PAUL SEIXAS, L’ÉLU
Plus de doute : le cyclisme français tient enfin un successeur à Bernard Hinault puisque le Blaireau lui-même y croit.
L’avènement du Lyonnais de 19 ans bouscule toutes les croyances ancestrales.
Plus de doute : le cyclisme français tient enfin un successeur à Bernard Hinault puisque le Blaireau lui-même y croit.
1 May 2026 - Vélo Magazine
Par Jean-françois Quénet.
La phrase définitive, Tadej Pogačar l’a prononcée au soir de Liège-bastogne-liège : « Je ne pense pas avoir déjà vu un coureur plus fort que lui. » Jusque-là, tout le monde se faisait un avis sur Paul Seixas, l’énonçait sur les ondes où l’on discourait sur ce nouveau phénomène. Mais sans doute fallait-il que le plus grand coureur de l’ère moderne en fasse l’expérience sur le Monument qui présente le relief le plus révélateur du moteur d’un athlète. Le jeunot tiendrait-il la distance, sur plus de 250 kilomètres ? Il a même tenu la roue de l’irrésistible dans la côte de La Redoute qui, normalement, sonne le glas de tous ceux qui imaginent s’opposer au tyran du moment. Il a fini par lâcher prise dans la montée de La Roche-aux-faucons, mais sans se désunir ni laisser à Remco Evenepoel et consorts l’espoir de le ramasser à la petite cuillère. « Aujourd'hui, j’ai vraiment passé un cap en termes de durabilité », conclut-il.
Seixas a écrasé la concurrence dans le mur de Huy (ici devant Ben Tulett)
devenant le plus jeune vainqueur de la Flèche Wallonne.
Seixas n’a pas (encore) déboulonné Pogačar mais Evenepoel oui. L’histoire retiendra qu’en avril 2026, cet adolescent français est devenu le plus jeune vainqueur de l’itzulia Pays Basque, et surtout, à dix-neuf ans et six mois, le plus jeune lauréat d’une épreuve par étapes du World Tour (Remco accusait vingt ans et cinq mois au Tour de Pologne 2020 et Tadej vingt ans et six mois au Tour de Californie 2019). La Flèche Wallonne a conservé pendant quatre-vingt-dix ans le même plus jeune gagnant, le tout premier, à savoir le Belge Philémon De Meersman, qui comptait vingt-et-un ans et cent cinquante jours en s’imposant le 13 avril 1936. Paul Seixas l’a rayé des tablettes en parvenant au sommet du mur de Huy avant tous ses adversaires, avec ses dix-neuf ans et deux cent dix jours. Il n’avait pas de record de la sorte à sa portée à Liège-Bastogne-Liège puisque Victor Fastre était à trois jours de fêter ses dix-neuf ans quand il s’imposa dans la « Cité ardente » en 1909.
LES BOEUFS AVANT LA CHARRUE
La statistique qui a affolé les esprits au terme du Tour du Pays Basque : dix-neuf ans qu’un Français n’avait pas remporté de course par étapes du World Tour ! Et ce depuis le Critérium du Dauphiné 2007 de Christophe Moreau. Elle mérite d’être nuancée. Il y a à boire et à manger dans le concept du World Tour mais pour résumer, il s’agit des épreuves où, en théorie, s’alignent les meilleures équipes. Si le Tour de Californie 2019 de Pogi entre dans cette classification, la même épreuve remportée par Julian Alaphilippe en 2016 avec un plateau de niveau équivalent ne bénéficiait pas encore du label suprême (et elle s’est éteinte après le passage du Slovène). L’interprétation utile est que, depuis Moreau, pour flatter le bon peuple et booster l’audience, des coureurs français ont été présentés comme de potentiels vainqueurs du Tour de France avant de s’être forgé un palmarès. Des Thibaut Pinot, Romain Bardet, David Gaudu, Pierre Latour… (on en oublie ? Romain Grégoire ?) auraient probablement gagné en sérénité s’ils avaient gagné un Dauphiné avant d’être désignés pour le maillot jaune à Paris.
