IL ATTEND SON TOUR


Paul Seixas lors de l’Ardèche Classic, samedi. 
Une course qu’il a remportée après un raid solitaire de 41 kilomètres.

Seixas, le Tour comme horizon

Déjà vainqueur deux fois en dix jours de course, Paul Seixas brille en ce début de saison. Son équipe, Decathlon-CMA CGM, joue toujours la prudence quant à sa participation éventuelle à une première Grande Boucle. Même si tout est réuni pour.

« Je serais favorable à ce qu’il fasse le Tour »
   - DOMINIQUE SERIEYS, DG DE DECATHLON-CMA CGM

L'Équipe
PIERRE MENJOT (avec la rubrique Cyclisme)

Dans l’intimité ardéchoise, samedi dernier, quelques centaines de privilégiés ont vu de près Paul Seixas, que ce soit sur le podium, où il fut présenté en rock star dès le matin et de retour le soir après sa victoire, ou autour de son bus. Mais la nouvelle attraction du cyclisme français se montrera-telle à la France entière, l’été prochain, sur le Tour de France (4-26 juillet)? La question s’est posée l’hiver dernier, après une première saison professionnelle réussie et conclue en costaud (13e du Mondial, 3e des Championnats d’Europe, 7e du Tour de Lombardie), et son équipe l’avait esquivée en établissant un demi calendrier, jusqu’en avril.

L’interrogation est logiquement encore plus d’actualité en cette fin d’hiver, au lendemain des deux premiers succès professionnels du coureur de 19 ans, en Algarve (devant Juan Ayuso ou Joao Almeida) et samedi, sur l’Ardèche Classic (en prenant le meilleur sur Matteo Jorgenson et Jan Christen, notamment). « Le plan n’a pas changé » , rétorquait, tout le week-end, Sébastien Joly, directeur de la compétition chez Decathlon-CMA CGM, avant comme après la victoire de son protégé, assurant « ne pas faire de la langue de bois » . Samedi, après les Strade Bianche, le Lyonnais se reposera en famille, rentrera chez lui à Nice pour s’entraîner (possiblement en partie en altitude).

Il repartira ensuite sur le Tour du Pays Basque (6-11 avril) et courra deux ardennaises, la Flèche Wallonne et Liège-BastogneLiège, les 22 et 26 avril. « On fera le point après, les choses sont très claires, et je pense que pouvoir se concentrer complètement sur ces objectifs-là lui permet d’être libéré, poursuivait Joly. C’est parce qu’on fonctionne bien comme ça qu’on ne change pas les plans. »

Ce calendrier de courses semble idéal pour un coureur qui voudrait courir le Tour. « Il m’ouvre plusieurs possibilités, c’est ce qui m’a plu » , vantait Seixas en décembre. Le choix de l’inscrire au Grand Départ de Barcelone n’est effectivement pas arrêté. Mais les possibilités, en revanche, sont plus limitées. Alors que le jeune grimpeur espérait, selon nos informations, découvrir le Giro en mai, cette proposition a été balayée et l’intéressé a entendu les arguments.

Quant à la Vuelta, et toujours selon nos informations, elle ne pour rap as être à son programme. Seixas a en effet fixé, comme objectif majeur, les Championnats du monde au Canada (course en ligne le 27 septembre, contre-la-montre éventuel une semaine plus tôt), taillés pour ses qualités, et va donc participer aux Grands Prix de Québec (11 septembre) et de Montréal (13 septembre). Un programme qui ne colle pas avec une participation au Tour d’ Espagne (22 août-13 septembre).

Restent donc deux options: soit une deuxième saison sans Grand Tour, soit la découverte de la grande fête de juillet. Son entourage n’exclut pas la première, histoire de calmer les attentes autour de celui qui n’a terminé qu’une course par étapes de niveau World Tour pour l’instant (8e du Dauphiné, en juin) et de le préparer encore mieux pour 2027. Problème: cela lui ferait un calendrier à trous. Après Liège, le leader de Decathlon pourrait courir le Dauphiné ou le Tour de Suisse en juin, des courses plus modestes comme le Tour de l’Ain ou le nouveau Lyon-Turin en juillet, le Tour de Pologne en août et celui de Grande-Bretagne en septembre. Autrement dit, un été loin du très haut niveau.


Toujours d’après nos informations, Seixas souhaiterait participer au Tour 2026, et si tous les acteurs parlent de choix collectif, son avis sera particulièrement pris en compte. D’autant que dans les hautes sphères de l’équipe et ses sponsors, on verrait également d’un bon oeil sa présence en juillet. « On sait qu’il y a des enjeux sur les Grands Tours, on était assez convaincus que le Giro arrivait trop tôt dans son plan de préparation, nous confiait cet hiver Dominique Serieys, le DG de l’équipe. Personnellement, je serais favorable à ce qu’il fasse le Tour. Mais, une fois de plus, est-ce que la pression médiatique, est-ce que la difficulté du parcours du Tour, est-ce que ses ambitions à lui, collent avec tout ça? »

Exister en juillet

Au-delà de l’exposition médiatique, Decathlon-CMA CGM, qui compte désormais parmi les gros budgets du peloton, aura besoin d’exister en juillet. Ce ne sera pas avec Felix Gall, son autre coureur de général, engagé sur le Giro et la Vuelta. Ce devrait être avec Olav Kooij, sprinteur à succès, à qui les dirigeants avaient promis une belle place pour le séduire l’hiver dernier. Mais le Néerlandais, malade en ce début de saison, n’a pas encore couru sous ses nouvelles couleurs et son retour, pas vraiment imminent, devra se faire en douceur.

Restera le seul créneau de chasseurs d’étapes, par exemple pour un Tiesj Benoot, également au garage en ce début d’année (hernie discale lombaire). Ce qui n’a pas vraiment la même portée que d’emmener Seixas. Difficile, pour une équipe française, de se priver de son meilleur coureur sur le Tour. Mais le staff, plutôt que d’annoncer sa présence et de déchanter, préfère jouer la prudence. L’an dernier, l’intéressé avait terminé le Dauphiné rincé (il avait demandé, le dernier jour, à redescendre du Mont-Cenis dans une voiture plutôt qu’à vélo, car il ne s’estimait pas assez lucide).

Et même si sa progression est exponentielle depuis, il faudra contrôler sa forme et sa récupération après un enchaînement de courses « où il ira toujours pour gagner » (Joly) et puisera donc loin dans ses forces. « J’ai dit que le Tour n’était pas une obsession simplement parce que je sais que je le ferai un jour, cette année ou la prochaine, ça n’a pas d’importance primordiale, nous expliquait Paul Seixas en février. J’ai presque envie de me freiner parce que je me dis que c’est l’un de mes plus grands rêves d’y participer. » Un rêve qui n’a jamais semblé aussi proche.

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