Cadors déjà dans le tempo
Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, vainqueurs des cinq derniers Tours de France, ont chacun lancé leur saison par une victoire sur une course à étapes cette semaine. Mais ils n’y ont pas mis les mêmes ingrédients.
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Pogacar trop facile
Vainqueur de son troisième Tour UAE, le Slovène, pour sa rentrée, a déroulé et envoyé le message qu’il ne baisserait pas de pied cette saison.
“Il est incroyable…
Il est relax, mais quand vient le moment,
c’est un tueur ''
- FLORIAN VERMEERSCH, AU SUJET DE TADEJ POGACAR
24 Feb 2025 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS - DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL
JEBEL HAFEET (EAU) – Tout au bout d’un parking poussiéreux, Florian Vermeersch a zigzagué jusqu’au véhicule de sa formation UAE Team Emirates, la peau blanchie par la sueur, statue de sel qui s’exclama en posant son vélo: «Quelle journée!» Elle s’est pourtant terminée, comme souvent, par une victoire de Tadej Pogacar (sa 90e chez les professionnels), son leader, qui a remporté deux étapes et le général du Tour UAE, pour la troisième fois après 2021 et 2022. Tout sauf une surprise tant le parcours (un chrono, deux arrivées au sommet), le plateau et l’abdication des rares leaders qui auraient pu le chatouiller avaient des allures d’offrandes.Tadej Pogacar savoure sa première victoire de l’année hier à l’arrivée de Jebel Hafeet.
Comme si ce n’était déjà pas assez facile pour lui, certains (Lennert Van Eetvelt – vainqueur l’an passé –, Felix Gall) se firent même piéger hier par une bordure permettant à un groupe, dont le champion du monde, de s’isoler. Avec trois minutes d’avance, les UAE n’eurent qu’à gérer et à laisser Pogacar au frais, en attendant son terrain d’expression préféré.
Sur le Jebel Hafeet, il serpenta alors dans un décor de grès, une autoroute en montagne hostile où la nature survit, résiste, à peine mieux que les adversaires du Slovène. À l’arrivée, Pello Bilbao, le coureur espagnol de Bahrain Victorious, ne s’en cachait pas, il était ravi de son sort (3e de l’étape et du général, derrière Giulio Ciccone): «Comme d’habitude, Tadej se bat pour toutes les étapes où il peut gagner, même celles où il essaie des trucs que personne n’attend (sourires). On connaît son niveau, alors terminer sur le podium est pour nous une réussite. » Et pour tous les autres, même absents des Émirats arabes unis, un signal envoyé, alors qu’il vient de débuter sa saison.
Si le directeur sportif Fernandez Matxin refuse d’y voir « un message, car il n’est pas encore à 100%», Mauro Gianetti, après avoir tenté la digression, a accepté d’aborder l’idée d’une nouvelle bataille psychologique : « Tadej est bien, je l’ai trouvé très solide cette semaine, dit le manager général. Il a confirmé ce qu’on avait vu à l’entraînement. Donc, c’est peut-être un message pour dire “je suis prêt”.»
Hier, celui qui a remporté 25 victoires l’an passé a mangé quelques cerveaux, avec son petit Hulk énervé collé sur son cintre et dans la montée, personne n’a suivi, ou pas longtemps. Un peu comme lorsqu’il a semé les fans qui avaient voulu le suivre jusqu’aux toilettes du stade Hazza Bin Zayed d’Al-Ain, au départ de l’étape. « Il est incroyable, il n’a pas de stress, il est relax, mais quand vient le moment, c’est un tueur, s’étonne Vermeersch. Il a montré qu’il est en pleine forme. » Dans les derniers kilomètres, le triple vainqueur du Tour jurait pourtant avoir «souffert, souffert, et j’ai juste pensé à aller au bout », mais dans l’ultime virage, on a bien vu qu’il avait pris le temps de taper dans les mains de ses proches. Plutôt facile, donc. Le message est bien passé.
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Vingegaard version diesel
En manque de rythme les premiers jours et piégé lors de l’étape montagneuse, le Danois a écrasé le contre-la-montre hier et remporté le Tour d’Algarve à deux semaines de Paris-Nice, son premier gros objectif de l’année.
L'Équipe
PIERRE MENJOT - DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL
MALHAO (POR) – Jonas Vingegaard a commencé 2025, en Algarve, comme il avait terminé 2024 en Pologne: par une victoire et un trophée pas évident à caser dans la valise (un énorme chapeau il y a six mois, une petite cheminée typique du coin hier). Mais à la différence des a dernière sortie, le double vainqueur du Tour a souffert cette semaine au Portugal, et c’est au prix d’un énorme contre-la-montre qu’il a ajouté une nouvelle course à son palmarès (la dixième par étapes).
