FÉROCE
Tadej Pogačar a brisé Mathieu van der Poel au même endroit que l’an passé,
dans le Vieux Quaremont, au prix d’une bataille brutale qui lui a
permis de remporter son troisième Tour des Flandres.
Van der Poel veut pouvoir regarder Pogačar droit dans les yeux, plutôt qu’être relégué avec les autres, et mourir les armes à la main
6 Apr 2026 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS
Comme l’an passé, cet endroit où l’asphalte devient pavés dans le Vieux Quaremont était sa ligne d’arrivée, elle devait séparer Tadej Pogacar des autres, le propulser dans son monde, seul au Ronde, à 18km du terme, cimetière des ambitions de tous ses adversaires. Dernier soldat debout, Mathieu Van der Poel a alors senti les tremblements le saisir, des convulsions de douleur qui étaient moins le fait de la rugosité de la caillasse que du train d’enfer que le maillot arcen-ciel était en train de pousser devant lui. Le Néerlandais était asphyxié depuis qu’ils étaient entrés dans le mont, 700m plus tôt, mais il était en réalité au rupteur depuis le vieux Kruisberg, 8km en amont, où on avait vu le petit Poulidor commencer à dodeliner dans la roue de son rival, à se désarticuler, lui dont la ligne est d’ordinaire si parfaite.Dans le deuxième passage du Paterberg, Tadej Pogacar s’est envolé vers un troisième triomphe sur le Tour des Flandres, rejoignant la liste des six recordmen de l’épreuve, dont son grand rival, Mathieu Van der Poel.
Comme dans chacune de ses désormais trois victoires dans le Tour des Flandres, record égalé, Tadej Pogacar avait utilisé les ondulations du Vieux Quaremont comme rampe de lancement, mais c’est sa tactique d’usure qui lui a permis de s’envoler à ce moment-là.
Hier, le limage a commencé de très bonne heure, à plus de 100 km de l’arrivée, dans le Molenberg, où Nils Politt et Florian Vermeersch l’avaient placé sur orbite, avant qu’il ne se chargeât du reste. Des relais dans le groupe de seize cadors qui s’était détaché, suivis d’un premier gros coup de pression dans le Berg ten Houte, à 75km de l’arrivée, puis il a attaqué en tête quasiment tous les points clés, le deuxième Quaremont, le premier Paterberg, le Koppenberg, le Kruisberg, le troisième Quaremont bien sûr, un harcèlement permanent, un étranglement progressif, qui lui ont permis de siphonner le réservoir de tout le monde avant le final.
Et puis ce nouveau sacre doit beaucoup à son sens de la course et à ce moment, juste après le Koppenberg, à 40 km d’Audenarde, où beaucoup de choses se sont nouées.
Evenepoel a été d’une résistance exceptionnelle
Éjecté dans le premier passage du Paterberg, Remco Evenepoel s’était lancé dans une poursuite héroïque et il était revenu comme une balle sur cette grande route entre les monts. Il était là, à deux secondes de Pogačar et van der Poel, mais le champion du monde le surveillait et le transperça de quelques relances pour qu’il ne rentre jamais. On pouvait y voir un jeu, de la cruauté, une manière de ramener le Belge à sa condition inférieure, de l’exclure de cette caste où il n’accueillait que son frère d’armes Mathieu Van der Poel. Après tout, Evenepoel, cabochard magnifique, rouleur de mécaniques, s’était approché pour chatouiller l’arc-en-ciel à deux reprises, dans le Berg ten Houte et dans le Paterberg, au coude-àcoude comme pour frimer un peu, avant de s’y brûler les doigts.
Mais Pogacar était en réalité en train de sceller son succès, chirurgical, plus que de régler des comptes. Il savait qu’il ne pouvait laisser rentrer ce rouleur incontrôlable, qui allait compliquer ses plans, rendre la réussite de son évasion plus aléatoire, car garder son avantage avec Van der Poel et le Belge en chasse derrière lui aurait été plus compliqué. Pogacar voyait davantage Evenepoel comme un ennemi que Van der Poel ne le considérait comme un potentiel allié, et le premier avait raison, car le Belge a été d’une résistance exceptionnelle, épatant, capable de rester sous la minute d’écart alors qu’il se battait seul. Et sa troisième place doit lui ouvrir de nouvelles perspectives, au Ronde et sur les classiques de manière générale.
