Vingegaard en sifflotant


Jonas Vingegaard a remporté le Tour de Catalogne avec 
1 minute et 22 secondes d’avance sur Lenny Martinez, deuxième.

En haut de la colline de Montjuïc, le Danois a conclu, hier, un mois de mars parfait, vainqueur du Tour de Catalogne après Paris-Nice et gonflé de confiance pour sa quête de doublé Giro-Tour.

«C’est évidemment un très gros objectif pour moi. 
J’aurai besoin d’arriver en super forme»
   - JONAS VINGEGAARD AU 
     SUJET DU TOUR DE FRANCE

30 Mar 2026 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL PIERRE MENJOT

BARCELONE (ESP) – Il y a finalement une chose que Jonas Vingegaard n’a pas su contrôler cette semaine, en Catalogne : les pleurs de son fils de 18 mois, que le Danois avait emmené sur le podium protocolaire. Peut-être lassé par une cérémonie qui a duré plus longtemps que la course, le petit est retourné dans les bras de sa mère, au côté de sa grande soeur, et le calme était revenu dans le clan Vingegaard. Serein, il l’a été pendant sept jours, où le double vainqueur du Tour de France (2022 et 2023) a attendu son heure puis surclassé la concurrence « dans une région de l’Espagne que j’aime, surtout la nourriture, dont j’espère profiter ce soir » tillait-il hier.

Le grimpeur pouvait bien s’offrir un petit écart, en conclusion d’un premier mois de compétition proche de la perfection. Deux courses par étapes de niveau World Tour gagnées (après Paris-Nice) – ce qui ne lui était jamais arrivé pour sa rentrée –, six victoires au total (deux étapes et le général à chaque fois), soit autant que sur toute l’année 2025. « Un excellent début de saison, résumait-il. Ça compte pour moi de commencer l’année comme ça, ça me donne beaucoup de confiance et de motivation pour la suite. » Audelà du palmarès qui se garnit, c’est la facilité qu’a eue le leader de Visma-Lease a bike, très bien épaulé toute la semaine, qui impressionne, à tel point que les responsables du flocage préparaient son maillot de vainqueur tandis qu’il restait deux tours de circuit à parcourir, hier.

Au-dessus de la concurrence

On vantait le plateau de ce Tour de Catalogne, proche du niveau d’un Tour de France (exceptions faites de Pogačar et d’Ayuso). Il l’a dominé en patron, pas seulement en profitant des chutes de Remco Evenepoel (3e étape) et Tom Pidcock (5e). En tête de peloton dans la descente en bord de mer le premier jour, alors que les Red Bull d’Evenepoel avaient tenté de forcer l’allure. D’une grande facilité pour combler, face au vent, les 10 mètres avec le Belge, sur l’étape des bordures, tout ça pour ne pas le relayer, juste le neutraliser, ce qui traduisait à la fois sa prudence ( « Il court toujours comme ça, je n’ai rien à dire » , rouspétait encore le double champion olympique hier) et sa confiance pour la suite. Et donc sans égal en montagne, à l’abri dès la première arrivée au sommet, mais assez glouton pour demander à son équipe de rouler samedi afin de bisser. « Ça fait toujours plaisir de rouler en sachant qu’il gagne au bout, ça motive encore plus, apprécie Bruno Armirail, l’un de ses gars sûrs cette semaine en plaine, bien qu’un peu malade. Je le trouve vraiment fort, même si je ne peux pas comparer aux années passées. » L’intéressé s’est plutôt décrit « en bonne forme, sans être au top » , ce qui tombe bien quand les plus gros objectifs sont encore devant. « Je suis optimiste sur le fait que je serai à un très, très haut niveau au Giro, je pense que je peux m’améliorer » , pointait-il avant de se reposer et de repartir en camp d’altitude.

L’Italie, ou plutôt la Bulgarie, où se tiendra le grand départ le 8 mai, voilà son premier grand rendez-vous de 2026. Face à une concurrence largement à sa portée, sur le papier (João Almeida pas en jambes et tombé en Catalogne, Giulio Pellizzari, Richard Carapaz, Ben O’Connor, Felix Gall…), le Danois pourrait devenir, à 29 ans, le huitième homme de l’histoire à remporter les trois grands Tours, après le Tour de France et la Vuelta (2025).

