Vauquelin les séduit tous


Kévin Vauquelin, hier, sur les routes entre Épône 
et Montargis avec son coéquipier Oscar Onley.

Arrivé cet hiver chez Ineos Grenadiers, le 7e du dernier Tour de France va pouvoir, dès aujourd’hui, démontrer sa bonne intégration et ses qualités de rouleur à l’occasion du chrono par équipes.

«Je suis sûr qu’il va faire un grand chrono par équipes. 
La puissance de Kévin est un atout pour nous»
   - IMANOL ERVITI, DIRECTEUR SPORTIF 
     D’INEOS GRENADIERS

10 Mar 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS

MONTARGIS (LOIRET) – Une journée dans le formol. Entre le zoo de Thoiry et les longues plaines d’un vert rendu psychédélique par les pluies des dernières semaines, le peloton a roulotté jusqu’à Montargis, où Max Kanter (voir ci-contre) a réglé le peloton.

Au moins, la plupart des équipes ont préservé leurs forces en prévision du chrono du jour entre Cosne-Cours-sur-Loire et Pouilly-sur-Loire (23,5 km), à quatre mois d’un exercice identique en ouverture du Tour (19 km), à Barcelone. Aujourd’hui, elles auront l’occasion d’éprouver leur cohésion et, sur ce plan, Kévin Vauquelin a réussi son intégration chez Ineos Grenadiers: « Je suis sorti de ma zone de confort. On est un peu stressé quand on ne connaît pas tout le monde, mais dès le premier stage, j’ai senti qu’ils étaient contents que j’arrive et qu’on travaille ensemble. C’était bien de découvrir autre chose, une autre mentalité. » Un changement d’échelle et de galaxie pour l’exArkéa. Sur les rouleaux, à l’arrivée lundi, le coureur de 24 ans débriefait avec Geraint Thomas le contre-la-montre de Tirreno-Adriatico et le doublé de ses coéquipiers Filippo Ganna-Thymen Arensman (voir page 23), sans rougir d’user de quelques idiomes en anglais (« Thymen is second? It’s fucking good »).

Déjà à l’aise en anglais

Avant de remercier Michal Kwiatkowski et Oscar Onley de l’avoir diverti de l’ennui du jour. Un vainqueur de la Grande Boucle (2018), un champion du monde (2014) et le 4e du dernier Tour, le Normand côtoie du beau monde depuis son arrivée chez les Britanniques mais, plutôt que de se cacher, il a exprimé sa personnalité sans complexe, fort, aussi, de sa saison passée (2e du

Tour de Suisse, 7e du Tour de France) que le public n’a pas oubliée puisque sa popularité n’a pas faibli ces derniers jours. « Avec son tempérament ouvert et social, c’est assez simple de vivre avec lui, remarque Gauthier Leheutre, responsable des kinés chez Arkéa et qui a pris sa roue chez Ineos. Kévin sait créer des liens, il est toujours à remercier ses coéquipiers, à se marrer malgré la barrière de la langue. »

En Suisse, en juin dernier, il nous avait sollicités pour traduire des questions d’une consoeur anglophone, aujourd’hui, il se débrouille comme un grand: « Il a vraiment progressé, appuie son kiné. Il n’a plus beaucoup de difficulté pour s’exprimer. » Quand les mots lui manquent, pour revivre un moment de l’étape avec Joshua Tarling, il use d’onomatopées imagées, de gestes que le Britannique mime à son tour. Avec Imanol Erviti, son directeur sportif pourtant francophone depuis son passage à la Caisse d’Épargne (2005-2010), ils échangent en anglais, et l’Espagnol a été surpris par son intégration rapide : « Au début, il craignait la barrière de la langue, alors qu’en réalité, il s’exprimait déjà bien. À la radio, il comprenait. Il a appris très vite. Pour les interactions, c’est important. » Débarqué comme lui cet hiver, Dorian Godon connaissait le « mec à l’aise à la base. Il ne parlait pas anglais mais cela ne l’affolait pas du tout, il commence à comprendre, cela fait son chemin. Il sera bilingue à la fin de l’année ( rires) ».

Formé sur piste au pôle espoirs de Bourges, ville qu’il retrouvera mercredi au départ de la 4e étape, Vauquelin n’est de toute façon pas venu pour réciter du Shakespeare. Au sein d’une équipe au savoir-faire reconnu, il est plutôt attendu sur ses aptitudes de rou- leur, dès aujourd’hui selon Erviti: « Je suis sûr qu’il va faire un grand chrono par équipes. La puissance de Kévin est un atout pour nous et, de notre côté, on lui a apporté notre organisation, notre matériel, l’attention dans tous les détails. Demain ( on essaiera de gagner mais surtout de se concentrer sur le process en vue du Tour. » 4 juillet, et après des sessions d’entraînement en décembre, « afin de trouver nos automatismes » (Erviti), le groupe a « roulé quelques heures sur un circuit automobile il y a deux jours, poursuit Godon. Sur Paris-Nice, c’est vraiment la première fois où l’on peut être tous ensemble, c’est un peu nouveau. C’est un exercice particulier, mais on a un collectif homogène et solide » . « On a une belle équipe sur nos forces actuelles, constate le Normand, coleader avec Onley et Carlos Rodriguez.

Mais c’est un chrono, on ne sait jamais ce qu’il peut se passer, la moindre erreur de cinq secondes peut vite mener à des pertes de temps. Après ce chrono, ce sera intéressant de savoir comment on se situe au général, et c’est un objectif de performer en vue du Tour de France. Je ne suis pas trop inquiet. » Pas vraiment le genre du garçon.

Commenti

Post popolari in questo blog

I 100 cattivi del calcio

Echoes' Cycling Biography #4: Jean-Pierre Monseré

Chi sono Augusto e Giorgio Perfetti, i fratelli nella Top 10 dei più ricchi d’Italia?