PEDERSEN: «Je veux juste un Monument»


Le guerrier danois repart en campagne, samedi dans Milan-San Remo, puis dans les classiques, sur la route de Tadej Pogacar et Mathieu Van der Poel face auxquels il refusera toujours de courber l’échine.

“Je ne me réveille pas chaque matin pour monter sur mon vélo, 
m’entraîner dur, 
et finalement me dire “fait chier, 
Mathieu (Van der Poel) est encore là"

“J’ai beaucoup de confiance en moi, 
donc je crois vraiment que je peux gagner''

20 Mar 2025 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS

Virevoltant dans Paris-Nice, Mads Pedersen s’est catapulté dans le haut de la liste des favoris pour Milan-San Remo samedi, juste derrière Tadej Pogacar et Mathieu Van der Poel. Le Danois de 29 ans repart en chasse d’ un premier Monument. En février en Provence, il nous a raconté cette confiance en soi, ce refus de baisser les armes face aux deux superstars, lui qui fut le seul à battre Van der Poel sur les flandriennes l’an passé. Dans le hall de l’hôtel, tous les fauteuils autour de nous étaient disponibles. Mais le champion du monde 2019 s’est assis au plus près. Prêt à frotter. Comme toujours.

«Cette saison sera-t-elle la bonne pour décrocher un Monument?

J’ espère ça chaque année, vous savez, je continue de m’ entraîner et à me lever chaque matin en rêvant de gagner beaucoup de courses. Un Monument, c’est ce qui me manque. C’est pour ça que je travaille dur pour être la meilleure version de moi-même.

L’ année dernière, vous pensez que vous en avez été le plus proche?

J’ étais clairement au meilleur de moi même. Et ensuite je fais des erreurs, il y a des chutes, tout n’ est pas 100% contrôlé par moi. Je me bats aussi contre les super stars du cyclisme, et ce ne sont pas seulement celles de cette génération, mais de toute l’ histoire du sport. 

Forcément, ça rend les choses plus compliquées.

Qu’ est-ce qui a manqué par rapport à van der Poel sur les flandriennes, de la puissance?

Ce gars est juste différent. Il a plus de talent que moi et c’ est un putain de coureur, ce n’ est pas facile d’ être aussi fort que lui et il est au top niveau à chaque fois. J’ ai montré que je pouvais le battre, mais j’ ai besoin d’ une équipe pour ça. Et c’ est pareil pour Ta dej(Poga car) quand il est là, et Wout (Van Aert). Peut-être que c’ est dur à réaliser et à accepter, mais ils sont juste de meilleurs cyclistes que moi. Mais je peux les battre, ce n’ est pas impossible.

À quel point est-ce difficile à accepter? Comment avez-vous les ressources mentales?

Parceque j’ ai déjà montré à quelques reprises que c’ est possible. J’ai été champion du monde quatre ans avant Mathieu. Je l’ai battu mano a mano. Et peut-être qu’ un jour, ce sera à Roubaix, ou au Tour des Flan dr es, ou à San Remo. La plupart du temps, ils sont meilleurs que moi, mais une fois de temps en temps… Je ne peux pas changer à quel point ils sont bons, je peux juste essayer de continuer à tirer le meilleur de moi-même.

La part que vous ne pouvez pas contrôler, leur niveau, est-ce dur à accepter?

Non, j’ai décidé de vraiment n’en avoir rien à faire. Je ne me réveille pas chaque matin pour monter sur mon vélo, m’ entraîner dur, et finalement me dire“fait chier, Mathieu estencorelà”.

Le battre à Gand-Wevelgem l’an passé vous a donné de la confiance?

Oui. Même avec la chute (dans À Travers la Flandre), on est allés au Tour des Flandres avec beaucoup de confiance. Bon OK, j’ai couru avec ma tête dans mon propre cul (il rit), donc ça n’ a pas aidé à avoir un bon résultat (22e).

Vous étiez parti de très loin, pourquoi? À cause des séquelles de la chute?

Je n’ étais pas à 100%, donc on s’ est dit: anticipons pour être à l’ avant quand ça part, mais finalement, j’ ai réagi bien mieux que ce qu’ on croyait. Je n’ ai pas pensé clairement sur le moment, j’ ai pris de très mauvaises décisions ce jour-là, j’ ai beaucoup appris de cette course, que je pouvais aussi mettre Mathieu sous pression, ce que j’ai pu voir à la télé après. Dans le Molenberg, quand j’ ai accéléré, il n’ avait pas le petit extra qu’ il a en général au sommet. Et la même choses’ était passée dans le mont Kemmel sur Gand-Wevelgem, il était aussi sous pression. Donc peut-être qu’ un peu plus de confiance en moi dans ces situation saurait été une bonne chose. Oui( il réfléchit )… Peut-être que ma chance cette saison est là. J’ espère queçasuffira.

