Ligue 1 : les coups de coeur et les coups de griffe de la saison
EPA/MAXPPP
Le Lensois, Florian Thauvin, aux prises avec le Parisien Ousmane Dembélé,
lors du match LENS-PSG, le 13 mai.
Découvrez ce qui a plu… et déplu aux spécialistes du football de la rédaction des sports du «Figaro» lors de la saison qui s’est achevée dimanche.
18 May 2026 - Le Figaro
Baptiste Desprez et Christophe Remise
Baptiste Desprez et Christophe Remise
Voilà, c’est fini… La Ligue 1 cuvée 20252026 s’est achevée dimanche soir, avec le multiplex de la 34e journée. Les amateurs de ballon rond n’auront toutefois pas à attendre longtemps pour reprendre le chemin du stade ou assouvir leurs envies de matchs sur petit écran, avec la finale de Coupe de France entre Lens et Nantes (22 mai) et les finales de coupes d’europe, notamment celle du PSG contre Arsenal, en Ligue des champions (30 mai). Le tout sans parler de la Coupe du monde (11 juin-19 juillet) en Amérique. En attendant, c’est l’heure des bilans pour le championnat de France.
COUPS DE COEUR
■ PSG, le titre de la résilience
«Le plus dur et le plus savoureux.» Voilà comment Luis Enrique qualifie le titre de champion de France du PSG, son troisième à titre personnel, le 14e de l’histoire du club et le cinquième de suite. Il faut dire que le technicien espagnol a dû jongler entre les blessures pour proposer une équipe cohérente et compétitive semaine après semaine. Ce titre, c’est celui de Luis Enrique, son management, son idée de jeu, et aussi des habituels coiffeurs, qui ont fait le boulot quand les titulaires étaient blessés ou ménagés. Pas brillant ? Aucune importance. Les Rouge et Bleu ont vécu une «saison particulière », comme l’a régulièrement dit « Lucho ». Envers et contre tout.
■ Lens, le vent de fraîcheur
Le football a encore le mérite de réserver des surprises. C’est ce qui en fait le sel. Le RC Lens en est l’un des dignes représentants. Malgré le 10e budget de Ligue 1, les Sang et Or ont eu le mérite de chahuter l’ogre parisien et de dompter les prétendants, comme L’OM, Monaco, Lille, Lyon ou encore Rennes et Strasbourg. Moins d’argent, mais des idées et des qualités, ça aide. La performance est remarquable, symbole d’une institution bien gérée, entre le patron Joseph Oughourlian, le directeur général Benjamin Parrot, le directeur sportif Jean-louis Leca et le coach, Pierre Sage. Mais aussi et surtout des joueurs au rendez-vous, avec le revenant Florian Thauvin en tête de gondole, sans oublier les autres (Risser, Udol, Sarr, Sangaré, Thomasson, Edouard…). Un cocktail explosif, des coups réussis au mercato et un club récompensé de son professionnalisme. La recette magique pour une saison qui peut basculer dans une autre dimension en ramassant une première Coupe de France vendredi, face à Nice. De géniale à historique ?
■ Lepaul, la surprise du chef
Ousmane Dembélé, Mason Greenwood, Mika Biereth… Au petit jeu des pronostics de début de saison, tout le monde a eu tout faux. Esteban Lepaul a terminé la campagne 2025-2026 avec la couronne de meilleur buteur de Ligue 1 sur la tête. « La dernière fois que je suis venu en conférence de presse, vous aviez douté un peu», s’amusait encore récemment l’intéressé. Machine. «Finir meilleur buteur de Ligue 1, je ne sais pas, mais mettre entre 15 et 20 buts, j’étais sûr que j’en étais capable», soufflait le joueur formé à Lyon, passé par Épinal, Orléans et Angers avant de débarquer à Rennes l’an dernier (13,50 M€).
En progression constante, plus mature, plus complet, l’attaquant rennais de 26 ans a fait fort, très fort. La dernière fois qu’un titre de meilleur buteur de Ligue 1 a échappé au Paris Saint-germain ? 2015, avec le Lyonnais Alexandre Lacazette. Une pensée pour le non moins surprenant Strasbourgeois Joaquin Panichelli, bloqué à 16 réalisations après une blessure au genou.
