Le nouveau lieutenant de Vingegaard
Davide Piganzoli, la semaine dernière,
dans l’ascension du Blockhaus.
L’Italien Davide Piganzoli, 23 ans, est le coéquipier de luxe du Danois sur ce Giro, pour sa première année chez Visma-Lease a bike. Le Lombard découvre un autre cyclisme et continue de progresser.
«C’est un coureur très talentueux.
J’ai hâte de faire la suite du Giro avec lui»
- JONAS VINGEGAARD
23 May 2026 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO
VERBANIA (ITA) – Le jeudi au bord de la mer Ligurienne, le vendredi le long du lac Majeur un peu plus haut dans le pays, la vie italienne prend facilement les atours d’une carte postale et il n’est pas interdit de penser que ses habitants ont finalement mieux à faire que de penser à la Coupe du monde de foot qui se fera sans eux une troisième fois d’affilée.
Mais il est quand même toujours judicieux d’avoir un Italien dans son camp, et ce n’est pas XDS-Astana, qui a célébré hier à Verbania, le succès d’un très grand Alberto Bettiol, vainqueur pour la première fois depuis presque deux ans, qui dira le contraire. Ce ne seront pas non plus Jonas Vingegaard et les VismaLease a bike qui prétendront l’inverse.
Le Danois compte énormément sur Davide Piganzoli sur ce Giro, un gabarit fin (1,74 m; 61 kg) originaire de Morbegno, au nord de la Lombardie, appelé dans les rangs des Frelons néerlandais cet hiver. « Je pense que c’est toujours sympa d’en avoir un bien sûr, pour les gens qui applaudissent depuis chez eux sur ce Giro, mais ce que nous recherchions, c’était vraiment la meilleure équipe possible pour soutenir Jonas » , sourit Marc Reef, le directeur sportif de Visma.
Il était encore chez Polti l’an dernier, une toute petite structure
« Je serai avec lui en Italie et je vais tout faire pour l’aider à gagner, Je suis très content de la confiance de l’équipe et du potentiel que ses responsables voient en moi. »
Le Transalpin évoquait déjà les reconnaissances de certains cols du Giro, certain qu’il pourrait décrire millimètre par millimètre à son leader, les spécificités des longues ascensions, de la météo changeante à cette époque.
L’étape entre Aoste et Pila aujourd’hui, un gros morceau avec 4 200 m de dénivelé positif sur 133 km, sera l’occasion de voir le nouveau lieutenant de Vingegaard à l’oeuvre.
Une ascension rapide, pour celui qui était encore chez Polti l’an dernier, structure radicalement différente de Visma : « Je viens d’une très petite équipe qui employait, je pense, 40-50 personnes au total, et ici ils sont 250, c’est impressionnant. Il y a des personnes pour régler chacun de nos problèmes, toutes les discussions sont explorées dans le moindre détail. »
Il y a quelques jours, dans une de ses vidéos exposant les coulisses de l’équipe, le Belge Victor Campenaerts parlait de son coéquipier italien comme de la meilleure recrue de l’hiver pour Visma.
Piganzoli serait aussi une menace parfaite, tapie dans l’ombre du leader, mais prêt lui aussi à jouer des coudes au général. « Il a encore fait un pas en avant cette saison si on compare à l’année dernière, Les deux dernières années, il s’est battu pour terminer 14e et 13e du général alors qu’il n’était pas tout le temps avec le groupe des favoris, c’était à chaque fois des grosses performances. Nous croyons beaucoup en son potentiel. »
À Corne alle Scale, dimanche dernier, Piganzoli était allé chercher la troisième place derrière son leader et Felix Gall. Au Blockhaus, deux jours avant, il avait été d’une aide précieuse. « C’est un coureur très talentueux. J’ai hâte de faire la suite du Giro avec lui » , glissait Vingegaard il y a quelques jours, ravi de tout ce que Piganzoli lui apporte.
« Beaucoup d’équipes me voulaient la saison dernière, j’ai passé un hiver difficile pour faire le bon choix. Mais Visma était le meilleur endroit pour passer un cap dans ma carrière, confie encore l’Italien. Il y a de nombreux potentiels dans cette équipe, on peut se dire que c’est dur de s’y faire une place, mais les gens sont très faciles à vivre, tout le monde s’aide beaucoup. »
Piganzoli aura aussi sa chance, à la Route d’Occitanie (18 au 20 juin) ou sur les courses italiennes de fin de saison avant le Tour de Lombardie. « Je suis très fier de ce que j’ai pu réaliser avec Polti alors que l’écart de budget avec les autres était très important. Il fallait se battre tout le temps. J’ai énormément appris » , note l’actuel 13e du général.
Piganzoli continue à apprendre et son comportement, aujourd’hui, dans la vallée d’Aoste, aura une incidence certaine sur le maillot rose que Jonas Vingegaard devrait endosser à Pila.
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