Pogacar au pied d’un Monument


Tadej Pogacar et Mathieu van der Poel 
à la lutte dans le Poggio, l’an dernier.

Tadej Pogacar se retrouve déjà ce matin face au plus grand défi de sa saison: enfin conquérir Milan-San Remo. Pour entrevoir une lueur et résoudre le mystère de la classique italienne, il n’a pas le choix, il devra déposer Mathieu Van der Poel dans le Po

Pogacar ne doit pas croire qu’il peut courir ici comme ailleurs, chercher à forcer le verrou de trop bonne heure

Quand Van der Poel assure qu’il n’a plus de pression, il serre en même temps dans son dos un poignard de sa paluche de fer

22 Mar 2025 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS

PAVIE (ITA) – Le revoilà devant cette vieille ensorceleuse, prêt à retenter sa chance pour résoudre enfin ses mystères. La Primavera, la Classicissima, Milan-San Remo, tous ces noms pour autant de visages, de facettes qui ont embrumé l’esprit de Tadej Pogacar tout au long de l’hiver. Ce matin, le coureur le plus implacable reprend son épopée et le fil de sa quête face à la classique la plus insaisissable.

Le champion du monde a déjà subi les sortilèges du Monument italien à quatre reprises, il se rapproche de la lumière – 5e en 2022, 4e en 2023, 3e l’an passé – mais continue de se gratter la tête devant les paradoxes, les bizarreries qui fondent la beauté, l’identité, le registre à part, le charme unique de cette course. Qui en font un bijou. La classique la plus longue du calendrier, proche de km, mais celle qui se joue sur un moment furtif, un battement d’ailes dans le Poggio. La plus ronronnante, soporifique, ennuyeuse, tout ce que vous voulez, mais un sommet de suspense et d’indécision, d’imprévisibilité, loin des scénarios répétitifs actuels, une autre raison de l’aimer, et c’est ici qu’il y a un an, nous avons assisté au plus beau final de la saison 2024.

La plus rebelle dans ses adoubements aussi, qui repousse Moreno Argentin, Peter Sagan ou Philippe Gilbert, mais couronne Erich Maechler, Gabriele Colombo et Gerald Ciolek. En être désigné favori est souvent le début d’une malédiction et c’est un des nombreux soucis pour Tadej Pogacar, qui se demande bien comment la classique la plus simple, la plus limpide, peut aussi être celle qui lui résiste le plus. Lui le coureur le plus complet, l’artificier en chef, dont la folie n’opère pas ici, corseté parla banalité d’ un parcours qu’il n’arrive pas à dompter.

Cette semaine, l’usine à fantasmes a craché de la fumée dans tous les sens pour savoir comment le leader d’UAE devait s’y prendre, où attaquer. La Cipressa ? Le Turchino ? Pourquoi pas dès le baisser de drapeau à Pavie ? Plus sérieusement, même si sa formation n’a rien dévoilé de ses plans, l’édition de l’an passé a dégagé l’axe stratégique à privilégier. Cela ne s’était joué qu’à quelques mètres pour que Pogacar parvienne à s’envoler seul dans le Poggio, où il avait posé deux mines, ce dont très peu de coureurs sont capables, alors qu’en amont l’ascension de la Cipressa n’avait pas été aussi rapide qu’il l’aurait souhaité et qu’ensuite Mathieu Van der Poel s’était sacrifié pour le récupérer. Ce devrait donc être encore l’ossature de leur plan de bataille : une Cipressa supersonique pour mettre le maillot arc-en-ciel sur la rampe de lancement dans le Poggio, plutôt que de se lancer dans des plans suicidaires, des attaques de très loin sans lendemain. Car Pogacar ne doit pas croire qu’il peut courir ici comme ailleurs, chercher à forcer le verrou de trop bonne heure.

Bousculer l’âme de la Classicissima serait un sacrilège, le meilleur moyen de s’en attirer les foudres. Il doit au contraire comprendre la délicatesse de la classique italienne, la finesse de son ordonnancement, embrasser ses subtilités, respecter ses codes anachroniques, son théâtre suranné. Le punk doit pour une fois se muer en janséniste, plus ascétique et moins glouton, dans la contrition de ses échecs passés, faire voeu d’humilité dans ce nouveau pèlerinage au bout duquel il espère apercevoir l’interstice dans lequel se faufiler.

