Premiers sortilèges


Le leader d’UAE Emirates-XRG, Adam Yates, 
a fait partie de la chute sur la deuxième étape du Giro.

Une chute massive a marqué, hier, la 2e étape remportée par le nouveau maillot rose, Guillermo Thomas Silva. UAE Emirates-XRG a perdu deux coureurs et ses ambitions au général avec Adam Yates. Jonas Vingegaard, lui, l’a échappé belle avant de passer à l’offensive.

«C’était effrayant quand j’ai vu tous ces mecs tomber»
   - JAN CHRISTEN

«On l’a vu avec, la chute, que c’était assez glissant. 
Plus le groupe était réduit, mieux c’était en vue de l’arrivée»
   - JONAS VINGEGAARD

10 May 2026 - L'Équipe
JULIEN CHESNAIS

VELIKO TARNOVO (BUL) – Le Giro a fait ses premières victimes, hier, dans le brouillard du Grand Balkan, cette chaîne de montagnes qui nous a rappelé le Massif central, ses forêts denses, et qui traverse la Bulgarie de la mer Noire jusqu’à sa pointe occidentale. Il restait 23 kilomètres dans cette 2e étape jusqu’ici lénifiante, avec deux Polti dans l’échappée seulement, Mirco Maestri et le maillot azzurro Diego Pablo Sevilla, lorsqu’une partie du peloton s’est subitement retrouvée à terre. « Les routes étaient très glissantes avec la pluie, et le peloton très nerveux, car tout le monde voulait aborder la montée devant », racontait Paul Magnier, qui a évité la chute de justesse mais n’a pu, ensuite, empêcher la perte de son maillot rose.

Et puis, ce fut le « désastre » décrivait le Français. La veille, déjà, une chute spectaculaire avait sévi dans les rues de Bourgas. Tout le monde avait pu se relever. Pas cette fois. Santiago Buitrago (Bahrain-Victorious) et Adne Holter (Uno-X Mobility) ont dû abandonner, tout comme deux UAE Emirates-XRG, Jay Vine et Marc Soler, le premier à tomber. « Que pouvonsnous- y faire, soufflait Mauro Gianetti, le manager de la formation émiratie. C’était une chute terrible. On savait que ça pourrait être dangereux avec la pluie. Marc était en 2e position. Avec la vitesse, sans doute, il a perdu le contrôle de son vélo et d’autres sont tombés avec lui. »

Cinq des huit UAE sont ainsi allés au sol, dont le leader Adam Yates, ressurgi du fossé comme un poilu de la tranchée, le visage maculé d’une boue si épaisse qu’elle masquait le sang lui coulant de l’oreille. Après un examen du médecin – qui a écarté une suspicion de commotion, selon Gianetti – le 3e du Tour 2023 a pu repartir. Mais en concédant treize minutes sur la ligne, le Britannique pouvait déjà tirer un trait sur le classement général. « Il a reçu un gros choc, on espère qu’il pourra prendre le départ de main (aujourd’hui) », ajoutait même Gianetti, avant de filer à l’hôpital prendre des nouvelles de Soler et de Vine.

Si Jan Christen a pu éviter le sort de ses équipiers, c’est que « je me trouvais à l’arrière du peloton pour enlever mes vêtements, rapportait le Suisse de 21 ans, qui dispute son premier grand tour. Mais je m’y attendais, c’était certain que ça allait tomber. Le début de journée avait été tranquille, tout le monde avait des jambes fraîches et la pluie est arrivée… C’était effrayant quand j’ai vu tous ces mecs tomber. J’ai juste essayé de freiner doucement, pour ne pas glisser, et j’ai réussi à ne pas chuter ». Jonas Vingegaard a presque eu une impression de déjà-vu, deux ans après la cabriole massive qui l’avait lourdement touché sur le Tour du Pays basque: « Oui, enfin, c’était un peu différent. Mais c’était bien sûr une vilaine chute.Je n’aime pas les chutes comme celle-ci. C’est tombé juste devant moi. J’espère que tout le monde va bien. »

