Des rivaux mais pas seulement


L’an dernier, sur le podium de Milan-San Remo, la complicité entre Michael Matthews, 
Jasper Philipsen, le vainqueur, et Tadej Pogacar éclatait au grand jour. En bas, 
à l’arrivée de Paris-Roubaix en avril dernier, celle entre Mathieu van der Poel, 
qui venait de gagner, et son coéquipier et ami, Jasper Philipsen, n’était pas feinte non plus.

Des relations d’amitié très étroites unissent quatre des champions qui vont batailler tout à l’heure avant la Via Roma. Entre les trois du podium 2024 Philipsen, Matthews et Pogacar mais aussi Van der Poel, il y a une vie hors du vélo.

“Avec Tadej Pogacar, le courant est tout de suite passé, 
ça ne s’explique pas, 
parfois on rencontre des gens et 
les liens se nouent immédiatement '' 
   - MICHAEL MATTHEWS

22 Mar 2025 - L'Équipe
PHILIPPE LE GARS

PAVIE (ITA) – L’image avait pu surprendre il y a tout juste un an, quand les deux grands battus du jour, Michael Matthews(2e) et Ta dejPog ac ar(3e ), étaient quasimenttombés dans les bras l’ un de l’autre mais aussi dans ceux du vainqueur Jasper Philipsen. Le temps que le quatrième larron Mathieu Van der Poel (10e) se faufile jusqu’à eux et le tableau était complet, celle d’une bande de copains qui enfouissent leurs rivalités dès qu’ils posent pied à terre. Si Philipsen et Van der Poel ont appris à se connaître sportivement quand le Belge a rejoint l’équipe Alpecin du Néerlandais en 2021, c’est aussi en dehors de la compétition qu’ils se sont liés peu à peu. «On peut dire que nous sommes maintenant de vrais amis, n’ hésite pas à clamer le vainqueur de Milan-San Remo 2024. Cette relation se sent aussi sur le vélo, car on s’aide mutuellement sans réfléchir et sans aucune arrière-pensée. C’est ça l’amitié, je pense.»

Le Belge avait en effet aidé van der Poel lors de sa première victoire à Paris-Roubaix en 2023, avant que le Néerlandais lui rende la monnaie l’an passé dans le final de San Remo, quand il avait compris que sa chance était passée après le Poggio. Mais Jasper Philipsen n’a pas oublié pour autant ses relations avec Tadej Pogacar, nées de son passage chez UAE (en 2019 et 2020), où les deux homme sont commencé à« grandir» ensemble .« Nous avons le même âge, nous nous connaissons depuis longtemps et nous avons traversé beaucoup de choses ensemble, sur le vélo et en dehors, explique-t-il. Le monde du cyclisme est petit, on se croise constamment. C’est agréable de bien s’entendre avec certaines personnes.»

C’est justement à ses débuts que Tadej Pogacar a aussi croisé la route de l’Australien Michael Matthews, de huit ans son aîné. Son compatriote Neil Stephens, qui avait quitté l’équipe Mitchelton pour rejoindre celle d’UAE, lui avait demandé de prendre en main le jeune Pogacar, qui voulait s’installer à Monaco après sa première victoire sur le Tour en 2020.

Matthews, qui vivait dans la Principauté depuis quelque temps déjà, pensait juste servir de guide au nouvel arrivant, le temps que lui et sa compagne – la cycliste Urska Zigart – trouvent leurs marques. Mais c’est lors d’une sortie d’entraînement dans l’arrière-pays que tout s’est enchaîné, «le courant est tout de suite passé, raconte l’Australien, ça ne s’explique pas, parfois on rencontre des gens et les liens se nouent immédiatement. » À l’époque, l’ancien maillot vert du Tour était dans une période compliquée, il ne trouvait plus sa place dans le peloton. «Tadej m’a aidé àmere construire à cette époque, car je me suis vu en lui, il avait la même attitude que moi quand j’avais une vingtaine d’années. Il n’est pas psycho rigide avec les plans d’entraînement comme beaucoup de jeunes aujourd’hui, il est flexible et c’est aussi ce qui nous unit. On ne se prend jamais la tête, tout se fait dans la plus grande décontraction. Je suis l’un des rares à pouvoir rouler à la même vitesse que lui toute la journée et à parler en même temps. Quand je suis avec lui, je n’ai même pas l’impression de m’entraîner.»

