Cosnefroy, plus fort que tout
Benoît Cosnefroy a pointé le ciel hier sur la ligne
d’arrivée en hommage à son grand-père décédé.
GRAND PRIX DU MORBIHAN
Vainqueur pour la quatrième fois de l’épreuve, un record, le coureur d’UAE Emirates-XRG a rendu hommage à son grand-père, décédé la semaine dernière.
“Être ultra-favori, c’était facile à gérer, ce sont les jambes qui parlent dans un final comme ça. Mais il y a eu beaucoup d’émotion, au départ, à l’arrivée
COSNEFROY, 'VAIN'QUEUR BENOÎT
10 May 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS
PLUMELEC (MORBIHAN) – Une fois la Lande de Prassun traversée, ses fougères luminescentes effleurées, Plumelec et sa côte de Cadoudal apparaissent comme un îlot d’habitudes rassurantes, une course doudou où rien ne change, ni la présence de Daniel Mangeas, en véritable adjoint au maire, ni le vainqueur, Benoît Cosnefroy, sacré pour la quatrième fois en haut de la cité morbihannaise, comme en 2019, 2024 et 2025.
Le Normand est chez lui, en Bretagne, et tout son clan déambule sur les petites routes sinueuses, la hampe des drapeaux à son effigie sur l’épaule, au son de la cloche que Franck, le père du coureur d’UAE Emirates-XRG, agite de l’avant-bras, au rythme de ses pas. DU GP DU MORBIHAN L’an passé, c’est lui qui avait essuyé les larmes du fiston, éprouvé par huit mois de galères et de blessures.Cette fois, les rôles se sont inversés, Franck Cosnefroy n’a pas cherché à masquer son émotion, une semaine tout juste après avoir perdu son père, JeanClaude, 84 ans: « C’est un moment quand même compliqué. Mais la victoire de Benoît fait plaisir, c’est une bonne émotion. Sincèrement, c’est la bosse qui lui va, à plus forte raison aujourd’hui. » Le coureur de 30 ans se sentait-il investi d’une mission sacrée, au nom de ce grand-père qui l’accueillait tous les mercredis quand il était enfant et l’embarquait, avec sa soeur, sur des étapes du Tour, même à l’autre bout de la France?
« Les circonstances de la semaine passée font qu’on n’en a pas parlé, je ne voulais pas lui en causer », expliquait son père qui n’a pas eu besoin d’agiter la motivation d’un hommage attendu. Le leader du jour d’UAE se savait porté par quelque chose de plus fort, de plus grand, que sa forme ou ses sensations: « Être ultra-favori, c’était facile à gérer, ce sont les jambes qui parlent dans un final comme ça. Mais il y a eu beaucoup d’émotion, au départ, à l’arrivée. Avec mon grand-père qui est décédé il y a une semaine, la cérémonie qui a eu lieu jeudi, c’était une semaine assez intense émotionnellement. C’est spécial de gagner ici. J’avais un peu de fatigue, je n’avais pas de super sensations comme sur les classiques ardennaises mais l’essentiel était de gagner. Aujourd’hui je n’avais pas le droit de me rasseoir avant la ligne. »
Après avoir lancé d’assez loin dans le dernier faux plat de Plumelec, on a cru un instant que Noa Isidore allait l’avaler, mais Cosnefroy est resté debout sur les cales, il a dodeliné de la tête et, disons-le clairement, il s’est vraiment fait mal à la gueule pour remporter sa première victoire sous les couleurs de sa nouvelle formation, un an après son dernier succès, ici même, déjà.
« L’équipe a eu totalement confiance en moi, c’est cool. Elle m’a fait l’immense plaisir de venir sur cette course, qui me correspond bien. Cela ne m’enlève pas un poids mais je suis fier. » Avant de rejoindre sur le podium ses anciens coéquipiers chez Decathlon, qu’il a devancés, Paul Lapeira et Isidore, il pouvait alors coller sa joue contre les bacchantes soyeuses et réconfortantes de son père Franck.
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