Le Danois l’a échappé belle, à l’inverse de ses équipiers Tim Rex et Wilco Kelderman, cuissard déchiré et fesses à l’air après s’être relevé. Après une neutralisation, le temps de permettre aux ambulances de se replacer derrière le peloton, la course a repris à 18 km du but, peu avant d’entamer la montée du monastère de Lyaskovets (3,9 km à 6,8 %). Le double vainqueur du Tour de France (2022 et 2023) y a placé sa première offensive du Giro, à 600 mètres du sommet, après l’accélération progressive de son nouveau lieutenant Davide Piganzoli. Avant la descente, il passa la deuxième lame. Et seuls Giulio Pellizzari (Red Bull-BORA-hansgrohe) et Lennert Van Eetvelt (Lotto-Intermarché) ont pu l’accompagner. « On en avait discuté : lorsqu’il se sent bien, il peut y aller », expliquait son directeur Marc Reef, dévoilant ainsi peut-être l’envie de Vingegaard de courir d’une manière nouvelle, plus instinctive. Mais cette fois-ci, son attaque avait été bel et bien planifiée. « C’était vraiment le plan durant toute la journée car c’était la meilleure façon de réduire le danger, assurait Vingegaard. On l’a vu avec, la chute, que c’était assez glissant. Plus le groupe était réduit, mieux c’était en vue de l’arrivée. » Son ambition n’était pas de prendre le maillot rose. Et cela s’est vu dans la rampe menant à la cité médiévale de Veliko Tarnovo, qui proposait un avant-dernier kilomètre à 5,9% de moyenne et deux portions pavées: « Si tu peux prendre du temps sur tes adversaires, c’est une bonne chose. Mais pas nécessairement de prendre le maillot rose d’ores et déjà. » Il n’a eu donc aucun mal « à jouer » face à Pellizzari et Van Eetvelt. Ce flottement a rendu la jonction possible pour Christen puis un groupe de 31unités, à 500 mètres de la ligne, duquel est sorti vainqueur Guillermo Thomas Silva (XDS-Astana), premier Uruguayen au départ d’un Giro et donc porteur du maillot rose.

Le deuxième peloton est arrivé avec 1’01’’ de retard. Dans celui-ci, le 4e du dernier Giro, Derek Gee-West, lui aussi tombé et victime du premier sortilège de ce Giro. « Et il n’y en aura plein d’autres à venir, sait bien Geraint Thomas, le directeur sportif de Netcompany INEOS, soulagé qu’aucun de ses hommes ne soit allé au sol. J’espère qu’on continuera ainsi. »

***

Il capitano della UAE Emirates-XRG, Adam Yates,
coinvolto nella caduta durante la seconda tappa del Giro.

Primi incantesimi

Una massiccia caduta ha segnato, ieri, (anche) la 2a tappa, vinta dalla nuova maglia rosa, Guillermo Thomas Silva. La UAE Emirates-XRG ha perso due corridori e le sue ambizioni per la generale con Adam Yates. Jonas Vingegaard, invece, si è salvato prima di passare all'attacco.

«È stato spaventoso quando ho visto tutti quei ragazzi cadere»
- JAN CHRISTEN

«L'avevamo visto con la caduta, che era abbastanza scivoloso.
Più il gruppo era ridotto, meglio era in vista dell'arrivo»
   - JONAS VINGEGAARD

10 maggio 2026 - L'Équipe
JULIEN CHESNAIS

VELIKO TARNOVO (BUL) – Il Giro ha fatto le sue prime vittime, ieri, nella nebbia dei Grandi Balcani, questa catena montuosa che ci ricorda il Massiccio Centrale, le sue fitte foreste, e che attraversa la Bulgaria dal Mar Nero fino alla sua punta occidentale. Mancavano 23 chilometri in questa 2a tappa finora lenitiva, con la fuga di due Polti, Mirco Maestri e la maglia azzurra Diego Pablo Sevilla, quando una parte del gruppo si è ritrovata improvvisamente a terra. «Le strade erano molto scivolose con la pioggia, e il gruppo molto nervoso, perché tutti volevano affrontare la salita davanti», ha raccontato Paul Magnier, che ha evitato la caduta per un pelo ma non ha potuto, poi, impedire la perdita della sua maglia rosa.

E poi, è stato il «disastro» descritto dal francese. Il giorno prima, già, una caduta spettacolare aveva imperversato nelle strade di Bourgas (ai -650 metri dall'arrivo, ndr). Tutti erano riusciti a rialzarsi. Non questa volta. Santiago Buitrago (Bahrain-Victorious) e Adne Holter (Uno-X Mobility) hanno dovuto abbandonare, così come due UAE Emirates-XRG, Jay Vine e Marc Soler, il primo a cadere. "Cosa possiamo fare al riguardo", sbuffava Mauro Gianetti, il manager della formazione degli Emirati. È stata una caduta terribile. Sapevamo che poteva essere pericoloso con la pioggia. Marc era in 2a posizione. Con la velocità, senza dubbio, ha perso il controllo della bicicletta e altri sono caduti con lui».

