Flandriens d’adoption


Théâtre de la « quinzaine sainte » des classiques pavées qui s’ouvre aujourd’hui avec le Tour de Bruges, la Belgique accueille des coureurs étrangers depuis plus d’un demi-siècle. Des exilés qui ont changé de vie pour briller en terre sacrée du cyclisme.

"Les Belges l’ont adoré pour sa façon de courir"
   - BRACKE'SU'R FERDINAND TOM SIMPSON

"Chaque année, j’étais là, 
j’ai montré que j’étais professionnel, 
sérieux, que j’aimais la Belgique, et à la fin, 
ils ont dit que j’étais devenu un Flandrien"
   - ANDREÏ TCHMIL

25 Mar 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX (avec Y. H.)

Il faut du caractère, un brin de folie et du dévouement pour privilégier, aujourd’hui, au soleil monégasque et au confort fiscal des montagnes andorranes l’âpreté du climat nord-européen, la monotonie du plat pays ou au contraire la violence de ses monts pavés. Ces qualités sont souvent innées chez les locaux, mais elles caractérisent aussi historiquement un certain nombre d’étrangers qui ont embrassé, souvent faute de choix, la passion belge du cyclisme. Point névralgique ancestral des courses d’un jour, depuis les juniors et les amateurs jusqu’aux Classiques professionnelles ramassées en une « quinzaine sainte » – qui démarre par le Tour de Bruges aujourd’hui et s’étire jusqu’à Paris-Roubaix (12 avril) en passant par le Tour des Flandres (5 avril) –, la Belgique a toujours été un lieu d’apprentissage des fondamentaux de la vie en peloton. Des carrières s’y sont lancées, des destins y ont été renversés.

Celui de Tom Simpson a basculé en Flandre, il y a plus de soixante ans. Fils d’un mineur, le Britannique y a remporté le Ronde en 1961, quelques mois après son arrivée à Gand avec son épouse. « Ils ont emménagé dans le quartier du port dans une sorte de garage, retrace leur fille, Joanne Simpson. Il ne gagnait pas beaucoup d’argent mais ma mère s’en fichait, elle savait qu’il allait réussir dans la vie. Tom est arrivé sur le continent avec 100 livres et voulait doubler, tripler ce montant, sans avoir à travailler dans les mines… »

Une échappatoire aux déterminismes sociaux motivant aussi Allan Peiper, 7e du Ronde 1989, à fuir les conflits familiaux en Australie pour débarquer à Gand en 1976. À seulement 16 ans, avec un ami et 300 dollars en poche, traversant quelques premières nuits difficiles en auberge où il devait « attacher [sa] valise à un bras et [son] vélo à l’autre pour éviter de [se] faire voler » , puis chez un ancien boucher accueillant mais où « les crochets à viande pendaient encore au plafond » , racontait-il récemment dans un podcast du Nieuwsblad (« Stamcafé Koers »).

Une terre hospitalière pour les coursiers

Moldave au passeport soviétique à l’époque, attiré par son équipe SEFB-SaxonGan, Andreï Tchmil s’est, lui, installé en Wallonie, à Nalinnes, en 1991. Il raconte sa facile intégration : « C’était un petit village avec des gens merveilleux. Un jour d’hiver, je faisais mon jogging et un policier m’a interpellé. Quand je lui ai dit que j’étais coureur, il m’a demandé de venir au commissariat pour faire des démarches, obtenir mon permis belge. Après, bien sûr, dans le vélo, c’était différent, j’étais un coureur de plus et ça faisait moins de publicité pour les autres. »

La fraternité du peloton l’a pourtant emporté sur la rivalité dans l’histoire de Peiper, qui butait chaque week-end en juniors sur le local Eddy Planckaert. « Je venais de Gand à vélo et il avait remarqué que j’étais seul, racontait l’Australien dans nos colonnes, en 2021. Un jour, il pleuvait et il faisait froid, il avait dit à sa mère: “On ne peut pas laisser le jeune là, il va crever.’’ Ce soir-là, on a dormi dans le même lit ( à Meigem) parce qu’ils étaient déjà cinq enfants. Avec Eddy, on travaillait pour une compagnie d’entretien de jardins. Il n’avait pas besoin d’argent car il gagnait assez avec le vélo, mais son frère disait : “Tu vas le faire aussi, pour comprendre la valeur de l’argent.” »

