Les clés de l’exploit historique du PSG
Angelika WARMUTH/REUTERS - Désiré Doué, Marquinhos, Matvey Safonov, Fabian Ruiz et Lucas Beraldo célèbrent la qualification du PSG pour la finale de la Ligue des champions après un match nul 1-1 face au Bayern, à Munich, mercredi 6 mai.
Tombeur du Bayern en demies, Paris défendra son titre le 30 mai en finale face à Arsenal. Un nouveau tour de force pour les hommes de Luis Enrique.
8 May 2026 - Le Figaro
Christophe Remise - Envoyé spécial à Munich
Paris, à la folie. En tenant le Bayern en échec sur ses terres (1-1), mercredi, pour arracher leur billet en finale de Ligue des champions, les joueurs de Luis Enrique ont réalisé un authentique exploit. « C’est magnifique ! On continue à écrire la grande histoire (du PSG, NDLR) ici, dans le stade où on a déjà écrit la grande histoire l’an dernier », savoure Nasser al-khelaïfi, se souvenant que « son » PSG a soulevé la Coupe aux grandes oreilles sur cette même pelouse de l’allianz Arena de Munich il y a un an.
Les Rouge et Bleu défieront Arsenal, le 30 mai prochain, à Budapest, pour réaliser un incroyable doublé. Paris va disputer sa troisième finale de C1 après 2020 et 2025, un record national, devant L’OM et Reims (2). Le club de la capitale est en outre celui qui a le plus souvent été en finale depuis 2020, sachant qu’on n’avait plus vu une équipe se hisser à ce stade de la compétition deux années de suite depuis Liverpool, en 2018 et 2019. En un mot, c’est historique. Le fond et la forme, car cette équipe va indéniablement marquer son époque. Audelà de la performance pure, il y a le style, la manière. Bientôt à la hauteur du Milan de Sacchi ou du Barça de Guardiola? Ce n’est pas fou de le dire… Les clés d’une success-story.
Paris sait tout faire
Le PSG plus fort que l’an dernier? C’est désormais une certitude. L’équipe de Luis Enrique est taillée pour le beau jeu, le football léché. Mercredi, elle a toutefois tenu tête au Bayern en passant en mode combat. Dominer, être dominée, cette équipe sait tout faire. « Sur les deux matchs, on a été testés sur tout : jouer haut, plus bas, avoir le ballon, être pressés… Ils nous ont sortis de notre zone de confort. Le très haut niveau impose parfois de défendre, tous ensemble. C’est notre mentalité, la clé et notre force », souligne Marquinhos.
« On s’est tous battu les uns pour les autres, on a démontré un super état d’esprit, abonde Désiré Doué. On a été en place, on a bien défendu, en équipe. » C’était vital, comme le calme dont les Parisiens ont fait preuve. « C’est une équipe fiable. On peut être plus ou moins bons, mais, s’il faut défendre en bloc bas, on peut le faire. Ce n’est pas ce qu’on aime, on n’a pas pris les joueurs pour cela, mais on peut. Ça montre notre capacité à préparer les défis. On aime jouer un beau football, mais aussi combattre», martèle Luis Enrique. Invincible PSG ?
Les hommes forts répondent présent
Lors du départ de la machine à buts Kylian Mbappé, Luis Enrique avait promis que « son » PSG marquerait encore plus. Bingo. Les Rouge et Bleu ont inscrit 44 buts depuis le début de la campagne en C1, un de moins que le record du Barça, en 19992000 (45). Le danger vient de partout. Insaisissable. Il y a toutefois des constantes. Après avoir été freiné par les blessures, Ousmane Dembélé assume pleinement son statut de Ballon d’or, lui qui a inscrit cinq buts sur ses trois derniers matchs de Ligue des champions. Froid comme une lame.