Dans le Kemmel, il avait vraiment l’ air à la rupture, ça vous a plu?

Oui, il ressemblait à moi le reste de l’année (il rit). Mais dans le chaud, je n’y pensais pas. Juste à tout faire pour qu’il ne puisse pas m’attaquer. J’ espérais que mon rythme serait suffisant pour qu’ il n’ y pense même pas. Ça l’a été. J’aire-regardé les courses après les classiques et c’est là que j’ai compris que la confiance en moi que j’avais eue à Gand-Wevelgem, je devais essayer de l’utiliser sur toutes les classiques.

Comment faire? Toujours anticiper?

Peut-être parfois prendre les choses de manière plus simple. Je n’ai pas besoin de tout le temps être à l’ avant quand ces gars partent. Je suis aussi capable de les suivre.

Pas besoin de courir comme un outsider…

Non.

Mais comme un favori…

Oui. Mais n’ en fais pas ton titre, hein? (Il rit.)

Quelles pourraient être vos options de stratégie?

C’ est dur à dire. Je dois regarder comment les gars courent cette année, parceque peut-être qu’ il sont aussi une approche totalement différente. Me faire une idée. Lire ce qu’ ils disent dans les médias, par exemple quand Ta dejditqu’ il va peut-être enclencher plus tôt dans San Remo. Ça veut dire la Ci pressa, donc il faut que j’y pense, être prêt à ce moment-là. Il faut s’ ouvrir à ce qui se passe autour, si tues trop dans ta petite boîte, ce n’ est pas bon. Donc avoir de la confiance en soi et regarder les compétiteurs, c’ est une bonne combinaison.

Cette mentalité jusqu’ au-boutiste, qui n’ abandonne jamais, c’ est in né ou vous l’ avez travaillée?

Au Danemark, on dit qu’ il ne faut pas pleurer à cause du lait déjà renversé. Ce que j’ ai déjà fait, je ne peux pas le changer. Je ne peux pas changer le sprint raté de San Re mol’ an passé (4e). Je peux l’analyser et faire en sorte de ne pas faire la même erreur. À la maison, avec mes frères, on rentrait le soir, on se plaignait d’ avoir eu une mauvaise note et mes parents nous disaient: c’ est votre faute, mais vous ne pouvez pas la changer, juste faire mieux la prochaine fois. Ça a grandi avec nous. Ça m’ a beaucoup aidé dans ma carrière, pour les erreurs, pour la malchance. Plutôt que de rester dans mon canapé à penser que tout est injuste.

Vous avez des doutes parfois?

(Il hésite et rigole.) J’ai beaucoup de confiance en moi, donc je crois vraiment que je peux gagner.

Vous devez chasser des pensées négatives?

Non, jamais. Je laisse juste filer. Je ne sur analyse pas ce genre de choses. Les merdes arrivent et elles arrivent pour une raison. Allez, on y va, suivant.

Avant un Monument, y a-t-il un moment où vous basculez dans votre bulle?

Je n’ ai pas cette impression. Je suis quelqu’ un de très direct pour ce que je veux et je peux être aussi OK avec beaucoup de choses. Mais ces jours avant une grande course, je dis stop, on fait les choses comme je le veux, fin de la discussion.

Et le matin?

Je suis super excité, parceque j’ ai cette croyance que je peux faire un grand résultat. Je n’ ai aucune raison d’ être nerveux. J’ ai des papillons dans le ventre, j’ ai tellement hâte. Je me mets dans cette boîte où je ne suis que moi-même et ce que jefais.

Quand Pogacar vous dépose dans le Vieux Quaremont en 2023, comment faites-vous pour ne pas exploser?

Si quand ça devient dur, je me disque je n’ ai plus aucune chance, alors je vais pouvoir exploser souvent. Quand il part, tu acceptes que tu ne peux pas le suivre, mais ensuite, après le Quaremont et le Paterberg, s’il crève, on le reprend. J’ai aussi des responsabilités envers mes équipiers et mon équipe, et finir 3e d’un Monument, c’ est plutôt pas mal. Je n’ abandonne jamais, même contre des gars comme Mathieu ou Tadej.

Dans quel étatêtes-vous à l’arrivée d’ une course comme ça? Détruit?

Oui. Je crois que tu as fait une erreur s’ il te reste quelquechose à l’ arrivée. Ta de jet Mathieu en ont peut-être encore. Mais moi non. Je laisse tout ce que j’ ai.

De toutes vos places d’ honneur sur des Monuments, yen a-t-il une qui a été plus dure à digérer?

