La nouvelle marche
Sur le Tour d’Algarve, en février, Paul Seixas avait remporté l’étape de Foia devant Juan Ayuso...qui s’était ensuite adjugé l’épreuve. Le jeune Francais, 2e du général, retrouve notamment son rival espagnol à partir d’aujourd’hui sur les routes du Pays basque.
Après son début d’année brillant, Paul Seixas lance un nouvel enchaînement de courses aujourd’hui au Tour du Pays basque, dont il est l’un des favoris, avant d’attaquer les ardennaises, son grand objectif du début de saison.
«Je veux voir, sur une course par étapes d’une semaine très difficile,
comment je récupère, comment je me suis amélioré sur la durabilité
par rapport à l’an dernier au Dauphiné (8e) où j’avais fini mort»
- PAUL SEIXAS
“Le but, c’est quand même d’être à mon pic à Liège ''
- PAUL SEIXAS
6 Apr 2026 - L'Équipe
PIERRE MENJOT
BILBAO (ESP) – Claquettes-chaussettes aux pieds, oreilles bien dégagées, Paul Seixas s’est dit hier «impatient, mais dans un état d’esprit calme et posé ». Pas qu’une posture. Le gamin de 19 ans brûle les étapes, il sort d’un hiver énorme avec stage en altitude, une première victoire en pro au Tour d’Algarve (et 2e du général), un raid solitaire de 40 kilomètres pour épingler l’Ardèche Classic et une 2e place aux Strade Bianche, un enchaînement qui en ferait grimper plus d’un aux rideaux.
Lui? « J’ai fait un petit restau avec mes parents, c’était sympa », répond-il, sans préciser que la cantine en question était chez Bocuse, en banlieue lyonnaise. « Voilà, si on peut appeler ça tourner la page ( du début de saison). Mais je n’aime pas trop ressasser le passé. Les choses qui sont faites ont été faites, c’est très bien, j’ai passé un très bon début de saison et c’est important pour la suite, pour la confiance dans l’entraînement, dans tout ce qu’il y a autour. C’était une étape et j’arrive sur la deuxième, on va voir ce que ça donne. »
Un mois après sa dernière course, sur les sterrati italiens, le leader de Decathlon-CMA CGM épingle à nouveau un dossard, aujourd’hui et jusqu’à samedi, sur le Tour du Pays basque, assez relevé (voir par ailleurs), mais dont il est « l’un des favoris, l’objectif est d’essayer de gagner la course avec lui », annonce Matthew Riccitello, son équipier de luxe.
Avec l’Américain mais aussi Aurélien Paret-Peintre, Nicolas Prodhomme, Léo Bisiaux ou Johannes Staune-Mittet, Seixas aura une garde rapprochée de très haut niveau, ce qui le réjouit, « mais on aligne de belles équipes partout, et c’est le plus important, ça montre qu’on a un fond de jeu très solide », souligne Sébastien Joly, le directeur de la compétition chez Decathlon, 5e au classement UCI.
En Espagne, sur des terrains qui lui conviennent, un chrono de 13,8 km avec du dénivelé aujourd’hui autour de Bilbao, puis des étapes entre vraie montagne et enchaînement de bosses pour puncheurs, il porte l’espoir d’un pays. Voilà dix-neuf ans, depuis Christophe Moreau au Dauphiné 2007, qu’aucun Français n’a remporté de courses par étapes de niveau World Tour. « Je ne suis pas focus sur les stats particulièrement, évacue-t-il, mais quand j’arrive sur une course, c’est forcément avec des ambitions. Je veux voir, sur une course par étapes d’une semaine qui est très difficile, comment je récupère, comment je me suis amélioré sur la durabilité par rapport à l’an dernier au Dauphiné ( 8e) où j’avais fini mort. Voir si j’arrive à valider cette étape. »
Jusqu’ici, il surpasse les attentes, phénomène de précocité, dans la continuité d’une fin d’année 2025 exceptionnelle (13e des Mondiaux, 3e des Championnats d’Europe, 7e du Tour de Lombardie). Dans le plus grand des calmes. « Moi, je ne me suis jamais donné de limites, assure-t-il sans fanfaronner. En fait, peu importent les espérances de chacun, je me suis toujours dit que je bossais pour progresser et, pour l’instant, j’ai de la chance. En même temps, j’ai bien fait les choses, je suis bien entouré. J’espérais intérieurement que ce soit la suite logique par rapport à la saison dernière, j’ai réussi à passer le cap que je voulais passer cet hiver. »
Ce n’est sans doute pas fini. Le dernier mois lui a permis de repartir sur un bloc de travail, chez lui à Nice, entouré de son entraîneur, Alexandre Pacot, et d’un assistant, et les données montrent une très belle forme, encore meilleure qu’avant l’Algarve. Un bon signe avant ses gros objectifs sur les ardennaises, sur la Flèche Wallonne (22 avril) et Liège-Bastogne-Liège (26) « On le récupère dans de très bonnes conditions, avec toujours ce super état d’esprit, cette énergie qu’il a et qui tire toute l’équipe vers le haut, apprécie Joly. Même lui sent qu’il a passé un step supplémentaire. L’an dernier, il y a eu une progression linéaire du début à la fin, alors très objectivement, à l’âge qu’il a, on peut imaginer une continuité dans cette progression, même si elle ne sera peut-être pas aussi fulgurante. »
PAUL SEIXAS « Le but, c’est quand même d’être à mon pic à Liège mais, dans l’idéal, je vais tenir trois semaines, imagine le Lyonnais. J’ai toujours remarqué que, pour l’instant, je marchais assez bien, même au début. Je vais quand même être assez bien cette semaine, c’est sûr. » Après tout, il est tout le temps bien. Même quand sa probable future présence au Tour est évoquée (L’Équipe du 3mars), que les rumeurs autour de son futur contrat, au-delà de 2027, sont décortiquées (L’ Équipe du 17mars). « Je ne me concentre pas là-dessus, ça fait partie du vélo d’essayer de chercher les petites infos, mais pour moi, c’est juste du blabla, entre guillemets. Il n’y a rien de concret là-dedans, ça ne m’intéresse pas. J’avais bien d’autres choses à penser avant ça. »
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