Et Dieu… reprit la femme
BRIGITTE BARDOT Tout feu tout femme
Révélée à 22 ans par Roger Vadim, sex-symbol du cinéma et de la chanson, Brigitte Bardot s’est éteinte non loin de La Madrague, à Saint-tropez, où elle vivait entourée de ses animaux.
La plus belle femme du XXE siècle avait eu le courage d’affronter le temps et ses blessures. Elle avait quitté de son plein gré le cinéma il y a cinquantedeux ans et depuis avait consacré toute son énergie à la défense des animaux. Elle s’est éteinte dans
« Portée par un courant que je n’ai pas maîtrisé,
ma vie a basculé, bousculant tout ce qui fut mon enfance et mon éducation »
- Brigitte Bardot
« Elle vit comme tout le monde en n’étant comme personne »
- Jean Cocteau Poète
« Je n’ai pas du tout apprécié Godard (…)
C’est un introverti, un homme qui a du mal à communiquer.
Le contraire de moi. Nous n’avons gardé» aucun lien d’amitié »
- Brigitte Bardot
Elle a fait beaucoup pour l’image de la France.
- Brigitte Bardot
Elle a fait beaucoup pour l’image de la France.
Elle est une femme française par excellence,
née dans les années 1930 dans un milieu bourgeois.
Elle devance son époque.
Elle ouvre les Trente Glorieuses




29 Dec 2025 - Le Figaro
Armelle Héliot
Bardot ! La Bardot ! Brigitte Bardot ! Qui prétendra qu’il y eut femme plus belle qu’elle au XXE siècle ? Femme plus sensuelle, plus rayonnante, femme à la démarche de sylphide - la danse classique lui avait donné une aristocratique silhouette -, femme au corps idéal, tout en courbes et déliés voluptueux, femme au port de reine, femme magnétique réveillant d’instinct hommes comme femmes -, car les femmes ont aimé Brigitte Bardot, et des générations l’imitèrent. Femme enfant avec son minois de chat - à la fin de sa vie, elle ressemblait à un très beau persan, visage large, nez court, regard pénétrant-, femme irrésistible avec sa moue boudeuse et son éclat de rire malicieux. Femme de rêve qui fit chavirer bien des hommes, de Roger Vadim à Serge Gainsbourg en passant par Jean-louis Trintignant, Sami Frey, Jacques Charrier, Gunter Sachs, tant d’autres. Jusqu’au moment où elle trouva le calme d’une vie loin des flashs ou des caméras auprès de Bernard d’ormale qu’elle épousa en 1992. Heureuse avec des moments de doute, jusqu’aux crises et au désespoir. Mais vaillante, battante, pugnace et hyperactive dans la défense de la cause animale. Elle est alors infatigable et d’un courage jamais en défaut.
Brigitte Bardot a quitté le cinéma en 1973. En 2010, une exposition de grande ampleur lui est consacrée au Musée des années trente à Boulogne-billancourt. N’en déplaise aux grincheux qui déversent des sarcasmes sans même avoir franchi le seuil des salles, cette manifestation montée par Henry-jean Servat et Tristan Duval doit être prolongée et attire non seulement les nostalgiques de sa génération, mais toute une foule de jeunes gens et de jeunes filles approchant enfin cette légende dans la rayonnante splendeur de sa beauté et dans l’énergie de ses engagements. Car les sections consacrées à sa lutte contre le massacre des bébés phoques comme à la Fondation Brigitte Bardot pour les animaux sont alors parmi les plus fréquentées.
C’est forte d’une filmographie très intéressante qu’elle a fermée sans regret le chapitre «cinéma» de sa vie. Elle tourne L’histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-chemise sous la direction de Nina Companeez. Turban sur la tête, elle accueille son agent, sa marraine attentive, Olga Horstig, et lui dit : «Qu’estce que je fais là avec ce machin sur la tête ? Je suis ridicule. Je ne tournerai plus. » Et plus jamais elle ne refait du cinéma. On est en 1973 et elle a tourné quarante-six films. Elle n’a pas 40 ans.
