2022, et sur le plan organisationnel avec en toile de fond la Coupe du monde 2030 co-gérée avec le Portugal et l’espagne. Autant d’éléments qui nous replongent vingt-huit ans plus tôt et rappellent la situation de l’équipe de France dirigée par Aimé Jacquet en 1998. Un technicien raillé par certains médias pour son style et ses choix de joueurs (Cantona, Ginola, Papin écartés), une sélection peu emballante en quête d’une première étoile et une pression folle avec l’attente monstrueuse de 65 millions de Français. Vous connaissez la suite…
Après la délicate qualification en quart de finale de la CAN lundi contre la Tanzanie (1-0), Walid Regragui (50 ans), natif de Corbeil-essonnes et biberonné aux exploits de Zidane et des Bleus, s’est permis une comparaison avec la bande de Jacquet. « Je me rappelle toujours parce que j’ai grandi en France, rembobine le sélectionneur marocain, cible de nombreuses critiques. En 1998, quand ils ont gagné la Coupe du monde, ils passent en huitième avec un but en or contre le Paraguay, en quarts (Italie), ils se qualifient aux pénaltys, et en demies, ils sont menés 1-0 contre la Croatie et c’est leur arrière droit (Thuram) qui n’a jamais mis un but de sa vie qui a mis deux buts. » Une manière pour le technicien, en poste depuis 2022 et qui a quasiment effectué toute sa carrière de joueur en France (Racing, Toulouse, Ajaccio, Santander, Dijon, Grenoble, Fleury-mérogis), de calmer les ardeurs d’un peuple qui réclame à sa sélection d’écraser tous ses adversaires. « Ce sont des scénarios qu’il faut qu’on apprenne quand on veut grandir en tant qu’équipe qui veut gagner les CAN », temporise-t-il, conscient de jouer gros vendredi soir à Rabat.
Un groupe talentueux
Au fond de lui, Walid Regragui, qui répète souvent son admiration pour Didier Deschamps dont il est proche, espère vivre une issue identique à celle de Jacquet en 1998. D’homme conspué à légende vivante. Pour y parvenir, il lui reste trois rencontres. Pas une de plus. Le moindre faux pas peut lui être fatal. « Il a la pression de tout un peuple qui s’attend à ce que la sélection marocaine embarque tout le pays, témoigne l’ancien ailier marocain Jaouad Zaïri, finaliste de la CAN 2004 et consultant pour bein Sports, diffuseur officiel. Être sorti en quart serait vécu comme une catastrophe, mais cette équipe a besoin d’un match référence car le talent est là. Ils sont capables d’aller au bout .»
En 1998, l’équipe de France, sans impressionner lors de la phase de groupes, n’a cessé de monter en puissance, passant par toutes les émotions dans les matchs couperets, avant de connaître l’extase face au Brésil (3-0). Si Regragui se fait souvent taxer de «Deschamps marocain » par une partie du public désireuse de voir plus de jeu, l’ancien milieu de terrain signerait pour un destin identique aux Bleus. «Le Maroc a les mêmes blocages psychologiques que la France et le sélectionneur par ses paroles veut montrer que personne ne gagne une compétition en se promenant du début à la fin, décrypte Nassim El Kerf, journaliste indépendant. Le personnage, le jeu, les choix, tout est critiqué ici. Cette équipe divise, mais Regragui obtiendra l’union grâce aux résultats. »
Avec des moyens sans précédent mis à disposition par la fédération, notamment côté infrastructures avec le complexe Mohammed VI qui file un coup de vieux à notre Clairefontaine, l’expérience du Mondial 2022, le retour d’achraf Hakimi, Ballon d’or africain, ou encore un groupe talentueux (Bounou, Mazraoui, Aguerd, El Aynaoui, Diaz, El-kaabi…) en dépit de la blessure du métronome Ounahi (ex-om)… Le Maroc coche toutes les cases pour enfin gagner une nouvelle Coupe d’afrique. Le retour d’hakimi - vraie icône locale - après sa blessure au PSG et titulaire dimanche, donne du baume au coeur à tout un peuple. «Si on compare aux Bleus champions du monde, Achraf c’est un mélange de Zidane, Deschamps et Henry, plaisante à peine Zaïri. Il défend bien, a un impact offensif et apporte son charisme ainsi qu’une mentalité de vainqueur. C’est une pièce maîtresse.»
«En se hissant jusqu’en demie au Qatar (Espagne et Portugal éliminés en huitième et quart), Regragui et la sélection ont écrit l’histoire et fait naître un espoir, plante notre confrère. Cette histoire ne sera complète qu’en cas de sacre à domicile après tous les moyens donnés pour réussir. » Là encore, la filiation avec France 1998 ressurgit. « Si Regragui remporte ce qui se fait de plus beau sur le continent africain, ce sera une légende comme Jacquet et Deschamps en France, admet le consultant. Il ne priorise pas forcément le beau jeu et le spectacle, mais pense d’abord à ne pas prendre de but, avoir une équipe solide car il sait qu’il a les joueurs devant pour faire la différence. » Une formule qui a fonctionné. En France et ailleurs. Le Maroc rêve qu’elle triomphe encore.
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Trophée des champions : insubmersible,
le PSG vient à bout de L’OM aux tirs au but
9 Jan 2026 - Le Figaro
C. R.
Enfin un titre pour L’OM, le premier depuis 2012 ? « C’est le chemin le plus court... mais pas forcément le plus simple », disait Leo Balerdi avant le Trophée des champions face au PSG, jeudi, au Koweït. Le capitaine marseillais ne savait pas à quel point il était dans le vrai... Les Marseillais ont touché le bonheur du doigt, le goût sur la langue. Et Paris a empoché la mise, l’égalisation de Gonçalo Ramos à une minute de la fin du temps additionnel et la séance de tirs au but, avec deux arrêts de l’homme du match, Lucas Chevalier (2-2, 4-1 tab). Troisième Trophée des champions consécutif pour le PSG, le 14e au total. Des Parisiens au mental d’acier, comme souvent, pour frustrer un bel OM au terme d’un magnifique Classique.
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