Seixas se distingue déjà en ce sens qu’il a mis les boeufs avant la charrue. En remportant le Tour du Pays Basque avec 2’30’’ d’avance sur Florian Lipowitz, troisième du dernier Tour de France, il a brisé les schémas connus mais déjà battus en brèche en période de Covid-19. Le cyclisme vivait sur des antiennes : défier les mafias chez les amateurs et s’y faire intégrer avant de passer pro (non, celle-là est vraiment éculée…), prendre le départ de son premier Tour de France après 23 ans pour le gagner (comme Anquetil, Merckx et Hinault), atteindre la force de l’âge à 27 ans (comme Indurain), selon des lois de la physiologie que l’amélioration de l’espèce humaine a modifiées. La science d’abord, la technologie ensuite et l’accès au savoir ont mis au rebus des décennies d’empirisme.
Pas avare en relais dans le final de Liège-Bastogne-Liège,
avant d’être décramponné dans la Rocheaux-faucons.
Paul Seixas est le produit de cette évolution. Mais il est aussi une réincarnation du Blaireau dans une époque pourtant peu comparable à la sienne. Et peut-être la démonstration ultime qu’il n’est point nécessaire d’être breton pour se montrer têtu… Les exemples tirés des débuts du Lyonnais en foisonnent, comme cette exigence auprès de la Fédération française de cyclisme de disputer le Championnat du monde du chrono juniors à Zürich (2024) en dépit de la platitude du parcours, au motif que le champion de France de la spécialité, c’était lui et personne d’autre. Depuis 1994 que ce titre existe, Paul Seixas est le seul Français à avoir ramené l’arc-en-ciel à la maison. Pas mal pour un grimpeur ! Sait-on qu’il excelle aussi naturellement sur les pavés de Paris-roubaix ? Il y a posé ses roues pour la première fois le 2 avril 2022 à la veille de la Pévèle Classics, manche du Trophée Madiot réservé aux cadets. En course, sur le secteur cinq étoiles de Mons-en-pévèle, il a lâché à plusieurs reprises tous ses adversaires (dont des Belges, Néerlandais et Danois) malgré son gabarit fluet et terminé troisième, manquant juste d’une pointe de vitesse. Sur le podium, à Thumeries, il reçut son trophée Vélo d’or de meilleur cadet français de la saison 2021. Il avait 15 ans et, déjà, un impressionnant bagage de coureur cycliste, teinté dans les interviews de l’époque d’une belle détermination, d’une sacrée aisance à l’oral et d’une humilité nécessaire à l’approche de ce métier.
ADOUBÉ PAR LE BLAIREAU
« C’est l’élu ! » a tranché ce printemps Marc Madiot dans une de ces fameuses causeries radiophoniques, avant la séquence où il a remporté en maestro la Flèche Wallonne et dissipé les derniers doutes en second de Pogacar à Liège-bastogne-liège comme il l’avait fait aux Strade Bianche. Même Bernard Hinault l’a adoubé, se revoyant dans ses premiers affrontements avec Eddy Merckx : « Quand j’arrive au départ, je me dis : “Il est comme moi, il a deux jambes, deux bras, une tête et il s’en sert”. Et je pense que Paul, il a un peu ça. Il ne se dit pas : “L’autre est plus fort que moi”. Il veut se battre contre lui, et il le fait. » Le champion du monde 1980 de Sallanches reste sur une vision d’antan en préconisant qu’il ferait mieux de commencer par défier Jonas Vingegaard au Giro plutôt que Tadej Pogacar au Tour, histoire de s’assurer de sa compétitivité sur trois semaines. C’était aussi l’idée d’un proche conseiller de l’apprenti-champion mais elle n’a été retenue ni par la direction de l’équipe Decathlon-cma CGM ni par l’intéressé, et à la différence des années 1970-80, une participation à la Course Rose ne s’improvise pas de nos jours sur la lancée d’une semaine ardennaise, aussi belle fut-elle.
À l’arrivée à Liège, il félicitait Pogi d’un « stronger ».
Pour combien de temps ?