Cinque degli otto UAE sono così andati a terra, tra cui il leader Adam Yates, è emerso dal fosso come un poilu (*) dalla trincea, il viso sporco di un fango così denso da nascondere il sangue che gli scorreva lungo l'orecchio. Dopo una visita medica - che ha escluso sospetti di commozione cerebrale, secondo Gianetti - il 3° del Tour 2023 è potuto ripartire. Ma perdendo tredici minuti all'arrivo, il britannico poteva già tracciare una linea sulla classifica generale. «Ha subìto un grosso shock, speriamo possa prendere il via (oggi)», ha anche aggiunto Gianetti, prima di recarsi in ospedale per avere notizie di Soler e Vine.

Se Jan Christen ha potuto evitare il destino dei suoi compagno di squadra, è perché «ero in fondo al gruppo per spogliarmi», ha riferito il 21enne svizzero, al suo primo grande giro. «Ma me lo aspettavo, era certo che sarebbe accaduto. L'inizio della giornata era stato tranquillo, tutti avevano le gambe fresche e la pioggia è arrivata... È stato spaventoso quando ho visto tutti quei ragazzi cadere. Ho solo cercato di frenare lentamente, per non scivolare, e sono riuscito a non cadere». Jonas Vingegaard ha quasi avuto la sensazione di un déjà-vu, due anni dopo l'impressionante capitombolo che lo aveva colpito così duramente al Giro dei Paesi Baschi (il 4 aprile 2024, ndr): "Sì, insomma, è stato un po' diverso. Ma è stata una brutta caduta. Sono pericolose cadute come questa. Sono caduti proprio davanti a me. Spero che tutti stiano bene».


Il corridore della Visma-Lease a Bike, Wilco Kelderman, taglia il traguardo a Veliko Tarnovo, 
in Bulgaria, al termine di una emozionante seconda tappa del Giro d'Italia.

Il danese si è salvato, a differenza dei suoi compagni di squadra Tim Rex e Wilco Kelderman, pantaloncini strappati e glutei all'aria dopo essersi rialzati. Dopo una neutralizzazione (di 4 km, ndr), il tempo di permettere alle ambulanze di riposizionarsi dietro il gruppo, la gara è ripresa a 18 km dal traguardo, poco prima di iniziare la salita del monastero di Lyaskovets (3,9 km al 6,8%). Il due volte vincitore del Tour de France (2022 e 2023) ha piazzato la sua prima offensiva del Giro, a 600 metri dalla cima (primo attacco ai -13, il secondo ai -11,5 km, ndr), dopo la progressiva accelerazione del suo luogotenente Davide Piganzoli. Prima della discesa, ha piazzato il secondo affondo. E solo Giulio Pellizzari (Red Bull-BORA-hansgrohe) e Lennert Van Eetvelt (Lotto Intermarché) sono riusciti a seguirlo. «Se ne avevamo discusso? Quando si sente bene, può andare», ha spiegato il suo direttore Marc Reef, rivelando così forse la volontà di Vingegaard di correre in un modo nuovo, più istintivo. Ma questa volta, il suo attacco era stato effettivamente pianificato. «Era davvero il piano per tutto il giorno perché era il modo migliore per ridurre i pericoli», ha assicurato Vingegaard. «L'avevamo visto con la caduta, che era abbastanza scivoloso. Più il gruppo era ridotto, meglio era in vista dell'arrivo». 

La sua ambizione non era quella di prendere la maglia rosa. E questo si è visto nella rampa che porta alla città medievale di Veliko Tarnovo, che proponeva il penultimo chilometro con la pendenza media del 5,9% e due tratti in pavé: «Se puoi guadagnare tempo sui tuoi avversari, è una buona cosa. Ma non devi necessariamente prendere già la maglia rosa». Non ha quindi avuto alcuna difficoltà a "giocare" contro Pellizzari e Van Eetvelt. Questo suo traccheggiare ha reso possibile il rientro di Christen e di un gruppo di 31 unità, a 500 metri dall'arrivo, dal quale è uscito vincitore Thomas Silva (XDS-Astana), primo uruguaiano all'inizio di un Giro, a vincerne una tappe e pure a indossarne la maglia rosa.

