Une ambition dévorante


Deuxième derrière Tadej Pogacar aux Strade Bianche début mars puis sur 
Liège-Bastogne-Liège fin avril, le jeune Français tentera de rivaliser avec le Slovène cet été.

Une victoire d’étape, un top 10 au général, le podium… Les attentes autour de Paul Seixas – dont les siennes – sont exceptionnellement élevées pour un coureur de 19 ans découvrant le Tour de France.

«Même s’il a un jour sans, 
(…) il y aura l’argument de la jeunesse»
   - PIERRE-YVES CHATELON, ANCIEN SÉLECTIONNEUR 
     DE L’ÉQUIPE DE FRANCE ESPOIRS

«Qu’il écoute ses sensations, personne d’autre»
   - STEPHEN ROCHE, VAINQUEUR 
     DU TOUR DE FRANCE 1987

5 May 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX (avec J. C. et A. Ro.)

La précocité inédite du phénomène brouille les grilles de lecture et impose une plongée collective dans l’inconnu. Disputer le Tour de France à 19 ans en écartant l’idée d’un seul « objectif de découverte » est une folie qui interroge et divise, suscite l’excitation autant que l’angoisse. Champion du monde en 1994, Luc Leblanc pense que la décision de Paul Seixas est « une petite bêtise » et a « peur pour lui » car « s’il ressort du Tour sur une mauvaise impression, avec une déception, ça peut changer quelque chose dans son état d’esprit » .

Comme la France entière qui attend le successeur de Bernard Hinault, dernier héros national de la Grande Boucle en 1985, Leblanc « adore ce gamin » et « espère qu’il ne va pas se griller » . Là réside toute l’incertitude sur trois semaines de course et sous une pression démesurée à un si jeune âge : que peut raisonnablement espérer Seixas pour en ressortir non seulement indemne mais grandi?

Jean-Baptiste Quiclet, responsable de la performance chez Decathlon-CMA CGM, évoquait à l’automne « deux visions » possibles. D’un côté « le projet Lenny Martinez », qui a découvert le Tour en électron libre avant de viser le général dans quelques années. De l’autre, « on peut partir du principe que développer les facultés d’un leader dans un grand Tour est un long continuum. Et que pour y arriver, il faut viser une régularité, une concentration de tous les jours, une abnégation qui te construit dès ton premier grand Tour. Mais c’est une approche différente qui peut aussi déboucher sur une difficulté, un échec… »

Une deuxième option à risque mais qui vise à gagner du temps d’apprentissage, finalement retenue par l’équipe du jeune Français, suscitant ainsi l’étonnement de Pierre-Yves Chatelon, l’ancien sélectionneur de l’équipe de France Espoirs : « Ce qui m’a surpris dans l’annonce, c’est le niveau d’ambition affiché. Je pensais que son équipe le protégerait en disant qu’il allait pour découvrir. Mais lui dit qu’il veut y aller pour vraiment faire un résultat et c’est assez novateur. »

Une approche à rebours des exemples « récents » de talents prometteurs comme Thibaut Pinot et Romain Bardet. « Même pour David Gaudu qui gagne le Tour de l’Avenir en 2016, on avait tendance à tenir un discours de surprotection… C’est une autre époque, développe celui qui a accompagné Seixas vers sa victoire au Tour de l’Avenir l’an dernier. Paul a affiché le niveau d’un coureur de 25 ans à Liège, on a l’impression qu’il est déjà un athlète accompli. Ne pas aller au Tour serait peut-être une année de perdue. Il faut exploiter ce potentiel-là dès maintenant. Car ça commence très tôt et ça va finir plus tôt… Ou alors je n’y comprends plus rien. »

Quiclet avait de toute façon pointé l’impasse : « Quoi que Paul fasse, tous les regards seront braqués sur lui. On ne le préservera pas plus de la pression s’il le fait en électron libre. » Cette pression populaire sera certainement « la partie la plus difficile », note Vincenzo Nibali, qui a vu Seixas se révéler aux Strade Bianche (2e) en se disant qu’une « étoile est née » . « Le public français va énormément attendre sa performance, ses exploits » , estime le vainqueur du Tour 2014. « Tout le monde va s’approprier Paul Seixas, abonde Leblanc. Il est pris dans un étau. Il y a tellement d’espoir autour de lui… »

Mais le jeune Français veut déjà apprivoiser ce contexte pour les années futures. « Pour tout autre que lui, j’aurais trouvé cela inquiétant, explique Chatelon. Mais il semble tellement hermétique à cette pression, détaché, intelligent… Et même s’il a un jour sans, qu’il se loupe en termes de résultats, il y aura l’argument de la jeunesse. Ce ne sera pas une catastrophe nationale. »


À 19 ans, 9 mois et 10 jours lorsque le Tour de France s’élancera le 4 juillet de Barcelone, Paul Seixas (au centre) deviendra le plus jeune coureur à s’aligner sur la Grande Boucle depuis Adrien Cento en 1937.

