AU BOUT DE SON RÊVE


Ci-dessus, Jasper Philipsen (à dr.,) bat au sprint Tobias Lund Andresen (à g.) et Christophe Laporte (au centre, en jaune). À droite: Wout Van Aert et Mathieu van der Poel, se sont isolés dans la dernière ascension du Mont Kemmel, 36 km avant la ligne. Ils ne seront rattrapés qu’à 600 m de l’arrivée.

Philipsen en maîtrise

Le sprinteur belge Jasper Philipsen ambitionnait de remporter une grande flandrienne. Vainqueur hier à Wevelgem, grâce à une stratégie collective offensive, il devient un vrai « classicman ».

30 Mar 2026 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL LUC HERINCX

WEVELGEM (BEL) – Né à Mol comme Tom Boonen, Jasper Philipsen (28 ans) a forcément grandi avec l’idée que la case du pur sprinteur est trop étroite, restrictive, insuffisante. La carrière de l’un des plus gros palmarès flandrien, également maillot vert du Tour de France 2007, avait illustré la beauté de la double fonction.

La relève, dix victoires sur la Grande Boucle et vainqueur du classement par points en 2023, ne s’est donc jamais contentée de cette accumulation de succès au sprint massif. Il lui fallait un triomphe majeur différent prouvant la variété de ses qualités, la complétude de son profil. Il y a eu MilanSan Remo en 2024, mais le Monument n’était pas encore suffisant, le Belge avait révélé dans la foulée son prochain rêve : une classique flandrienne. Et hier, enfin, GandWevelgem (nom de la course jusqu’en 2025) lui a souri. « Je rêvais de gagner cette course depuis longtemps, c’est une victoire mémorable, un sentiment formidable » , a savouré Philipsen.

Le coureur d’Alpecin-Premier Tech a réglé un peloton d’une trentaine de coureurs au sprint, mais la forme finale ne doit pas occulter le reste : les conditions de course, la gestion de Philipsen, et la stratégie collective, toutes dignes d’une Classique. « J’ai toujours su que c’était une course que je pouvais gagner sur le papier mais ces dernières années, je laissais trop d’énergie avant Wevelgem pour sprinter, a expliqué le Belge. Donc j’ai essayé d’être plus calme, relâché. » Et son poisson-pilote, Florian Sénéchal, de souligner : « C’était une course incroyable avec les bordures, la vitesse, le vent. On n’a jamais paniqué. »

Une équipe au service de la victoire

Les Alpecin-Premier Tech ont pu tout contrôler puisqu’ils avaient tout initié. Dès les Moeren, ces plaines exposées à proximité de la mer du Nord, « on a lancé la bordure, ce qui nous a permis de courir offensivement toute la journée » , a expliqué Christoph Roodhooft, leur manager. De quoi déjà éliminer quelques grosses cuisses avant d’anéantir toutes les tentatives des Visma-Lease a bike. D’abord Christophe Laporte, qui a insisté à 83 km de la ligne mais fut neutralisé par Philipsen en personne. Puis Wout Van Aert, parti dans la seconde ascension du Mont Kemmel et marqué à la culotte par Mathieu Van der Poel, avant une chevauchée en duo magnifique mais calculée par le Néerlandais ( lire par ailleurs).

« Mathieu nous avait dit qu’il n’avait pas les jambes après sa victoire de vendredi ( sur le Grand Prix E3), visiblement ce n’était pas trop mal » , se marrait Philipsen. « La communication dans l’équipe était excellente, j’ai volontairement ménagé mes efforts avec Wout, a expliqué van der Poel à Sporza. Cela a mis Jasper en position idéale. Je suis particulièrement content de notre performance collective. Après tout, cette course ne figurait pas encore à notre palmarès. » Parmi la « quinzaine sainte » (Tour de Bruges, GP E3, Gand-Wevelgem, À Travers La Flandre, Tour des Flandres et Paris-Roubaix), c’était la seule épreuve que l’équipe belge n’avait encore jamais remportée. Van der Poel a certes construit la grande majorité de l’édifice, mais Philipsen y a apporté ses pierres et s’affirme encore comme une seconde option légitime sur les Classiques.