GÉRER LA GLOIRE
Le petit monde qui s’intéresse de près au sport cycliste a donc compris que Paul Seixas est plus performant que ne l’étaient au même âge Tadej Pogacar et Remco Evenepoel. Cette fois, ce n’est pas de l’emballage médiatique disproportionné que de soutenir qu’un Français peut gagner le Tour, comme Bernard Hinault pour la dernière fois en 1985. Avant même de fêter ses 20 ans, aux Mondiaux de Montréal, en septembre prochain, Seixas n’a déjà plus à prouver sa valeur mais il lui reste un empire à construire, une carrière, un palmarès, une image… une vie aussi ! On n’a surtout pas envie de prédire l’enfer à Paul Seixas car il n’y a sans doute pas d’occupation plus réjouissante que d’assouvir une passion sportive ou artistique mais il va devoir « gérer » tous les corollaires de la gloire au rythme de ses conquêtes. Le Tour du Pays Basque et la Flèche Wallonne ne sont qu’un début. Le Tour de France n’est qu’un but ultime, parmi d’autres. Il faut se faire à l’idée que, pour parvenir au sommet, la pépite de ce sport individuel pratiqué par équipes – rengaine qui, ici, s’impose – devra choisir le meilleur encadrement du moment. Selon la photographie d’aujourd’hui, il signerait dès que possible (pour la saison 2028 et au-delà) avec UAE Team Emirates comme les plus grands footballeurs (Kopa, Platini, Zidane, Mbappé) quittaient la France pour la Juventus de Turin ou le Real Madrid. Les événements géopolitiques et économiques incitent toutefois à la prudence dans un business du cyclisme d’une grande fragilité. Il n’existe pas de prospective au sujet de Paul Seixas sans prise en compte des forces en présence.
Clairvoyant, il a déjà noté, à chaud, que, décramponné par Pogacar au Monte Sante Marie sur les Strade Bianche en février, il était parvenu à s’accrocher à ses basques dans la côte de La Redoute en avril. La question est donc de savoir combien de temps Pogacar restera supérieur à Seixas. Et ce même Pogacar qui concevait récemment qu’il devrait un jour intervertir les rôles avec Isaac Del Toro et se mettre à son service pourrait être appelé à le faire en faveur du Français et non du Mexicain. Mais attention, le Slovène n’a encore que 27 ans et quelques idées en tête (quatre Mondiaux à la suite, trois Grands Tours ou cinq Monuments la même année…). Et Paul Seixas, « l’élu », sera plus vite confronté qu’on ne le pense à la poussée des promotions suivantes. À la radio, à part Marc Madiot, ils ne connaissent pas encore Enzo Conan, le Seixas actuel parmi les cadets français, et encore moins Oliver Burgermeister, le champion de Hongrie des 15-16 ans…
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PAUL SEIXAS, L'ELETTO
Non c'è più alcun dubbio: il ciclismo francese ha finalmente trovato un successore di Bernard Hinault, visto che lo stesso «Tasso» ci crede.
L'avvento del diciannovenne di Lione sta sconvolgendo tutte le credenze ancestrali.
Non c'è più alcun dubbio: il ciclismo francese ha finalmente trovato un successore di Bernard Hinault, visto che ci crede persino lo stesso “Tasso”.
1 maggio 2026 - Vélo Magazine
di Jean-François Quénet.
La frase definitiva è stata pronunciata da Tadej Pogačar la sera della Liegi-Bastogne-Liegi: «Non credo di aver mai visto un corridore più forte di lui». Fino ad allora, tutti si erano fatti un'opinione su Paul Seixas, esprimendola in onda dove si discuteva di questo nuovo fenomeno. Ma senza dubbio era necessario che il più grande corridore dell'era moderna ne facesse l'esperienza sul Monumento che presenta il rilievo più rivelatore della potenza di un atleta. Il giovane avrebbe tenuto la distanza, su oltre 250 chilometri? Ha persino tenuto la ruota dell'irresistibile nella salita di La Redoute che, normalmente, segna la fine di tutti coloro che immaginano di opporsi al tiranno del momento. Ha finito per mollare nella salita di La Roche-aux-faucons, ma senza perdere il ritmo né lasciare a Remco Evenepoel e compagni la speranza di raccoglierlo con il cucchiaio. «Oggi ho davvero superato un traguardo in termini di resistenza», conclude.
Seixas ha schiacciato la concorrenza sul muro di Huy (qui davanti a Ben Tulett)
diventando il più giovane vincitore della Freccia Vallone.
Seixas non ha (ancora) battuto Pogačar, ma Evenepoel sì. La storia ricorderà che nell’aprile 2026 questo adolescente francese è diventato il più giovane vincitore dell’Itzulia Paesi Baschi e, soprattutto, a diciannove anni e sei mesi, il più giovane vincitore di una gara a tappe del World Tour (Remco ne aveva venti anni e cinque mesi al Giro di Polonia 2020 e Tadej venti anni e sei mesi al Giro della California 2019). La Freccia Vallone ha mantenuto per novant'anni lo stesso vincitore più giovane, il primo in assoluto, ovvero il belga Philémon De Meersman, che aveva ventun anni e centocinquanta giorni quando si impose il 13 aprile 1936. Paul Seixas lo ha cancellato dai registri raggiungendo la cima del muro di Huy prima di tutti i suoi avversari, a diciannove anni e duecentodieci giorni. Non aveva alcun record del genere alla sua portata alla Liegi-Bastogne-Liegi, poiché Victor Fastre era a tre giorni dal compiere diciannove anni quando si impose nella «Cité ardente» nel 1909.