Traditionnellement rurale et prolétaire avant de devenir une région industrielle et prospère, la Flandre a toujours valorisé les caractères besogneux, ce qui facilita par exemple l’adoption de Sean Kelly, issu d’une famille de fermiers irlandaise et qui travaillait dans les champs depuis ses 12 ans. Installé dans la banlieue bruxelloise, à Vilvoorde, à partir de 1977, il logeait chez un couple qui avait planté un mât dans le jardin pour hisser la bannière de son pays chaque fois que son protégé gagnait une course. « En dix-huit ans de carrière, je n’ai pas fait un seul écart, pas même en hiver » , racontait Kelly.

Ce travail discret, cette pudeur qu’incarne si bien le Flandrien contemporain Yves Lampaert, se confronte paradoxalement aux besoins des canards flamands, friands de rivalités, de personnages et de punchlines. Simpson l’avait compris et « faisait le spectacle, il a marqué les gens chez nous » , se remémore Ferdinand Bracke, son ancien coéquipier chez Peugeot. « Tom s’entendait très bien avec les journalistes, c’était un bon comédien, raconte sa fille Joanne. Il savait qu’en fournissant chaque fois une histoire aux journalistes, il y aurait beaucoup d’articles sur lui et qu’il pourrait demander plus d’argent. Et les Belges l’ont adoré pour sa façon de courir. »

Tchmil reconnaît également que sa rivalité avec le Belge Johan Museeuw « a offert un bon divertissement au peuple cycliste en Belgique » . Un conflit monté en épingle par un journaliste flamand, mais tiré d’une histoire vraie aux Mondiaux 1993: « J’étais venu avec mes propres moyens pour représenter la Moldavie. J’ai tout payé, et pendant la course, Museeuw m’a demandé de rouler car on était dans la mêmeéquipe le reste de l’année. Je lui ai répondu: “Depuis quand la Moldavie estelle est une province de Belgique?’’ ( rires). Au Tour des Flandres, l’année où je fais 3e (en

1995), c’était choquant, il y avait des banderoles “Tchmil Judas”, “Tchmil a vendu le peuple”. » En larmes après la course, le Moldave, naturalisé belge en 1998, aura finalement réussi à renverser l’opinion. « Chaque année, j’étais là, j’ai montré que j’étais professionnel, sérieux, que j’aimais la Belgique, et à la fin, ils ont dit que j’étais devenu un Flandrien, raconte le vainqueur de deux Grand Prix E3 (1994 et 2001) et d’un Paris-Roubaix, en 1994. J’avais mis un poster de Museeuw sur la porte de mon garage pour me motiver quand il pleuvait dehors. Je passais devant et me disais: ''Lui a déjà gagné deux fois le Ronde, moi aucune.'' »

Tchmil finira même par atteindre son objectif ultime en 2000, remporter le Tour des Flandres, pour obtenir l’adoubement de la patrie: « Après ma victoire, un journaliste flamand avait écrit que je devenais un “Belge de première catégorie”. Je ne savais pas qu’il en existait de seconde catégorie ( rires). » Adopté définitivement, il a fait « des efforts pour parler deux ou trois mots de néerlandais » sans jamais en maîtriser la langue, preuve que les Flamands ne lui en tenaient pas rigueur. L’italien parfois et le français surtout suffisaient, comme pour Barry Hoban, installé à Zomergem puis dans le foyer des Simpson, après le décès de son compatriote sur les pentes du Ventoux en 1967.

