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TADEJ POGACAR LE RONDE À SES PIEDS
Vainqueur de son troisième Ronde, Tadej Pogacar se dirige vers Roubaix avec la même gourmandise que l’an passé, en quête d’un succès cette fois.
«Depuis Milan, il est peut-être plus détendu, oui.
Et on repart d’ici plus relax après cette victoire.
Même si on n’est pas stressés,
surtout pas lui avec trois victoires en trois courses»
- FABIO BALDATO, DIRECTEUR SPORTIF
D’UAE EMIRATES-XRG
6 Apr 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS
AUDENARDE (BEL) – L’habitude, sûrement. Tadej Pogacar n’avait pas encore franchi la flamme rouge ni amorcé sa célébration qu’au pied du car de son équipe, le staff, par réflexe, entamait la transhumance vers d’autres terres, d’autres pavés, à conquérir. Les premières valises noires s’empilaient sur la route, prêtes à être embarquées par les coureurs, rincés, qui laisseront peut-être leur place à d’autres plus fringants pour Roubaix, dimanche prochain.Tadej Pogacar célèbre sa victoire sur le Tour des Flandres avant de se lancer dans la quête des 5 Monuments sur une saison.
Il fallut que le chauffeur du véhicule appuie sur son klaxon à plusieurs reprises pour ramener tout le monde sur terre et à ce sacre, le troisième à Audenarde, du « cycliste parfait » comme le rappelait, encore une fois, le manager sportif d’UAE EmiratesXRG, Fernandez Matxin. « Aujourd’hui, c’était une question de sécurité et il a couru parfaitement, insistait-il. Il a toujours été à l’avant, toujours bien placé pour ne pas prendre de risques. »
Mais son douzième Monument à peine digéré, on regardait déjà de l’autre côté de la frontière, à 58 km de là, vers le vélodrome roubaisien. Le double champion du monde n’éluda pas la question, il l’anticipa de lui-même quand il fut interrogé sur sa quête de cinq Monuments sur une saison : « Profitons du moment, savourons cette victoire aujourd’hui (hier) et allons à Roubaix avec motivation. » La ville nordiste est depuis un moment inscrite sur sa carte mentale, mais cette saison il semble vouloir l’affronter sans l’appréhension de la première fois, en 2025, quand il ne savait pas trop où il mettait les roues malgré des aptitudes démontrées lors de la 5e étape du Tour de France, en 2022. Son excitation l’avait envoyé dans le décor du secteur « Pont-Thibault à Ennevelin » mais c’était la promesse de mieux revenir sur cette épreuve où, deuxième derrière Mathieu Van der Poel l’an dernier, il s’était fait les crocs.
Le Slovène n’a jamais été aussi cannibale et s’il s’est défendu hier de vouloir se jeter sur tous les plats – puisqu’il court peu –, mais il ne laissera à personne l’Enfer du Nord, la dernière course à lui résister. L’état-major émirien a d’ailleurs déjà sorti les plans de cette future bataille, car « il veut Roubaix aussi » , assure le directeur sportif Fabio Baldato. Comme il a désiré Milan San Remo pendant des années avant de l’empoigner il y a quinze jours, trouvant la clé psychologique et tactique de la Primavera. « Depuis Milan, il est peutêtre plus détendu, oui, admettait le dirigeant italien. Et on repart d’ici plus relax après cette victoire. Même si on n’est pas stressés, surtout pas lui avec trois victoires en trois courses ( rires). »
À Compiègne, il piaffera d’impatience sur la ligne de départ, ayant encore un peu plus grignoté le mental de ses adversaires directs, Van der Poel et Wout Van Aert, qu’il viendra défier sur leur terrain de jeu. Tout en refusant de dévoiler les grandes stratégies à venir, Baldato sortait de sa poche la boîte à bluff: « À Roubaix, c’est toujours Van der Poel le coureur à battre. Il n’y aura pas de montées dimanche, Tadej n’aura rien à perdre. »
Sauf à revenir encore et encore mais quand on connaît son impatience, les choses ne traîneront pas, malgré les formules de politesse: « La pression est faible comme les pneus le seront (rires). On verra ce qui se passe. Je vais en profiter, quel que soit le résultat. » À une semaine d’une « course différente » , Fernandez Matxin pointait « l’importance du placement durant les moments clés. Aujourd’hui, c’était plus de la sélection, une sélection naturelle, et Paris-Roubaix demande davantage de se battre pour le placement. Ses coéquipiers devront l’entourer pour ne pas prendre de risques ». L’an passé, entre les deux classiques, UAE n’avait changé qu’un coureur (Jhonatan Narvaez remplacé par Juan Sebastian Molano) et Pogacar avait été esseulé assez rapidement.
