VEISTROFFER Le super-baroudeur
Contrairement à son habitude, Baptiste Veistroffer (à g.)
ne s’est échappé qu’une trentaine de kilomètres, hier.
Échappé quatre fois en quatre jours et meilleur grimpeur du Tour de Catalogne, le Breton de Lotto-Intermarché est « un hyperactif » qui doit encore apprendre le métier.
"Chaque jour, j'essaie de m’instruire, de progresser (…).
J’apprends à communiquer, à conserver de l’énergie"
- BAPTISTE VEISTROFFER
27 Mar 2026 - L'Équipe
PIERRE MENJOT
CAMPRODON (ESP) - Petit événement sur les routes catalanes, hier : Baptiste Veistroffer n’a passé que 30 kilomètres à l’avant. « Je ne vais pas gaspiller trop d’énergie aujourd’hui, j’ai besoin de récupérer un peu », annonçait-il au départ. Alors, après ses trois fugues en trois étapes, soit 450 kilomètres, le Breton a fait calme, sur une journée où le vent de face dans le final condamnait les attaquants et a permis à Ethan Vernon (NSN) de battre au sprint Dorian Godon (2e).
Même s’il n’aurait pas dit non à un peu de rab. « C’est dommage, si le gars de Jayco ( Bouwman) était resté dans l’échappée, je serais bien resté aussi, mais j’ai bien fait de me relever, synthétisait-il. Les entraîneurs m’ont dit de faire attention, que ça peut casser dans deux semaines… » Quitte à se brider donc, pour celui que Maxime Bouet qualifie de « phénomène ».
Le directeur sportif de Lotto-Intermarché se régale avec le baroudeur, « un hyperactif qui se sent à l’étroit dans le peloton, avec une énorme marge de progression », rigole l’ancien DS d’Arkéa-B&BHotels. Veistroffer, 25 ans, est venu tard au cyclisme, en 2021, concentré sur ses études en génie climatique et un début de carrière dans le triathlon « où tu connais tes watts et tu bourrines pendant une heure », note Bouet.
Professionnel depuis l’an passé seulement, il multiplie les échappées mais avait été repris par ses dirigeants, il y a quelques mois. Trop à l’avant, trop brouillon, pour aucun résultat. Le message est passé. Devant, oui (1 200 km d’échappées en 2026). Mais pas que pour montrer le maillot. « Il y a toujours un petit pourcentage de gagner », croit l’ancien du VCP Loudéac, vainqueur d’étape sur le Tour d’Oman, en février, après une attaque au km 0.
Mardi, les Lotto n’en étaient pas loin, quand Veistroffer a travaillé pour son équipier Liam Slock, repris à la flamme rouge. « J’ai vu certaines petites erreurs, s’il arrive à les corriger, ce n’est pas la flamme rouge mais l’arrivée », rouspète son DS. Alors son quotidien est celui d’un étudiant en master baroudeur. « Chaque jour, j’essaie de m’instruire, de progresser. Bien sûr que je fais des erreurs, et c’est grâce à ça qu’on se construit, pas uniquement avec les victoires. J’apprends à communiquer, à conserver de l’énergie. Par exemple, échappé, je prenais bêtement des bidons à l’assistant en bord de route, je devais m’écarter pour ça. Alors que je peux aller à la voiture derrière, récupérer les infos, je profite de la petite poussette et surtout, je prends un seul bidon. C’est 500 grammes de moins, sur des étapes à 3000 mètres de dénivelé, et sur des courses d’une semaine, ça en fait des kilojoules économisés ! »
Tout compte, même pour un garçon «qui n’accumule pas de fatigue», selon Bouet, surtout quand on a des projets. « Vu comment je suis parti, je vais essayer d’aller chercher le maillot de meilleur grimpeur du Tour de Catalogne, espère Veistroffer, 39 points au compteur tandis que les favoris n’en ont encore aucun. Surtout avec le niveau qu’il y a ici, ça ferait de bons souvenirs. »
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