En marge du Critérium de Singapour, en novembre, on avait demandé au Belge de choisir entre une meilleure puissance maximale pour battre Jonathan Milan (lauréat du classement par points du Giro en 2023 et 2024 et du Tour en 2025) ou un plus gros moteur pour les pavés. « C’est un peu en discussion dans l’équipe, mais ils aimeraient plutôt me pousser en direction des Classiques, avait-il répondu. En début de saison, on se concentre un peu moins sur le sprint pur parce que ce serait bien de pouvoir être compétitif à Paris-Roubaix, le genre de course que je rêve de remporter. »

Il fera l’impasse sur le Tour des Flandres, dimanche, mais Philipsen visera encore le vélodrome (12 avril) où il a déjà terminé deux fois dauphin de son leader, en 2023 et 2024. « À Roubaix, tout peut arriver, on verra si je suis capable de la remporter un jour » , a-t-il encore répété hier. L’Enfer du Nord ressemble à sa quête ultime et le succès d’hier en fait un candidat de plus en plus crédible.

***



Retrouvailles au sommet

Adversaires depuis l’adolescence, Wout Van Aert, de retour à son meilleur niveau, et Mathieu van der Poel, se sont isolés en tête sans pouvoir jouer la gagne à la fin.

“Wout a plié sans rompre»
   - MAARTEN WYNANTS, LE DIRECTEUR
     SPORTIF DES VISMA-LEASE A BIKE

30 Mar 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS (avec L. He.)

WEVELGEM (BEL) – Finalement, il aurait été dommage que Wout Van Aert ou Mathieu Van der Poel inscrivent sur leur palmarès « In Flanders Fields from Middelkerke to Wevelgem », un sobriquet de kermesse pour une course historique que le Belge peut se vanter d’avoir gagnée, en 2021, sous le doux nom de Gand-Wevelgem. Au moins, les deux adversaires - ni amis, ni vraiment ennemis - ont passé du temps ensemble, hier « et ça faisait longtemps qu’on n’avait plus vu ça, appréciait Maarten Wynants, le directeur sportif de Visma Lease a bike. Ce sont de grands rivaux et c’est aussi ce que les gens veulent voir. » Ces dernières années, leurs trajectoires se sont croisées entre la domination du Néerlandais et les tuiles qui tombaient toujours sur les pompes du leader des Frelons. Hier, on a scruté les quelques passages pavés, les Plugstreet, ces chemins de terre vachards, partout où sa roue aurait pu buter mais Van Aert, qui avait devancé Van der Poel (et Pogacar) lors du GP E3 en 2023, est sorti indemne du chantier de cette course qui a éparpillé le peloton et les suiveurs dans les tournicotis du Kemmel.

Il fut même un des acteurs de la journée en attaquant, au train, dans le deuxième passage du plus haut sommet des Flandres, « VDP » lui sautant dans la roue comme un marsupilami.

Lors du troisième et dernier passage,il répondit à son tour à la cartouche du triple vainqueur sortant de Paris-Roubaix, éloignant le traumatisme des nombreuses fois où il fut rossé. « À un moment, il y avait un tout petit écart, quelques mètres seulement au sommet. Mais Wout a plié sans rompre » , appréciait son directeur sportif. Après avoir rejoint et dépassé la tête de la course, leur tête-à-tête a duré 36 kilomètres, un peu comme un rendez-vous amoureux qui s’éternise, sans qu’on ait rien à se dire.