Une voie unique, un scénario austère ont été tracés pour lui et il doit l’accepter : son salut passera par le Poggio. Même si sa pente trop douce ne lui convient pas, il est le tremplin qui sacre les champions de sa stature et la clef qui doit lui ouvrir la Via Roma. Il doit honorer ce rendez-vous et on sent bien que c’est une mission intime, profonde, car cet hiver il a commencé à reconnaître que Milan-San Remo l’obsédait, le décontenançait, l’envoûtait. Cette fois, c’est lui qui doit forcer sa nature, se réfréner, ne pas imposer sa dictature, et non l’ inverse. C’ est pour tout cela que la Primavera est le plus grand défi des a saison, le reste, même s’il gagne encore, il l’a déjà fait.

N’oublions pas en revanche que le Slovène se relève d’une grosse gamelle, aux Strade Bianche. Elle ne l’a pas empêché de triompher en Toscane il y a deux semaines, mais on ne sait pas avec certitude dans quel état il se trouve, ou du moins comment cette chute l’a freiné à l’entraînement, même si son camp n’a cessé d’assurer que tout allait bien.

Dans tout ça, Mathieu Van der Poe la une bonne b ouille dec o-favori, voire presque mieux. Parce que lui a déjà résolu l’énigme, que quand il assure qu’il n’a plus de pression, il serre en même temps dans son dos un poignard de sa paluche de fer et que contrairement à son rival, ses qualités couvrent de nombreuses options, du Poggio, où il peut statufier tout le monde comme il y a deux ans, jusqu’au sprint Via Roma.

Personne ne semble en revanche armé pour déposer Pogacar ou Van der Poel sur les rampes du balcon de San Remo,m ai si lya tout de même une nuée de vespas qui rêvent de jouer de la poignée et d’abattre leur carte. Tom Pidcock et Matej Mohoric dans le dévers du Poggio ; Mads Pedersen, qui doit espérer que sa pointe de vitesse ne le lâchera pas, et Jasper Philip sen, en pointillé après sa chute mercredi dans Nokere, voire Jonathan Milan dans le sprint ; Filippo Ganna, qui fait perdre la raison aux tifosi de ce côté des Alpes, dans ce moment de flottement entre le pied de la descente et la ligne d’arrivée, un endroit de casino, comme disent les Italiens pour décrire le bazar, génial et incontrôlable.

C’est l’heure de tout boucler pour 6 h 30, de profiter de cette bulle qui éclatera avec la décharge finale. C’est l’heure de se laisser embarquer par cette course évanescente. La Primavera est là et, avec elle, toujours le même enchantement.

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Vent dans le dos dans le final

Le vent a soufflé toute la semaine sur la côte ligure, et pour la course cet après-midi, ce sera encore le cas. Le vent devrait pousser le peloton dans le dos, autour d’une vingtaine de km/h et plutôt de trois quarts dans la Cipressa, ce qui devrait favoriser les desseins des UAE de Tadej Pogacar pour propulser leur leader à l’avant. En revanche, le risque de pluie était hier soir faible, avec des températures annoncées autour de 15 degrés.

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Tadej Pogacar e Mathieu van der Poel si 
sono affrontati sul Poggio lo scorso anno.

Pogacar ai piedi di un monumento

Questa mattina, Tadej Pogacar sta già affrontando la sfida più grande della sua stagione: conquistare finalmente la Milano-Sanremo. Per intravedere la luce e risolvere il mistero della classica italiana, non ha altra scelta che abbandonare Mathieu van der Poel nel Po.

Pogacar non deve credere di poter correre qui come altrove, né cercare di rompere il gruppo troppo presto.

Quando van der Poel dice di non essere più sotto pressione, sta al contempo puntando un pugnale alla schiena con il pugno di ferro

22 marzo 2025 - L'Équipe
ALESSANDRO ROOS

PAVIA (ITA) - Eccolo di nuovo davanti a quella vecchia strega, pronto a tentare di nuovo la fortuna per risolvere finalmente i suoi misteri. La Primavera, la Classicissima, la Milano-Sanremo, tutti questi nomi per tanti volti che hanno offuscato la mente di Tadej Pogacar per tutto l'inverno. 