Van der Poel a donc collaboré avec Pogacar. N’aurait-il pas dû s’abstenir de rouler pour favoriser le retour d’Evenepoel? Peut-être, mais ce n’est pas comme cela qu’il conçoit la course ni se considère lui-même. Il ne veut pas avoir à compter sur les autres pour battre le double champion du monde. Il veut pouvoir le regarder droit dans les yeux, comme il l’a toujours fait, rester avec lui plutôt qu’être relégué avec les autres, et mourir les armes à la main. Cela dit tout de lui, de cette force mentale qu’on ne peut saisir et qui lui permet de repartir à chaque fois au combat. Il en faut du courage pour se prendre plein fer Pogacar comme cela et ce n’est pas un hasard s’il en est aujourd’hui le seul capable. De la confiance en soi aussi, car hier le Néerlandais a préféré croire en lui plutôt que d’user de stratagèmes avec d’autres pour renverser Pogacar. Il avait l’espoir de pouvoir résister, et comment le lui reprocher ? C’est la classe, voilà tout, et il y avait une beauté à le voir pétroler au côté de son meilleur ennemi, ses bouclettes blondes désuètes à la Rod Stewart, fouettées par le vent, dossard 1 pour son rival, 11 pour lui, qu’il fallait lire comme 1 et 2.
Van Aert et Pedersen partagent la même confrérie,
celle des champions malmenés
Un peu avant le dernier Vieux Quaremont, ultime supplice du Néerlandais, Tadej Pogacar avait retiré ses gants, comme s’il voulait finir son adversaire à mains nues, dans les règles de l’art et le respect qu’il lui porte, le seul en mesure d’embrumer ses desseins, celui dont l’opposition magnifie ses victoires. Le Slovène sait qu’il n’y a pas de succès facile contre Mathieu Van der Poel, lui-même a dû creuser profond pour y parvenir à nouveau et sa grimace de souffrance en haut du Paterberg montrait la dureté du bras de fer. Il n’y avait de toute manière que du clinquant dans ce final du Tour des Flandres, un défilé de généraux qui avaient astiqué leurs décorations, les liserés de champion du monde et les galons alignés, Pogacar, Van der Poel, Evenepoel, Wout VanAert et Mads Pedersen dans cet ordre à la sortie du deuxième Vieux Quaremont, et à l’arrivée d’ailleurs aussi.
Van Aert et Pedersen s’étaient alliés un temps pour survivre, alors que le Danois avait confié au Belge toute l’admiration qu’il lui portait après sa débâcle dans À Travers la Flandre, car les deux partagent eux aussi une même confrérie, mais à un étage inférieur, celle des champions malmenés, des pugnaces et cela nous a serré le coeur de les voir s’unir face aux vents contraires du destin. Van Aert s’était détaché dans le dernier Quaremont, cette quatrième place n’était pas celle des espérances, mais c’est la sienne et à l’arrivée, il souffla qu’il ne pouvait rien de plus. Pas à ce niveau-là, face à un champion qui a couru trois jours cette saison et gagné trois fois, les Strade Bianche, Milan-San Remo, le Tour des Flandres. Il a désormais Paris-Roubaix sur son calendrier, mais hier, Mathieu Van der Poel a maintenu l’espoir d’une nouvelle bataille magnifique.
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LA NOTE DE LA COURSE - ***** (4/5)
Un groupe royal qui part à 100 km du but, le quatuor de rêve qui s'isole un instant dans le deuxième passage du Vieux Quaremont et finalement Tadej Pogačar qui s'envole comme l'an passé dans le dernier tour. Il à juste manqué en peu d'inattendu au scénario.