Il a fallu des années pour évaluer à sa juste mesure ce chemin et comprendre la particularité de son jeu. Dans les années 1970, malgré son parcours, il est encore de bon ton de moquer son jeu, sa voix traînante, sa candeur. Elle s’en moque comme d’une guigne. Elle entame une carrière de chanteuse après son torride 1968 passé à la Maison des arts, sur les quais de la Seine à Paris, avec son amoureux et pygmalion d’alors, Serge Gainsbourg qui lui laisse Initial B. B..
Celle qui n’a pas craint de jouer dans un film intitulé Une ravissante idiote sait, elle, où elle va. Elle n’a pas conscience de ce qu’elle va laisser dans l’histoire du cinéma. Elle y est tombée toute petite, au fond, et n’y a pas été franchement heureuse. Libre, elle se moque pas mal de ce que l’on peut dire d’elle. Sans doute se souvenait-elle, et cela lui suffisait, du regard de Jean Anouilh couvant la jeune première de L’invitation au château, la seule escapade de Brigitte Bardot sur les planches.
Belle. C’est tout simplement d’abord parce qu’elle était d’une beauté sidérante que Brigitte Bardot a exercé, au coeur de la société française, et du monde, une influence extraordinaire. Malgré elle souvent, mais aussi en toute conscience parfois. Dans l’avant-propos du livre que lui consacre Henry-jean Servat au moment de l’exposition (1), elle écrit : « Portée par un courant que je n’ai pas maîtrisé, ma vie a basculé, bousculant tout ce qui fut mon enfance et mon éducation. » Ce courant, c’est celui d’une époque. Elle n’est pas venue trop tard dans un monde trop vieux. C’est comme si on l’avait attendue et que, dès les premières couvertures des Veillées ou d’elle, quelque chose avait frappé chacun : elle n’est pas comme les autres. Elle irradie. Elle dégage. La danse a exalté son allure de déesse, son port de reine. Elle a dès ce moment-là un sourire éclaboussant, un visage plein et des lèvres sensuelles. Belle, mais pas seulement.
Née le 28 septembre 1934 à Paris, elle grandit dans une famille bourgeoise des beaux quartiers : très bien élevée, Brigitte Bardot. Il faut se replacer dans l’époque. Avant guerre, à un moment où les femmes se libèrent un peu – les garçonnes, la mode souple - mais où elles demeurent pour l’essentiel soumises au destin, d’ailleurs le plus souvent heureux, de se marier et d’avoir des enfants. Chez les Bardot, l’éducation est sévère. Et les deux filles, Brigitte et sa soeur, Mijanou, sont soumises à rudes punitions dès qu’elles font une bêtise. En même temps, ces parents, pour bourgeois soient-ils, aiment le monde du spectacle et le fréquentent. Papa Pilou, industriel, taquine la muse et sa mère rêve d’ouvrir une maison de couture. Brigitte présente les modèles. Cette maman a pour amie Hélène Gordon-lazareff. C’est cette dernière qui sera déterminante dans le chemin que va prendre la jolie Brigitte, par-delà les défilés de mode « maison » !
Elle a les cheveux châtains. Elle fait de la danse. Une des plus jolies photographies de la jeune Bardot la représente en jeune danseuse, entre opéra et cabaret… loin du petit rat dont existent aussi des images. Et bientôt, tout naturellement, des photos de mode.
Son père, quelques années plus tard à peine, veut faire interdire les affiches de Manina, la fille sans voiles… film qu’elle tourne dès 1952, la même année que le charmant Trou normand de Jean Boyer avec Bourvil ! D’un côté, une gentille petite fille, de l’autre, une pin-up en bikini blanc ! Apocalypse des bonnes familles. Mais au fond, les Bardot sont, eux aussi, autant que B.B., représentatifs d’une évolution de la société française, dans les années 1950. Et c’est en famille qu’elle passe ses vacances à SaintTropez. Le village est encore celui de Colette et non celui de la jet-set.