Il campione del mondo ha già affrontato le magie della monumento italiana in quattro occasioni e si sta avvicinando alle luci della ribalta - 5° nel 2022, 4° nel 2023, 3° lo scorso anno - ma continua a grattarsi la testa di fronte ai paradossi e alle stranezze che costituiscono la bellezza, l'identità, il registro unico, il fascino singolare di questa corsa. La rendono un gioiello. La classica più lunga nel calendario, che si decide in quasi un chilometro, e si svolge in un attimo fuggente, un battito d'ali sul Poggio. La più monotona, soporifera, noiosa, quello che volete, ma un vertice di suspense e indecisione, di imprevedibilità, lontano dagli scenari ripetitivi di oggi, un altro motivo per amarla, e proprio qui, un anno fa, abbiamo assistito al più bel finale della stagione 2024.

È stata anche la più ribelle in termini di consensi, respingendo Moreno Argentin, Peter Sagan e Philippe Gilbert, ma incoronando Erich Maechler, Gabriele Colombo e Gerald Ciolek. Essere nominato favorito è spesso l'inizio di una maledizione, e questa è una delle tante preoccupazioni di Tadej Pogacar, che si chiede come la classica più semplice e chiara possa essere anche quella che gli resiste di più. È il corridore più completo, il comandante in capo, la cui follia qui non funziona, incatenata dalla banalità di un percorso che lui non è mai riuscito a domare.

Questa settimana, la fabbrica delle fantasie ha sputato fumo in tutte le direzioni su come il leader della UAE Emirates dovrebbe procedere e dove dovrebbe attaccare. La Cipressa? Il Turchino? Perché non appena si abbassa la bandiera a Pavia? A parte gli scherzi, anche se la sua squadra non ne ha rivelato i piani, la corsa dell'anno scorso ha rivelato l'asse strategico da privilegiare. È stata solo questione di pochi metri prima che Pogacar riuscisse a partire da solo sul Poggio, dove ha piazzato due attacchi, cosa che pochi corridori sono in grado di fare, mentre la salita della Cipressa non è stata veloce come avrebbe voluto e Mathieu van der Poel si è poi sacrificato per raggiungerlo. Quindi questo dovrebbe essere ancora l'asse portante del loro piano di battaglia: una Cipressa supersonica per mettere la maglia iridata in rampa di lancio sul Poggio, piuttosto che buttarsi in piani suicidi, attacchi da lontano e senza futuro. Perché Pogacar non deve credere di poter correre qui come altrove, cercando di rompere il gruppo troppo presto.

Stravolgere l'anima della Classicissima sarebbe un sacrilegio, e il modo migliore per incorrere nelle sue ire. Deve invece comprendere la delicatezza della classica italiana, la finezza della sua organizzazione, abbracciarne le sottigliezze, rispettarne gli anacronistici codici, il suo obsoleto palcoscenico. Per una volta, il punk deve trasformarsi in giansenista, più ascetico e meno goloso, in contrizione per i suoi passati fallimenti, facendo voto di umiltà in questo nuovo pellegrinaggio al termine del quale spera di intravedere il varco attraverso il quale può incunearsi.

Un percorso unico, un austero scenario, è stato tracciato per lui e deve accettarlo: la sua salvezza passerà per il Poggio. Anche se il suo dolce pendio non gli si addice, è il trampolino di lancio che incorona campioni del suo calibro e la chiave che dovrebbe aprirgli via Roma. Deve onorare questo appuntamento ed è chiaro che si tratta di una missione intima e profonda, perché quest'inverno ha cominciato ad ammettere che la Milano-Sanremo lo ossessiona, lo sconcerta, lo ammalia. Questa volta è lui che deve forzare la propria natura, frenarsi, non imporre la sua dittatura, e non il contrario. Per questo la Primavera è la sfida più importante della stagione; il resto, anche se dovesse rivincere, l'ha già fatto.

Ma non dimentichiamo che lo sloveno si sta riprendendo da una brutta caduta alle Strade Bianche. Non gli ha impedito di trionfare in Toscana quindici giorni fa, ma non sappiamo con certezza in che condizioni sia, o almeno in che modo la caduta lo abbia rallentato in allenamento, anche se il suo entourage ha più volte assicurato che tutto va bene.

In tutto questo, Mathieu van der Poel è un buon favorito, se non quasi il migliore. Perché ha già risolto l'enigma, perché quando dice di non essere sotto pressione, allo stesso tempo stringe con il pugno di ferro un pugnale nella schiena, e perché, a differenza del suo rivale, le sue qualità coprono un ampio ventaglio di opzioni, dal Poggio, dove può mettere tutti in difficoltà come due anni fa, allo sprint di via Roma.