Quand il évoque l’origine de cette amitié, Tadej Pogacar en rigole, «car il y a peu de coureurs qui aiment s’entraîner avec moi ou alors c’est moi qui n’aime pas ça. Mais avec “Bling” (le surnom de Matthews), ç’a tout de suite été différent, il aime ma façon de rouler à l’entraînement et moi j’apprécie la sienne. On s’est trouvés et rien ni personne ne pourra gâcher ça.»

Si Philipsen et Van der Poel courent sous les mêmes couleurs, la notion de rivalité intervient évidemment bien moins qu’entre Pogacar et Matthews quand ils se retrouvent en course, « je sais que Matthieu sera le dernier à penser à sa tête s’il s’agit de m’aider », confie le Belge, alors que l’Australien n’a aucun mal à évoquer ces situations en compétition où il faut s’asseoir sur les sentiments, comme l’an passé sur la Via Roma, où il a sprinté pour la victoire face à Pogacar : «Là, il n’y a pas de place pour l’amitié, nous ne nous sommes d’ailleurs jamais aidés en course. Je n’attends rien de lui et il n’attend rien de moi.»

Si certains anciens n’hésitent pas à critiquer ces amitiés qui, selon eux, auraient tendance à dénaturer la notion même de compétition, comme Lance Armstrong qui s’était moqué dans son podcast après Milan-San Remo l’an passé de « ces câlins et ces embrassades qui n’ont pas leur place dans le cyclisme », cette nouvelle génération de champions n’éprouve aucun complexe à en parler, mais sans trop s’exposer. Les images de Michael Matthews en voiture avec Tadej Pogacar et Urška Žigart pour se rendre à Milan au départ de la Primavera l’an passé avaient été commentées, et pas toujours favorablement, à l’approche d’une telle échéance. Mathieu van der Poel l’a bien compris, et quand il évoque ses relations avec le Slovène, alors qu’on les sait également très proches, il préfère botter en touche : «Nous ne nous envoyons pas de messages tous les jours, mais oui, nous discutons de temps en temps. Il y a un respect mutuel.»

***

L'anno scorso, sul podio della Milano-Sanremo, è emersa la complicità tra Michael Matthews, Jasper Philipsen, il vincitore, e Tadej Pogacar. In basso, sul traguardo della Parigi-Roubaix dello scorso aprile, non è stata taciuta nemmeno l'amicizia tra Mathieu van der Poel, che aveva 
appena vinto, e il suo compagno di squadra e amico Jasper Philipsen.


Non solo rivali

Ci sono amicizie strette tra quattro dei campioni che si daranno battaglia in vista della Via Roma. 
Tra i tre del podio 2024 Philipsen, Matthews e Pogacar, oltre a van der Poel, c'è una vita al di fuori del ciclismo.

"Con Tadej Pogacar c'è stato un legame immediato, 
non si può spiegare, 
a volte si incontrano delle persone e si lega subito" 
   - MICHAEL MATTHEWS

22 marzo 2025 - L'Équipe
PHILIPPE LE GARS

PAVIE (ITA) - L'immagine poteva essere sorprendente solo un anno fa, quando i due grandi battuti di giornata, Michael Matthews (2°) e Tadej Pogacar (3°), sono quasi caduti l'uno nelle braccia dell'altro, ma anche in quelle del vincitore Jasper Philipsen. Quando Mathieu van der Poel (10°), quarto classificato, è riuscito a raggiungerli di soppiatto, il quadro era completo: un gruppo di amici che si sono lasciati alle spalle le loro rivalità non appena hanno messo piede a terra. Se Philipsen e van der Poel si sono conosciuti quando il belga è passato alla Alpecin dell'olandese nel 2021, è stato anche al di fuori delle competizioni che hanno via via legato. "Si può dire che ora siamo veri amici”, afferma il vincitore della Milano-Sanremo 2024. Questo rapporto si percepisce anche in bicicletta, perché ci aiutiamo a vicenda senza starci a pensare e senza secondi fini. 