Interrogé sur leurs éventuels échanges durant la course, le Néerlandais a rétorqué : « Rien de spécial. Sa radio ne fonctionnait pas, il voulait connaître les écarts. » Mais les deux leaders n’avaient pas pris les devants pour évoquer la famille, les enfants ou le chien, surtout pas le Belge, retapé à la vitesse de l’éclair de sa fracture de la cheville le 2 janvier, après sa chute lors du cyclo-cross de Mol. Dixième des Strade Bianche, 3e de la Classicissima, il s’est encore rassuré, hier : « Les sensations étaient bonnes, je pouvais suivre Mathieu lors du dernier passage du Kemmel. Le résultat n’a pas suivi, mais c’était quand même une belle journée. Notre collaboration était bonne, mais il avait l’avantage que Philipsen se trouvait encore derrière lui, ce qui lui a permis d’adopter une course un peu plus défensive sur la fin. »

Les deux, engloutis par le peloton à 600 m de la ligne, se retrouveront dans une semaine sur le Tour des Flandres, leur véritable objectif. Mathieu Van der Poel pour accrocher un quatrième Ronde à son tableau d’honneur, Wout Van Aert, de nouveau en course mercredi sur À Travers la Flandre, pour en décrocher un, enfin. Porté par cette énergie nouvelle selon Wynants : « Quand tu te fais reprendre dans le dernier kilomètre, alors que tu es capable de suivre Van der Poel, tu peux être déçu. Ce serait même étrange de dire le contraire. On est quand même contents qu’il ait pu suivre Van der Poel. Le niveau était impressionnant. Au début du printemps, ce n’était pas encore le cas, maintenant oui. »

Même si le Néerlandais a expliqué, après coup, avoir manqué de fraîcheur et couru sur la réserve, autant parce qu’il était émoussé de sa dernière sortie victorieuse lors du Grand Prix E3 que pour assurer le coup avec son sprinteur Jasper Philipsen. Ou alors pour un peu mieux jouer avec sa proie préférée.

***

« Qu’est-ce que je peux faire ? »

Victime d’une crevaison puis d’un saut de chaîne, Paul Magnier n’a pas pu se mêler à la lutte pour la victoire. Une série noire pour le jeune Français.

30 Mar 2026 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL À WEVELGEM Y. H.

« Qu’est-ce que je peux faire ? » Son sourcil a dessiné un circonflexe de dépit après l’arrivée, hier. Paul Magnier a déboulé devant les mines sombres de sa formation, un des membres du staff se tapant le front de la main parce que, décidément, rien ne va chez Soudal-Quick Step en ce début de printemps. Après Kuurne, après le Nieuwsblad, le Français de 21 ans a de nouveau dû se confronter à des aléas mécaniques, à la sortie du troisième secteur des Plugstreet.

Dans le premier, on l’avait vu à l’avant, tonique, mais six kilomètres plus loin, victime d’une crevaison, il échangeait sa monture avec celle de son équipier Bert Van Lerberghe avant d’indiquer de la main que quelque chose clochait. « La selle était trop haute », selon Tom Steels, son directeur sportif. Nouveau changement de vélo, à ses cotes cette fois, mais « dans le deuxième passage du Kemmel, j’ai encore la chaîne qui déraille en haut. La course était un peu finie. » À Wevelgem, il a passé la ligne à la 58e place, loin des espoirs qu’il suscite chez Soudal alors que le scénario final aurait pu lui convenir.

Il n’échappera pas à un debriefing critique

« C’est vraiment dommage, regrettait Steels. Avec quarante gars, il avait vraiment une grande chance de gagner. Il est bien dans la tête mais cela devient lourd quand il t’arrive toujours quelque chose. On n’a vraiment pas de chance. » Le Français priait également pour que « cela tourne » assez vite, dès mercredi sur À Travers La Flandre, mais il n’échappera pas à un débriefing critique car son apprentissage de flahute se poursuit.