D'altra parte, non sembra esserci nessuno pronto a far cadere Pogacar o van der Poel sulle rampe della balconata sanremese, anche se ci sono molte Vespe che sognano di giocarsi la mano con le loro carte. Tom Pidcock e Matej Mohorič sulla discesa del Poggio; Mads Pedersen, che deve sperare che la sua velocità massima non lo deluda, e Jasper Philipsen, in bilico dopo la caduta di mercoledì a Nokere, o ancora Jonathan Milan in volata; Filippo Ganna, che sta facendo perdere la testa ai tifosi di qua e di là delle Alpi, in quel momento di galleggiamento tra i piedi della discesa e il traguardo, un  "casino", come dicono gli italiani per descrivere il bazar, brillante e incontrollabile.

È ora di finire tutto per le 18.30, e godersi la bolla che scoppierà con la scarica finale. È tempo di lasciarsi trasportare da questa corsa sfuggente. La primavera è arrivata, e con essa lo stesso incanto.

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Vento alle spalle in finale

Il vento ha soffiato per tutta la settimana sulla costa ligure e per la gara di oggi pomeriggio continuerà a farlo. Il vento dovrebbe spingere il gruppo nelle retrovie, a circa venti km/h e più di tre quarti di nodo sulla Cipressa, il che dovrebbe aiutare l'UAE di Tadej Pogacar a spingere il proprio leader in testa. D'altra parte, il rischio di pioggia nella serata di ieri era minimo, con temperature previste intorno ai 15 gradi.

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Retrouvailles Kopecky-Vollering

P. L.G., à Pavie..

Vingt ans après, Milan-San Remo va retrouver aujourd’hui sa version féminine, comme entre 1999 et 2005 à l’époque sous le nom de la Primavera Rosa, devenue aujourd’hui Milan-San Remo Donne. Comme pour le Tour de France femmes en 2022, ce retour au calendrier marquera l’histoire du cyclisme féminin avec un départ à Gênes et dès lors un parcours identique à celui des hommes sur les 156 km jusqu'à San Remo via les Capi, la Cipressa et le Poggio. Il ne manque plus que le Tour de Lombardie pour que les cinq Monuments soient tous représentés au calendrier féminin.

On attendra la confrontation entre la championne du monde Lotte Kopecky, qui fait sa rentrée, et Demi Vollering, qui portaient les mêmes couleurs de SD Worx jusqu’à l’an passé avant de rejoindre FDJ-Suez. La victoire de la Néerlandaise aux Strade Bianche a donné un aperçu de sa forme du moment pour apparaître comme la favorite logique. Mais outre la présence de sa rivale belge, elle aura aussi fort à faire avec la force de frappe des Visma, où Marianne Vos (37 ans) tentera d’enrichir son immense palmarès avec Pauline Ferrand-Prévôt en joker. Il ne faudra pas oublier non plus Lorena Wiebes, une autre ex-coéquipière de Vollering en cas d’arrivée au sprint, l’Italienne Elisa Balsamo (Lidl-Trek) ou encore l’Américaine Chloé Dygert (Canyon-Sram).

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La reunion Kopecky-Vollering

P. L.G.

vent'anni di distanza, torna la versione femminile della Sanremo, come tra il 1999 e il 2005 con il nome di Primavera Rosa, ora diventata Sanremo Donne. Come per il Tour de France femminile del 2022, questo ritorno in calendario segnerà la storia del ciclismo femminile, con una partenza da Genova e un percorso identico a quello degli uomini sui 156 km fino a Sanremo attraverso i Capi, la Cipressa e il Poggio. Manca solo il Giro di Lombardia, in modo che tutti e cinque i Monumenti siano rappresentati anche nel calendario femminile.

Attendiamo il confronto tra la campionessa del mondo Lotte Kopecky, che sta facendo il suo ritorno, e Demi Vollering, che ha indossato gli stessi colori della SD Worx fino all'anno scorso prima di passare alla FDJ-Suez. La vittoria dell'olandese alla Strade Bianche ha dato un'idea della sua forma attuale, rendendola la logica favorita. Ma oltre alla presenza della rivale belga, avrà anche il suo bel da fare con la forza d'urto di Visma, dove Marianne Vos (37) cercherà di aggiungere alla sua immensa lista di vittorie Pauline Ferrand-Prévôt come wild card. Non vanno dimenticate nemmeno Lorena Wiebes, un'altra ex compagna di squadra della Vollering in caso di arrivo in volata, l'italiana Elisa Balsamo (Lidl-Trek) o l'americana Chloé Dygert (Canyon-Sram).

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