La Ligue 1, pépinière des championnats européens
PHILIPPE LECOEUR/FEP/ICON SPORT
L'Olympique Lyonnais et l’AS Monaco sont les deux clubs tricolores à faire partie du Top 10.
FOOTBALL - Selon une récente étude, les centres de formation des clubs français sont les deuxièmes plus rentables au monde en indemnités de transferts. La production de talents est devenue un pilier vital dans un contexte de droits télé qui s’effondrent.
15 Apr 2026 L'Humanité
NICOLAS GUILLERMIN
On savait que le football français était l’un des plus grands pourvoyeurs de jeunes talents au monde en nombre, juste derrière le Brésil, grâce à l’excellence de son système de formation. Une étude de l’observatoire du football du CIES (Centre international d’étude du sport), basé à Neuchâtel (Suisse), publiée le 1er avril, révèle que les clubs tricolores occupent la deuxième place mondiale, derrière l’angleterre, pour ce qui concerne le montant global des ventes de ses pépites avec 3 milliards d’euros récoltés sur les dix dernières années. Un statut à mettre en perspective avec la chute brutale des droits télé et qui montre l’importance de la formation, devenue un pilier vital pour le ballon rond hexagonal en même temps qu’elle accentue sa vassalisation.
Intitulée « Centres de formation les plus rentables : dernière décennie », cette analyse présente les 100 clubs au monde dont le transfert de joueurs issus du centre de formation a le plus rapporté. Les clubs formateurs ont été définis comme les premiers où les joueurs ont évolué au moins trois saisons entre leurs 15 et 21 ans. Dans un classement dominé par les Portugais de Benfica (589 millions d’euros), l’ajax Amsterdam (454 millions) et Chelsea (442 millions), la Ligue 1 place deux clubs dans le Top 10 avec l’olympique Lyonnais (4e), qui a amassé 423 millions d’euros grâce aux transferts de 31 joueurs, suivi de L’AS Monaco (8e) avec 378 millions pour 25 joueurs.
Avec 311 millions de recettes, le Stade Rennais occupe le 11e rang devant le PSG (12e, 306 millions) et Lille (47e, 160 millions dont 133 récoltés sur les cinq dernières années). Au total, 12 clubs français, sur les 46 recensés par l’étude comme ayant réalisé au moins un transfert payant d’un joueur formé, se classent dans les 100 premiers centres de formation les plus rentables au monde.
« UN SYSTÈME DE CONCENTRATION »
Pas étonnant que le championnat de France ait hérité du surnom de « Ligue des talents ». On peut voir aussi le verre à moitié vide et le qualifier de vivier. « Depuis une bonne dizaine d’années, la Ligue 1 s’est positionnée comme une ligue de développement. Aujourd’hui, avec la quasi-fin des droits télé, elle survit grâce à la vente de ses joueurs et notamment des joueurs formés » , explique Loïc Ravenel, coauteur de l’étude avec Raffaele Poli et Roger Besson. Une dépendance qui lui fait dire que, si cette béquille de la formation n’existait pas, « beaucoup de clubs français auraient fait faillite, car c’est un des éléments qui leur permet souvent de combler une partie du déficit ou bien la totalité en faisant du trading (achat d’un joueur à un prix X que le club essaie de revendre à un prix bien plus élevé - NDLR) ».
En cumulant les ventes réalisées par les 12 premiers clubs tricolores du Top 100, l’étude permet de constater que les clubs de l’élite ont empoché 2,3 milliards sur la dernière décennie tandis que les 34 autres se sont partagé les 700 millions restants. Un fossé qui se creuse encore plus si l’on comptabilise seulement les recettes des cinq premiers clubs, qui s’élèvent à 1,58 milliard d’euros, soit la moitié des 3 milliards de transferts réalisés par l’ensemble des 46 clubs. « On assiste à un système de concentration qui produit un football à deux vitesses. On ne prête qu’aux riches. On est loin de l’idée d’un football romantique où, dans l’imaginaire collectif, les clubs formateurs sont les petits clubs qui participent à la pyramide du foot français, indique le chercheur. Ce sont essentiellement les gros qui forment pour les clubs en dessous et non l’inverse. »
Cette prédominance s’explique aussi par une plus grande capacité à vendre. « Ce n’est pas tout de former des joueurs, après il faut être capable de les vendre, souligne Loïc Ravenel. Les grands clubs participent régulièrement à de grandes compétitions, ça leur permet d’exposer leurs joueurs, ils cultivent aussi des réseaux et ont une certaine historicité dans les transferts réussis, avec des joueurs vendus qui ont déjà performé, ce qui leur donne une notoriété. »
Lors du prochain mercato estival, les cessions pourraient néanmoins évoluer à la baisse. Si les clubs anglais restent malgré tout les premiers acheteurs européens grâce à leurs droits télé stratosphériques, ceux du Moyen-orient pourraient en revanche se montrer nettement moins actifs sur le marché en raison du conflit actuel ou être boudés par les joueurs. « L’arabie saoudite, les Émirats arabes ou le Qatar, qui ont aidé pas mal de clubs français ou européens par l’achat de joueurs, vont avoir d’autres priorités en termes politiques et financiers que d’attirer des joueurs si le conflit s’éternise. Les montants des transferts et salaires pourraient donc considérablement baisser. »
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PHILIPPE LECOEUR/FEP/ICON SPORT
L'Olympique Lione e il Monaco sono
le due squadre francesi presenti nella Top 10.