Puis c’est à la Grande Boucle qu’il songera. Vingegaard a tenté de repousser l’échéance, de répéter que « le Giro est [ son] prochain objectif » , mais la course au Maillot Jaune reste dans un coin de son esprit. Parfois même juste devant ses yeux, comme hier, avec les boutiques de souvenirs du Tour déjà en place, en vue du grand départ de juin prochain dans la capitale catalane, et les mots de Christian Prudhomme, le patron de l’épreuve, venu lui glisser « rendez-vous en juillet » à l’ombre du podium. « C’est évidemment un très gros objectif pour moi, reconnaissait-il. J’aurai besoin d’y arriver en super forme. En plus, on commence ici. » Il a bien pris ses marques dans le coin, pendant une semaine. En attendant d’y revenir, côte à côte avec Tadej Pogačar, qui avait lui aussi écrasé l’épreuve catalane, en 2024, un duel pour lequel la colline de Montjuïc et ses arènes seront un parfait terrain pour lancer les hostilités.

***



Brady Gilmore (à g.) a devancé Dorian Godon (à d.) 
au sprint sur la 7e étape du Tour de Catalogne, hier.

Des Bleus dans tous les coups

Alors qu’il visait une troisième victoire d’étape, hier à Barcelone, Dorian Godon a été coiffé par Brady Gilmore. Ce qui ne doit pas effacer sa belle semaine et celle du clan français, qui compte deux coureurs dans le top 5 du classement général avec Lenny Martinez et Valentin Paret-Peintre.

«Mon niveau depuis Paris-Nice est vraiment bon, 
c’est au-dessus de ce que j’ai fait l’an passé»
   - VALENTIN PARET- PEINTRE

30 Mar 2026 - L'Équipe
P. Me.

Un cri de joie pour commencer, à Sant Feliu de Guixols. Un cri de rage pour conclure, hier. Dorian Godon a fini le Tour de Catalogne « sur une vraie déception », pestait-il encore près d’une heure après l’arrivée, coiffé par Brady Gilmore (NSN). « J’ai bien géré dans les montées, à l’économie, l’équipe m’a super bien épaulé, et je savais qu’il ne fallait pas être trop tôt devant, car la ligne droite était longue, revivait le sprinteur d’Ineos. Peut-être trop confiant. J’avais déjà fait 2e derrière “Pogi’’ (Tadej Pogačar, en 2024), je n’étais pas là pour refaire 2e sur ce circuit que j’adore, je suis vraiment déçu. »

Cette fin frustrante ne doit pas faire oublier la grande semaine du Catalan d’adoption – il a fait ses études de kiné à Gérone pendant huit ans –, vainqueur de deux étapes et leader du général pendant quatre jours. « Sur le papier, j’aurais pu en gagner cinq », rétorquait le moustachu, preuve de son ambition grandissante. Il aura magnifié le bilan français, du rarement vu en Catalogne, avec les 2e et 4e places au général de Lenny Martinez (Bahrain - Victorious) et Valentin Paret-Peintre (Soudal - Quick-Step), ou des tops 10 surprises des jeunes de Decathlon-CMA CGM Noa Isidore (2e de la 2e étape) et Antoine L’Hote (5e hier).

« Franchement, je n’aurais jamais pensé faire 2e, savourait Martinez, également meilleur jeune de la “Volta’’. Je suis arrivé ici complètement pas bien, car je suis tombé malade après Paris-Nice (5e du général). Je me suis refait petit à petit pendant la semaine mais je n’aurais jamais imaginé ça au départ. En plus derrière Jonas (Vingegaard), que j’aime beaucoup, c’est le mieux que je puisse faire. » Paret-Peintre aurait, lui aussi, rêvé de podium, mais sa 4e place à 13 secondes de Florian Lipowitz, sa meilleure performance sur une course World Tour, le ravit. « Mon niveau depuis Paris-Nice est vraiment bon, je sens que c’est au des sus de ce que j’ai fait l’an passé, je continue à progresser chaque saison, c’est l’essentiel » , soulignait le vainqueur de l’étape du Ventoux, l’été dernier.

S’il n’a pas pu conserver le maillot de meilleur grimpeur, Baptiste Veistroffer (Lotto-Intermarché) a été récompensé du prix du super-combatif, fort de ses quatre échappées les quatre premiers jours. Il sera de retour sur le Tour du Pays basque. À l’avant, bien sûr.

Commenti

Post popolari in questo blog

I 100 cattivi del calcio

Chi sono Augusto e Giorgio Perfetti, i fratelli nella Top 10 dei più ricchi d’Italia?

Echoes' Cycling Biography #4: Jean-Pierre Monseré