Avec le départ de Remco Evenepoel et un recentrage sur les classiques, appuyé par les recrues Jasper Stuyven et Dylan Van Baarle, Jürgen Foré espérait que la sauce prenne plus vite, avec Magnier en leader. Mais le manager général semblait crispé, hier, devant le car de son équipe : « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, il a changé de vélo avec Bert puis il en reprend un autre mais je ne comprends pas. On doit en discuter. Il est encore jeune, il y a peut-être encore un peu de panique dans sa tête. Il apprend encore. »

L’intéressé en convenait, le hasard ne peut pas endosser toutes les responsabilités : « Je ne regardais pas dans trop devant moi dans les Plugstreet. Cela a attaqué, j’ai voulu suivre, j’ai roulé au mauvais endroit. Il va falloir que j’analyse un peu plus mes lignes pour ne pas crever.

***


FEMMES
Wiebes s’est presque fait surprendre

30 Mar 2026 - L'Équipe
L. He., à Wevelgem.

Après avoir « suivi facilement dans les Plugstreets » et avec des bonnes sensations dans la première ascension du Kemmelberg, Lorena Wiebes (SD Worx-Protime) y a placé une attaque lors du second passage à 35 km de l’arrivée de Gand-Wevelgem. Réduit à cinq unités, le groupe de la gagne a profité des gros relais de la Néerlandaise, tout en connaissant déjà l’issue en cas d’arrivée au sprint, Wiebes s’étant imposée ces deux dernières années à Wevelgem. « Ça a failli mal se finir » , s’est toutefois marrée la championne de 27 ans, qui a lancé son sprint un peu tôt, levé les bras avant la ligne et presque vu Fleur Moors la dépasser, ravivant « un petit flash-back de l’Amstel Gold Race » qu’elle avait perdu de cette façon en 2024.

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Nella foto in alto, Jasper Philipsen (a destra) batte in volata 
Tobias Lund Andresen (a sinistra) e Christophe Laporte (al centro, in giallo). 
A destra: Wout Van Aert e Mathieu van der Poel si sono staccati dal gruppo sull’ultima salita 
del Mont Kemmel, a 36 km dal traguardo. Saranno raggiunti solo a 600 m dall’arrivo.

ALLA FINE DEL SOGNO
Philipsen al comando

Il velocista belga Jasper Philipsen puntava a vincere una grande classica fiamminga. 
Vincitore ieri a Wevelgem, grazie a una strategia collettiva offensiva, diventa un vero «classicman».

30 mar 2026 - L'Équipe
DAL NOSTRO INVIATO SPECIALE LUC HERINCX

WEVELGEM (BEL) – Nato a Mol come Tom Boonen, Jasper Philipsen (28 anni) è inevitabilmente cresciuto con l’idea che l’etichetta di puro velocista fosse troppo ristretta, limitante, insufficiente. La carriera di uno dei più grandi campioni delle Fiandre (Boonen, ndr), vincitore anche della maglia verde al Tour de France 2007, aveva illustrato la bellezza della doppia funzione.

Il giovane talento (Philipsen, ndr), autore di dieci vittorie al Tour de France e vincitore della classifica a punti nel 2023, non si è mai accontentato di questa serie di successi negli sprint di gruppo. Aveva bisogno di un trionfo importante e diverso, che ne dimostrasse la varietà delle qualità e la completezza del profilo. C'è stata la Milano-Sanremo nel 2024, ma la Monumento non era ancora sufficiente; il belga aveva subito rivelato il suo prossimo sogno: una classica fiamminga. E ieri, finalmente, la Gand-Wevelgem (nome della gara fino al 2025) gli ha sorriso. «Sognavo di vincere questa gara da molto tempo, è una vittoria memorabile, una sensazione fantastica», ha esultato Philipsen.

Il corridore dell’Alpecin-Premier Tech ha battuto in volata un gruppo di una trentina di corridori, ma la forma finale non deve oscurare il resto: le condizioni di gara, la gestione di Philipsen e la strategia collettiva, tutte degne di una Classica. «Ho sempre saputo che era una gara che sulla carta potevo vincere, ma negli ultimi anni consumavo troppe energie prima di Wevelgem per poter poi sprintare», ha spiegato il belga. «Quindi ho cercato di essere più calmo, rilassato». E il suo gregario, Florian Sénéchal, ha sottolineato: «È stata una gara incredibile con i cordoli, la velocità, il vento. Non ci siamo mai fatti prendere dal panico».