Vainqueur du Tour 1987, Stephen Roche sait que les coureurs comme Seixas « ne sont plus comme avant. Maintenant, ils sont bien encadrés, on connaît parfaitement ses watts, son évolution… » Et Il a bien observé son tempérament ces derniers mois : « Il ne va pas aller au Tour juste pour voir, il aura le podium en tête… Et même pas que le podium, il va viser le Maillot Jaune. Tant mieux, c’est la marque d’un champion. »

Chatelon pense aussi « que le top 10 au général est tout à fait jouable » mais imagine une carotte plus audacieuse : « Il me semble que le principal objectif serait une belle victoire d’étape, en montagne avec les cadors… Il y a aussi ce contre-la-montre par équipes à Barcelone (1re étape) et ça peut très bien lancer son Tour. J’ai envie de dire: si la première semaine est réussie et qu’il passe au travers après, ce sera déjà un Tour réussi. »

Car à s’accrocher tous les jours, pendant trois semaines, aux luttes infernales avec Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, Roche craint que Seixas « puise dans ses réserves. Même si sur le tableau de bord, tous les chiffres indiquent qu’il a le physique pour le faire… À 19 ans, on ne peut pas être en pleine maturité ! Ce serait dommage que sa progression soit impactée parce qu’il s’est précipité sur le Tour ». Chatelon conteste une telle hypothèse, arguant que « les stratégies de récupération ont évolué » , avec des plages de repos importantes entre les blocs de compétition. « Et même s’il venait à finir le Tour “cramé”, ce qui est fort probable sur trois semaines à cet âge, il y a des connaissances en physiologie qui laissent penser que ça n’hypothéquera pas sa fin de saison ou sa carrière. » Roche rejoint finalement cette analyse en concluant par un conseil : « Qu’il écoute ses sensations, personne d’autre. En se disant qu’il va peut-être se ramasser mais qu’il est prêt. Même s’il a un jour sans, il ne faut pas le prendre comme un échec mais se coucher et repartir, pour continuer à construire. »

***

Qui pour l’épauler?

Du contre-la-montre par équipes à Barcelone jusqu’à l’étape finale à Paris, Paul Seixas va avoir besoin d’une équipe hybride pour l’appuyer sur le Tour de France. Certains coureurs tiennent la corde.

5 May 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX et THOMAS PEROTTO

Leader sur toutes les courses auxquelles il a pu participer depuis le début de la saison, Paul Seixas a déjà pu éprouver quelques configurations d’équipe qui vont aider Decathlon-CMA CGM à trancher pour aboutir à une sélection cohérente sur le Tour de France.

Il a déjà noué un lien particulier avec Aurélien Paret-Peintre, coureur expérimenté (30 ans), tout-terrain (grimpeur et bon rouleur), qui a endossé un rôle de grand frère protecteur depuis l’an dernier (ils sont souvent en chambre) et se rapproche du gabarit de son jeune leader (1,84 m pour Paret-Peintre, deux centimètres de moins que Seixas), avantage considérable en cas d’incident mécanique.

Il devrait donc faire partie d’une garde rapprochée dans laquelle Nicolas Prodhomme ( 29 ans) aurait aussi un rôle important en montagne, comme au Tour du Pays basque. Comme lui, Stefan Bissegger ( 27 ans) et Dan Hoole (27 ans) devraient avoir leur ticket pour le grand départ à Barcelone, où leurs qualités de rouleur permettraient de performer sur le contre-la-montre par équipes dès la première étape. Le Suisse et le Néerlandais complètent cette liste des quatre équipiers « probables ».

Si ces noms sont confirmés, il resterait alors trois places. L’une avait initialement été promise à Olav Kooij (24 ans), sprinteur recruté cet hiver et qui aurait dû avoir un train à son service cet été. Victime d’un virus en début de saison, le Néerlandais n’a toujours pas couru en compétition en 2026 et les derniers signaux n’étaient pas très optimistes, l’ascension fulgurante de Seixas n’arrangeant pas sa situation.