« Après ces derniers jours, je doutais un peu, mais aujourd’hui, j’ai montré mon vrai moi, mon vrai niveau, souriait-il enfin au sommet de l’Alto da Malhao, avec vue imprenable sur les collines verdoyantes. Je suis très heureux de la victoire et de mes sensations. Les premiers jours, je devais trouver le rythme, plus que d’habitude, mais aujourd’hui j’avais de super jambes. »
Le Danois (28 ans) a l’habitude de commencer par une victoire, après ses victoires à Gran Camino pour sa reprise en 2023 et 2024. Mais cette fois, l’approche différente de son hiver le laissait davantage dans l’incertitude. « Wout (Van Aert, 2e hier à 11”) et lui n’ont pas fait de camp d’altitude, explique Frans Maassen, l’un des directeurs sportifs des Visma-Lease a Bike. Pour ce genre de coureurs, le mental est important après toutes ces années, car ce n’est pas évident de trouver la motivation pour rester trois ou quatre semaines en altitude. »
Vingegaard lorgne des courses à étapes
Papa pour la deuxième fois en septembre, Vingegaard a privilégié le temps en famille, en espérant que cela lui apporte plus de fraîcheur en fin de saison, où il visera la Vuelta (23 août - 14 septembre) et, pour la première fois, les Championnats du monde (28 septembre). Si loin de ces objectifs et du Tour, bien sûr, il est encore en rodage, à l’image de son équipe, impuissante lors de la seule arrivée en altitude, jeudi, face au collectif UAE, qui semblait placer Joao Almeida (2e du général avec 16” d’avance sur son rival avant l’ultime étape) en position idéale. « J’ai fait un contre-la-montre, je n’aurais pas pu faire mieux, Jonas a juste été plus fort », résumait le Portugais (6e hier et 2e du général) sans déception apparente.
Le duel à distance avec Tadej Pogacar est lancé (lire ci-dessus), mais alors que le Slovène va se concentrer sur les courses d’un jour ces prochains mois, Vingegaard aborde « deux gros objectifs » avec Paris-Nice (9 au 16 mars) et le Tour de Catalogne (24 au 30 mars), deux courses de niveau World Tour qu’il n’a pas encore remportées. « J’ai hâte d’y être, frétillait-il sous le regard d’un public très pressant. J’espère que ce sera une grande saison, je ferai tout pour. »
La voie est libre pour lui, au moins jusqu’aux retrouvailles avec le champion du monde d’UAE, au Dauphiné, en juin.
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Prezzi grossi già al passo
Tadej Pogacar e Jonas Vingegaard, vincitori degli ultimi cinque Tour de France, hanno inaugurato la loro stagione con una vittoria in una corsa a tappe questa settimana.
Ma non hanno usato gli stessi ingredienti.
Pogacar troppo facile
Vincitore del suo terzo UAE Tour, lo sloveno, al suo ritorno in azione, ha lanciato il messaggio che non si rilasserà in questa stagione.
“È incredibile... È rilassato,
ma quando si arriva al dunque, è un killer”.
- FLORIAN VERMEERSCH, SU TADEJ POGACAR
24 febbraio 2025 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS - DAL NOSTRO INVIATO SPECIALE
JEBEL HAFEET (Emirati Arabi Uniti) - In fondo a un parcheggio polveroso, Florian Vermeersch si dirigeva a zig zag verso la sua auto dell'UAE Team Emirates, con la pelle sbiancata dal sudore, una statua di sale che, posando la bicicletta, esclamava: “Che giornata! Ma si è conclusa, come spesso accade, con la vittoria di Tadej Pogacar (la sua 90a da professionista), il suo leader, che ha vinto due tappe e la classifica generale dell'UAE Tour, per la terza volta dopo il 2021 e il 2022. Tadej Pogacar ha assaporato la sua prima vittoria dell'anno, ieri sul traguardo di Jebel Hafeet.
Come se non fosse già abbastanza facile per lui, alcuni corridori (Lennert Van Eetvelt - vincitore l'anno scorso -, Felix Gall) sono stati addirittura sorpresi ieri da uno scarto che ha permesso a un gruppo, tra cui il campione del mondo, di scappare. Con tre minuti di vantaggio, gli UAE Emirates hanno dovuto solo gestire e lasciare Pogacar al fresco, in attesa del loro terreno preferito.
Sul Jebel Hafeet, ha serpeggiato in un paesaggio di arenaria, un'ostile autostrada di montagna dove la natura sopravvive e resiste, appena meglio dei rivali dello sloveno. Al traguardo, Pello Bilbao, il corridore spagnolo della Bahrain-Victorious, non ha nascosto di essere felice della propria sorte (3° nella tappa e nella classifica generale, dietro a Giulio Ciccone): “Come al solito, Tadej lotta per ogni tappa in cui può vincere, anche quelle in cui tenta trucchi che nessuno si aspetta (sorride). Conosciamo il suo livello, quindi finire sul podio, per noi è un risultato”. E per tutti gli altri, anche quelli assenti dagli Emirati Arabi Uniti, è un segnale, anche se (Pogacar) ha appena iniziato la sua stagione.