Una squadra al servizio della vittoria

L'Alpecin-Premier Tech ha potuto controllare tutto, dato che era stata proprio essa a dare il via alle danze. Già a De Moeren, quelle pianure esposte vicino al Mare del Nord, «abbiamo lanciato l'attacco, il che ci ha permesso di correre davanti per tutta la giornata», ha spiegato Christoph Roodhooft, il suo team manager. Questo è bastato per eliminare già alcuni corridori di punta prima di vanificare tutti i tentativi della Visma-Lease a bike. Prima Christophe Laporte, che ha insistito a 83 km dal traguardo ma è stato neutralizzato dallo stesso Philipsen. Poi è toccato a Wout Van Aert, partito nella seconda ascesa del Mont Kemmel e marcato a ruota da Mathieu van der Poel, prima di una magnifica ma calcolata cavalcata in coppia da parte del neerlandese (leggi più sotto).

«Mathieu ci aveva detto che non aveva le gambe dopo la vittoria di venerdì (al Gran Premio E3), a quanto pare non andava poi così male», ha scherzato Philipsen. «La comunicazione in squadra è stata eccellente, ho volutamente risparmiato le energie con Wout», ha spiegato van der Poel a Sporza. «Questo ha messo Jasper in una posizione ideale. Sono particolarmente contento della nostra prestazione di squadra. Dopotutto, questa gara non figurava ancora nel nostro palmarès». Tra la «sacra quindicina» (Giro di Bruges, GP E3, Gand-Wevelgem, Attraverso le Fiandre, Giro delle Fiandre e Parigi-Roubaix), era l’unica prova che la squadra belga non aveva mai vinto. Van der Poel ha costruito la maggior parte dell’opera, ma Philipsen ha dato il proprio contributo e si conferma ancora una volta come una valida alternativa nelle Classiche.

A margine del Criterium di Singapore, a novembre, era stato chiesto al belga di scegliere tra una maggiore potenza massima per battere Jonathan Milan (vincitore della classifica a punti del Giro nel 2023 e nel 2024 e del Tour nel 2025) o un motore più potente per il pavé. «Se ne sta discutendo un po' in squadra, ma loro preferirebbero spingermi verso le Classiche», aveva risposto. «All'inizio della stagione ci concentriamo un po' meno sullo sprint puro perché sarebbe bello poter essere competitivi alla Parigi-Roubaix, il tipo di gara che sogno di vincere. »

Domenica salterà il Giro delle Fiandre, ma Philipsen punterà ancora sul velodromo (12 aprile), dove è già arrivato due volte secondo dietro al suo leader, nel 2023 e nel 2024. «A Roubaix può succedere di tutto, vedremo se un giorno riuscirò a vincerla», ha ribadito ieri. L’Inferno del Nord sembra essere la sua missione finale e il successo di ieri lo rende un candidato sempre più credibile.

***

Ritrovo al vertice

Avversari fin dall’adolescenza, Wout Van Aert, tornato al suo miglior livello, e Mathieu van der Poel, si sono isolati in testa senza riuscire a giocarsi la vittoria alla fine.

“Wout ha ceduto senza cedere”
   - MAARTEN WYNANTS, DIRETTORE
     SPORTIVO DELLA VISMA-LEASE A BIKE

30 mar 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS (con L. He.)