La Ligue 1, vivaio dei campionati europei
CALCIO - Secondo un recente studio, i vivai dei club francesi sono i secondi al mondo per redditività in termini di indennità di trasferimento. La produzione di talenti è diventata un pilastro fondamentale in un contesto di crollo dei diritti televisivi.
15 aprile 2026 L'Humanité
NICOLAS GUILLERMIN
Era noto che il calcio francese fosse uno dei maggiori fornitori di giovani talenti al mondo in termini di numero, subito dietro il Brasile, grazie all'eccellenza del suo sistema di formazione. Uno studio dell’osservatorio sul calcio del CIES (Centro Internazionale di Studi sullo Sport), con sede a Neuchâtel (Svizzera), pubblicato il 1° aprile, rivela che i club francesi occupano il secondo posto mondiale, dietro l’Inghilterra, per quanto riguarda l’importo complessivo dalle cessione dei propri talenti, con 3 miliardi di euro incassati negli ultimi dieci anni. Un dato da mettere in prospettiva con il crollo dei diritti televisivi e che mostra l’importanza della formazione, diventata un pilastro vitale per il calcio francese, ma che allo stesso tempo ne accentua la dipendenza.
Intitolata «I centri di formazione più redditizi: l'ultimo decennio», questa analisi presenta i 100 club al mondo che hanno ricavato di più dai trasferimenti di giocatori provenienti dal proprio vivaio. I club formatori sono stati definiti come quelli in cui i giocatori hanno militato per almeno tre stagioni tra i 15 e i 21 anni di età. Nella classifica dominata dai portoghesi del Benfica (589 milioni di euro), dall’Ajax Amsterdam (454 milioni) e dal Chelsea (442 milioni), la Ligue 1 piazza due club nella Top 10 con l'Olympique Lione (4°), che ha incassato 423 milioni di euro grazie ai trasferimenti di 31 giocatori, seguito dal Monaco (8°) con 378 milioni per 25 giocatori.
Con 311 milioni di entrate, il Rennes occupa l'11° posto davanti al PSG (12°, 306 milioni) e al Lille (47°, 160 milioni di cui 133 raccolti negli ultimi cinque anni). In totale, 12 club francesi, sui 46 censiti dallo studio come aventi effettuato almeno un trasferimento a pagamento di un giocatore formato, si classificano tra i primi 100 centri di formazione più redditizi al mondo.
«UN SISTEMA DI CONCENTRAZIONE»
Non sorprende che il campionato francese abbia ereditato il soprannome di «Ligue des talents». Si può anche vedere il bicchiere mezzo vuoto e definirlo un vivaio. «Da una decina d’anni, la Ligue 1 si è posizionata come un campionato di sviluppo. Oggi, con la quasi-fine dei diritti televisivi, sopravvive grazie alla cessione dei suoi giocatori e in particolare dei giocatori formati», spiega Loïc Ravenel, coautore dello studio insieme con Raffaele Poli e Roger Besson. Una dipendenza che lo porta ad affermare che, se questo sostegno alla formazione non esistesse, «molti club francesi sarebbero falliti, poiché è uno degli elementi che spesso permette loro di colmare una parte o addirittura la totalità del deficit attraverso il trading (acquisto di un giocatore a un prezzo X che il club cerca di rivendere a un prezzo ben più alto – N.d.R.)».
Sommando le cessioni realizzate dai primi 12 club francesi della Top 100, lo studio mostra che le società d’élite hanno incassato 2,3 miliardi nell’ultimo decennio, mentre le altre 34 si sono divise i restanti 700 milioni. Un divario che si allarga ancora di più se si considerano solo gli introiti dei primi cinque club, che ammontano a 1,58 miliardi di euro, ovvero la metà dei 3 miliardi di trasferimenti realizzati dall’insieme dei 46 club. «Stiamo assistendo a un sistema di concentrazione che produce un calcio a due velocità. Si presta solo ai ricchi. Siamo lontani dall’idea di un calcio romantico in cui, nell’immaginario collettivo, i club formatori sono i piccoli club alla base della piramide del calcio francese», indica il ricercatore. «Sono essenzialmente i grandi club a formare (talenti) per i club di livello inferiore e non il contrario».
Questa predominanza si spiega anche con una maggiore capacità di cessione. «Non basta formare i giocatori, bisogna poi essere in grado di cederli», sottolinea Loïc Ravenel. «I grandi club partecipano con continuità a competizioni di alto livello, il che permette loro di mettere in mostra i propri giocatori; inoltre coltivano una rete di contatti e vantano una certa tradizione nei trasferimenti di successo, con giocatori ceduti che hanno già dato prova di sé, il che conferisce loro notorietà».
Durante il prossimo calciomercato estivo, le cessioni potrebbero tuttavia registrare un calo. Se i club inglesi rimangono comunque i principali acquirenti europei grazie ai loro diritti televisivi stratosferici, quelli del Medio Oriente potrebbero invece mostrarsi nettamente meno attivi sul mercato a causa dell’attuale conflitto (fra USA-Israele e Iran, ndr) o essere snobbati dai giocatori. «L’Arabia Saudita, gli Emirati Arabi o il Qatar, che hanno aiutato non pochi club francesi o europei con l’acquisto di giocatori, avranno altre priorità in termini politici e finanziari rispetto alla capacità di attirare giocatori se il conflitto dovesse protrarsi. Gli importi dei trasferimenti e degli stipendi potrebbero quindi diminuire considerevolmente.»
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