À l’école des légendes


Victor Wembanyama au dunk (22 points et 7 rebonds en 16 minutes) 
lors de la victoire contre l’Utah Jazz (134-130), dans la nuit de vendredi à samedi. 

À l’aube de sa troisième saison NBA, Victor Wembanyama semble plus affûté que jamais. 
Le fruit, notamment, de deux rencontres estivales avec les ex-grandes stars du parquet Hakeem Olajuwon et Kevin Garnett, qui lui ont permis d’enrichir sa science du jeu et sa force mentale.

13 Oct 2025 - L'Équipe
MAXIME AUBIN

SAN ANTONIO (USA) – Il nous avait habitués à enchaîner les tirs à 3 points à l’échauffement avant un match. Vendredi, une heure avant la rencontre de pré-saison face à Utah (134-130), Victor Wembanyama répétait inlassablement un nouveau mouvement autour de la raquette : prise de balle dos au panier, feintes de corps de chaque côté en se retournant, spin à gauche puis retour à droite pour perdre son défenseur et conclure d’un lay-up tranquille au cercle. Ce nouveau move, appris pendant l’été, vient encore enrichir l’arsenal déjà immense de l’intérieur français à l’aube de sa troisième saison. L’autre nouveauté, visible tous les jours depuis le début du camp de pré-saison, tient dans son rôle de leader vocal. «Il s’affirme de plus en plus. C’est notre meilleur joueur et notre leader» , confirme son entraîneur Mitch Johnson.

Autant de compétences que Wembanyama (21 ans) a peaufinées tout l’été, après sa blessure en février, notamment au contact de deux légendes NBA: Hakeem Olajuwon et Kevin Garnett. Chacun dans son style, les deux anciens intérieurs lui ont offert deux visions du même métier: la maîtrise technique et la domination mentale.

La première rencontre entre Olajuwon et Wembanyama remonte au 7avril, lors de la finale du Championnat universitaire de basket (NCAA) organisée à San Antonio. Assis à côté de l’ancien pivot de 62ans au bord du parquet, le Français en avait profité pour solliciter son aide. « Il m’a dit qu’il adorerait s’entraîner avec moi. Je lui ai répondu : “Mais tu as déjà tout”, raconte Olajuwon, double champion NBA avec Houston (1994, 1995). Il m’a rétorqué: “Non, non, non. Je t’ai vu jouer, et je voudrais connaître les secrets derrière tous tes déplacements.”»

Quelques semaines plus tard, « Wemby » avait rendez-vous en terrain ennemi, dans la banlieue de Houston, où la légende américano-nigériane dispose d’une salle de basket au coeur de son ranch, à Katy, à environ deux heure et demie de route de San Antonio.

Il a travaillé une semaine les fondamentaux avec Olajuwon

Les deux hommes ont travaillé ensemble pendant une semaine, notamment sur les fondamentaux du poste bas: les appuis, la lecture du jeu dos au panier et la finition des deux mains au cercle. Autant d’éléments qui ont fait la renommée d’Olajuwon, au point de donner son nom au lé g e ndai re « Dream Shake », le mouvement décrit en introduction.

« Patience » et « économie d’énergie » : tels étaient les deux mots d’ordre de ces sessions d’entraînement, où Olajuwon, a su s’adapter au profil atypique de son élève. «Notre concept n’était pas celui du pivot traditionnel, mais plutôt celui du meneur-intérieur, poursuit le MVP en 1994 avec les Rockets. Être capable de jouer à tous les postes, avec la liberté de créer à l’extérieur comme à l’intérieur, de faire un crossover ou un tir en suspension, sans gaspiller la moindre énergie face à quiconque, parce qu’il a l’avantage chaque soir sur tout le monde.» Un entraînement qui a visiblement marqué celui qui avait été élu rookie de l’année à l’unanimité en 2024. «Il bouge encore incroyablement bien pour son âge. Ses conseils paraissaient naturels. Même s’il y en avait beaucoup, j’avais l’impression d’en absorber un peu plus chaque jour. J’aimerais vraiment y retourner.»

Contrairement à Hakeem Olajuwon, Kevin Garnett a été le premier à s’adresser à Victor Wembanyama. Pas directement, mais au cours d’un podcast enregistré en janvier dernier, dans lequel il exhortait le Français à venir s’endurcir sur les playgrounds de Los Angeles à l’intersaison.

Une première prise de contact avec Garnett

Si les matches de rue de la cité des Anges, réputés pour leur dureté, attendront, le vice-champion olympique français a bien rendu visite à Garnett cet été. « C’était un premier contact et l’opportunité de le recontacter, d’entretenir une liaison» , explique le joueur des Spurs, qui a fait le plein de conseils auprès du « Hall of Famer ». « Aussi bien sur le basket que sur les relations humaines.»

Légende des Timberwolves et des Celtics (avec lesquels il a été champion en 2008), Garnett était connu pour son énergie folle et son trash talk. À 49ans, le natif de Caroline du Sud reste une grande gueule au charisme débordant.

« C’est vraiment passionnant… Il a une vision très particulière des relations en tant que leader, que ce soit avec les arbitres, les coaches, les coéquipiers ou les adversaires, développe Wembanyama. Il est très intelligent sur le plan émotionnel. Il a cette énergie, mais il sait la canaliser et l’utiliser de la meilleure façon ».

Autant de leçons précieuses de la part de deux légendes, qui devraient l’aider à franchir un nouveau cap pour sa troisième saison.

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NBA Saison régulière
MERCREDI 22 OCTOBRE
Oklahoma City - Houston LA Lakers - Golden State
JEUDI 23 OCTOBRE Charlotte - Brooklyn New York - Cleveland Orlando - Miami Atlanta - Toronto Boston - Philadelphia Chicago - Detroit Memphis - New Orleans Milwaukee - Washington Utah - LA Clippers Dallas - San Antonio Phoenix - Sacramento Portland - Minnesota

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