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CLASSEMENT
1. Pogacar (SLN, UAE Emirates XRG), les 278, 2Km en 6h20'7'' (moy.: 43, 913 km/h) ;
2. Van der Poel (HOL, AlpecinPremier Tech) à 34'' ;
3. Evenepoel (BEL, RedBull - Bora-Hansgrohe) à 1'11'' ;
4. Van Aert (BEL, Visma-Lease a bike) à 2'4'' ;
5. Mads Pedersen (DAN, Lidl-Trek) à 2'48'' ;
6. Stuyven (BEL, Soudal-Quick Step) à 4'28'' ;
7. F. Vermeersch (BEL, UAD) m.t. ;
8. Mohoric (SLN, Bahrain Victorious) à 4'30'' ;
9. Laporte (TVL) à 5'22'' ;
10. G. Vermeersch (BEL, RBH) m.t. ;
11. T. Van Dijke (HOL, RBH) à 5'26'' ; 12. De Gendt (BEL, PinarelloQ36.5) à 5'34'' ; 13. O. Naesen (BEL, Decathlon-CMA GGM) à 5'39'' ; 14. Pithie (NZL, RBH) ; 15. Segaert (BEL, TBV) ; 16. Madouas (Groupama-FDJ United) ; 17. Hagenes (NOR, TVL) ; 18. Valgren (DAN, EF Education-Easy Post) ; 19. Van Moer (BEL, Pinarello-Q36.5) t.m.t. ; 20. Hoole (HOL, DCT) à 5'43'' ; ... 22. Grégoire (GFC) à 6'24'' ; 25. Bettiol (ITA, XDS-Astana) à 6'44'' ; 27. Turgis (TotalEnergies) à 6'46'' ; 36. Magnier (Soudal - Quick Step) à 6'56''.
121 classés. 54 abandons dont : Cosnefroy (UAD) et Trentin (ITA, Tudor).
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4 - TADEJ POGACAR EST LE PREMIER À REMPORTÉR 4 MONUMENTS D'AFFILÉE
(Liège-Bastogne-Liège 2025, Tour de Lombardie 2025, Milan-San Remo 2026 et Tour des Flandres 2026). Il fait mieux qu’Eddy Merckx qui en avait, au mieux, enchaîné 3.
11 - POGACAR EN EST À 11 PODIUMS CONSÉCUTIFS SUR LES MONUMENTS
(1er, 3e, 1er, 1er, 3e, 1er, 2e, 1er, 1er, 1er, 1er). Une série entamée par sa victoire au Tour de Lombardie en 2023.
12 - AVEC 12 MONUMENTS REMPORTÉS, TADEJ POGACAR EST DÉSORMAIS SEUL À LA POURSUITE DU RECORDMAN EDDY MERCKX (19).
Le Slovène partageait jusqu’ici la 2e place avec Roger De Vlaeminck (11).
55 - LE POURCENTAGE DE VICTOIRES DE TADEJ POGACAR SUR LES MONUMENTS
(12 en 22 participations). Un ratio qui culmine à 73% depuis sa victoire au Tour de Lombardie 2023 (8 sur 11).
2 - TADEJ POGACAR EST LE DEUXIÈME COUREUR À RÉUSSIR LE DOUBLÉ MILAN-SAN REMO - TOUR DES FLANDRES après Eddy Merckx (1969, 1975).
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Il les a brisés un par un
Le double champion du monde s’est employé, dans les 100 derniers kilomètres à faire sauter ses adversaires progressivement et méthodiquement.
- 102 KM DE L’ARRIVÉE
- 51 KM DE L’ARRIVÉE
- 55 KM DE L’ARRIVÉE
- 18 KM DE L’ARRIVÉE
Nils Politt prépare le terrain pour Tadej Pogacar à l’approche du Molenberg. Dans le mont, Florian Vermeersch prend le relais de l’Allemand et assure un gros tempo qui va permettre au groupe de la gagne de se détacher. Ils y sont 16, parmi lesquels Pogacar avec Vermeersch, Wout Van Aert – loin avant le mont et qui a dû produire un gros effort pour remonter – avec son lieutenant Christophe Laporte, Remco Evenepoel avec Tim van Dijke et Gianni Vermeersch, Mads Pedersen seul, et Mathieu Van der Poel, lui aussi isolé mais qui compte Silvan Dillier à l’avant. La jonction avec l’échappée du matin s’opère à 78 km d’Audenarde.