I BUOI DAVANTI AL CARRO
Il dato che ha fatto scalpore al termine del Giro dei Paesi Bassi: erano ben diciannove anni che un francese non vinceva una gara a tappe del World Tour! E questo a partire dal Critérium du Dauphiné del 2007 vinto da Christophe Moreau. Il dato va però relativizzato. Il concetto di World Tour è piuttosto variegato, ma in sintesi si tratta delle gare in cui, in teoria, si schierano le squadre migliori. Se il Tour della California 2019 di Pogi rientra in questa classificazione, la stessa gara vinta da Julian Alaphilippe nel 2016 con un parterre di livello equivalente non godeva ancora del marchio supremo (e si è estinta dopo il passaggio dello sloveno). L’interpretazione più plausibile è che, a partire da Moreau, per compiacere il grande pubblico e aumentare gli ascolti, i corridori francesi siano stati presentati come potenziali vincitori del Tour de France prima ancora di essersi costruiti un palmares. Thibaut Pinot, Romain Bardet, David Gaudu, Pierre Latour… (ne dimentichiamo qualcuno? Romain Grégoire?) avrebbero probabilmente guadagnato in serenità se avessero vinto un Dauphiné prima di essere designati per la maglia gialla a Parigi.
Seixas si distingue già per aver messo il carro davanti ai buoi. Vincendo il Giro dei Paesi Bassi con 2’30’’ di vantaggio su Florian Lipowitz, terzo nell’ultimo Tour de France, ha infranto gli schemi consolidati, già messi a dura prova durante la pandemia di Covid-19. Il ciclismo viveva di luoghi comuni: sfidare le mafie nel mondo amatoriale e integrarsi in esse prima di passare al professionismo (no, questa è davvero trita e ritrita…), prendere il via del proprio primo Tour de France a 23 anni per poi vincerlo (come Anquetil, Merckx e Hinault), raggiungere la maturità a 27 anni (come Indurain), secondo leggi fisiologiche che il miglioramento della specie umana ha modificato. La scienza prima, la tecnologia poi e l’accesso alla conoscenza hanno messo da parte decenni di empirismo.
Non lesina cambi nel finale della Liegi-Bastogne-Liegi,
prima di essere staccato nella Rocheaux-faucons.
Paul Seixas è il prodotto di questa evoluzione. Ma è anche una reincarnazione del Blaireau in un'epoca tuttavia poco paragonabile alla sua. E forse la dimostrazione definitiva che non è necessario essere bretoni per dimostrarsi testardi… Gli esempi tratti dagli esordi del ciclista di Lione abbondano, come la sua richiesta alla Federazione francese di ciclismo di disputare il Campionato del mondo a cronometro juniores a Zurigo (2024) nonostante la piattezza del percorso, con la motivazione che il campione di Francia della specialità era lui e nessun altro. Da quando questo titolo esiste, nel 1994, Paul Seixas è l'unico francese ad aver portato a casa la maglia iridata. Niente male per uno scalatore! Ma sapevate che eccelle con la stessa naturalezza anche sul pavé della Parigi-Roubaix? Ci ha messo le ruote per la prima volta il 2 aprile 2022, alla vigilia della Pévèle Classics, tappa del Trofeo Madiot riservata ai cadetti. In gara, sul tratto a cinque stelle di Mons-en-Pévèle, ha staccato più volte tutti i suoi avversari (tra cui belgi, olandesi e danesi) nonostante la sua corporatura esile e si è classificato terzo, mancando solo di un briciolo di velocità. Sul podio, a Thumeries, ha ricevuto il trofeo Vélo d’or come miglior cadetto francese della stagione 2021. Aveva 15 anni e già un bagaglio impressionante come ciclista, che traspariva nelle interviste dell’epoca per la sua grande determinazione, una notevole disinvoltura nell’esprimersi e l’umiltà necessaria per affrontare questo mestiere.