Non, parceque je suis heureux de ces résultats. Ce sont des Monuments, des podiums, je crois que tues un peu un connard si tu n’ es pas content avec ça.

Ça ferait un bon titre ça…

Ha, ha! Tu ne peux pas mettre connard en titre, ce n’ est pas autorisé.

Vous disiez parle passé que Roubaix était le Monument que vous vouliez le plus. C’ est toujours le cas?

Pour le moment, je m’ en fiche. Je veux juste un Monument.»

***

PEDERSEN “ Voglio solo una Monumento.

Il guerriero danese tornerà in campagna elettorale sabato alla Milano-Sanremo e poi nelle classiche, seguendo le orme di Tadej Pogacar e Mathieu Van der Poel, contro i quali rifiuterà sempre di inchinarsi.

"Non mi sveglio la mattina per salire in bicicletta, 
allenarmi duramente 
e alla fine dirmI: 'fanculo', 
Mathieu (van der Poel) è ancora qui”.

“Ho molta fiducia in me stesso, 
quindi credo davvero di poter vincere”.

20 Mar 2025 - L'Équipe
ALESSANDRO ROOS

Mads Pedersen si è catapultato in cima alla lista dei favoriti per la Milano-Sanremo di sabato, subito dopo Tadej Pogacar e Mathieu Van der Poel. Il 29enne danese è tornato a caccia della sua prima classica Monumento. A febbraio, in Provenza, ci ha parlato della sua fiducia in se stesso, del suo rifiuto di arrendersi contro le due superstar, l'unico a battere van der Poel nelle Fiandre l'anno scorso. Nella hall dell'hotel, tutti i posti a sedere intorno a noi erano disponibili. Ma il campione del mondo 2019 si è seduto più vicino. Pronto a limare. Come sempre.

“Questa stagione sarà quella giusta per vincere una Monumento?

Lo spero ogni anno, sai, continuo ad allenarmi e ad alzarmi ogni mattina sognando di vincere tante gare. Una Monumento è quella che mi manca. Per questo lavoro duro per essere la migliore versione di me stesso.

L'anno scorso, pensi di esserci andato vicino?

Ero chiaramente al massimo. E poi si commettono errori, ci sono le cadute, non tutto è al 100% sotto il mio controllo. Inoltre, mi confronto con le superstar del ciclismo, che non appartengono solo a questa generazione, ma all'intera storia di questo sport. Questo rende inevitabilmente le cose più complicate.

Che cosa è mancato contro van der Poel nelle Fiandre, la potenza?

Quel ragazzo è semplicemente di un'altra categoria. Ha più talento di me ed è un corridore straordinario, non è facile essere forti come lui e lui è sempre al massimo. Ho dimostrato di poterlo battere, ma ho bisogno della squadra per farlo. E lo stesso vale per Tadej (Pogacar) quando c'è, e per Wout (Van Aert). Forse è difficile da capire e da accettare, ma sono corridori più forti di me. Però posso batterli, non è impossibile.

Quanto è difficile da accettare? Come fai a trovare le risorse mentali?

Perché ho già dimostrato più volte che è possibile. Sono stato campione del mondo quattro anni prima di Mathieu. L'ho battuto poco a poco. E forse un giorno capiterà alla Roubaix, o al Giro delle Fiandre, o alla Sanremo. La maggior parte delle volte sono più forti di me, ma ogni tanto... Non posso cambiare la loro bravura, posso solo cercare di dare il meglio di me stesso.

La parte che non puoi controllare, il loro livello, è difficile da accettare?

No, ho deciso che non me ne frega niente. Non mi sveglio ogni mattina, salgo in bici, mi alleno duramente e alla fine dirmi: “Fanculo, Mathieu è ancora qui”.

Batterlo alla Gand-Wevelgem l'anno scorso ti ha dato fiducia?

Sì. Anche dopo la caduta (nel Giro delle Fiandre), siamo andati al Giro delle Fiandre con molta fiducia. Ma, d'accordo, ho corso con la testa tra le nuvole (ride), e questo non mi ha aiutato a ottenere un buon risultato (22°).

Perché sei partito così indietro? Per i postumi della caduta?

Non ero al 100%, quindi ci siamo detti: anticipiamo in modo da essere davanti alla partenza, ma alla fine ho reagito molto meglio di quanto pensassimo. In quel momento non avevo le idee chiare e quel giorno ho preso delle decisioni sbagliate, ma ho imparato molto da quella gara, che potevo anche mettere Mathieu sotto pressione, come ho visto in seguito in tv. Sul Molenberg, quando ho accelerato, non ha avuto quel piccolo extra che ha di solito in cima. E la stessa cosa è successa sul Kemmel nella Gand-Wevelgem, anche lui era sotto pressione. Quindi forse un po' più di fiducia in me stesso in quelle situazioni sarebbe stata una buona cosa. Sì (pensa)... Forse la mia occasione in questa stagione è arrivata. Spero sia sufficiente”.