Le trio enchaîne rapidement avec le Paterberg, où Pogacar entre en tête. Mais Evenepoel veut le doubler et joue un temps au coude-à-coude avec le leader d’UAE-XRG. Le Belge va le regretter, Pogacar reprend le manche et accélère dans le raidard. Le rookie des Flandres perd pied au fur et à mesure, alors que Van der Poel parvient à suivre le Slovène. Il n’y a qu’une poignée de secondes au sommet à l’avantage du duo, mais Evenepoel, lui non plus, ne reviendra pas.
Le double champion du monde produit une grosse accélération dans le deuxième passage du Vieux Quaremont. Van Aert est le premier à boucher le trou. Juste derrière le Belge, Pedersen s’accroche aussi, mais il plafonne, et Van der Poel, mal placé au pied du mont, remonte et déboîte le Danois. Evenepoel fait de même. Le quatuor royal est aux avant-postes, mais dans la dernière partie du Quaremont, Pogacar réappuie et fait exploser Van Aert. Le chouchou des Flamands sort du pavé avec 4 secondes de retard. Il ne reviendra plus.
Après une bataille à distance pour ne pas laisser revenir Evenepoel, notamment après le Koppenberg, Pogacar et Van der Poel se présentent ensemble au pied du troisième passage dans le Vieux Quaremont. Comme l’an passé, le premier appuie fort sur la partie asphaltée au pied du mont et à l’entrée des pavés, il dépose son rival néerlandais. Van der Poel résiste, il n’est qu’à six secondes à la sortie du mont, mais il ne bouchera jamais le trou. Il n’a que 15 secondes de débours en haut du deuxième passage dans le Paterberg, mais Pogacar l’achève dans le faux plat qui suit la dernière ascension. C’est fini.
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Tadej Pogačar ha sconfitto Mathieu van der Poel nello stesso punto dell'anno scorso, sul Vieux Quaremont, in una feroce battaglia che gli ha permesso di vincere il suo terzo Giro delle Fiandre.
FEROCE
Van der Poel vuole poter guardare Pogačar dritto negli occhi, invece di essere relegato con gli altri e morire armato
6 apr 2026 - La squadra
ALEXANDRE ROOS
Come l'anno scorso, questo luogo dove l'asfalto diventa lastricato sul Vieux Quaremont era la sua linea di arrivo, doveva separare Tadej Pogačar dagli altri, spingendolo nel suo mondo, da solo alla Ronde, a -18 km dal traguardo, cimitero delle ambizioni di tutti i suoi avversari. Ultimo soldato in piedi, Mathieu van der Poel ha sentito i tremori afferrarlo, convulsioni di dolore che erano meno dovute alla rugosità delle pietre che al treno infernale che la maglia d'acciaio stava spingendo davanti a lui. Il neerlandese era asfissiato da quando erano entrati sul muro, 700 metri prima, ma in realtà era al gancio dal Vecchio Kruisberg, 8 km prima , dove si era visto il nipote di Poulidor iniziare a pestare sui pedali alla ruota del suo rivale, a disarticolarsi, lui la cui linea è di solito così perfetta. Nel secondo passaggio sul Paterberg, Tadej Pogačar è volato verso il suo terzo trionfo al Giro delle Fiandre, unendosi alla lista dei sei uomini-record della prova, tra cui il suo stesso grande rivale, Mathieu van der Poel.
Come in ognuna delle sue ormai tre vittorie al Giro delle Fiandre, record eguagliato, Tadej Pogačar aveva usato i saliscendi del Vieux Quaremont come rampa di lancio, ma è stata la sua tattica di usura a farlo volare via in quel momento.