Malgré un passage éclair sur le banc au début de la phase à élimination directe, Khvicha Kvaratskhelia, lui, n’a pas attendu le sprint final pour se révéler. Le Géorgien est en effet le joueur le plus décisif en « Champions’ » cette saison, avec 10 buts et 6 passes décisives en 16 matchs. Ajoutez à cela sa faculté à défendre comme un chien et à enchaîner les dribbles soyeux (6/6 mercredi), et vous obtenez un moteur indispensable. Bradley Barcola et Désiré Doué ont eu leurs moments aussi, mais le ticket gagnant, c’est le tandem « Kvara »-Dembélé.
Le génie de Luis Enrique…
La star, c’est l’équipe. Un poncif qui prend tout son sens avec Paris. Mais ce n’est pas tout à fait vrai. Car il y a bien une star, Luis Enrique. «C’est une révolution pour le football, pas juste pour le PSG», s’enflamme Nasser al-khelaïfi, qui a le compliment facile. Sur ce coup, le président qatarien n’a toutefois pas tort. Déjà vainqueur de la C1 avec le Barça, en 2015, « Lucho » ne peut pas s’appuyer sur un talent générationnel comme Leo Messi. La réussite du PSG, c’est celle de son idée de jeu, sa philosophie. Un football total, plaisant et efficace.
Luis Enrique, pierre angulaire. Depuis son arrivée sur les bords de la Seine, en 2023, l’asturien a eu tout bon, que ce soit dans le choix des hommes ou le management, à l’image de la promotion de Matveï Safonov dans les buts ou de la relégation temporaire sur le banc de « Kvara » ces dernières semaines. Avec une prolongation à venir en guise de cadeau d’anniversaire (8 mai)? «C’est le meilleur, il est très content ici et on est très contents de lui », a éludé « NAK ».
… et les miracles de son staff
Pour ce qui est de la saison en cours, le plus grand accomplissement de Luis Enrique et de son staff, c’est d’avoir su relancer un groupe exsangue et lui permettre de répondre présent sur le plan athlétique. Sur le deuxième point, ce n’était pas gagné. Le PSG a en effet payé le prix d’une saison 2024-2025 interminable par une pluie de blessures. Mais « Lucho » n’a pas dévié de sa ligne de conduite, misant sur une préparation en forme de contrôle continu, insistant sur les temps de repos et l’étude minutieuse des données des outils technologiques.
Mais, le plus dur, c’était de relancer la machine sur le plan mental. « C’est une saison particulière, on a eu beaucoup de blessés. On a la même mentalité, gagner les deux compétitions qui restent. C’est un objectif très élevé. Mais c’est le nôtre», martelait Luis Enrique avant Chelsea. Et d’ajouter : «Quand il y a des problèmes, c’est d’abord la tête. La confiance, ce n’est pas quelque chose qu’on achète à Monoprix. On n’est pas dans un moment comme ça, on est clairement en difficulté. » Éclatante métamorphose.
Toujours affamés
L’autre clé, c’est l’appétit des joueurs. Toujours affamés. Certes, ils sont globalement très jeunes. Mais ils n’ont pas l’intention de se contenter d’un sacre en Ligue des champions. « Si je réalise ? Oui, parce qu’avec toutes les années que j’ai passées au PSG je sais à quel point c’est dur. Les jeunes ne réalisent pas trop parce qu’ils n’ont connu que les trois dernières années », sourit le capitaine parisien Marquinhos, au club depuis 2013. Et de poursuivre : «On veut aller chercher une deuxième Ligue des champions. » Clair et net.
Le plus beau, c’est que le PSG n’a pas seulement bâti une équipe pour briller sur le court terme. « On a montré qu’on est toujours là, qu’on a une grande équipe, pas seulement pour l’an dernier ou cette année, mais pour les cinq prochaines années », assène Nasser al-khelaïfi. En attendant, il faudra déjà transformer l’essai et vaincre Arsenal, le 30 mai, pour réellement entrer dans la légende. Mais il est vrai que l’avenir s’annonce radieux…
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La finale face à Arsenal, une tout autre histoire
« On est là pour gagner, pas pour défendre quoi que ce soit.
