Une palette de champion
Paul Seixas devant Juan Ayuso dans la montée finale vers Malhao,
hier, lors de la dernière étape du Tour de l’Algarve.
Sans renverser le général remporté par Juan Ayuso, Paul Seixas a sécurisé sa deuxième place du Tour de l’Algarve, hier, au bout d’une semaine où il a exhibé ses qualités précoces.
23 Feb 2026 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL LUC HERINCX (avec G. Sc)
ALTO DO MALHAO (POR) – Seixas est un nom portugais qui « signifierait le roc, le rocher » , avait compris le jeune coureur. Une traduction exagérée d’après des confrères locaux mais qu’importe, le Français de 19 ans a affiché toute la semaine un caractère d’une solidité de pierre. Hier, son audace pour renverser le général n’a pas payé, Juan Ayuso (Lidl-Trek) n’a jamais craqué et s’est même offert l’ultime étape pour remporter le Tour de l’Algarve dès sa première compétition dans sa nouvelle équipe.
« Je suis forcément un peu déçu » , a soufflé Paul Seixas (Decathlon-CMA CGM), qui rêvait de boucher l’écart de 7ʼʼ avec l’Espagnol. Il est crucial de relativiser, et il le sait : à cet âge pour sa première course par étapes d’un niveau aussi relevé, sa deuxième place finale est une performance extraordinaire.
Un leadership déjà affirmé
Toujours leader depuis les catégories jeunes, Seixas maîtrise le rôle. « Là où c’est plus compliqué, c’est quand tu es plus jeune que les autres, ce n’est pas naturel d’essayer de créer une émulation, remarquait-il à l’aube de cette saison. Donc ça, c’est encore en cours d’apprentissage. Je préfère prendre mon temps là-dessus pour être sûr que mes coéquipiers me fassent confiance et qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. »
Ces cinq derniers jours, il a galvanisé des coursiers belges expérimentés qui ont roulé sans se poser de questions, Oliver Naesen (35 ans) se disant même impressionné par la gestion de la press i on de s on j eune pro t égé. Le Français a trouvé en Johannes Staune-Mittet (24 ans), son compagnon de chambre norvégien, un équipier loyal qui est venu naturellement lui distiller quelques conseils avant le contre-la-montre (3e étape), et l’Américain Matthew Riccitello (23 ans) lui a servi de lieutenant de luxe. « Il faisait vraiment partie des cinq ou six meilleurs coureurs de cette course et il a quand même roulé pour moi, a souligné Seixas. Chapeau pour son attitude. Bien sûr, un jour, on lui rendra la pareille. » Discours de patron.
Sans complexe face aux cadors
Ce statut, Seixas l’a assumé aussi au sein du peloton dès le deuxième jour. Après avoir été bousculé par les UAE, il a été acteur dans l’Alto da Foia puis a piégé intelligemment Ayuso en se plaçant en tête dans les derniers virages.
Hier, le Français n’a pas hésité à envoyer Riccitello au charbon pour mettre le feu et prendre encore la course à son compte. Sans succès, certes, mais le regard des grands leaders a changé. Ayuso l’a adoubé, soulignant le « niveau incroyable de l’un des meilleurs coureurs du monde dans très peu de temps »
Puissance en progrès, punch à travailler
Seulement 13ʼʼplus lent que Filippo Ganna sur le chrono, Seixas a récolté les fruits des investissements de son équipe dans le matériel et sa position, mais pas que. « J’avais pris un peu de poids cet hiver, et je pense que c’est du muscle parce que je vois que mes puissances ont augmenté, je me sens plus fort qu’avant, a-t-il noté. Il reste des points à travailler, et c’est ça qui est bien. »
Dans « un effort de puncheur » sur la montée de l’Alto do Malhao (2,6 kmà9%), il lui a manqué la giclette pour décramponner les leaders. C’est déjà ce déficit d’explosivité qui lui avait fait perdre l’étape 6 du Tour de l’Avenir à La Rosière, l’été dernier, où Jarno Widar l’avait battu. Le Français brille plutôt sur la répétition d’efforts violents, ce qui l’attend samedi prochain à la Faun Ardèche Classic, dont le parcours ravivera les bons souvenirs des Championnats d’Europe (3e place), où il avait enflammé le Val d’Enfer.
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