Ieri, l'attacco è iniziato molto presto, a oltre 100 km dall'arrivo, sul Molenberg, dove Nils Politt e Florian Vermeersch lo avevano ben posizionato, prima che prendesse lui il comando. Si è alternato nel gruppo di fuga dei sedici favoriti, seguito da un primo attacco decisivo sul Berg ten Houte, a 75 km dal traguardo, e poi ha attaccato in testa su quasi tutti i muri-chiave: il secondo Quaremont, il primo Paterberg, il Koppenberg, il Kruisberg e, naturalmente, il terzo Quaremont. Questo continuo incitamento e il progressivo strangolamento gli hanno permesso di esaurire le riserve di energia di tutti prima dello sprint finale.
E poi questa nuova incoronazione deve molto al suo senso della corsa e in quel momento, subito dopo il Koppenberg, a 40 km da Oudenaarde, dove molte cose si sono intrecciate.
Evenepoel è stato eccezionalmente resistente
Gettatosi nel primo passaggio sul Paterberg, Remco Evenepoel si era lanciato in un inseguimento eroico ed era tornato a palla su quel largo stradone tra i muri. Era lì, a due secondi da Pogačar e van der Poel, ma il campione del mondo lo sorvegliava e gli faceva qualche allungo per non farlo mai rientrare. Si poteva vedere in questo un gioco, della crudeltà, un modo per riportare il belga alla sua condizione inferiore, per escluderlo da questa casta nella quale (Pogačar) accoglieva solo il suo fratello d'armi Mathieu van der Poel. Dopo tutto, Evenepoel, un magnifico testardo, un rullo compressore, si era avvicinato fino ad accarezzare la maglia arcobaleno due volte, sul Berg ten Houte e sul Paterberg, fino al gomito come per fregiarsene un po', prima di bruciarsi le dita.
Pogačar però stava in realtà sigillando il proprio successo, chirurgico, più che saldare i conti. Sapeva di non poter far entrare quel gigolò fuori controllo, che ne avrebbe complicato i piani e reso più aleatoria la riuscita della sua fuga, perché mantenere il vantaggio contro van der Poel e il belga a caccia dietro di lui sarebbe stato più complicato. Pogačar vedeva Evenepoel più come un rivale di quanto considerasse van der Poel un potenziale alleato, e il primo aveva ragione, perché il belga è stato di una resistenza eccezionale, sorprendente, capace di restare sotto il minuto mentre lottava da solo. E il suo terzo posto deve aprirgli nuove prospettive, per la Ronde e per le classiche in generale.
Van der Poel ha poi collaborato con Pogačar. Non avrebbe dovuto astenersi dal tirare per favorire il rientro di Evenepoel? Forse sì, ma non è così che lui concepisce la gara o si considera. Non vuole fare affidamento sugli altri per battere il due volte campione del mondo. Vuole poter guardarlo dritto negli occhi, come ha sempre fatto, restare con lui piuttosto che essere relegato tra gli altri e morire con le armi in mano. Questo dice tutto di lui, di quella forza mentale che non si può afferrare e che gli permette di ripartire ogni volta in battaglia. Ci vuole coraggio per prendersi la briga di affrontare Pogačar in questo modo e non è un caso che, a oggi, ne sia l'unico capace. Anche come fiducia in se stessi, perché ieri il neerlandese ha preferito credere in se stesso piuttosto che usare stratagemmi con altri per rovesciare Pogačar. Aveva la speranza di poter resistere, e come biasimarlo? È una questione di classe, tutto qui, e c'era una certa bellezza nel vederlo cavalcare accanto al suo miglior nemico, con i suoi riccioli biondi vecchio stile come quelli di Rod Stewart, sferzati dal vento, il dorsale numero 1 per il suo rivale, l'11 per lui, che andrebbero letti come 1 e 2.
