Signé Luis Enrique


De gauche à droite : Warren Zaïre-Emery, Khvitcha Kvaratskhelia 
et Luis Enrique mardi soir lors de Liverpool-PSG (0-2).

L’entraîneur espagnol a hissé le PSG en demi-finales de Ligue des champions pour la troisième fois en trois saisons parisiennes. Cela le place au sommet de l’histoire du club et souligne la trace européenne de sa carrière d’entraîneur.

16 Apr 2026 - L'Équipe
JOSÉ BARROSO et VINCENT DULUC

S’il est aussi difficile d’échapper à la personnalisation du parcours du PSG autour de Luis Enrique, c’est d’abord parce que les résultats et la construction de l’équipe le justifient. Ensuite, parce que son fonctionnement et sa communication ne permettent pas d’isoler un autre élément de la performance que lui-même, pas même le Ballon d’Or, OusmaneDembélé, auteur d’un doublé, mardi soir, à Liverpool (2-0). Après avoir fait songer, pendant quelques mois, que le personnage pouvait être un peu plus grand que l’entraîneur, l’Asturien a réglé cette affaire par le haut en offrant en mai dernier sa première Ligue des champions au PSG, et en rendant possible, ce printemps, une deuxième conquête en suivant.

Avec Paris, il aura eu plusieurs manières de parvenir dans le dernier carré européen, qui délimite à peu près la cour des grands. La première, plus chaotique, en raison de la gestion compliquée de la fin de contrat de Kylian Mbappé, l’aura vu chuter avec des regrets infinis face à Dortmund (0-1, 0-1) en 2024, sa seule élimination européenne en trois saisons, à ce jour, après six tirs sur les montants. La seconde accompagnait l’évidence d’une force, apparue au coeur de l’hiver et devenue irrésistible, linéaire, aussi, pas un blessé, ou presque, pas un suspendu, un jeu moderne, furieux et empanaché, la vie rêvée d’un entraîneur.

La troisième apparition en demi-finales de C1 est d’un autre genre. Luis Enrique avait entamé cette saison avec deux éléments de langage : son PSG veut marquer l’histoire en conservant son titre européen, et il lui faudrait inventer autre chose pour continuer de surprendre. Le deuxième aspect a été balayé, ou très atténué, au moins, par l’enchaînement des méformes et des blessures, durant six mois, qui a contraint l’entraîneur espagnol à lutter pour conserver une équipe performante, avant de seulement rêver à la rendre plus forte qu’avant, par une démarche qui déplacerait un concept, ou en créerait un nouveau.

Luis Fernandez parmi les premiers poursuivants

Au coeur de sa saison parisienne la plus difficile, dans un vestiaire touché par la digestion de la gloire, la fatigue de la Coupe du monde des clubs et l’absence de préparation, son mérite est au moins aussi grand que d’avoir conçu et construit l’équipe qui a dominé l’Europe, il y a un an. C’est de cette manière, et avec lui, que Paris est le seul club présent dans le dernier carré lors des trois dernières saisons. Cela le place clairement au sommet dans l’histoire du club, et dans une position proche, parmi les grands entraîneurs européens.

À l’échelle du PSG, Luis Enrique a déjà laissé tous ses prédécesseurs dans le rétroviseur. Au-delà du premier sacre dans la compétition reine, personne n’a fait mieux, dans la capitale, que ses trois demi-finales européennes de suite. Pour espérer rivaliser, il faudrait déjà de la continuité et cela n’a pas été donné à tout le monde, sans oublier que le PSG a rarement frayé en C1 avant le milieu des années 1990, ce qui réduit considérablement les candidats.

Si Paris avait disputé cinq demi-finales européennes d’affilée, de 1993 à 1997, c’était avec trois entraîneurs différents. En élargissant la perspective, Luis Fernandez est celui qui s’approche le plus du bilan de l’Asturien, même s’il renvoie à une autre époque et à d’autres rapports de force. Vainqueur du premier trophée européen du club, la Coupe des Coupes 1996, l’ancien milieu de terrain est aussi le premier à l’avoir emmené en demi-finales de la Ligue des champions en 1995 (0-1, 0-2 contre l’AC Milan), épinglant au passage le Barça de Johan Cruyff et d’une dream team finissante.

Parti contrarié, il laissera Ricardo disputer une autre finale de la C2 (1997, 0-1 face au Barça), sans lendemain. Avant cela, Artur Jorge avait lancé la belle période Canal+ avec deux demies aux allures d’épopées en Coupe de l’UEFA (1993) et en Coupe des Coupes (1994), en sortant à chaque fois le Real Madrid avec la manière.

La comparaison semble plus pertinente avec l’ère QSI. Carlo Ancelotti était bien parti, auteur de la première campagne sous pavillon qatarien, éliminé sans perdre face au Barça en quarts en 2013 (2-2, 1-1), mais son mandat a tourné court. Laurent Blanc a produit ce qui se rapproche le plus d’une «ère» et d’une empreinte, avec trois quarts de finale de suite en C1 (2014, 2015, 2016) et une identité de jeu séduisante, mais aussi des éliminations frustrantes qui dessinaient un plafond de verre (Chelsea 2014, Manchester City 2016).

