Sur une autre planète


Troisième victoire d’affilée pour Dylan Groenewegen, hier à Bruges, après la 
Bredene Koksijde Classic, vendredi, et le Grand Prix Jean-Pierre Monseré, dimanche.

En maîtrise et même à l’initiative des bordures, la ProTeam Unibet Rose Rockets a remporté hier sa première course de niveau World Tour. 
Vainqueur au sprint, Dylan Groenewegen incarne le changement de dimension de cette structure.

“À 70, 80 km de l’arrivée, 
on a décidé de s’amuser en créant 
une bordure (…) C’était fou ''
   - DYLAN GROENEWEGEN 

26 Mar 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX

BRUGES (BEL) – L’ancien klaxon aurait résonné timidement, certainement pas à la hauteur d’un tel succès. Mais les Rockets ne se déplacent plus en camping-car et régissent le peloton en bulldozer. Alors le chauffeur s’en est donné à coeur joie, hier soir, sur le parking à l’arrivée du Tour de Bruges, au volant de son car flambant neuf et décoré des zébrures fantasques rose et violet d’Unibet Rose Rockets.

Connue depuis trois ans pour ses coups de communication plus que pour ses résultats, l’équipe sous licence française fondée par le youtubeur néerlandais Bas Tietema a remporté sa première course de niveau World Tour grâce à Dylan Groenewegen. En pleine bourre avec déjà quatre succès cette saison, dont trois sur les cinq derniers jours, le sprinteur attendait personnellement de regoûter à la victoire en World Tour depuis la 6e étape du Tour de France 2024. « Ça fait du bien d’être de retour à ce niveau » , souriait le Néerlandais de 32 ans, recrue phare de l'hiver.

Mais plus que la performance brute, c’est la façon dont les Rockets ont régné sur un peloton cisaillé par le vent glacial qui impressionne. « C’est ma première année ici mais je sais qu’au début, tout le monde se moquait de cette équipe, rappelle l’équipier norvégien Karsten Larsen Feldmann (22 ans). Plus personne ne rigole aujourd’hui. On a couru comme une équipe World Tour. »

À 70, 80 km de l’arrivée, on a décidé de s’amuser en créant une bordure, car parfois c’est mieux d’être à l’avant à faire les cassures plutôt que de les subir, racontait Groenewegen, déconcertant de facilité, capable d’avaler un gel en plein moment chaud, à plus de 50 km/h. C’était fou. Il y avait deux ou trois kilomètres de vent de côté, puis la pluie, le retour de coureurs, encore la pluie, encore des coureurs qui reviennent… Il fallait rester calme. J’ai eu ma crevaison (à 60 km de l’arrivée), puis on s’est concentré sur le final. L’équipe m’a demandé comment m’aider, je leur ai juste dit de me protéger du vent et de bien m’emmener au sprint. »

Et l’équipe ProTeam a parfaitement déposé son patron pour dompter Jasper Philipsen, isolé de sa formation Alpecin-Premier-Tech, pour une fois dominée dans des conditions qu’elle adore. « Je crois que si j’avais été dans les roues, pas obligé de lancer, j’aurais eu de meilleures chances » , soupirait le sprinteur belge.

Les Rockets ont pourtant eu de la casse avec les abandons d’Elma Reinders et d’Abram Sotckman, mais de jeunes équipiers sont en train de se révéler, « Karsten (Feldmann) et Wessel (Mouris, 23 ans) sont très forts, Tobias (Müller, 21 ans) m’a mis en bonne position avant les pavés… Tout le monde a fait un super boulot » , saluait Groenewegen.

« La concentration, la façon de courir collectivement, la maturité qu’on a vue aujourd’hui nous a surpris, même nous dans la voiture », reconnaissait Marcel Kittel, arrivé comme entraîneur du sprint chez les Rockets en novembre. Avec Groenewegen, le recrutement de l’ancien champion allemand symbolise l’explosion des moyens et des ambitions d’une équipe qui ne se contente plus de casser les codes. « 80 % du nouveau staff est arrivé cet hiver » , explique Christophe Rasteau, le chauffeur du car, un des seuls Français d’une structure à l’identité batave qui a embauché à la pelle des entraîneurs, des médecins, et deux nutritionnistes.

« Dylan a apporté à cette équipe son statut de sprinteur de classe mondiale et nous avions l’obligation que ça fonctionne, de créer une atmosphère de performance, souligne Kittel. On a déjà réalisé tellement de progrès. On peut être fiers et surfer sur cette énergie pour les prochaines courses. »

En conférence de presse, Groenewegen songeait d’ailleurs déjà à son prochain stage d’entraînement avant le Giro en mai, « un gros objectif » , a-t-il insisté. Avant de viser la lune, le Tour de France, auquel les Rockets rêvent d’être conviés ces prochaines années.

***

Laurance en puncheur

Axel Laurance (24 ans, Ineos-Grenadiers) s’est adjugé au sprint la première étape, disputée hier entre Barbaresco et Barolo (161,1 km). Épaulée par les équipes Jayco-AlUla et EF Education-Easy Post, la formation britannique a d’abord roulé pour reprendre une échappée de 7 coureurs à 15 km de l’arrivée. Puis elle a parfaitement placé son puncheur français à l’entame du dernier kilomètre, qui réservait un sprint en bosse. Laurance a devancé deux beaux prétendants, Mauro Schmid (SUI, Jayco-AlUla) et Diego Ulissi (ITA, XDS-Astana), alors qu’Adrien Boichis (RedBull-Bora-Hansgrohe) s’est classé quatrième.
C’est la 7e victoire de Laurance chez les pros, la seconde cette saison après la 3e étape du Tour de Provence le 15 février.

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