La connaissance du terrain, un atout

Dans sa biographie Vas-y-Barry!, le Britannique raconte sa victoire sur Gand-Wevelgem en 1974. Les détails, le souvenir intact du scénario dans chaque mont, à chaque changement de direction, traduisent une connaissance parfaite de la région. Coureur des années 1980-1990, Steve Bauer se marre: « Je connais chaque trou des routes des Flandres, les virages serrés, ceux avec des gravillons ou de la boue à l’extérieur, comme si j’étais né là-bas! » Le Canadien a vécu dix ans à Gullegem pour rejoindre son ami américain Greg LeMond, basé à Coutrai. « Il n’y avait pas Veloviewer (un logiciel de visualisation des parcours), donc vivre làbas, connaître les routes et savoir un peu comment se déplacer dans un peloton sur ces courses était un avantage » , explique Andreas Klier, Allemand, résident belge pendant quinze ans, vainqueur de Gand-Wevelgem en 2003 et 2e du Ronde en 2005. « Il est devenu plus flamand qu’allemand. Dans les Ardennes flamandes, il connaissait mieux le terrain que certains coureurs belges », raconte Peter Van Petegem, double vainqueur du Ronde (1999 et 2003). Si Klier juge ce cyclisme révolu, ne voit plus l’intérêt d’un exil en Belgique avec les oreillettes et l’émergence des outils informatiques, il concède son entichement au plat pays : « J’aime toujours y retourner. Il y a quelque chose… C’est très brut. J’aime beaucoup le paysage, les gens… »

Dans un contexte de mondialisation du calendrier et de migration du peloton vers le sud de l’Europe, c’est un peu ce qui a poussé Pierre Gautherat à voler en sens inverse. Fantasmant les monts pavés, le coureur de Decathlon-CMA CGM a opté pour la Wallonie, à Durbuy, pour se rapprocher sans subir la barrière de la langue: « C’est assez atypique, mais ça montre mon amour pour ces courses-là, sur lesquelles j’espère performer d’ici à quelques années. » Il côtoie ainsi à l’entraînement les gloires locales Philippe Gilbert et Arnaud De Lie, jouit d’une « ferveur pour le cyclisme bien plus importante que quand [il] étai[t] en France, et ça se voit. C’est le pays du vélo » .

Parfois, la victoire d’un expatrié devient aussi celle de son peuple d’adoption. En 1965, année de son titre mondial, Simpson fut décoré citoyen d’honneur à Mariekerke. « Une journée spéciale, comme si nous étions de la royauté » , se souviendra Helen, qui avait pu défiler avec son mari dans la commune. Certains coureurs sont partis dès la retraite, le job était fait, d’autres y ont consacré une existence. Pendant quelques années, Peiper a tenu avec son ex-femme un camion de hamburgers à la saucisse au pied du Molenberg, le jour du Ronde. On ne naît pas Flandrien, on le devient.

***

Flandrien d'adozione

Teatro della «sacra quindicina» delle classiche su pavé che si apre oggi con il Giro di Bruges, il Belgio accoglie corridori stranieri da oltre mezzo secolo. 
Esiliati che hanno cambiato vita per brillare nella terra sacra del ciclismo.

«I belgi lo adoravano per il suo modo di correre»
   - FERDINAND BRACKE SUR TOM SIMPSON

"Ogni anno ero là, 
ho dimostrato di essere un professionista, 
serio, di amare il Belgio, 
e alla fine dicevano che ero diventato un Flandrien"
   - ANDREÏ TCHMIL

25 mar 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX (con Y. H.)

Ci vogliono carattere, un pizzico di follia e dedizione per preferire, oggi, al sole monegasco e al comfort fiscale delle montagne andorrane l'asprezza del clima nord-europeo, la monotonia del Paese piatto o, al contrario, la violenza delle sue salite acciottolate. Queste qualità sono spesso innate nei locali, ma caratterizzano storicamente anche un certo numero di stranieri che hanno abbracciato, spesso per mancanza di alternative, la passione belga per il ciclismo. Punto nevralgico ancestrale delle gare di un giorno, dagli juniores e dai dilettanti fino alle Classiche dei professionisti concentrate nella «sacra quindicina» – che oggi inizia con il Giro di Bruges e si estende fino alla Parigi-Roubaix (12 aprile) passando per il Giro delle Fiandre (5 aprile) –, il Belgio è sempre stato un luogo di apprendimento dei fondamenti della vita in gruppo. Qui sono state lanciate carriere, qui sono stati ribaltati destini.