Est-ce que cette fois le renouvellement sera plus important alors que Tim Wellens est blessé et que Mikkel Bjerg a tracté tout le peloton sur les courbes flandriennes, relayé par la girafe Nils Politt puis la tortue Florian Vermeersch dans une équipe où on aime bien les surnoms animaliers ? Le glouton slovène a en tout cas salué le travail de sape de ses cerbères mais on a l’impression qu’il se débrouille très bien tout seul.
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Perdre avec honneur
Par orgueil de champion et convaincu de pouvoir lui tenir tête, Mathieu Van der Poel a collaboré avec Tadej Pogacar jusqu’à craquer encore une fois dans le Vieux Quaremont. Une noble mais fatale façon de courir.
“Il faut rouler pour la victoire, ne pas jouer au plus malin.
On ne fait pas ça entre grands champions»
- ADRIE VAN DER POEL, PÈRE DE MATHIEU
6 Apr 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX
AUDENARDE (BEL) – L’accolade et les quelques mots glissés à Tadej Pogacar tout de suite après avoir franchi la ligne traduisent le respect de Mathieu Van der Poel à l’égard de son bourreau des Flandres. Le Néerlandais s’est ensuite écroulé de fatigue sur son guidon, comme une génuflexion devant le Slovène, qui l’a lâché pour la troisième fois, après 2023 et 2025, dès le premier pavé dans la dernière ascension du Vieux Quaremont.Mathieu Van der Poel roule devant Tadej Pogacar, le vainqueur hier.

Une première en attendant Roubaix ?
«Je ne promets rien. Il est encore tôt»
AUDENARDE (BEL) – L’accolade et les quelques mots glissés à Tadej Pogacar tout de suite après avoir franchi la ligne traduisent le respect de Mathieu Van der Poel à l’égard de son bourreau des Flandres. Le Néerlandais s’est ensuite écroulé de fatigue sur son guidon, comme une génuflexion devant le Slovène, qui l’a lâché pour la troisième fois, après 2023 et 2025, dès le premier pavé dans la dernière ascension du Vieux Quaremont.Mathieu Van der Poel roule devant Tadej Pogacar, le vainqueur hier.
« Il n’y a pas grand-chose à dire… » , soufflait Christoph Roodhooft à l’arrivée, dans une atmosphère de résignation sur le Tour des Flandres et de projection vers Paris-Roubaix, au pied du car d’Alpecin-PremierTech où les valises des coureurs étaient déjà prêtes. « Sans Pogacar, Mathieu aurait déjà gagné six Tour des Flandres » , soulignait le manager de l’équipe de Van der Poel, déjà triple vainqueur du Ronde mais deuxième hier, à 33 secondes.
Adrie Van der Poel, le père du Néerlandais, constate que « Pogacar était au-dessus de tout le monde, et il faut l’accepter » , mais son fiston a été le seul à résister au Slovène entre le premier Paterberg et le dernier Quaremont, l’équivalent de 33 km en duo avec quelques secondes d’avance sur un Remco Evenepoel (RedBullBora-Hansgrohe) en chasse-patate. Justement, Van der Poel n’aurait-il pas pu profiter de cette configuration pour refuser de relayer Pogacar, s’économiser et espérer un retour du Belge pour l’aider dans le final quand le Slovène aurait accéléré?
« C’était une option, admet Roodhooft. Mais à partir du moment où Mathieu collabore, c’est qu’il croit en lui et pense qu’il a une chance de gagner. D’un point de vue extérieur, impossible de dire comment il se sent à ce moment-là, alors qu’est-ce qu’on peut lui dire? Qu’il n’a plus le droit de passer de relais ? Ça n’a pas de sens. Cela n’aurait peut-être rien changé et dans ce cas, de quoi aurions-nous eu l’air? »
Le père du Néerlandais rejette l’hypothèse avec encore plus de fermeté. « Ce n’est pas une course de débutants! peste Adrie van der Poel. Ce sont deux très grands coureurs. S’ils commencent à faire ça, j’arrête de regarder le vélo. Il faut rouler pour la victoire, ne pas jouer au plus malin. On ne fait pas ça entre grands champions. » Le dauphin de Pogacar a aussi admis qu’il n’avait pas « roulé comme un fou » , prenant juste des relais de politesse parce qu’il était « content de la situation » et que c’est « parfois meilleur pour les jambes » . Van der Poel a toutefois ajouté une justification plus proche de celle de son entourage, au micro d’Eurosport : « Je donne toujours le meilleur de moi-même, et j’ai fait la même chose aujourd’hui. » Dans ce duel qui l’oppose à Pogacar sur les Classiques depuis trois ans, l’orgueil du triple vainqueur du Tour des Flandres (2020, 2022 et 2024) lui ordonne de retrouver le succès à Audenarde d’une certaine manière, sans se cacher, pour apporter la preuve que ces monts belges sont vraiment son terrain.