WEVELGEM (BEL) – Alla fine, sarebbe stato un peccato se Wout Van Aert o Mathieu Van der Poel avessero aggiunto al loro palmares «In Flanders Fields from Middelkerke to Wevelgem», un soprannome da kermesse per una gara storica che il belga può vantarsi di aver vinto, nel 2021, con il dolce nome di Gand-Wevelgem. Almeno i due avversari – né amici, né veri nemici – hanno trascorso del tempo insieme ieri «ed era da molto che non si vedeva una cosa del genere», ha commentato Maarten Wynants, direttore sportivo della Visma Lease a bike. «Sono grandi rivali ed è proprio quello che la gente vuole vedere. » Negli ultimi anni, le loro traiettorie si sono incrociate tra il dominio dell’olandese e le disgrazie che cadevano sempre sulle scarpe del leader dei Frelons. Ieri si sono scrutati i pochi tratti di pavé, le Plugstreet, quei perfidi sentieri sterrati, ovunque la sua ruota avrebbe potuto inciampare, ma Van Aert, che aveva preceduto Van der Poel (e Pogacar) al GP E3 nel 2023, è uscito indenne dal calvario di questa gara che ha sparpagliato il gruppo e i gregari nei tornanti del Kemmel.

È stato addirittura uno dei protagonisti della giornata attaccando, in gruppo, nel secondo passaggio sulla vetta più alta delle Fiandre, con «VDP» che gli saltava sulla ruota come un marsupilami. (*)

Al terzo e ultimo passaggio, ha risposto a sua volta all’attacco del tre volte vincitore in carica della Parigi-Roubaix, lasciandosi alle spalle il trauma delle numerose volte in cui era stato battuto. «A un certo punto c’era un distacco minimo, solo pochi metri in cima. Ma Wout ha tenuto duro senza cedere», ha commentato il suo direttore sportivo. Dopo aver raggiunto e superato la testa della corsa, il loro testa a testa è durato 36 chilometri, un po’ come un appuntamento galante che si protrae all’infinito, senza che ci sia nulla da dirsi.

Interrogato sui loro eventuali scambi durante la gara, l’olandese ha replicato: «Niente di speciale. La sua radio non funzionava, voleva sapere i distacchi. » Ma i due leader non avevano preso l’iniziativa per parlare della famiglia, dei figli o del cane, soprattutto non il belga, rimessosi in sesto alla velocità della luce dalla frattura alla caviglia del 2 gennaio, dopo la caduta al ciclocross di Mol. Decimo alla Strade Bianche, terzo alla Classicissima, ieri si è rassicurato ancora: «Le sensazioni erano buone, riuscivo a stare al passo con Mathieu nell’ultimo passaggio del Kemmel. Il risultato non è arrivato, ma è stata comunque una bella giornata. La nostra collaborazione è stata buona, ma lui aveva il vantaggio che Philipsen era ancora dietro di lui, il che gli ha permesso di adottare una corsa un po’ più difensiva sul finale. »

I due, risucchiati dal gruppo a 600 metri dal traguardo, si ritroveranno tra una settimana al Giro delle Fiandre, il loro vero obiettivo. Mathieu Van der Poel per aggiungere una quarta Ronde al suo palmares, Wout Van Aert, di nuovo in gara mercoledì a «À Travers la Flandre», per conquistarne finalmente una. Spinto da questa nuova energia, secondo Wynants: «Quando vieni ripreso nell'ultimo chilometro, mentre sei in grado di stare al passo con Van der Poel, puoi essere deluso. Sarebbe persino strano dire il contrario. Siamo comunque contenti che sia riuscito a stare al passo con Van der Poel. Il livello era impressionante. All'inizio della primavera non era ancora così, ora sì.»

Anche se il neerlandese ha spiegato, a posteriori, di aver mancato di freschezza e di aver corso in riserva, tanto perché era ancora stanco della sua ultima uscita vittoriosa al Gran Premio E3 quanto per assicurarsi la vittoria con il suo velocista Jasper Philipsen. O forse per giocare un po' meglio con la sua preda preferita.

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«Che cosa posso farci?»

Vittima di una foratura e poi di un salto di catena, Paul Magnier non ha potuto partecipare alla lotta per la vittoria. Una serie nera per il giovane francese.

30 mar 2026 - L'Équipe
DAL NOSTRO INVIATO SPECIALE A WEVELGEM Y. H.