Mentre il suo direttore sportivo Fernandez Matxin si rifiuta di considerarlo “un messaggio, perché non è ancora al 100%”, Mauro Gianetti, dopo aver tentato una digressione, accetta di affrontare l'idea di una nuova battaglia psicologica: “Tadej sta bene, l'ho trovato molto solido questa settimana”, dice il direttore generale. Ha confermato quanto visto in allenamento. Quindi forse è un messaggio per dire 'sono pronto'”.
Ieri, l'uomo che ha conquistato 25 vittorie l'anno scorso si è mangiato qualche cervello, con il suo piccolo Hulk arrabbiato incollato al manubrio in salita non ha seguito nessuno, o non per molto. Un po' come quando ha perso i tifosi che avevano cercato di seguirlo fino ai bagni dello stadio Hazza Bin Zayed di Al-Ain, all'inizio della tappa. È incredibile, non ha stress, è rilassato, ma quando arriva il momento è un killer”, ha detto uno stupito Vermeersch. Ha dimostrato di essere in piena forma. Negli ultimi chilometri, il tre volte vincitore del Tour ha giurato di aver “sofferto e sofferto, e ho solo pensato di andare fino in fondo”, ma all'ultima curva era chiaro che si era preso il tempo di battere le mani di chi gli stava vicino. Piuttosto facile, quindi. Il messaggio è stato recepito.
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Vingegaard in versione diesel
Mancante di ritmo nei primi giorni e intrappolato nella tappa di montagna, ieri il danese ha fatto il vuoto nella cronometro per vincere il Giro dell'Algarve con due settimane di anticipo sulla Parigi-Nizza, il suo primo grande obiettivo dell'anno.
L'Equipe
PIERRE MENJOT - DAL NOSTRO INVIATO SPECIALE
MALHAO (POR) - Jonas Vingegaard ha iniziato il 2025 in Algarve più o meno nello stesso modo in cui ha concluso il 2024 in Polonia: con una vittoria e un trofeo che non è facile da mettere in valigia (un enorme cappello sei mesi fa, un piccolo camino locale ieri). Ma a differenza dell'ultima uscita, il due volte vincitore del Tour ha sofferto questa settimana in Portogallo, ed è stato al prezzo di una grande cronometro che ha aggiunto una nuova gara al suo palmarès (la decima corsa a tappe).
Dopo gli ultimi giorni, ero un po' dubbioso, ma oggi ho mostrato il mio vero io, il mio vero livello”, ha infine sorriso dalla cima dell'Alto da Malhao, con la sua vista libera sulle verdi colline. Sono molto contento della vittoria e di come mi sento. I primi giorni ho dovuto trovare il mio ritmo, più del solito, ma oggi avevo ottime gambe”.
Il danese (28 anni) è abituato a iniziare con una vittoria, dopo le vittorie alla Gran Camino al suo ritorno nel 2023 e nel 2024. Ma questa volta, il diverso approccio all'inverno lo ha lasciato più incerto. Lui e Wout (Van Aert, secondo ieri a 11“) non hanno fatto un camp in quota”, spiega Frans Maassen, uno dei direttori sportivi della Visma-Lease a Bike. Per questo tipo di corridori, l'aspetto mentale è importante dopo tutti questi anni, perché non è facile trovare la motivazione per rimanere tre o quattro settimane in quota”.
Vingegaard punta alle corse a tappe
Diventato padre a settembre per la seconda volta, Vingegaard ha dato la priorità al tempo trascorso con la famiglia, nella speranza che questo gli consenta di ritemprarsi maggiormente a fine stagione, quando punterà alla Vuelta (23 agosto-14 settembre) e, per la prima volta, al mondiale (28 settembre). Naturalmente, lontano da questi obiettivi e dal Tour, è ancora in rodaggio, proprio come la sua squadra, impotente nell'unico arrivo in quota di giovedì contro il collettivo della UAE, che sembrava mettere Joao Almeida (2° in classifica generale con 16” di vantaggio sul rivale prima dell'ultima tappa) in una posizione ideale. “Ho fatto la cronometro al meglio, Jonas è stato semplicemente più forte”, ha riassunto il portoghese (6° ieri e 2° in classifica generale) senza alcuna apparente delusione.
Il duello a distanza con Tadej Pogacar è iniziato (vedi sopra), ma mentre lo sloveno si concentrerà sulle corse di un giorno nei prossimi mesi, Vingegaard ha “due grandi obiettivi” davanti a sé con la Parigi-Nizza (9-16 marzo) e il Giro di Catalogna (24-30 marzo), due corse World Tour che non ha ancora vinto. Non vedo l'ora di arrivarci”, ha detto fremente di fronte a una folla impaziente. Spero che sarà una grande stagione e farò di tutto per renderla tale”.
La strada è libera per lui, almeno fino al ricongiungimento con il campione del mondo dell'UAE nel Delfinato a giugno.
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