Il secondo gruppo è arrivato con 1'01'' di ritardo. In questo, il 4° piazzato dello scorso Giro, Derek Gee, anch'egli caduto e vittima della prima magia nera di questo Giro. «E ce ne saranno molte altre», sa bene Geraint Thomas, neo-direttore sportivo della Netcompany INEOS, sollevato però dal fatto che nessuno dei suoi uomini sia caduto. Spero che continueremo così».


(*) "Poilu" in francese significa peloso o irsuto (aggettivo). Come sostantivo maschile (le poilu), è un termine colloquiale storico usato per indicare i soldati francesi della prima guerra mondiale. Designava i fanti francesi (poilus) della Grande Guerra, soprannome nato per indicarne la resistenza e l'aspetto spesso trasandato con barba e baffi incolti.

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Magnier change de peau

10 May 2026
L'Équipe J. Ch.

Tout juste descendu de Sierra Nevada, Paul Magnier avait abordé le Giro fort du sentiment d’être « autant en forme au sprint qu’en montée ». Alors, en endossant le maillot rose, vendredi à Bourgas, le Français s’était donné une chance de « survivre » à la 2e étape promise aux puncheurs-grimpeurs. Mais après une courte nuit, hier, la lecture du profil de la dernière difficulté, située à 11 km de l’arrivée, l’avait déjà quelque peu refroidi. « J’ai regardé les pourcentages et c’est vraiment raide, ça va être compliqué », grimaçait-il avant le départ, vêtu de rose de la tête aux pieds. Sa crainte fut justifiée. Alors que Davide Piganzoli imprimait un gros rythme devant Jonas Vingegaard, l’Isérois a cédé à 1,2 kilomètres du sommet de la montée de Lyaskovets. « J’ai tout donné, mais j’ai rapidement vu que ce serait un peu trop difficile », s’inclinait-il après avoir rallié Veliko Tarnovo avec 2’05’’ de retard sur son successeur à la tête du classement général, Guillermo Thomas Silva. Mais le sprinteur de Soudal Quick-Step se disait « heureux de changer encore de tenue ». Car aujourd’hui, il s’élancera de Plovdiv avec le maillot cyclamen. Une tenue qu’il compte « essayer de garder jusqu’à l’arrivée » de ce Tour d’Italie. Hier, il a augmenté son avance en prenant la 3e place du sprint intermédiaire de Sliven, derrière les deux échappés, et en devançant Jonathan Milan. De bon augure pour la 3e étape, où un nouveau sprint est attendu à Sofia ?

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Magnier cambia pelle

Appena sceso dal training camp di Sierra Nevada, Paul Magnier affronta il Giro forte della sensazione di essere «tanto in forma nello sprint quanto in salita». Quindi, indossando la maglia rosa, venerdì a Bourgas, il francese si era dato la possibilità di «sopravvivere» nella 2a tappa riservata ai puncheur-scalatori. Ma dopo una breve nottata, ieri, la lettura del profilo dell'ultima asperità, situata a 11 km dall'arrivo, lo aveva già un po' raffreddato. «Ho guardato le pendenze ed è davvero ripida, sarà complicato», ha fatto una smorfia prima della partenza, di rosa vestito dalla testa ai piedi. I suoi timori erano giustificati. Mentre Davide Piganzoli imprimeva un gran ritmo davanti a Jonas Vingegaard, l'Isérois ha ceduto a 1,2 chilometri dalla cima della salita di Lyaskovets. «Ho dato tutto, ma ho subito capito che sarebbe stata un po' troppo dura», si è inchinato dopo aver raggiunto l'arrivo a Veliko Tarnovo con 2'05'' di ritardo sul suo successore in testa alla classifica generale, Thomas Silva. Ma il velocista della Soudal Quick-Step si diceva comunque «contento di dover cambiare ancora abbigliamento». Perché oggi partirà da Plovdiv con la maglia ciclamino (della classifica a punti, ndr). Una mise che intende «cercare di portare fino alla fine» di questo Giro d'Italia. Ieri, ha aumentato il suo vantaggio piazzandosi al 3° posto nello sprint intermedio di Sliven, dietro i due fuggitivi, e precedendo Jonathan Milan. Di buon auspicio per la 3a tappa, a Sofia, dove è previsto un nuovo sprint?

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