■ 2025-2026, un fort joli cru
La lutte PSG-LENS, la résurrection d’un OL proche de la mort clinique l’été dernier, les promus qui tiennent la dragée haute au reste de l’élite, le Petit Poucet angevin qui s’en sort avec des bouts de ficelle, les buts à gogo, parfois du beau jeu et pas qu’au Parc des Princes… La saison 2025-2026 de Ligue 1 restera comme un bon cru, une campagne passionnante qui a ravi les heureux abonnés de Ligue 1+… et des diverses plateformes illégales, tant que le gouvernement ne se sera pas réellement saisi du dossier « piratage ».
Mais c’est une autre histoire. En attendant, le championnat de France a proposé la meilleure publicité possible lors de cette saison 2025-2026, avec du suspense jusqu’au bout à presque tous les étages. On en redemande.
■ Le Paris FC prend date
Il y a le verre à moitié plein et à moitié vide. Certains diront qu’avec le quatrième budget de Ligue 1 (130 millions d’euros) et la famille Arnault à sa tête, la saison du Paris FC les laisse sur leur faim. On peut les comprendre… mais ne pas partager leur avis. De retour en Ligue 1, le deuxième club parisien a respecté sa feuille de route et, paradoxalement, la nomination d’antoine Kombouaré, le 22 février à la place de Stéphane Gili, a permis de solidifier la place aux abords du top 10. C’était l’objectif de la saison. Il est atteint. L’élimination à Lorient en Coupe de France, après l’exploit face au PSG, restera le gros point noir. La direction parisienne a payé pour apprendre, avec des échecs côté mercato (Otavio, Traoré, Simon, Geubbels), des réussites relatives (Ikoné, Immobile) mais aussi quelques satisfactions tout de même (Coppola, Lees-melou, Munetsi, Matondo…).
Séduit par le projet, la nouveauté, des prix attractifs, le public a adhéré (plus de 16000 spectateurs de moyenne à Jean-bouin, affluence supérieure au Stade Français, qui évolue dans la même enceinte). La saison prochaine, il faudra faire mieux. Et ouvertement viser l’europe. À Paris, dans l’ombre du PSG, il faut séduire, détonner et gagner. Voilà la feuille de route du PFC.
COUPS DE GRIFFE
■ OM : moins belle la vie
La saison marseillaise est sans doute à montrer dans toutes les écoles de commerce du monde entier. La gestion d’un club de football pour les nuls. Et tout ce qu’il ne faut pas faire. Des comptes dans le rouge, une masse salariale qui explose, une direction aux abois, avec un patron américain qui a fait confiance à un président, Pablo Longoria, évincé en cours de saison, et à un directeur sportif, Mehdi Benatia, qui annonce son départ sur les réseaux sociaux, avant de finalement rester jusqu’à la fin de saison. Ajoutez à cela un entraîneur, Roberto De Zerbi, incapable de gérer la pression et son émotion, démagogique à souhait avec des appels incessants à la folie du Vélodrome.
Vous en voulez encore ? Un mercato, digne de Football Manager, raté piteusement (Pavard, Abdelli, Gomes, O’riley, Vermeeren, Nwaneri, Nnadi…), et une équipe qui n’a fait que se liquéfier après le fiasco de la Ligue des champions (défaite 3-0 contre le Club Bruges lors de la dernière journée). Le changement d’entraîneur n’a rien changé avec l’arrivée de Habib Beye, le mercato d’hiver fut cataclysmique et l’image générale donnée par le club a frisé le ridicule. La fameuse institution ne ressemble plus à grand-chose et Frank Mccourt, qui en a assez d’être pris pour une vache à lait, a sonné la fin de la récréation. Nomination de l’ancien patron d’orange, Stéphane Richard, au poste de président, et Grégory Lorenzi, architecte du Stade Brestois, va débarquer pour repenser la cellule sportive. Place à la rigueur, à une cure d’austérité et à une politique raisonnée. Et si c’était la bonne recette ?