« Portée par un courant » , contrariée par une époque, aussi. Quand on se souvient du scandale que put faire cette aimable chronique qu’est Et Dieu… créa la femme (1956) de et avec Vadim, son premier mari et son premier pygmalion, on ne peut s’interdire de penser à l’impact de Bonjour tristesse de Françoise Sagan, deux ans plus tôt.
À la fin des années 1950, B.B. est une grande vedette qu’on s’arrache. Elle se révèle bonne comédienne dans Une Parisienne, La mariée est trop belle, Les Bijoutiers du clair de lune. Partageant généreusement sa beauté, son personnage réel colle à celui de la fiction. D’ailleurs, depuis son divorce avec Vadim, elle vole de ses propres ailes. Certes, elle reste amie avec son ex-mari, mais, après Trintignant, d’autres hommes vont entrer dans sa vie, comme Gilbert Bécaud ou Sacha Distel.
En 1958, Raoul Lévy acquiert les droits d’un roman de Simenon, En cas de malheur. Face au monstre sacré Gabin, il veut la sulfureuse B.B.. Gabin a 54 ans, elle 24. Il est l’ours sanguin. Elle, la poupée de chair. Il incarne un grand bourgeois saisi par le démon de midi. Elle, une petite garce capricieuse. Lors de la première scène, elle se trompe. Claude Autant-lara, le réalisateur, lui dit que ce n’est pas grave. On recommence. Elle se trompe à nouveau. À la troisième prise, une certaine nervosité se fait sentir sur le plateau. Gabin reste impassible. Brigitte se remet en place et se trompe encore, avant de fondre en larmes. Panique générale. On la console. Une demi-heure après, elle revient sous les projecteurs, face à Gabin qui lui dit : « Ce n’est rien, mon petit. Ce n’est rien, continuons. » On recommence. Et là, c’est lui qui se trompe. Une fois. Deux fois. Trois fois. Tout le monde est étonné. Cela redonne du courage à Brigitte. Bien entendu, raconte son imprésario Olga Horstig, Gabin l’avait fait exprès.
Le film est mal accueilli, traité «d’immoralité foncière ». La censure coupe quelques secondes de la fameuse scène où Bardot, face à Gabin, relève sa jupe pour lui montrer qu’elle ne porte pas de culotte. Le scandale profite aussi bien à lui qu’à elle, qui se voit consacrée actrice par un critique nommé François Truffaut. Pour ce dernier, elle est l’éternel féminin.
Aldo Liverani/andia.fr 1956 Et Dieu... créa la femme,
un film de Roger Vadim, son premier mari.
1959 : elle tourne une bluette, Babette s’en va-t-en guerre. Un film où elle se déshabille peu. Son partenaire, Jacques Charrier, est un joli garçon de bonne famille, comme elle. Voilà qu’elle en tombe amoureuse. Et réciproquement. Ils se marient. Que va-t-il advenir du mythe de la femme libérée ? Va-t-il capoter ? Va-t-elle rentrer gentiment dans le monde bourgeois qui l’avait vue naître ? Las, le bel amour conjugal que vient couronner la naissance du petit Nicolas, le 11 janvier 1960, est de courte durée.