Il belga ha aiutato van der Poel a ottenere la sua prima vittoria alla Parigi-Roubaix nel 2023, prima che l'olandese lo ripagasse l'anno scorso nel finale della Sanremo, quando ha capito che la sua occasione era sfumata dopo il Poggio. Jasper Philipsen però non ha dimenticato il suo rapporto con Tadej Pogacar, iniziato durante il suo periodo con la UAE (nel 2019 e 2020), quando i due hanno iniziato a “crescere” insieme. "Abbiamo la stessa età, ci conosciamo da molto tempo e ne abbiamo passate tante insieme, sia in bici sia fuori”, spiega. "Il mondo del ciclismo è piccolo e ci incontriamo sempre. È bello andare d'accordo con certe persone”.

Anche Tadej Pogacar ha incrociato l'australiano Michael Matthews, di otto anni più anziano, quando era agli inizi. Il suo connazionale Neil Stephens, che aveva lasciato la squadra Mitchelton per unirsi alla UAE, gli aveva chiesto di occuparsi del giovane Pogacar, che voleva trasferirsi a Monaco dopo la sua prima vittoria al Tour del 2020.

Matthews, che viveva già da tempo nel Principato, pensava di fare semplicemente da guida al nuovo arrivato, mentre lui e la sua compagna - la ciclista Urška Žigart - si ambientavano. Ma è stato durante un allenamento nell'entroterra che tutto è scattato: “Il legame è stato immediato”, racconta l'australiano. All'epoca, l'ex maglia verde del Tour stava attraversando un periodo complicato, non trovando più il suo posto nel gruppo. “Tadej mi ha aiutato a ricostruirmi in quel periodo, perché mi sono rivisto in lui, aveva il mio stesso atteggiamento quando avevo vent'anni. Non è psicologicamente rigido con i piani di allenamento come invece tanti giovani di oggi, è flessibile e anche questo ci accomuna. Non ci facciamo mai prendere la mano e tutto è fatto in modo molto rilassato. Sono uno dei pochi che può pedalare alla sua stessa velocità tutto il giorno e allo stesso tempo parlare. Quando pedalo con lui, nemmeno mi sembra di allenarmi".

Quando parla dell'origine di questa amicizia, Tadej Pogacar ride, “perché non ci sono molti corridori che amano allenarsi con me o sono io quello a cui non piace. Ma con 'Bling' (il soprannome di Matthews) è stato subito diverso, a lui piace il mio modo di allenarsi e a me piace il suo. Ci siamo trovati e niente e nessuno può rovinare tutto questo".

Sebbene Philipsen e van der Poel corrano con gli stessi colori, il concetto di rivalità entra in gioco molto meno di quanto non avvenga tra Pogacar e Matthews quando si trovano in gara. “So che Mathieu sarà l'ultima persona a pensare a sé se si tratta di aiutarmi”, confida il belga, mentre l'australiano non ha problemi a rievocare quelle situazioni in gara in cui è necessario accantonare i propri sentimenti, come l'anno scorso in via Roma, dove ha sprintato per la vittoria contro Pogacar: “Non c'è spazio per l'amicizia e non ci siamo mai aiutati a vicenda in gara. Non mi aspetto nulla da lui e lui non si aspetta nulla da me”.

Mentre alcuni corridori più anziani sono pronti a criticare queste amicizie, che secondo loro tendono a distorcere il concetto stesso di competizione, come Lance Armstrong, che ha deriso “questi abbracci e baci che non hanno posto nel ciclismo” nel suo podcast dopo la Milano-Sanremo dello scorso anno, la nuova generazione di campioni non ha remore a parlarne, ma senza esporsi troppo. Le immagini di Michael Matthews in auto con Tadej Pogacar e Urška Žigart mentre si recavano a Milano per la partenza della Primavera dello scorso anno sono state commentate, e non sempre positivamente, nel periodo precedente a quell'evento. Mathieu van der Poel lo sa bene e quando parla del suo rapporto con lo sloveno, nonostante si sappia che i due sono anche molto amici, preferisce liquidare la questione: “Non ci mandiamo messaggi tutti i giorni, ma sì, di tanto in tanto ci sentiamo. C'è rispetto reciproco".

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