Tiesj Benoot (32 ans) devait aussi participer au Tour, mais son opération d’une hernie discale l’a également éloigné des courses toute la saison. En cas de retour en forme et à temps, le profil de capitaine de route du Belge – qui a épaulé Jonas Vingegaard pendant quatre ans chez Visma-Lease a bike – renforcerait tout de même considérablement l’équipe. Oliver Naesen (35 ans) a aussi l’expérience (10 participations au Tour de France) pour s’affirmer en capitaine de route, mais il est au Giro ce mois-ci (8-31 mai).

Riccitello en lieutenant ?

Jordan Labrosse (23 ans) a marqué des points en ce début de saison. Bon dans le placement sur les étapes de plaine, il semble s’être lié d’amitié avec Seixas et ils ont partagé des moments forts en 2026, des Strade Bianche à Liège en passant par le Tour du Pays basque, alors que Paul Lapeira (25 ans) est passé au travers sur les classiques ardennaises. Le Norvégien Johannes Staune-Mittet (24 ans) a également semblé proche du jeune Français, mais Matthew Riccitello (24 ans) est un meilleur grimpeur et l’Américain a affiché un état d’esprit irréprochable comme lieutenant de luxe en Algarve et au Pays basque. Léo Bisiaux (21 ans) peut aussi jouer un rôle sur le plat comme en montagne et il est le plus proche de la génération de Seixas, un élément à prendre en compte dans la cohésion du groupe.

Enfin, l’encadrement aura aussi son importance pour chaperonner les huit coureurs sélectionnés. Directeur de la compétition chez Decathlon-CMA CGM, Sébastien Joly va couvrir le Giro et ne devrait pas enchaîner sur le Tour. Julien Jurdie, qui a suivi Seixas au Tour de l’Algarve et sur les ardennaises, pourrait être l’un des directeurs sportifs. Le Stéphanois a l’expérience de la lutte pour le classement général sur la Grande Boucle après avoir dirigé JeanChristophe Péraud (2e en 2014) et Romain Bardet (2e en 2016).

***

Secondo dietro a Tadej Pogacar alla Strade Bianche all’inizio di marzo e poi alla Liegi-Bastogne-Liegi a fine aprile, il giovane francese cercherà di competere con lo sloveno quest’estate.

Un’ambizione sfrenata

Una vittoria di tappa, una top 10 nella classifica generale, il podio… 
Le aspettative su Paul Seixas – comprese le sue – sono eccezionalmente alte per un corridore di 19 anni alla sua prima esperienza al Tour de France.

«Anche se dovesse avere una giornata no, 
(…) ci sarà l’argomento della giovinezza»
- PIERRE-YVES CHATELON, EX SELEZIONATORE 
  DELLA NAZIONALE FRANCESE ESPOIRS

«Che ascolti le sue sensazioni, e nessun altro»
- STEPHEN ROCHE, VINCITORE  
  DEL TOUR DE FRANCE 1987

5 maggio 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX (con J. C. e A. Ro.)

L'inedita precocità del fenomeno confonde le interpretazioni e impone un tuffo collettivo nell'ignoto. Disputare il Tour de France a 19 anni scartando l'idea di un semplice «obiettivo di scoperta» è una follia che interroga e divide, suscita eccitazione quanto angoscia. Campione del mondo nel 1994, Luc Leblanc ritiene che la decisione di Paul Seixas sia «una piccola sciocchezza» e «teme per lui» perché «se esce dal Tour con una cattiva impressione, con una delusione, questo potrebbe cambiare qualcosa nel suo stato d’animo».

Come tutta la Francia, che attende il successore di Bernard Hinault, l’ultimo idolo nazionale del Tour de France nel 1985, Leblanc «adora questo ragazzo» e «spera non si bruci». È proprio qui che risiede tutta l’incertezza di tre settimane di gara e di una pressione smisurata a un’età così giovane: che cosa può ragionevolmente sperare Seixas per uscirne non solo indenne, ma anche cresciuto?

Jean-Baptiste Quiclet, responsabile delle prestazioni presso Decathlon-CMA CGM, parlava in autunno di «due possibili visioni». Da un lato «il progetto Lenny Martinez», che ha scoperto il Tour da outsider prima di puntare alla classifica generale magari tra qualche anno. Dall’altro, «si può partire dal presupposto che sviluppare le doti di un leader in un grande giro sia un lungo percorso. E che per arrivarci, bisogna puntare sulla costanza, sulla concentrazione quotidiana, su un’abnegazione che ti forma fin dal tuo primo grande giro. Ma è un approccio diverso che può anche portare a difficoltà, a un fallimento…»

Una seconda opzione, rischiosa ma che mira a guadagnare tempo di apprendimento, e alla fine scelta dalla squadra del giovane francese, suscita però lo stupore di Pierre-Yves Chatelon, l’ex selezionatore della nazionale francese Espoirs (gli Under 23, ndr): «Ciò che mi ha sorpreso nell’annuncio è il livello di ambizione dimostrato. «Pensavo che la sua squadra lo avrebbe protetto dicendo che ci sarebbe andato per fare esperienza. Invece lui ha detto che vuole andarci per fare davvero risultato, e questo è piuttosto innovativo.»

