FC Nantes, chronique d’une chute annoncée


L'équipe de l'attaquant Ignatius Ganago à été battue par le RC Lens le 8 mai.
P. LECOEUR/FEP/ICON SPORT

Dimanche, face à Toulouse, les Canaris ont joué leur dernier match en Ligue 1. 
Le miracle d’un énième barrage arraché n’était qu’une chimère. 
Ils sont officiellement relégués à l’étage inférieur, après une saison catastrophique.

18 May 2026 - L'Humanité
ÉRIC SERRES

Clin d’oeil du destin ou mauvaiseoeil, le FC Nantes a reçu dimanche soir, à la Beaujoire, le Toulouse FC pour la 34 et dernière journée du championnat de Ligue 1 (à l’heure où nous écrivons ces lignes, la rencontre n’a pas encore eu lieu). Sauvée miraculeusement en barrages, déjà face à Toulouse en 2021 et lors de l’ultime journée en 2023 (succès face à Angers combiné à un revers d’auxerre à Lens), la maison nantaise, qui jouait depuis trop longtemps avec le feu, n’avait cette fois-ci plus rien à espérer. Après treize années successives en Ligue 1, le club des bords de la Loire, huit fois champion de France, retrouvera la Ligue 2 la saison prochaine pour la troisième fois depuis le début du XXIE siècle.

Vahid Halilhodzic, entraîneur du FC Nantes appelé à la rescousse pour les dernières journées et figure emblématique en tant que joueur du club dans les années fastes, n’avait pas les mots après la défaite lors de la 33e journée à Lens, qui scellait le sort des Canaris : « Je suis vraiment triste, je ne peux pas vous parler. Je m’excuse, le moment est très délicat et difficile pour nous. Je ne suis pas capable de vous répondre, franchement je m’excuse. La tristesse est très profonde. »

Pourtant, peut-on vraiment parler de surprise en évoquant le club qui fut dirigé dans ses plus grandes périodes par des entraîneurs tels que José Arribas, Jean Vincent, Coco Suaudeau ou encore Raynald Denoueix ?

Non, depuis l’arrivée en 2007 du nouveau dirigeant, Waldemar Kita, le club ligérien a connu pas moins de 23 entraîneurs et perdu toute identité. Le « football à la nantaise » s’est évaporé au fil des saisons. Le centre de formation, trop souvent malmené ces dernières années et plus du tout un marchepied pour l’équipe première, fut pourtant pendant longtemps la pépinière de très grands joueurs et d’une certaine idée du football alliant le collectif et la technicité.

Des observateurs de l’Ajax Amsterdam ou encore du FC Barcelone ont fait quelques séjours à la Jonelière pour s’inspirer des méthodes nantaises. Hélas, le football fric, dans l’attente de résultats immédiats, n’a pas su garder cet esprit de formation de talents capables de passer d’espoirs à joueurs de Ligue 1 sous le jaune et vert.

Pour ne citer que quelques grands noms ayant fait vibrer les supporters des années 1960 à 2000, on se souviendra d’henri Michel, de Maxime Bossis, de José Touré, de Didier Deschamps, de Marcel Desailly ou encore de Reynald Pedros… mais la liste est bien plus longue.

DES SUPPORTEURS REFROIDIS

Sauf que voilà, à force de tout déstructurer, de vendre ou d’acheter des joueurs en désespoir de cause, la direction du club a effacé l’âme du football à la nantaise. Excepté une victoire en finale de Coupe de France en 2022 face à Nice, les Canaris végètent depuis dans la seconde partie du tableau. Lors de l’avant-dernière journée contre Lens, Pierre Sage, entraîneur du club sang et or et élu meilleur entraîneur de la saison 2025-2026, a avoué son admiration pour ce que le FC Nantes dans sa grande période a apporté au football et ses regrets de le voir descendre à l’étage inférieur.

Ironie de l’histoire, mais aussi symbole d’une direction trop souvent à côté de la plaque, le Lensois avait été approché à l’été 2025 avant finalement d’être écarté pour prendre la suite d’antoine Kombouaré. Lors de cette saison 2025-2026, encore une fois, ce sont trois entraîneurs qui se sont succédé. Luis Castro, auréolé d’une flatteuse réputation d’entraîneur qui fait jouer ses équipes, puis Ahmed Kantari, ancien adjoint d’antoine Kombouaré, et enfin Vahid Halilhodzic.

Côté supporteurs, ce n’est pas une douche froide, mais bien un crachin typiquement nantais qui les a refroidis. En grève d’encouragements depuis le début 2026, ces derniers, malgré l’amertume, ne s’attendaient pas à une autre issue. « Ça fait des années qu’on flirte avec la ligne rouge de la descente. Encore plus cette année, quand on a vendu tous nos meilleurs éléments sans les remplacer. Je ne voyais pas comment on pouvait se maintenir… » a ainsi réagi un aficionado du club.

Ce grand de l’histoire du football français n’aura peut-être même pas l’occasion de retrouver en Ligue 2 un autre nom prestigieux : L’AS Saint-étienne. Les deux clubs furent dans les années 1970 les grands animateurs de notre championnat, en proposant des duels épiques. Mais le club du Forez pourrait retrouver l’élite dès la saison prochaine en cas de succès contre le 16e de Ligue 1.

Commenti

Post popolari in questo blog

I 100 cattivi del calcio

Echoes' Cycling Biography #4: Jean-Pierre Monseré

Elite 24: Rucker Park legends