Quella di Tom Simpson ha avuto una svolta nelle Fiandre, più di sessant'anni fa. Figlio di un minatore, il britannico vinse la Ronde nel 1961, pochi mesi dopo essersi trasferito a Gand con la moglie. «Si erano trasferiti nel quartiere del porto in una specie di garage», racconta la loro figlia, Joanne Simpson. «Non guadagnava molto, ma a mia madre non importava, sapeva che lui avrebbe avuto successo nella vita. Tom è arrivato in continente con 100 sterline e voleva raddoppiare, triplicare quella somma, senza dover lavorare nelle miniere…»

Una via di fuga dai determinismi sociali che spinse anche Allan Peiper, settimo alla Ronde del 1989, a fuggire dai conflitti familiari in Australia per approdare a Gand nel 1976. A soli 16 anni, con un amico e 300 dollari in tasca, dopo aver trascorso alcune prime notti difficili in un ostello dove doveva «legare la valigia a un braccio e la bicicletta all’altro per evitare di essere derubato», poi a casa di un ex macellaio accogliente ma dove «i ganci per la carne pendevano ancora dal soffitto», ha raccontato recentemente in un podcast del Nieuwsblad («Stamcafé Koers»).

Una terra ospitale per i corridori

Moldavo, che all’epoca era titolare di un passaporto sovietico, attratto dalla sua squadra SEFB-Saxon-Gan, Andreï Tchmil si è stabilito in Vallonia, a Nalinnes, nel 1991. Racconta della sua facile integrazione: «Era un piccolo villaggio con gente meravigliosa. Un giorno d’inverno, stavo facendo jogging e un poliziotto mi ha fermato. Quando gli ho detto che ero un corridore, mi ha chiesto di andare in commissariato per sbrigare le pratiche e ottenere la mia licenza belga. Poi, ovviamente, nel ciclismo era diverso: ero solo un corridore in più e questo faceva meno pubblicità agli altri».

La fratellanza del gruppo ha tuttavia prevalso sulla rivalità nella storia di Peiper, che ogni fine settimana, da junior, si scontrava con il locale Eddy Planckaert. «Venivo da Gand in bici e lui aveva notato che ero solo», raccontava l’australiano sulle nostre pagine nel 2021. Un giorno pioveva e faceva freddo, e lui disse a sua madre: “Non possiamo lasciare lì quel ragazzo, morirà di freddo.” Quella sera dormimmo nello stesso letto (a Meigem) perché loro erano già cinque figli. Con Eddy lavoravamo per un’impresa di giardinaggio. Non aveva bisogno di soldi perché guadagnava abbastanza con la bicicletta, ma suo fratello diceva: “Lo farai anche tu, per capire il valore del denaro.”»

Tradizionalmente rurale e operaia prima di diventare una regione industriale e prospera, la Fiandra ha sempre promosso i valori del lavoro, il che ha facilitato, ad esempio, l’adozione di Sean Kelly, proveniente da una famiglia di contadini irlandesi e che lavorava nei campi già dall’età di 12 anni. Stabilitosi nella periferia di Bruxelles, a Vilvoorde, a partire dal 1977, alloggiava presso una coppia (di belgi, ndr) che aveva piantato un pennone in giardino per issare la bandiera del suo Paese ogni volta che il suo protetto vinceva una gara. «In diciotto anni di carriera, non ho mai fatto una sola scappatella, nemmeno in inverno», raccontava Kelly.