Un approccio in controtendenza rispetto agli esempi «recenti» di promettenti talenti come Thibaut Pinot e Romain Bardet. «Anche per David Gaudu, che ha vinto il Tour de l’Avenir nel 2016, si tendeva a tenere un discorso di iper-protezione… È un’altra epoca, spiega colui che ha accompagnato Seixas verso la vittoria al Tour de l’Avenir lo scorso anno. Paul alla Liegi ha dimostrato di essere al livello di un corridore di 25 anni, si ha l’impressione sia già un atleta completo. Non partecipare al Tour potrebbe significare perdere un anno. Bisogna sfruttare quel potenziale fin da ora. Perché si inizia molto presto e si finisce prima… O forse sono io che non ci capisco più niente».

Quiclet aveva comunque sottolineato l’impasse: «Qualunque cosa Paul faccia, tutti gli occhi saranno puntati su di lui. Non lo si proteggerà di più dalla pressione se lo farà da capitano». Questa pressione popolare sarà «la parte più difficile», osserva Vincenzo Nibali, che ha visto Seixas rivelarsi alla Strade Bianche (2°) dicendosi che «è nata una stella». «Il pubblico francese si aspetterà moltissimo dalla sua prestazione, dalle sue imprese», ritiene il vincitore del Tour 2014. «Tutti si approprieranno di Paul Seixas», concorda Leblanc. «È in una morsa. Ci sono così tante aspettative intorno a lui…»

Ma il giovane francese vuole già familiarizzarsi con questo contesto in vista degli anni a venire. «Se si fosse trattato di chiunque altro, l’avrei trovato preoccupante», spiega Chatelon. «Ma lui sembra così immune a questa pressione, distaccato, intelligente… E anche se dovesse avere una giornata no, se dovesse deludere in termini di risultati, ci sarà l’argomento della giovane età; non sarà una catastrofe nazionale».

A 19 anni, 9 mesi e 10 giorni quando il Tour de France prenderà il via il 4 luglio da Barcellona, Paul Seixas (al centro) diventerà il corridore più giovane a partecipare alla Grande Boucle dai tempi di Adrien Cento nel 1937.

Vincitore del Tour nel 1987, Stephen Roche sa che corridori come Seixas «non sono più come una volta. Ora sono ben seguiti, se ne conoscono perfettamente i watt, l'evoluzione…» E ne ha osservato bene il temperamento negli ultimi mesi: «Non andrà al Tour solo per vedere com’è, avrà in mente il podio… E non solo, punterà alla maglia gialla. Meglio così, è il segno distintivo di un campione».

Chatelon pensa anche lui «che la top 10 in classifica generale sia alla sua portata», ma immagina un obiettivo ancora più audace: «Mi sembra che l’obiettivo principale sarebbe una bella vittoria di tappa, in montagna con i grandi nomi… C’è anche la cronosquadre a Barcellona (1ª tappa) e potrebbe davvero lanciare il suo Tour. Mi viene da dire: se la prima settimana va bene e poi va a gonfie vele, sarà già un Tour di successo.»

Infatti, dovendo affrontare ogni giorno, per tre settimane, battaglie infernali contro Tadej Pogačar e Jonas Vingegaard, Roche teme che Seixas «attinga alle sue riserve. Anche se, a giudicare dai dati, tutte le cifre indicano che ha la forma fisica per farlo… A 19 anni non si può essere in piena maturità! Sarebbe un peccato che la sua crescita fosse compromessa perché si è buttato a capofitto sul Tour». Chatelon contesta tale ipotesi, sostenendo che «le strategie di recupero si sono evolute», con importanti periodi di riposo tra i blocchi di gare. «E anche se dovesse finire il Tour “bruciato”, cosa molto probabile in tre settimane a quell'età, ci sono conoscenze di fisiologia che lasciano pensare che ciò non ne comprometterà il finale di stagione o la carriera». Roche alla fine concorda con tale analisi e conclude con un consiglio: «Che ascolti le sue sensazioni, e nessun altro. Dicendosi che forse salterà, ma che è pronto. Anche se ha una giornata no, non bisogna prenderla come un fallimento, ma riposarsi e ripartire, per continuare a crescere».

