Red Bull, un rôle lointain

Actionnaire minoritaire, la société autrichienne n’est pas toujours impliquée sur les dossiers majeurs.

23 Feb 2026 - L'Équipe
ARNAUD HERMANT (avec H. De.)

Le rôle de Red Bull auprès du Paris FC reste en cours de construction. L’entreprise autrichienne a participé au tour de table pour acheter le club avec la famille Arnault et possède aujourd’hui 10,6% du capital. Sa participation montera à 15 % environ quand Pierre Ferracci aura cédé le reste de ses parts (29,8%) à la fin de la saison 2026-2027. Oliver Mintzlaff, directeur général de Red Bull, et Mario Gomez, directeur technique, siègent au conseil d’administration du PFC.

L’ancien attaquant vient de temps en temps à Jean-Bouin assister aux rencontres de l’équipe première en compagnie de Jürgen Klopp, directeur du football monde de RB, ce qui constitue toujours un petit événement. Red Bull est aussi à l’origine de l’arrivée de l’Allemand Marco Neppe comme directeur sportif l’été dernier.

Mais, pour le reste, concrètement, son action demeure assez discrète, même si, au club, on évoque une aide chez les pros, les jeunes, les filles, auprès des entraîneurs de gardien... Red Bull n’a par exemple pas été décisionnaire sur le changement d’entraîneur, bien que la société ait été prévenue. Averti, Klopp aurait pris des renseignements sur Antoine Kombouaré auprès de certains des ex-joueurs du Kanak.

L’apport de la marque de boissons énergisantes a aussi été limité lors du dernier mercato, qui a davantage été l’oeuvre de Neppe, d’Antoine Arnault, le propriétaire, et de Jean-Marc Gallot, le directeur général. Même pour les jeunes achetés cet hiver, Rudy Matondo (Auxerre) ou Patrick Zabi (Reims) qui arrivera la saison prochaine. Ils sont «Red Bull compatibles» mais la société n’a pas été particulièrement motrice dans leur signature. Zabi était une cible prioritaire de Neppe depuis son arrivée.

Moins de parts, moins de latitudes

Les transferts d’anciens de Red Bull à Lens (Samson Baidoo, Amadou Haidara et, dans une moindre mesure, Sangaré, arrivé du Rapid Vienne) ou au Havre (Gourna-Douath) ont étonné. La logique aurait voulu qu’ils rejoignent le Paris FC plutôt que d’aller renforcer des concurrents comme le HAC. Si Haidara a bien été proposé l’été dernier, son prix était d’environ 10 M€, alors qu’il a signé à Lens cet hiver pour 2 M€. Cela interroge sur la synergie avec le PFC. « Il y a une philosophie Red Bull », résume-t-on. Contrairement à ses clubs de Leipzig, Salzbourg, Bragantino au Brésil et New-York aux États-Unis, la marque autrichienne est seulement actionnaire minoritaire comme à Leeds, elle a donc moins de latitudes dans le fonctionnement, même si « elle est proactive dans la coulisse » , selon un agent. L’action de Red Bull semble davantage prégnante en matière de formation. Un représentant de la société autrichienne, dans un rôle de coordinateur performance, vient à intervalles réguliers. Une diététicienne a distillé des conseils il y a quelques jours. Mais les entraîneurs des équipes de jeunes ne sont pas abreuvés de réunions avec les cadres autrichiens. « Red Bull apporte une aide sportive avec un volet technique et des datas» , dit-on à Orly, siège du club et de son centre de formation.

« Red Bull est très intéressant pour l’accompagnement du développement du club, notamment sur la formation, qui est au coeur de notre projet. Ils possèdent un référentiel sur le sujet et c’est un gain de temps » , explique le DG Jean-Marc Gallot. Ils distillent aussi leurs conseils sur l’agrandissement du centre d’entraînement, les équipements nécessaires... Gallot a visité il y a quelques semaines le centre de formation de Salzbourg. Le dirigeant a été impressionné par les lieux, les grandes fresques présentant les joueurs qui ont percé et le message incitatif à destination des prochains jeunes.

Le partenariat entre le PFC et Red Bull est scruté, car la société autrichienne a obtenu des résultats probants ces dernières années, mêmes’ils le sont un peu moins désormais. Est-ce duplicable avec autant de réussite en France ? Il faudra attendre pour le savoir : la collaboration avec le club parisien n’en est qu’à ses débuts.

Commenti

Post popolari in questo blog

I 100 cattivi del calcio

Chi sono Augusto e Giorgio Perfetti, i fratelli nella Top 10 dei più ricchi d’Italia?

Echoes' Cycling Biography #4: Jean-Pierre Monseré