«Che cosa posso farci?» Il suo sopracciglio ha assunto un'espressione di disappunto dopo l'arrivo, ieri. Paul Magnier è piombato davanti ai volti cupi della sua squadra, con uno dei membri dello staff che si batteva la fronte con la mano perché, decisamente, nulla va per il verso giusto alla Soudal-Quick Step in questo inizio di primavera. Dopo Kuurne, dopo il Nieuwsblad, il ventunenne francese ha dovuto nuovamente fare i conti con problemi meccanici, all’uscita dal terzo settore di Plugstreet.

Nel primo lo avevamo visto in testa, in forma, ma sei chilometri più avanti, vittima di una foratura, ha scambiato la sua bici con quella del compagno di squadra Bert Van Lerberghe prima di indicare con la mano che qualcosa non andava. «La sella era troppo alta», secondo Tom Steels, il suo direttore sportivo. Nuovo cambio di bici, questa volta al suo fianco, ma «nel secondo passaggio del Kemmel, la catena mi è saltata di nuovo in cima. La gara era praticamente finita». A Wevelgem ha tagliato il traguardo al 58° posto, lontano dalle speranze che suscita in Soudal, mentre lo scenario finale avrebbe potuto favorirlo.

Non potrà sfuggire a un debriefing critico

«È davvero un peccato», ha commentato Steels con rammarico. «Con quaranta corridori, aveva davvero ottime possibilità di vincere. È mentalmente forte, ma diventa pesante quando ti capita sempre qualcosa. Siamo davvero sfortunati». Il francese sperava anche che «le cose cambino» abbastanza in fretta, già da mercoledì a À Travers La Flandre, ma non potrà sfuggire a un debriefing critico perché il suo apprendistato continua.

Con la partenza di Remco Evenepoel e una rifocalizzazione sulle classiche, sostenuta dai nuovi acquisti Jasper Stuyven e Dylan Van Baarle, Jürgen Foré sperava che le cose funzionassero più in fretta, con Magnier come leader. Ma il direttore generale sembrava teso ieri, davanti al pullman della sua squadra: «Non so cosa sia successo, ha cambiato bici con Bert e poi ne ha presa un'altra, ma non capisco. Dobbiamo discuterne. È ancora giovane, forse c'è ancora un po' di panico nella sua testa. Sta ancora imparando».

L'interessato era d'accordo, il caso non può assumersi tutte le responsabilità: «Non guardavo troppo davanti a me nelle Plugstreet. C'è stato un attacco, ho voluto seguire, ho pedalato nel posto sbagliato. Dovrò analizzare un po' di più le mie traiettorie per non forare.

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DONNE

Wiebes è stata quasi sorpresa

30 mar 2026 - L'Équipe
L. He., a Wevelgem.

Dopo aver «tenuto facilmente il passo nelle Plugstreets» e aver avuto buone sensazioni nella prima salita del Kemmelberg, Lorena Wiebes (SD Worx-Protime) ha sferrato un attacco al secondo passaggio, a 35 km dall’arrivo della Gand-Wevelgem. Ridotto a cinque unità, il gruppo di testa ha approfittato dei potenti cambi di ritmo dell'olandese, pur sapendo già quale sarebbe stato l'esito in caso di arrivo in volata, dato che Wiebes si era imposta negli ultimi due anni a Wevelgem. «È quasi finita male», ha comunque scherzato la campionessa ventisettenne, che ha lanciato lo sprint un po' troppo presto, alzando le braccia prima del traguardo e vedendo quasi Fleur Moors superarla, rivivendo «un piccolo flashback dell'Amstel Gold Race» che aveva perso in questo modo nel 2024.


(*) Marsupilami è un personaggio immaginario ideato da André Franquin nel 1952. Ha esordito in una storia pubblicata sulla rivista Spirou, come comprimario della serie Spirou et Fantasio, come animale domestico dei personaggi principali; l'ultima apparizione del personaggio nella serie risale al 1970.

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