Car cette année-là se tourne La Vérité sous la direction d’un « bourreau » : Henri-georges Clouzot. «Un être diabolique, qui était prêt, pour extorquer le meilleur d’un acteur, à le mettre dans des conditions psychologiques graves », raconta-t-elle. Qui gifle l’autre ? On ne sut jamais très bien. Bardot assura que ce fut elle, après que Clouzot lui eut marché sur les pieds pour lui tirer des larmes. « La Vérité m’a laminée, confia-t-elle. J’ai même voulu mourir. Clouzot m’avait tellement conditionnée que je vivais la dépression du personnage en profondeur. J’ai mis longtemps à récupérer. »
Charles Vanel, qui participa au film, a raconté que Clouzot avait un petit faible pour Brigitte. Il avait pensé qu’elle aurait pu être sa « chasse gardée». Comme partenaire (l’amant qu’elle tue), il renonce à Belmondo pour Sami Frey, estimant que ce jeune acteur, alors peu connu, risque moins de séduire Brigitte… La suite le détrompe. Et, les nerfs à vif, Clouzot-leméchant jubile de faire tourner à Brigitte des scènes d’amour, mais aussi de rupture, et de la pousser au suicide…
La Vérité reste pourtant le seul film dans lequel Bardot s’estimait bonne comédienne. Le revoyant trente ans plus tard, elle déclare les yeux rougis : «Je suis bouleversée. C’est décidément un film moderne, remarquable. Pas parce que j’y joue, mais parce que la direction de Clouzot, l’histoire, les acteurs, tout concourt à en faire une réussite.»
Décidément, cette année 1960, pour Brigitte, c’est l’enfer. Sa romance avec Sami Frey déclenche la tempête. Son mari et son amant en viennent aux mains. Pour elle. Pourquoi ces amours multiples ? Brigitte répond avec un sourire désarmant : «Je suis infidèle. J’ai beaucoup d’amants, non par perversité, mais par tendresse. » Cette course au bonheur d’un coeur jamais repu, cette soif éperdue d’être aimée, Louis Malle en fait un film, coécrit avec Jean-paul Rappeneau, tourné à l’été 1961 à Genève. Le titre, Vie privée, veut tout dire. Et le scénario est un miroir troublant du désespoir de Bardot à cette période. Elle campe une danseuse devenue actrice et sexe-symbole traquée par les paparazzis. Elle rejoint un metteur en scène italien (Marcello Mastroianni) à Spoleto, doit rester cloîtrée dans la maison, rideaux fermés. La fin est tragique. Bardot juchée sur un toit pour assister de loin à la première du spectacle, est éblouie par le flash d’un photographe et fait une chute mortelle. Pourtant, un sourire apaisé éclaire son visage. L’audience de Vie privée, film sombre et désenchanté, est bien en deçà des standards de Bardot et Louis Malle.
Hors des plateaux, c’est à cette époque que la reine fonde son royaume, sur la Côte d’azur. Enfant déjà, elle passait ses vacances près de la plage des Salins entre ses parents et sa soeur, Mijanou. Les années 1960 débutent. Elle achète La Madrague et lance SaintTropez. Ce qui fut jadis un lieu confidentiel de séjour pour les peintres et les écrivains devient « Saint-trop’ », paradis du soleil et du showbiz. B.B. y fait défiler tous les hommes de sa vie. Le mythe est au zénith. Elle dit elle-même qu’elle est « un des rouages économiques du pays ». Sans rire ! En 1962, Renault rapporte à la France 2,35 milliards de francs. B.B., 1 milliard. Elle est devenue une tirelire nationale, elle entre dans le dictionnaire. Son corps inspire peintres et sculpteurs et la Monnaie frappe 500 000 médailles à son effigie.
C’est alors que Jean-luc Godard a l’idée de donner de B.B. une image différente. Il adapte le magnifique roman d’alberto Moravia, Le Mépris, qu’il va tourner avec Michel Piccoli, Jack Palance et Fritz Lang à Rome et à Capri, dans la maison de Malaparte. Les producteurs (dont Carlo Ponti) imposent à Godard la scène de nu où Brigitte, allongée sur un lit, demande à Piccoli avec sa célèbre moue : «Et mes seins, tu les aimes ?» Godard fait exception à ses habitudes d’improvisation et, pour B.B., il écrit le texte du scénario. Il fait aussi un marché avec la star pour la convaincre d’abandonner son chignon XXL, sa « choucroute » qui colle mal au personnage de Camille. « Si je marche sur les mains, est-ce que pour chaque mètre vous acceptez de baisser d’un centimètre votre coiffure ? » Elle accepte, il s’exécute, parcourt quinze mètres et la face du Mépris en a été changée. Bardot se fiche d’avoir tourné un chef-d’oeuvre. Elle n’est guère reconnaissante. Quinze ans plus tard, elle assure : «Je n’ai pas du tout apprécié Godard. Il était déjà un vieil homme, absolument sinistre. Il ne disait jamais un mot et restait hermétique. C’est un introverti, un homme qui a du mal à communiquer. Le contraire de moi. Nous n’avons gardé aucun lien d’amitié.»