Questo lavoro discreto, questa modestia che il fiammingo contemporaneo Yves Lampaert incarna così bene, si scontra paradossalmente con le esigenze dei giornali fiamminghi, ghiotti di rivalità, personaggi e battute. Simpson l’aveva capito e «faceva spettacolo, ha lasciato il segno da noi», ricorda Ferdinand Bracke, suo ex compagno di squadra alla Peugeot. «Tom andava molto d’accordo con i giornalisti, era un bravo attore», racconta sua figlia Joanne. «Sapeva che fornendo ogni volta una storia ai giornalisti, ci sarebbero stati molti articoli su di lui e che avrebbe potuto chiedere più soldi. E i belgi lo adoravano per il suo modo di correre

Tchmil ammette inoltre che la sua rivalità con il belga Johan Museeuw «ha offerto un bello spettacolo agli appassionati di ciclismo in Belgio». Un conflitto gonfiato da un giornalista fiammingo, ma tratto da una storia vera ai Mondiali del 1993: «Ero venuto di mia iniziativa per rappresentare la Moldova. Ho pagato tutto di tasca mia e, durante la gara, Museeuw mi ha chiesto di tirare perché per il resto dell’anno eravamo nella stessa squadra. Gli ho risposto: “Da quando la Moldova è una provincia del Belgio?” (ride). Al Giro delle Fiandre, l’anno in cui sono arrivato terzo (nel 1995), è stato scioccante: c’erano striscioni con scritte come “Tchmil Giuda”, “Tchmil ha venduto il suo popolo”.» In lacrime dopo la gara, il moldavo, naturalizzato belga nel 1998, è riuscito alla fine a ribaltare l’opinione pubblica. «Ogni anno ero lì, ho dimostrato di essere un professionista, serio, di amare il Belgio, e alla fine hanno detto che ero diventato un Flandrien», racconta il vincitore di due Gran Premi E3 (1994 e 2001) e di una Parigi-Roubaix, nel 1994. Avevo messo un poster di Museeuw sulla porta del mio garage per motivarmi quando fuori pioveva. Ci passavo davanti e mi dicevo: “Lui ha già vinto due volte la Ronde, io nessuna.”

Tchmil finì addirittura per raggiungere il suo obiettivo finale nel 2000, vincendo il Giro delle Fiandre, e ottenendo così il riconoscimento della (sua nuova, ndr) patria: «Dopo la mia vittoria, un giornalista fiammingo aveva scritto che ero diventato un “belga di prima categoria”. Non sapevo che ne esistessero di seconda (ride).» Adottato definitivamente, ha fatto «degli sforzi per dire due o tre parole in neerlandese» senza mai padroneggiare la lingua, a dimostrazione del fatto che i fiamminghi non gliene facevano una colpa. L’italiano a volte e soprattutto il francese erano sufficienti, come per Barry Hoban, trasferitosi a Zomergem e poi nella casa dei Simpson, dopo la morte del suo connazionale sulle pendici del Ventoux nel 1967.

La conoscenza del terreno, un vantaggio

Nella sua biografia Vas-y-Barry!, il britannico racconta la sua vittoria alla Gand-Wevelgem del 1974. I dettagli, il ricordo nitido dello scenario su ogni salita, a ogni cambio di direzione, tradiscono una perfetta conoscenza della regione. Corridore degli anni '80-'90, Steve Bauer ci scherza su: «Conosco ogni buca delle strade delle Fiandre, le curve strette, quelle con ghiaia o fango all'esterno, come se fossi nato lì!» Il canadese ha vissuto dieci anni a Gullegem per raggiungere il suo amico statunitense Greg LeMond, che viveva a Kortrijk. «Non c’era Veloviewer (un software per la visualizzazione dei percorsi), quindi vivere là, conoscere le strade e sapere un po’ come muoversi in un gruppo in quelle gare, era un vantaggio», spiega Andreas Klier, tedesco, residente in Belgio da quindici anni, vincitore della Gand-Wevelgem nel 2003 e secondo alla Ronde nel 2005. «È diventato più fiammingo che tedesco. Nelle Ardenne fiamminghe conosceva il territorio meglio di alcuni corridori belgi», racconta Peter Van Petegem, due volte vincitore della Ronde (1999 e 2003). Sebbene Klier ritenga che quel ciclismo sia ormai un ricordo del passato e non veda più l’interesse di un esilio in Belgio, con le radioline e l’emergere degli strumenti informatici, ammette il suo fascino per il Paese piatto: «Mi piace sempre tornarci. C’è qualcosa… È molto rude. Mi piacciono molto il paesaggio, la gente…»