Sul Kemmel sembrava davvero fosse saltato, ti è piaciuto?

Sì, per il resto dell'anno mi assomigliava (ride). Ma nel caldo non ci ho pensato. Ho fatto il possibile per assicurarmi che non potesse attaccarmi. Speravo che il mio ritmo fosse abbastanza alto da non fargli nemmeno pensare. E così è stato. Ho guardato le gare successive e allora ho capito che la fiducia che avevo avuto nella Gand-Wevelgem dovevo cercare di usarla in tutte le classiche.

Come si fa? Anticipare sempre?

Forse, a volte, prendere le cose in modo più semplice. Non ho bisogno di stare sempre davanti quando loro partono. Sono anche in grado di seguirli.

Non c'è bisogno di correre come un outsider...

No.

Ma da favorito...

Sì. Ma non farne il titolo, eh? (Ride).

Quali potrebbero essere le opzioni tattiche?

È difficile da dire. Dovrò guardare come corrono quest'anno, perché forse anche loro hanno un approccio completamente diverso. Fatevi un'idea. Leggete quello che dicono i media, per esempio quando Tadei dice che potrebbe partire prima, alla Sanremo. Questo significa la Cipressa, quindi devo pensarci, essere pronto per quel momento. Bisogna stare attenti a ciò che accade intorno a noi; se ci si chiude troppo nella propria scatola, non va bene. Quindi avere fiducia in se stessi e osservare i concorrenti è una buona combinazione.

Questa mentalità del “mai dire mai” e del “non mollare mai” è qualcosa con cui sei nato o su cui hai lavorato?

In Danimarca si dice che non bisogna piangere sul latte versato. Non posso cambiare ciò che ho fatto. Non posso cambiare la volata fallita a Sanremo l'anno scorso (4°). Posso analizzarlo e fare in modo di non commettere lo stesso errore. A casa, con i miei fratelli, tornavamo la sera, ci lamentavamo di aver preso un brutto voto e i miei genitori ci dicevano: è colpa vostra, ma non potete cambiarla, fate meglio la prossima volta. Ci ha fatto crescere. Mi ha aiutato molto nella mia carriera, con gli errori e la sfortuna. Invece di stare seduto sul mio divano a pensare che tutto è ingiusto.

Hai mai avuto dubbi?

(Esita e ride) Ho molta fiducia in me stesso, quindi credo davvero di poter vincere.

Devi scacciare i pensieri negativi?

No, non lo faccio mai. Li lascio semplicemente andare. Non analizzo troppo le cose. Le cose succedono e succedono per un motivo. Forza, andiamo avanti.

Prima di una Monumento, c'è un momento in cui entri nella tua bolla?

Non ho questa impressione. Sono molto diretto su ciò che voglio e mi vanno bene anche molte cose. Ma nei giorni che precedono una gara importante, dico basta, facciamo le cose a modo mio, fine della discussione.

E la mattina stessa?

Sono molto emozionato, perché sono convinto di poter ottenere un grande risultato. Non ho motivo di essere nervoso. Ho le farfalle nello stomaco, sono così carico. Mi metto in una scatola in cui sono solo con me stesso e quello che faccio.

Quando Pogacar ti staccò sul Vecchio Quaremont nel 2023, come hai fatto a non saltare?

Se, quando le cose si fanno difficili, mi dico che non ho alcuna possibilità, allora posso anche saltare. Quando parte, accetti di non poterlo seguire, ma poi, dopo il Quaremont e il Paterberg, se "muore", lo riprendi. Ho anche delle responsabilità nei confronti dei miei compagni e della mia squadra, e arrivare terzo in una Monumento è piuttosto bello. Non mi arrendo mai, nemmeno contro gente come Mathieu o Tadej.

In che stato ti trovi al termine di una gara del genere? Distrutto?

Sì. Penso che hai commesso un errore se al traguardo ti è rimasto qualcosa. Il tuo jet Mathieu potrebbe averne ancora. Ma io no. Lascio tutto quello che ho.

Tra tutti i tuoi piazzamenti nelle Monumento, ce n'è stato uno più difficile da digerire?

No, perché sono contento di quei risultati. Sono classiche monumento, podi, penso che tu sia un po' stronzo se non sei contento di questo.

Sarebbe un bel titolo...

Ah, ah! Non puoi mettere “stronzo” nel titolo, non è consentito.

In passato hai detto che la Roubaix era il Monumento che desideravi di più. È ancora così?

Al momento non mi interessa. Voglio solo una Monumento.

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