***

Chi lo sosterrà?

Dalla cronometro a squadre a Barcellona fino alla tappa finale a Parigi, Paul Seixas avrà bisogno di una squadra ibrida che lo sostenga al Tour de France. Alcuni corridori sono in lizza.

5 maggio 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX e THOMAS PEROTTO

Leader in tutte le gare a cui ha partecipato dall’inizio della stagione, Paul Seixas ha già avuto modo di sperimentare alcune configurazioni di squadra che aiuteranno il Decathlon-CMA CGM a prendere una decisione e a definire una selezione coerente per il Tour de France.

Ha già instaurato un legame speciale con Aurélien Paret-Peintre, corridore esperto (30 anni), versatile (scalatore e buon fondista), che dall’anno scorso ha assunto il ruolo di fratello maggiore protettivo (spesso condividono la stessa stanza) e ha una statura simile a quella del suo giovane leader (1,84 m per Paret-Peintre, due centimetri in meno di Seixas), un vantaggio considerevole in caso di guasti meccanici.

Dovrebbe quindi far parte di una scorta ristretta in cui anche Nicolas Prodhomme (29 anni) avrebbe un ruolo importante in montagna, come al Giro dei Paesi Baschi. Come lui, Stefan Bissegger (27 anni) e Dan Hoole (27 anni) dovrebbero avere il loro biglietto per la grande partenza a Barcellona, dove le loro qualità di fondisti consentirebbero di ottenere buoni risultati nella cronometro a squadre fin dalla prima tappa. Lo svizzero e l'olandese completano questa lista dei quattro compagni di squadra “probabili”.

Se questi nomi fossero confermati, resterebbero quindi tre posti disponibili. Uno era stato inizialmente promesso a Olav Kooij (24 anni), velocista ingaggiato quest’inverno e che avrebbe dovuto avere un gruppo di gregari al suo servizio quest’estate. Vittima di un virus all'inizio della stagione, l'olandese non ha ancora corso in competizione nel 2026 e gli ultimi segnali non erano molto ottimistici, con l'ascesa fulminea di Seixas che non ha migliorato la sua situazione.

Anche Tiesj Benoot (32 anni) avrebbe dovuto partecipare al Tour, ma l'intervento chirurgico per un'ernia discale lo ha tenuto lontano dalle gare per tutta la stagione. Se dovesse tornare in forma e in tempo, il profilo di capitano di strada del belga – che ha affiancato Jonas Vingegaard per quattro anni alla Visma-Lease a bike – rafforzerebbe comunque notevolmente la squadra. Anche Oliver Naesen (35 anni) ha l’esperienza (10 partecipazioni al Tour de France) per affermarsi come capitano di strada, ma questo mese è al Giro (8-31 maggio).

Riccitello come luogotenente?

Jordan Labrosse (23 anni) ha fatto bella figura in questo inizio di stagione. Bravo nel posizionarsi nelle tappe di pianura, sembra aver stretto amicizia con Seixas e insieme hanno vissuto momenti importanti nel 2026, dalla Strade Bianche a Liegi passando per il Giro dei Paesi Baschi, mentre Paul Lapeira (25 anni) non è riuscito a dare il meglio di sé nelle classiche delle Ardenne. Anche il norvegese Johannes Staune-Mittet (24 anni) è sembrato vicino al giovane francese, ma Matthew Riccitello (24 anni) è un miglior scalatore e l'americano ha dimostrato uno spirito impeccabile come gregario d'eccezione in Algarve e nei Paesi Baschi. Léo Bisiaux (21 anni) può giocare un ruolo sia in pianura che in montagna ed è il più vicino alla generazione di Seixas, un elemento da tenere in considerazione per la coesione del gruppo.

Infine, anche lo staff avrà la sua importanza nell’accompagnare gli otto corridori selezionati. Direttore di gara presso Decathlon-CMA CGM, Sébastien Joly seguirà il Giro e non dovrebbe proseguire con il Tour. Julien Jurdie, che ha seguito Seixas al Tour dell’Algarve e nelle Ardenne, potrebbe essere uno dei direttori sportivi. Il tecnico di Saint-Étienne ha esperienza nella lotta per la classifica generale al Tour de France, avendo guidato Jean-Christophe Péraud (2° nel 2014) e Romain Bardet (2° nel 2016).

Commenti