Thomas Tuchel premier finaliste

Thomas Tuchel a marqué les esprits aussi. L’Allemand a conduit le club à sa première finale dans l’épreuve (2020, 0-1 contre le Bayern) au temps agité du bling-bling, foutraque mais enthousiasmant. Six mois après son licenciement, il est allé gagner la C1 avec Chelsea, laissant Paris à ses interrogations existentielles. D’Unai Emery à Christophe Galtier en passant par Mauricio Pochettino, tous les autres auront subi sans grande bravoure la politique de l’actionnaire et les succès de Luis Enrique, s’ils doivent avant tout à son énergie, sa foi et ses idées, viennent aussi récompenser le virage d’une direction qui a enfin donné la main au sportif.

À l’échelle européenne, cette victoire en finale et ces deux demi-finales, un bilan qui peut encore s’enri-chir , restentendeçà de l’enchaînement réussi par Zinédine Zidane à la tête du Real Madrid, vainqueur de la C1 en 2016, 2017 et 2018. Mais le Français dirigeait une grande famille dont la culture était la victoire, quand Luis Enrique aura dû combattre une culture de l’échec et de la malédiction. Zidane avait réussi à tout gagner, et l’Espagnol est parvenu à tout changer.

***


Les Parisiens tout sourire à l’entraînement à Anfield, lundi, à la veille 
de leur quart de finale retour de Ligue des champions à Liverpool (2-0).

Le PSG a retrouvé son printemps

Après une courte intersaison et une préparation estivale quasi inexistante, des doutes entouraient la condition physique des Parisiens. Les derniers matches ont levé les inquiétudes et mis encore en valeur le travail du staff.

16 Apr 2026 - L'Équipe
LOÏC TANZI (avec J. Ba. et H. De.)

Les interrogations étaient nombreuses, légitimes et aboutissaient parfois même à un certain fatalisme. Alors que les inquiétudes fleurissaient il y a encore peu autour de la condition physique des Parisiens, à la suite d’une saison 2024-2025 interminable, le Paris-Saint-Germain a encore déjoué tous les pronostics.

Il fallait voir Khvitcha Kvaratskhelia faire une longue course afin de venir presser Ibrahima Konaté à Anfield mardi soir, dans les dix dernières minutes du quart de finale retour remporté par le PSG à Liverpool (2-0), pour comprendre que les jambes parisiennes ont retrouvé leur splendeur du printemps dernier. Et comme souvent, quand tous les observateurs doutaient d’une telle issue, Luis Enrique continuait de dérouler un discours positif, souvent pris pour de la méthode Coué.

Quand on évoquait les soucis physiques des siens, l’Espagnol argumentait en expliquant que la fatigue n’était qu’un élément parmi d’autres à prendre en compte, et non la clé des difficultés de l’hiver. Luis Enrique et son staff n’ont ainsi jamais changé de méthode de travail ni de planification.

En interne, il a toujours été expliqué que le pic de forme devait intervenir vers cette période – à partir de mars, moment logiquement ciblé par Luis Enrique, son staff technique et un secteur médical dont les décisions sont respectées, ce qui n’a pas toujours été le cas à Paris. Ses hommes s’appuient sur un suivi diététique très strict, des données physiques poussées et étudiées à l’extrême pour déterminer les besoins et les temps de jeu de manière individuelle.

Pour y arriver, les Parisiens ont toujours misé sur le besoin de mixer entre repos et séances intenses. Une alternance facilitée par le report des journées de Ligue1 contre Nantes (le 22avril) et Lens (le 13mai) entre les matches aller et retour des huitièmes et des quarts de finale de Ligue des champions.

Du repos et de l’intensité à l’entraînement

Pour le technicien, la récupération fait partie intégrante de la séance d’entraînement. Ces périodes off, souvent deux jours après un match quand le calendrier le permet, ne sont pas planifiées au doigt mouillé. Les plages de repos sont quantifiées et programmées, même si cela peut être ajusté et amené à évoluer en fonction des datas des uns et des autres. En revanche, une fois au Campus, Luis Enrique demande à ses hommes d’être à fond et de ne pas calculer. «On met toujours beaucoup d’intensité dans nos sé

Si on ne le fait pas, le coach n’aime pas ça du tout et nous le fait savoir. Il y a un bon équilibre entre le repos, qu’on avait déjà l’année dernière d’ailleurs, et le besoin d’avoir des entraînements soutenus. C’est ce qui permet d’atteindre une bonne forme à un moment précis de la saison.»

Le changement, cette saison, est à chercher du côté des retours de blessures. Les Parisiens ont ajusté leur protocole après les rechutes de l’automne (Désiré Doué, Ousmane Dembélé) pour laisser davantage de temps aux joueurs pour récupérer avant de reprendre la compétition. Par exemple, les nouvelles ont été rassurantes ces dernières heures après la sortie de Nuno Mendes, mais le Portugais devrait se reposer dimanche pour la réception de Lyon (20h45).

D’autres, en interne, tentent d’apporter un peu de nuance. « Il ne faut pas oublier qu’il y a eu deux blessés quand même, explique un proche du groupe. Certains, comme Ousmane (Dembélé), arrivent à se gérer avec des courses différentes. Plus que le physique, c’est mentalement que cette équipe est toujours très forte. Le vrai test, ça va être la demi-finale.» D’ici là, Luis Enrique devrait offrir du temps de jeu aux joueurs moins exposés ces dernières semaines.

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