« Il faut essayer de trouver une solution pour l’année prochaine, voir s’il y a encore une chose qu’on peut mieux faire » , préfère retenir Adrie Van der Poel, qui pointe aussi une forme d’injustice dans le traitement réservé à son fils dans la défaite. « Mathieu joue des podiums à chaque fois, il y a beaucoup de gens qui ne comprennent plus rien au vélo, qui ne savent pas ce que ça représente de jouer la victoire pendant sept années d’affilée » , pointe le vainqueur du Tour des Flandres 1986.
Depuis sa première participation au Ronde, en 2019, Mathieu Van der Poel a terminé chaque édition dans le top 4. Alors plutôt que de ruminer, « il devrait aller rouler avec son frère demain (aujourd’hui) », selon leur père, et déjà songer à Roubaix, dimanche, pour une vraie explication entre champions.
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Une première en attendant Roubaix ?
«Je ne promets rien. Il est encore tôt»
R'EM'CO EVENEPOEL, TROISIÈME HIER
6 Apr 2026 - L'Équipe
Y. H. à Audenarde (BEL)
Remco Evenepoel restera toujours ce footeux qui aime ferrailler, montrer les muscles dans l’arène. Troisième hier pour sa première participation au Ronde, le leader de RedBull-Bora-Hansgrohe a joué une étonnante pantomime dans le Berg ten Houte, à 75 km de l’arrivée, à grands coups d’oeillades avec Tadej Pogacar, avant de remettre ça dans le deuxième passage du Quaremont, 18 km plus loin. Il le paierait dans le premier Paterberg, juste après avoir voulu doubler le futur vainqueur.Remco Evenepoel, troisième hier du Tour des Flandres.
La suite ? Il regarda de loin le duel entre le Slovène et Mathieu Van der Poel, sans regrets. « C'était plus ou moins une première parfaite, je suis content, confia-t-il sur Eurosport. Une fois que la course était ouverte, c'était plus simple pour moi. À la fin, je finis à la place que je mérite, je pense. »
Il n’a pas atomisé la course comme certains l’attendaient, il ne fut pas assez explosif sur les bergs qu’il connaissait par coeur, il le reconnut, mais à une semaine de Paris-Roubaix, le Belge de 26 ans ne put s’empêcher de triturer les nerfs de ses fans et des suiveurs. Sur Sporza, le double champion olympique a laissé « la porte ouverte mais je crois que d’autres l’ont déjà fermée définitivement à ma place. Il faudra bien qu’on en parle un jour ou l’autre. Je ne peux pas vous dire si je vais y participer ou non. Je ne promets rien. Il est encore tôt ».
Le double vainqueur de Liège-BastogneLiège (2022 et 2023), qui n’a pas exclu non plus de se frotter à Milan-San Remo l’an prochain, semble aujourd’hui séduit par un nouveau terrain de jeu avec les Monuments du début de saison.
Y. H. à Audenarde (BEL)
Remco Evenepoel restera toujours ce footeux qui aime ferrailler, montrer les muscles dans l’arène. Troisième hier pour sa première participation au Ronde, le leader de RedBull-Bora-Hansgrohe a joué une étonnante pantomime dans le Berg ten Houte, à 75 km de l’arrivée, à grands coups d’oeillades avec Tadej Pogacar, avant de remettre ça dans le deuxième passage du Quaremont, 18 km plus loin. Il le paierait dans le premier Paterberg, juste après avoir voulu doubler le futur vainqueur.Remco Evenepoel, troisième hier du Tour des Flandres.
La suite ? Il regarda de loin le duel entre le Slovène et Mathieu Van der Poel, sans regrets. « C'était plus ou moins une première parfaite, je suis content, confia-t-il sur Eurosport. Une fois que la course était ouverte, c'était plus simple pour moi. À la fin, je finis à la place que je mérite, je pense. »
Il n’a pas atomisé la course comme certains l’attendaient, il ne fut pas assez explosif sur les bergs qu’il connaissait par coeur, il le reconnut, mais à une semaine de Paris-Roubaix, le Belge de 26 ans ne put s’empêcher de triturer les nerfs de ses fans et des suiveurs. Sur Sporza, le double champion olympique a laissé « la porte ouverte mais je crois que d’autres l’ont déjà fermée définitivement à ma place. Il faudra bien qu’on en parle un jour ou l’autre. Je ne peux pas vous dire si je vais y participer ou non. Je ne promets rien. Il est encore tôt ».
Le double vainqueur de Liège-BastogneLiège (2022 et 2023), qui n’a pas exclu non plus de se frotter à Milan-San Remo l’an prochain, semble aujourd’hui séduit par un nouveau terrain de jeu avec les Monuments du début de saison.
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