Ensuite, Louis Malle eut le projet de mettre face à face la meilleure actrice française, Jeanne Moreau, et la plus provocante, B.B. Ils tournent au Mexique Viva Maria!, un cocktail explosif qui s’avère n’être qu’un pétard mouillé. D’ailleurs, on commence à parler d’une éclipse de B.B. Le mythe battrait-il de l’aile, perdu dans les délices de La Madrague, entre les chiens et un adorable âne gris qui ont séduit la ravageuse du sexe fort ? Alors qu’on prédit son crépuscule, elle épouse sur un nouveau coup de foudre un play-boy de la jet-set, Gunter Sachs. Mariage éclair, divorce éclair. L’actrice croqueuse d’hommes n’est pas faite non plus pour les mondanités internationales. Elle reprend sa liberté.
Mais Bardot n’est pas seulement une beauté que l’on dénude - et puis, elle n’est pas la première ! N’oublions pas, par exemple, Edwige Feuillère dans Lucrèce Borgia - elle est aussi une rétive, une insolente, une fille qui a beaucoup d’esprit, le sens de la repartie. Lorsque New York la découvre, les répliques fusent. Elle est épatante. Sa joie de vivre la galvanise. Mais les pressions sont épouvantables. Photographes, échotiers. Elle est pudique. Elle n’a pas une existence facile, mais elle se tait sur les douleurs les plus profondes. Elle rate un suicide en 1960, au sortir du tournage de La Vérité de Clouzot, le jour même de ses 26 ans. C’est de là que vient le « scandale ». Pas des amours et encore moins de la filmographie, depuis longtemps considérée comme excellente. Non plus de son jeu. Moqué un temps - sa manière d’articuler : héritage de l’enfance, lorsqu’il faut parler clairement à papa dur d’oreille… Son jeu, c’est sa liberté. Elle pulvérise les codes.
C’est parce qu’elle n’est pas comme les autres que les poètes et les intellectuels se penchent sur son « cas ». Qui est donc cette créature solaire qui rapporte des millions de devises à la France, que toutes les femmes imitent, qui donne le sentiment de la liberté ? Roland Barthes l’explique. « Elle n’est pas plus licencieuse mais simplement plus libérée. Elle représente un érotisme plus ouvert, dépouillé de tous ces substituts faussement protecteurs qu’étaient le semi-vêtement, le fard, le fondu, l’allusion, la fuite. »
Cocteau l’adore : « Elle vit comme tout le monde en n’étant comme personne. »
Duras s’en mêle, docte. « Du Japon à New York et vice versa, elle représente l’aspiration inavouée de l’être humain du sexe mâle, son infidélité virtuelle d’un ordre bien particulier - celle qui l’inclinerait vers le contraire de son épouse, vers la femme de cire qu’il pourrait modeler, faire et défaire à volonté, jusqu’à la mort incluse. Nous l’appellerons de son vrai nom, la reine Bardot. » François Nourissier lui consacre tout un livre. Avec des images ! La plus cocasse est celle du face-à-face avec le général de Gaulle. Tante Yvonne ne veut pas la voir à l’élysée. Elle vient tout de même. En pantalon, veste militaire d’opérette à brandebourgs, pantalons, cheveux défaits ! Total respect… Le Grand Charles : « Une simplicité de bon aloi. »
En 1968, c’est par le show Bardot que débute l’année… On coupe une séquence. Celle de la Bardot drapée dans un drapeau tricolore. Mais deux ans plus tard, elle est Marianne ! Cinq années encore, plutôt heureuses, amoureuses, espiègles. Elle se met à la chanson et y déploie son charme sensuel, son esprit. Serge Gainsbourg, Claude Bolling veillent sur la débutante ultra-sexy. Elle tourne encore. En 1969, elle est irrésistible dans L’ours et la Poupée de Michel Deville, en séductrice capricieuse face à un JeanPierre Cassel insensible à son charme.
