Enrique et Kompany, des « frères jumeaux » du football total


L’entraîneur du Paris Saint-germain, Luis Enrique, et son homologue 
du FC Bayern Munich, Vincent Kompany, le 3 novembre 2025, à Munich.

Les entraîneurs du PSG et du Bayern, qui se retrouvent mercredi en demi-finale retour de C1, partagent la même philosophie de jeu.

5 May 2026 - Le Figaro
Christophe Remise

Une certaine idée du football. Le PSG et le Bayern ont livré, la semaine passée, un authentique récital, une ode au jeu. Si le PSG a gagné (5-4), c’est surtout le foot qui est sorti vainqueur de cette demi-finale aller de Ligue des champions, avec «deux équipes qui aiment l’attaque et se projeter vers l’avant », comme l’a dit Lucas Hernandez. «Deux grandes équipes qui ne se posent pas de questions», abonde Ousmane Dembélé. Deux grandes équipes, oui. Deux grands entraîneurs aussi, mués par la même philosophie.

«Le Bayern et le PSG, ce sont des frères jumeaux, il y a beaucoup de similitudes dans les principes de jeu, la volonté collective, analyse Patrick Guillou, consultant bein Sports. La star, c’est vraiment l’équipe des deux côtés, avec cette expression de la force collective et des valeurs collectives, la volonté de jouer la même partition ensemble, alors que tu n’as que des virtuoses», poursuit-il, décrivant «un sentiment de puissance collective rare à ce niveau ».

Deux jusqu’au-boutistes

Et ça, c’est le fruit du travail des deux entraîneurs. À Paris, c’est un vrai choc des cultures quand on repense aux années précédentes et à l’ère des superstars. Puis Luis Enrique a tout changé, faisant de Paris une équipe, une vraie. Il a aussi donné un mental à un groupe souvent friable. Le résultat est là, avec trois demies de Ligue des champions, dont le sacre en 2025.

Pour Vincent Kompany, arrivé sur la pointe des pieds au Bayern, en plan B, C ou D, en 2024, c’est différent. Il y a une continuité. «À l’époque du FC Hollywood, avec Giovani Trappatoni par exemple, c’était un football beaucoup plus tactique et fermé. Mais je pense que le public se reconnaît dans cette équipe pour le nombre de buts marqués (174 toutes compétitions confondues, NDLR) et son évolution sur le plan collectif, à l’image du PSG», note Patrick Guillou, indiquant que le technicien belge de tout juste 40 ans s’inscrit dans la droite ligne de ses prédécesseurs. « C’est dans L’ADN du club, gagner des titres, bien sûr, mais aussi jouer un football offensif », résume-t-il.

Parmi les prédécesseurs de Kompany sur le banc munichois, il y a un certain Pep Guardiola, pour lequel il a joué de 2016 à 2019 à Manchester City. Par ailleurs, les liens philosophiques entre Luis Enrique et Pep Guardiola ne sont pas nouveaux. Les deux hommes ont joué ensemble au Barça. Ils sont les meilleurs représentants du jeu à la sauce catalane. «Ce qui fait aussi le go-between, c’est Pep Guardiola. Dans les principes de jeu, la façon de manager, il y a beaucoup de similitudes », résume Guillou, soulignant que les deux coachs ont ce désir «d’imposer leur jeu sans s’adapter à leur adversaire ».

Luis Enrique et Vincent Kompany, deux jusqu’au-boutistes. Tout pour l’attaque. Prises de risque assumées. Il y a des différences, évidemment, avec par exemple un 4-3-3 pour l’espagnol, un 4-2-3-1 pour le Belge. Pas forcément la même structure, le même style, mais la même agressivité et un principe de base, «l’occupation de l’espace», décrypte Patrick Guillou, estimant que «ce qui fait la force du Bayern, c’est cette faculté à changer de comportement et de statut à la perte du ballon. On ne voit quasiment jamais des joueurs dépassés mentalement à la perte. C’est pavlovien chez eux ».

Cette polyvalence, ce sens du sacrifice, cette intensité, c’est peut-être la norme de demain. Ou pas. Il ne suffit pas de vouloir… « Tu vois Kvara arrièregauche, Harry Kane qui joue derrière, Vitinha qui va presser côté droit… Tu te dis, mais qu’est-ce qu’ils font là ? Est-ce que toutes les équipes peuvent le faire ? Je ne suis pas sûr. Il faut une grosse volonté, un gros mental, un gros aspect psychologique pour être prêt à faire ces effortslà », glisse Pat Guillou.

Parisiens et Bavarois, eux, en sont capables. Le choc sera de nouveau brutal ce mercredi (21 heures, Canal+), en demi-finale retour. Cette fois, c’est le «Rekordmeister» qui sera poussé par son public, à l’allianz Arena, mais les Parisiens ne seront pas en terre inconnue. « On y a gagné notre première Ligue des champions. On jouera à la maison aussi », jure Luis Enrique. Dans tous les cas, Paris aurait joué comme à la maison. C’est ça aussi, la philosophie de «Lucho», jouer pour gagner, partout, face à n’importe qui.

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