ELOGIATO DAL BLAIREAU
«È il prescelto!» ha dichiarato questa primavera Marc Madiot in una delle sue famose chiacchierate radiofoniche, prima della sequenza in cui ha vinto da maestro la Freccia Vallone e ha dissipato gli ultimi dubbi arrivando secondo dietro a Pogacar alla Liegi-Bastogne-Liegi, come aveva fatto alla Strade Bianche. Persino Bernard Hinault lo ha consacrato, rivivendo i propri primi scontri con Eddy Merckx: «Quando arrivo alla partenza, mi dico: “È come me, ha due gambe, due braccia, una testa e le usa”. E penso che Paul abbia un po’ questo. Non si dice: “L’altro è più forte di me”. Vuole battersi contro di lui, e lo fa». Il campione del mondo 1980 di Sallanches rimane fedele a una visione d’altri tempi, sostenendo che farebbe meglio a iniziare sfidando Jonas Vingegaard al Giro piuttosto che Tadej Pogacar al Tour, giusto per assicurarsi di essere competitivo su tre settimane. Era anche l’idea di un stretto consigliere dell’aspirante campione, ma non è stata accolta né dalla direzione della squadra Decathlon-CMA CGM né dall’interessato, e a differenza degli anni ’70-’80, oggi una partecipazione alla Corsa Rosa non si improvvisa sulla scia di una settimana nelle Ardenne, per quanto bella possa essere.
All'arrivo a Liegi, si è congratulato con Pogi dicendogli «stronger».
Per quanto tempo?
GESTIRE LA GLORIA
La ristretta cerchia di appassionati di ciclismo ha quindi capito che Paul Seixas è più performante di quanto lo fossero alla stessa età Tadej Pogacar e Remco Evenepoel. Questa volta, non è un'esagerazione mediatica affermare che un francese possa vincere il Tour, come fece Bernard Hinault per l'ultima volta nel 1985. Ancor prima di festeggiare i suoi 20 anni ai Mondiali di Montréal, il prossimo settembre, Seixas non ha più nulla da dimostrare, ma gli resta un impero da costruire, una carriera, un palmares, un'immagine… e anche una vita! Non vogliamo certo predire un futuro difficile a Paul Seixas, perché non c'è dubbio che non esista occupazione più gratificante che assecondare una passione sportiva o artistica, ma dovrà «gestire» tutte le conseguenze della gloria al ritmo delle sue conquiste. Il Giro dei Paesi Bassi e la Freccia Vallone sono solo l'inizio. Il Tour de France è solo un obiettivo finale, tra gli altri. Bisogna abituarsi all’idea che, per raggiungere la vetta, il gioiello di questo sport individuale praticato a squadre – ritornello che, in questo caso, si impone – dovrà scegliere il miglior staff del momento. Stando al quadro attuale, firmerà il prima possibile (per la stagione 2028 e oltre) con l’UAE Team Emirates, proprio come i più grandi calciatori (Kopa, Platini, Zidane, Mbappé) lasciavano la Francia per la Juventus di Torino o il Real Madrid. Gli eventi geopolitici ed economici invitano tuttavia alla cautela in un business del ciclismo di grande fragilità. Non esiste una prospettiva su Paul Seixas senza tenere conto delle forze in campo.
Con grande lungimiranza, aveva già notato, a caldo, che, dopo essere stato staccato da Pogacar sul Monte Sante Marie durante la Strade Bianche a febbraio, era riuscito a restargli alle calcagna nella salita di La Redoute ad aprile. La domanda è quindi: per quanto tempo Pogacar rimarrà superiore a Seixas? E proprio quel Pogacar che recentemente ipotizzava che un giorno avrebbe dovuto invertire i ruoli con Isaac Del Toro e mettersi al suo servizio potrebbe essere chiamato a farlo a favore del francese e non del messicano. Ma attenzione, lo sloveno ha ancora solo 27 anni e qualche idea in testa (quattro Mondiali di fila, tre Grandi Giri o cinque Monumenti nello stesso anno…). E Paul Seixas, «l’eletto», dovrà affrontare prima di quanto si pensi la spinta delle nuove leve. Alla radio, a parte Marc Madiot, non conoscono ancora Enzo Conan, l’attuale Seixas tra i cadetti francesi, e ancor meno Oliver Burgermeister, il campione d'Ungheria dei 15-16enni…

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