Van Aert e Pedersen condividono la stessa confraternita,
quella dei campioni malmenati
Poco prima dell'ultimo Vieux Quaremont, l'ultimo supplizio per il neerlandese, Tadej Pogačar si era tolto i guantini, come se volesse finire a mani nude il suo avversario, secondo le regole della nobile arte e con il rispetto che prova per lui, l'unico in grado di offuscarne i piani, colui la cui opposizione ne esalta le vittorie. Lo sloveno sa che non c'è successo facile contro Mathieu van der Poel, lui stesso ha dovuto scavare a fondo per rivincere e la sua smorfia di sofferenza in cima al Paterberg mostrava l'asprezza della lotta. In ogni caso, c'era solo qualcosa di eclatante in questo finale del Giro delle Fiandre, una sfilata di generali che avevano decorato le loro mostrine, i titoli iridati e i galloni allineati, Pogacar, van der Poel, Evenepoel, Wout Van Aert e Mads Pedersen in quest'ordine all'uscita del secondo Vieux Quaremont, e anche all'arrivo.
Van Aert e Pedersen per un certo tratto si erano alleati per sopravvivere, mentre il danese aveva confidato al belga tutta l'ammirazione che nutriva per lui dopo la sua débàcle nella A Travers la Flandre, poiché anche i due condividono una confraternita, ma a un livello inferiore, quella dei campioni malmenati, combattenti e ci ha stretto il cuore vedere unirsi di fronte ai venti contrari del destino. Van Aert si era staccato sull'ultimo Quaremont, questo quarto posto non era quello che lui sperava, ma è il suo e all'arrivo ha sospirato che non poteva fare altro. Non a questo livello, contro un campione che ha corso tre giorni in questa stagione e vinto tre volte, alla Strade Bianche, alla Milano-Sanremo, al Giro delle Fiandre. Ora, sul suo calendario ha la ParisRoubaix, ma ieri, Mathieu van der Poel ha mantenuto la speranza di una nuova magnifica battaglia.
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IL VOTO ALLA GARA - ***** (4/5)
Un gruppo reale che parte a -100 km dal traguardo, il quartetto dei sogni che si isola per un attimo sul secondo passaggio dell'Oude Kwaremont e, infine, Tadej Pogačar che, come l'anno scorso, spicca il volo nell'ultimo giro. L'unica cosa che è mancata alla sceneggiatura è stata un tocco di imprevedibilità.
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ORDINE D'ARRIVO
1. Pogacar (SLN, UAE Emirates XRG), il 278, 2Km in 6h20'7' (min.: 43, 913 km/h);
2. Van der Poel (HOL, AlpecinPremier Tech) a 34'';
3. Evenepoel (BEL, RedBull - Bora-Hansgrohe) a 1'11''';
4. Van Aert (BEL, Visma-Lease a bike) a 2'4'';
5. Mads Pedersen (DAN, Lidl-Trek) a 2'48'';
6. Stuyven (BEL, Soudal-Quick Step) a 4'28'';
7. F. Vermeersch (BEL, UAD) m.t.;
8. Mohoric (SLN, Bahrain Victorious) a 4'30''';
9. Laporte (TVL) a 5'22''';
10. G. Vermeersch (BEL, RBH) m.t.;
11. T. Van Dijke (HOL, RBH) a 5'26''; 12. De Gendt (BEL, PinarelloQ36.5) a 5'34''; 13. O. Naesen (BEL, Decathlon-CMA GGM) a 5'39''; 14. Pithie (NZL, RBH); 15. Segaert (BEL, TBV); 16. Madouas (Groupama-FDJ United); 17. Hagenes (NOR, TVL); 18. Valgren (DAN, EF Education-Easy Post) ; 19. Van Moer (BEL, Pinarello-Q36.5) t.m.t.; 20. Hoole (HOL, DCT) a 5'43'' ; ... 22. Grégoire (GFC) a 6'24''; 25. Bettiol (ITA, XDS-Astana) a 6'44'; 27. Turgis (TotalEnergies) a 6'46''; 36. Magnier (Soudal - Quick Step) a 6'56'.
121 classificati. 54 abbandoni tra cui: Cosnefroy (UAD) e Trentin (ITA, Tudor).
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4 - TADEJ POGACAR È IL PRIMO A VINCERE 4 MONUMENTI IN FILA
(Liegi-Bastogne-Liegi 2025, Giro di Lombardia 2025, Milano-Sanremo 2026 e Giro delle Fiandre 2026). Fa meglio di Eddy Merckx che ne aveva, al massimo, inanellati 3.
