Del Toro souverain


Et Isaac del Toro s’élança... 
À seulement 200 mètres de la ligne, il déposait Matteo Jorgenson et confortait son maillot de leader.

Calme et chirurgical, le Mexicain de 22 ans a facilement remporté l’étape décisive dans les Marches et s’adjugera ce soir le classement général, le plus grand succès de sa jeune carrière.

15 Mar 2026 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS

CAMERINO (ITA) - Isaac del Toro avait raison de parler de « sentiments mêlés » hier soir à l’arrivée à Camerino. Il y avait la joie apportée par la course, l’excitation de l’explication à venir dans cette rampe terrible qui menait à la petite cité, mais il était difficile de ne pas être pris par la désolation qui règne dans cette ville fantôme, dévastée par deux tremblements de terre, en 1997 et 2016, qui a vu notamment son université du XIVe siècle déménager, pour laisser des bâtiments contenus dans d’immenses attelles mécaniques, l’encadrement des fenêtres soutenues par des croix en bois et des intérieurs qui ne sont plus remplis que de poussière.

Il est en train d’affiner son statut de leader bis de l’équipe UAE

Le Mexicain évoquait lui davantage son bras de fer avec l’enfant du pays, Giulio Pellizzari, dont la maison familiale est située à un jet de caillou de l’arrivée et qui s’est démené pour tenter de s’imposer devant ses tifosi. « Même quand c’est ton ami, tu dois faire le boulot, mais ce n’est pas facile » , lâchait-il après sa victoire.

Le leader d’UAE EmiratesXRG a une nouvelle fois été froid comme un bistouri, les attaquants voletaient autour de lui dans les cinq derniers kilomètres, Wout Van Aert, puis Ben Healy, Primož Roglič, Pellizzari deux fois, jusqu’à Matteo Jorgenson qui mit une sacoche à 500 mètres de l’arrivée… Del Toro ne s’est jamais excité et a sorti sa lame à moins de 200 mètres de la ligne, sans geste superflu, pour déposer l’Américain, dernier survivant.

« J’essaie juste de ne pas paniquer ou d’agir trop par instinct, mais plutôt de réfléchir à ce que je vais faire, tentait d’éclairer le Mexicain. Dans la dernière côte, par fois je n’étais pas dans la meilleure position, donc j’ai essayé de rester calme et d’attendre une meilleure opportunité. »

Un brin malade à la sortie des Strade Bianche, il a couru juste toute la semaine, sans s’éparpiller, toujours serein. Bien entouré vendredi, il a été plus isolé hier notamment à 5 kilomètres du but, où il n’avait plus un équipier à son côté. « Mais je savais qu’ils avaient fait un bon travail. Les autres n’avaient plus non plus un réservoir plein, analysait del Toro après l’arrivée. Si j’étais un peu fatigué, mes adversaires l’étaient aussi, donc j’ai juste commencé à penser à tous les différents scénarios et comment j’allais les jouer. »

Au-delà de son aisance dans la pente, de son punch, Del Toro est en train, à 22 ans, d’affiner son costume de leader bis de l’équipe, quand Tadej Pogačar n’est pas là, après sa 2e place au Giro l’an passé, sa victoire à l’UAE Tour en février. « C’est un leader qui parle, prend la parole, mais il fait confiance, apprécie Benoît Cosnefroy, qui court avec lui pour la première fois en Italie. Il est tranquille, serein, mais comme l’ensemble de l’équipe je dirais, je n’ai jamais vu quelqu’un de stressé. C’est super agréable. »

Isaac del Toro remportera tout à l’heure sa deuxième course World Tour par étapes, à l’issue de la dernière journée promise aux sprinteurs. Hier, il n’a pas voulu dire si cette victoire était déjà la plus grande de sa carrière. On peut le faire pour lui.

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