(…) On est sûrs de nos forces,
on sait ce qu’on veut et où on veut aller »
- Luis Enrique Entraîneur du PSG
8 May 2026 - Le Figaro
C. R.
Le PSG, bête noire de la Premier League? Les joueurs de Luis Enrique auront une nouvelle occasion de tourmenter le tout-puissant championnat anglais en affrontant Arsenal, le 30 mai, à Budapest, en finale de Ligue des champions. Une revanche de la demi-finale de la saison écoulée, remportée par les Parisiens (1-0, 2-1). « Au fond, vous savez bien qui on veut affronter », souriait l’ailier anglais Bukayo Saka, mardi, après la qualification face à l’atlético d’antoine Griezmann (1-1, 1-0). Il pensait sans doute à Paris.
Rappelons que le PSG avait damé le pion de Manchester City (4-2), Liverpool (0-1, 1-0 ap. et 4-1 tab) et Aston Villa (3-1, 2-3) avant d’écarter Arsenal sur le chemin de son premier sacre en C1. Cette saison, les hommes de Luis Enrique ont éliminé Chelsea (5-2, 3-0) et Liverpool (2-0, 2-0), après avoir battu Tottenham (5-3) en phase de ligue et en Supercoupe d’europe (2-2, 4-3 tab). À noter qu’ils ont aussi été tenus en échec par Newcastle (1-1). Un nul qui leur a coûté leur place dans le top 8 et valu de disputer un barrage face à Monaco (3-2, 2-2).
Le bilan reste néanmoins très positif. « Ce sera différent, ce sera une finale, assure Luis Enrique. Les joueurs de Mikel Arteta ont mérité leur place et été incroyables tout au long de la saison. Mais c’est une finale, ils veulent gagner. Je pense que c’est leur première. »
Le coach espagnol devra réviser sa leçon. Les Gunners disputeront leur deuxième finale, vingt ans après la défaite de Thierry Henry et consorts face au Barça (2-1), au Stade de France. Des Gunners qui, après avoir terminé trois fois à la deuxième place, sont en quête de leur premier titre de champion d’angleterre depuis… 2004. Après avoir dilapidé leur avance sur City sur un gros coup de mou, ils ont de nouveau la main à trois journées de la fin.
Une chose est sûre : cette finale face à Arsenal sera davantage une opposition de style que la double confrontation face au Bayern. Les hommes de Mikel Arteta ont pour eux leur grande solidité défensive (6 buts encaissés en C1) autour de la charnière Saliba-gabriel et une efficacité diabolique sur coups de pied arrêtés. Ce n’est pas une équipe aussi impressionnante offensivement que le Bayern, mais Saka et compagnie sont réalistes.
Attention toutefois à la peur de gagner. Ce n’est pas un mythe. Et les Parisiens, eux, savent gagner. Ils ont l’expérience de l’an dernier. « On est là pour gagner, pas pour défendre quoi que ce soit. On sera surmotivés, c’est une finale de Ligue des champions, et chaque finale est différente. On va d’abord se concentrer sur le titre en championnat de France. On est sûrs de nos forces, on sait ce qu’on veut et où on veut aller », lance Désiré Doué, toujours affamé.
« On veut continuer à écrire l’histoire à Paris. Et, pour cela, on a besoin de gagner une deuxième fois de suite », martèle quant à lui Luis Enrique. Et d’ajouter : « Vous vous souvenez après la phase de ligue, quand je disais que je ne voyais pas d’équipe plus forte que la nôtre ? Je n’avais pas tort… Le Bayern est à notre niveau, ils l’ont montré. Arsenal est l’une des meilleures équipes cette saison. Ils sont en lice pour le titre en Premier League et en finale de C1. Mais j’ai une telle confiance en mon équipe que c’est important de la valoriser ». Paris au-dessus ? Peut-être. Un peu seulement. « Je pense que la finale sera équilibrée, devine Harry Kane, l’attaquant du Bayern. Ce sont deux équipes totalement différentes dans leur manière de jouer, mais deux équipes très fortes. Ce sera une finale intéressante. En tant que tenant du titre, le PSG a gagné le droit d’être légèrement favori. Mais ce sera équilibré », assure-t-il. Plus équilibré que la finale de l’an dernier contre l’inter (5-0), ce ne sera pas dur…
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