In un contesto di globalizzazione del calendario e di spostamento del gruppo verso il sud dell’Europa, è proprio questo che ha spinto Pierre Gautherat a seguire la direzione opposta. Affascinato dai muri in pavé, il corridore della Decathlon-CMA CGM ha scelto la Vallonia, a Durbuy, per avvicinarsi a questo mondo senza dover affrontare la barriera linguistica: « È piuttosto insolito, ma dimostra il mio amore per queste gare, nelle quali spero di ottenere buoni risultati tra qualche anno.” Si allena così a fianco delle glorie locali Philippe Gilbert e Arnaud De Lie, godendo di un «entusiasmo per il ciclismo ben più grande di quando [era] in Francia, e si vede. È il Paese della bicicletta» .

A volte, la vittoria di un espatriato diventa anche quella del suo popolo d’adozione. Nel 1965, anno del suo titolo mondiale, Simpson fu nominato cittadino onorario a Mariekerke. «Una giornata speciale, come se fossimo dei reali», ricorderà Helen, che aveva potuto sfilare con il marito nel comune. Alcuni corridori se ne sono andati subito dopo il ritiro, il lavoro era fatto, altri vi hanno dedicato la vita. Per alcuni anni, Peiper ha gestito con la sua ex moglie un camioncino di hamburger con salsiccia ai piedi del Molenberg, il giorno della Ronde. Non si nasce Flandrien, lo si diventa.

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Adieu La Panne et priorité à la sécurité

25 Mar 2026 - L'Équipe
L. He.

Reliant historiquement Bruges à La Panne au bord de la mer du Nord, la course d’ouverture des classiques flandriennes a été remodelée cette année. Le partenariat avec la station balnéaire étant arrivé à échéance, l’organisation a décidé de s’ancrer dans la Venise du Nord (au moins jusqu’en 2031) avec un circuit tout plat de 202,9 km justifiant le nom du Tour de Bruges. Après le carnage de la dernière édition avec quatre chutes dans les quatre derniers kilomètres impliquant notamment Arnaud De Lie, Olav Kooij et Tim Merlier, les organisateurs insistent sur la sécurité du nouveau parcours promis aux sprinteurs. Jasper Philipsen (Alpecin-PremierTech) s’avance comme le grand favori au-dessus d’une flopée d’outsiders, parmi lesquels le Français Émilien Jeannière (TotalEnergies) et le vainqueur sortant Juan Sebastián Molano (UAE Emirates-XRG).

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25 mar 2026 - L'Équipe 
L. He.

Addio a La Panne, priorità alla sicurezza

La gara di apertura delle classiche fiamminghe, che storicamente collegava Bruges a La Panne sulle rive del Mare del Nord, è stata ridisegnata quest'anno. Essendo scaduta la partnership con la località balneare, l'organizzazione ha deciso di stabilirsi nella "Venezia del Nord" (almeno fino al 2031) con un circuito del tutto pianeggiante di 202,9 km che giustifica il nome di Tour di Bruges. Dopo l'ecatombe dell'ultima edizione, con quattro cadute negli ultimi quattro chilometri che hanno coinvolto in particolare Arnaud De Lie, Olav Kooij e Tim Merlier, gli organizzatori hanno insistito sulla sicurezza del nuovo percorso promesso agli sprinter. Jasper Philipsen (Alpecin-PremierTech) si presenta come il grande favorito davanti a una schiera di outsider, tra cui il francese Émilien Jeannière (TotalEnergies) e il vincitore uscente Juan Sebastián Molano (UAE Emirates-XRG).

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