GLISSE SOUS LE VENT


Vainqueur lundi de la 1re étape, Dorian Godon a récidivé, hier, 
lors de la 3e, et a consolidé son maillot de leader du Tour de Catalogne.

Evenepoel chute, Godon bisse

Parti avec Jonas Vingegaard à 28 km de l’arrivée en profitant des bordures, Remco Evenepoel a chuté seul, juste avant l’arrivée où Dorian Godon s’est encore imposé au bout d’une étape folle. Le Français a une nouvelle occasion aujourd’hui, puisque l’ascension finale a été supprimée en raison des rafales de vent.Vainqueur lundi de la 1re étape, Dorian Godon a récidivé, hier, lors de la 3e, et a consolidé son maillot de leader du Tour de Catalogne.

"Heureux d’avoir pu travailler un peu avec lui"
   - JONAS VINGEGAARD

"Un trou que je n’ai pas vu, qui n’était pas signalé"
  - REMCO EVENEPOEL 

26 Mar 2026 - L'Équipe
PIERRE MENJOT

VILA-SECA (ESP) – En fin connaisseur, le local Dorian Godon avait prévenu dès le midi que « les étapes de transition en Catalogne sont souvent les pires », mais sans doute lui-même ne s’attendait pas à une telle folie. Le champion de France et leader a remporté sa deuxième victoire en trois jours, « dans la continuité, une troisième en World Tour en deux semaines (avec celle sur Paris-Nice), il n’y en a pas beaucoup qui font ça, je reste humble et je profite ». La conclusion était attendue, avec un nouveau sprint mal-plat qu’il a dominé. Mais tout ce qu’il s’est passé avant l’était beaucoup moins.

Le petit vent venu de la côte méditerranéenne, longée dans les 30 derniers kilomètres, inquiétait les directeurs sportifs au départ. Tout le monde était prévenu des risques de bordures. Et comme toujours, les Visma-Lease a bike de Jonas Vingegaard et les Red Bull-BORA-hansgrohe de Remco Evenepoel pointaient à l’avant, ainsi que les Ineos. Comme souvent, pas de João Almeida (UAE Emirates-XRG), l’un des candidats à la victoire finale, piégé dans un deuxième groupe. « On voulait faire la descente du dernier col ( à 40 kilomètres de l’arrivée) forte mais contrôlée, du fait du vent, et c’était nickel », appréciait Patxi Vila, le directeur sportif des Red Bull.

Mais la manoeuvre ne suffisait pas à son leader belge, qui a choisi, à 28 kilomètres, de partir seul. Unmètre, deux, puis cinq: en quasi-position chrono, le triple champion du monde du contre-la-montre filait sans que personne ne puisse suivre, alors Vingegaard n’a pas hésité pas à faire le jump au prix d’un gros effort. « J’ai sauté dans sa roue et je suis heureux d’avoir pu travailler un peu avec lui » , soufflait le Danois.

Deux kilomètres plus loin, Evenepoel demandait à son compagnon de relayer, ce que ce dernier refusa, provoquant quelques gestes de dépit du meilleur rouleur du monde. « La coopération était incroyable » , maugréa-t-il à l’arrivée, plein d’ironie. « Il était très fort sur le plat, très aéro aussi… Il a un peu râlé, il n’était pas heureux de m’avoir dans la roue, mais c’est comme ça, on a nos tactiques », répondait son acolyte. « Le gros du peloton roulait fort pour revenir derrière, avec les équipes de sprinteur en plus, et Jonas devait aussi garder des forces pour les étapes de montagne qui viennent », argumentait Jesper Morkov, le DS de Visma.

L’avance enflait jusqu’à 25 secondes quand même, avec quelques coups de pédale du double vainqueur du Tour pour s’acheter un peu de paix, mais l’entreprise sembla vaine quand, à 7 kilomètres de l’arrivée, le peloton était sur les talons du duo. Moment où « le petit Cannibale » remit en route, le Danois accroché dans sa roue. « J’ai simplement couru pour gagner, disait le double champion olympique. C’était notre objectif avec l’équipe et je pense qu’il était assez clair de voir qui roulait pour gagner et qui ne le faisait pas. Malheureusement, les 500 derniers mètres ne se sont pas passés comme prévu. »

Il restait un rond-point, avant la ligne droite en montée puis descente. La victoire à portée, d’autant que le leader de Visma semblait ne pas vouloir se livrer au duel. Le Belge posait les mains en bas du cintre. « Et à ce moment-là, il y avait un trou que je n’ai pas vu, qui n’était pas signalé. Je l’ai percuté. J’ai perdu le contrôle du guidon. » Trou que certains confrères ont cherché, sans rien trouver sur place. Mais le mal était fait: chute à l’avant. « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, il est passé pardessus son guidon, ça paraît fou » , s’étonnait Vingegaard, hochant la tête à l’arrivée. Le dernier vainqueur de Paris-Nice la joua alors fair-play. « Je ne voulais évidemment pas tirer avantage d’une telle situation, j’ai décidé d’attendre le peloton. »

Godon, deuxième victoire

Dorian Godon en a donc profité pour crier encore sa joie, bien audessus de la concurrence, et loin devant Evenepoel, 106e du jour mais reclassé dans le temps du champion de France. Le côté droit ensanglanté, surtout, au niveau de la cuisse, du ventre et du bras.

« Je suis debout, c’est une bonne nouvelle, positivait le Belge depuis les marches du car de son équipe. Globalement, ça va. C’est clair que j’ai un peu mal partout mais, heureusement, rien n’est cassé. On verra ce soir (hier) comment les blessures évoluent, il faut laisser le corps récupérer. »

Si les dégâts ne s’aggravent pas, il pourra souffler un peu aujourd’hui. Alors que l’interminable ascension (22 km) vers Vallter 2000 était prévue, le vent annoncé (90 km/h au sommet) a contraint les organisateurs à supprimer la montée et l’arrivée sera donc jugée au pied, à Camprodon, soit une nouvelle occasion pour les sprinteurs-puncheurs. Pour le plus grand bonheur du leader de la course, qui en rêvait à peine, deux heures plus tôt : « L’objectif, c’est de parler avec l’organisateur et peut-être annuler l’étape de montagne s’il fait trop de vent, s’il pleut trop ou s’il fait trop chaud », se marrait Godon, décidément visionnaire et à qui on va vite aller demander les numéros du loto.

Commenti

Post popolari in questo blog

I 100 cattivi del calcio

Chi sono Augusto e Giorgio Perfetti, i fratelli nella Top 10 dei più ricchi d’Italia?

Echoes' Cycling Biography #4: Jean-Pierre Monseré