Pavard-Pogba, le crash
Benjamin Pavard (55 sélections) et Paul Pogba (91 sélections) ont débarqué l’été dernier en Ligue 1 avec une immense ambition : valider leur billet pour la Coupe du monde. C’est raté. Dans les grandes largeurs. Didier Deschamps, sans surprise, ne les a pas convoqués dans la liste dévoilée jeudi pour le rendez-vous en Amérique. Le défenseur de 30 ans, prêté par l’inter Milan, n’a pas répondu aux attentes sur la Canebière. Après des débuts prometteurs, il s’est liquéfié, n’a pas été le cadre attendu et, footballistiquement, l’ancien Munichois a parfois donné l’impression d’errer sur le terrain. Son sérieux et son attitude hors des terrains n’ont pas non plus emballé la direction marseillaise, qui pensait faire de lui l’un des leaders d’une saison radieuse.
Que dire de Paul Pogba? Suspendu pour dopage et éloigné des terrains depuis septembre 2023, le champion du monde 2018 a raté son retour. Même pas dix matchs de Ligue 1 au compteur, aucun de Ligue des champions, un impact sur le terrain inexistant. L’ancien Turinois a encore un an de contrat sur le Rocher. Une seule question demeure : pour y faire quoi?
■ Droits TV : le cirque permanent
Au moment où nous écrivons ces lignes, il est possible qu’un dirigeant ait encore réclamé le retour de Canal+, taclé le poids du Qatar ou encore remis en cause la présence de Vincent Labrune, quand d’autres ont pu moquer la fronde des présidents Mccourt et Oughourlian face au désastre des droits TV. Toute la saison ne fut que piques, représailles et coup bas. L’intérêt collectif? Pas un sujet. Un vrai jeu de dupes. Attendu comme le sauveur avec la mise en place de Ligue 1+, Nicolas de Tavernost n’a pas tenu une saison et veut quitter son poste le plus vite possible. Lassé par les guerres intestines et le conflit d’intérêts dont il accuse Nasser al-khelaïfi. L’été prochain, les caisses des clubs seront encore plus vides qu’aujourd’hui avec la fin du contrat de bein Sports et du reliquat de DAZN. Perspectives de rentrée d’argent quasi nulles via les droits nationaux. Personne ne se bouscule pour diffuser la Ligue 1. Le projet de réforme de la gouvernance du football français n’a toujours pas vu l’assemblée nationale. Silence, on coule…
■ Nantes, catastrophe annoncée
Un monument au tapis. À force de jouer avec le feu, les Canaris nantais ont fini par se brûler les ailes. Depuis trop longtemps, le FCN travaillait en dépit du bon sens, multipliant les choix hasardeux, sur le terrain, sur le banc, en coulisses, s’éloignant toujours un peu plus de son ADN. Depuis plusieurs années, le club aux huit titres de champion de France se maintenait sur le fil au sein de l’élite. Depuis plusieurs années, les supporteurs tiraient la sonnette d’alarme, demandant la tête des Kita régulièrement. Depuis plusieurs années, la catastrophe se rapprochait. Elle est là, sous la forme d’une relégation attendue. Le pompier de service, Vahid Halilhodzic, sorti de sa retraite pour aider un club qui lui est cher, n’y a rien changé. Un crève-coeur pour le peuple nantais et globalement pour la L1. Mais pas une surprise…
■ La VAR : toujours pas
C’est un marronnier. Même ceux qui étaient les plus fervents défenseurs de la VAR doivent l’admettre : le compte n’y est pas. Au moins, pas encore… Pas un week-end sans polémique. « Nous avons plus de 20% d’erreurs majeures en moins», corrigeait encore récemment le patron de l’arbitrage français, Antony Gautier, jurant que « quatre erreurs majeures sur cinq sont corrigées » avec la VAR. Dont acte. Peut-être attend-on trop de la vidéo dans le foot ?
Peut-être faut-il admettre que le football ne sera jamais parfait, pas plus que ne l’est la société d’ailleurs. Ou alors, il faut bosser davantage, parler, expliquer, être plus cohérent. On miserait plutôt sur cette dernière option au vu du nombre d’incompréhensions et de coups de gueule sur les terrains de France et de Navarre cette saison encore. Peut vraiment mieux faire.
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