11 - POGACAR SALE A 11 PODI CONSECUTIVI NEI MONUMENTI
(1., 3., 1., 3., 1., 2., 1., 1., 1., 1.). Una serie iniziata con la sua vittoria al Giro di Lombardia nel 2023.
12 - CON 12 MONUMENTI CONQUISTATI, TADEJ POGACAR È ORMAI SOLO ALLA CACCIA DEL RECORDMAN EDDY MERCKX (19).
Finora lo sloveno aveva condiviso il secondo posto con Roger De Vlaeminck (11).
55 - LA PERCENTUALE DI VITTORIE DI POGACAR NEI MONUMENTI
(12 in 22 partecipazioni). Un rapporto che culmina al 73% dalla sua vittoria al Giro di Lombardia 2023 (8 su 11).
2 - TADEJ POGACAR È IL SECONDO CORRIDORE A CENTRARE LA DOPPIETTA MILANO-SANREMO - GIRO DELLE FIANDRE dopo Eddy Merckx (1969, 1975).
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Li ha fatti a pezzi uno per uno
Il due volte campione del mondo si è impegnato, negli ultimi 100 chilometri, a far saltare i suoi avversari in modo graduale e metodico.
- 102 km dall'arrivo
- 51 km dall'arrivo
- 55 km dall'arrivo
- 18 km dall'arrivo
Nils Politt prepara il terreno per Tadej Pogačar in prossimità del Molenberg. Sul muro, Florian Vermeersch prende il posto del tedesco e garantisce un alto ritmo che permetterà al gruppo battistrada di staccarsi. Ci sono 16 corridori, tra cui Pogačar con Vermeersch, Wout Van Aert - molto avanti rispetto al muro e che ha dovuto produrre un grande sforzo per rimontare - con il suo luogotenente Christophe Laporte, Remco Evenepoel con Tim van Dijke e Gianni Vermeersch, solo Mads Pedersen e Mathieu van der Poel, anch'egli isolato, ma con Silvan Dillier in testa. Il ricongiungimento con la fuga del mattino avviene a -78 km da Oudenaarde.
Il trio segue rapidamente con il Paterberg, dove Pogačar è in testa. Evenepoel però vuole tenergli testa e gioca un po' fianco a fianco con il leader della UAE Emirates-XRG. Il belga se ne pentirà, perché Pogačar prende il comando e accelera sulla ripida salita. Il giovane fiammingo perde gradualmente terreno, mentre van der Poel riesce a restare attaccato alla ruota dello sloveno. I due hanno solo pochi secondi di vantaggio in cima al muro, ma neanche Evenepoel riuscirà a colmare il distacco.
Il due volte campione del mondo produce una grande accelerazione nel secondo passaggio del Vieux Quaremont. Van Aert è il primo a chiudere il buco. Proprio dietro il belga, anche Pedersen si aggrappa, ma è al limite, e van der Poel, mal posizionato ai piedi del muro, rimonta e pressa il danese. Evenepoel fa lo stesso. Il quartetto reale è in prima linea, ma nell'ultima parte del Quaremont, Pogačar reagisce e fa saltare Van Aert. Il coccolo dei fiamminghi scollina con 4 secondi di ritardo. Non rientrerà più.
Dopo una battaglia a distanza per non far rientrare Evenepoel, in particolare dopo il Koppenberg, Pogačar e van der Poel si presentano insieme ai piedi del terzo passaggio nel Vieux Quaremont. Come l'anno scorso, il primo poggia fortemente sulla parte asfaltata ai piedi del muro e all'ingresso in pavé, stacca il rivale neerlandese. Van der Poel resiste, è a soli sei secondi all'uscita dal muro, ma non chiuderà mai il buco. Ha solo 15 secondi di distacco in cima al secondo passaggio nel Paterberg, ma Pogacar lo finisce nel falsopiano che segue l'ultimo muro. È finita.




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