En 1981, un institut de sondage interroge sur les femmes ayant le plus fait pour l’image de la France. Simone Veil qui a défendu en 1976 la loi pour la légalisation de l’avortement obtient 55 % des suffrages. Brigitte Bardot la talonne à 40 %. Oui, elle a fait beaucoup pour l’image de la France. Elle est une femme française par excellence, née dans les années 1930 dans un milieu bourgeois. Elle devance son époque. Elle ouvre les Trente Glorieuses.
Plus tard, au fil d’entretiens mal conduits, de livres maladroits, de déclarations intempestives, elle donnera d’elle l’image d’une femme réactionnaire, indifférente au sort des hommes. Elle n’était pas ainsi. Et si elle ne comprenait pas l’évolution de la société, c’est qu’il y avait en elle, au plus profond de son être, les rêves enjoués de la beauté sauvage qui danse à s’en étourdir danset Dieu… créa la femme, une jeune fille pure, assez candide et tout à fait innocente.
(1) « Brigitte Bardot : la légende » . Éditions Hors Collection.
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FILMOGRAPHIE
1952 Le Trou normand de Jean Boyer ; Manina, la fille sans voiles de Willy Rozier
1953 Les Dents longues de Daniel Gélin ; Le Portrait de son père d’andré Berthomieu ; Un acte d’amour d’anatole Litvak ;
1954 Si Versailles m’était conté… de Sacha Guitry ; Haine, amour et trahison de Mario Bonnard
1955 Le Fils de Caroline Chérie de Jean Devaivre ; Futures vedettes de Marc Allégret ; Rendez-vous à Rio de Ralph Thomas ; Les Grandes Manoeuvres de René Clair ; La Lumière d’en face de Georges Lacombe
1956 Cette sacrée gamine de Michel Boisrond ; Les Week-ends de Néron de Steno ; En effeuillant la marguerite de Marc Allégret ; Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim ; La mariée est trop belle (1) de Pierre Gaspard-huit ; Hélène de Troie de Robert Wise
1957 Une Parisienne de Michel Boisrond
1958 Les Bijoutiers du clair de lune de Roger Vadim ; En cas de malheur de Claude Autant-lara ; La Femme et le pantin de Julien Duvivier
1959 Babette s’en va-t-en guerre de Christian-jaque ; Voulez-vous danser avec moi ? de Michel Boisrond
1960 L’affaire d’une nuit d’henri Verneuil ; La Vérité d’henri-georges Clouzot (2)
1961 La Bride sur le cou de Roger Vadim ; Amours célèbres de Michel Boisrond 1962 Vie privée de Louis Malle ; Le Repos du guerrier de Roger Vadim
1963 Le Mépris de Jean-luc Godard (3)
1964 Une ravissante idiote d’édouard Molinaro ; Paparazzi de Jacques Rozier
1965 Chère Brigitte d’henry Koster ; Viva Maria ! de Louis Malle
1966 Masculin, féminin de Jean-luc Godard
1967 À coeur joie de Serge Bourguignon
1968 Histoires extraordinaires de Louis Malle ; Shalako d’edward Dmytryk
1969 Les Femmes de Jean Aurel
1970 L’ours et la Poupée de Michel Deville ; Les Novices de Guy Casaril
1971 Boulevard du rhum de Robert Enrico ; Les Pétroleuses de Christian-Jaque
1973 Don Juan ou si Don Juan était une femme de Roger Vadim ; L’histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-chemise de Nina Companeez.


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