Du cool dans le froid
Dorian Godon, son maillot de champion de France caché
par ses vêtements de pluie, a triomphé des difficultés hier.
Il est le premier Francais à s’imposer dans ce Paris-Nice.
Le champion de France, Dorian Godon, a remporté hier une étape de montagne tronquée en raison des conditions météorologiques, au bout d’une journée longtemps incertaine.
"Les 15 derniers kilomètres,
il faisait vraiment froid sur le vélo"
- BENJAMIN THOMAS (COFIDIS)
"Tout le monde a confiance en moi
et quand on me donne ma chance,
souvent je réussis"
- DORIAN GODON
15 Mar 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS ET THOMAS PEROTTO
ISOLA VILLAGE (ALPES-MARITIMES) – La journée avait débuté par un temps à ne pas mettre un morse dehors, même sur la promenade des Anglais, secouée par d’inhabituelles vagues. Et elle s’est conclue, quelques heures plus tard, à une température à ne pas promener un bouquetin dans le village d’Isola, où ça meulait sévère.
Mais oublions ces considérations animalières pour en revenir à une étape tronçonnée en moins de vingt-quatre heures : de 138,7 kilomètres, elle est passée à 120,4 km avec la suppression de l’arrivée à Auron puis à 47 km quand le ciel est tombé sur la cité azuréenne. Et même 43 km puisque le fictif s’est éternisé avec la crevaison d’Emmanuel Houcou et les chutes de Lennard Kämna, d’Arthur Kluckers, de Nico Denz qui avait défilé à la présentation en parapluie quand Jensen Plowright, un petit marrant lui, a débarqué à la signature avec un masque de plongée.
Si le reste du peloton avait opté pour des tenues hivernales plus classiques et des gants de pêcheur, il a quand même pensé à glisser un piolet dans la poche arrière du tricot lorsqu’un de nos éminents confrères, parti en éclaireur, a trouvé un rocher sur la route à 20 kmde l’arrivée. Mais les services techniques avaient fait le job en déblayant les gravats et les flocons de la route de la Bonnette, longeant le mont Saint-Sauveur saupoudré de neige.
Comme souvent dans ces conditions d’avant-course, cela flotte un peu et personne ne savait trop ce qu’il devait penser, entre la sécurité et le confort des coureurs, l’équité de l’épreuve et les intérêts économiques. Personne n’avait vraiment eu envie de chausser des pneus neige pour pousser jusqu’à Auron et assez peu de monde était emballé par l’idée de rester en bas de l’ascension. Sauf Axel Zingle (Visma-Lease a bike) « plutôt d’avis de courir toute l’étape, car j’aime ces conditions qui font le charme de notre discipline. Mais c’est difficile de rester motivé pour une étape de 47 kilomètres… ». Chez Cofidis, Benjamin Thomas a eu « l’impression de ne rien faire de productif de la journée. On était à la limite de ce qu’on pouvait faire. Les 15 derniers kilomètres, il faisait vraiment f ro i d s ur l e vélo. Tout le monde était bien gelé même avec l’effort. Heureusement, l’étape n’était pas longue, on est vite rentrés au bus ». Soixante pour cent des équipes, après un vote interne, y seraient bien restées le matin mais, un peu avant 14 heures, les 110 rescapés (12 non-partants!) ont emprunté le pont Louis Nucera, au-dessus d’un Var où la truite argentée est prisée et harponnée par les fins connaisseurs du coin.
Avec une motivation là encore partagée. Même le solide Bruno Armirail, la déneigeuse des Visma, ne sentait plus sa main droite mais il a craint principalement « les chutes de pierre. On a quand même vu des photos où il y avait de gros cailloux sur la route. On ne sait jamais, si l’un d’eux tombe sur le peloton, ce n’est pas la même. Mais cela s’est bien passé, l’étape est faite. »
Et il y eut même un vainqueur, ne l’oublions pas, un Français en plus, le maillot de champion de France resté bien au chaud sous l’imperméable: Dorian Godon. Au terme d’un kilomètre lancé, sous l’impulsion de Joshua Tarling, poisson-pilote surpuissant, et de Samuel Watson, le Lyonnais a devancé Biniam Girmay et Cees Bol et il se moquait bien de savoir où se terminait l’étape et combien elle avait mesuré : « Gagner une étape de montagne au sprint, c’est cool (sourire). »
La moustache perlée mais frémissante, il estimait, à juste titre, avoir glané « une étape normale au final. On a eu un vrai sprint, à 200 %. Collectivement c’était top. L’équipe s’est mise à 200 % pour moi aujourd’hui (hier). Tout le monde a confiance en moi et quand on me donne ma chance, souvent je réussis. Je suis monté en pression petit à petit. Je sentais que ça allait venir, je savais que ça allait venir et au final c’est venu plus tôt que prévu. »
Non retenu par Decathlon CMA CGM, il ne regrettait pas d’avoir rejoint les rangs d’Ineos Grenadiers, ni d’avoir voté pour la tenue de l’étape, au côté d’un Kévin Vauquelin « hypermotivé dans le bus. Quand on est arrivés ce ( hier) matin, on a appris qu’ils avaient décidé de tout changer, ce qui était forcément dommage pour moi dans la course au classement général mais on a pu changer nos plans. Dorian était super proche de gagner cette semaine (2e à Apt vendredi lors de la 6e étape), on avait largement la force et les moyens pour l’emmener vers la victoire aujourd’hui (samedi). Franchement, je suis trop content pour lui et pour nous. » L’organisateur aussi. Yannick Talabardon, directeur de la course en solo pour la première fois, a connu son bizutage et il était « ravi d’avoir pu faire une étape aujourd’hui (hier) », reconnaissant qu’ « à un moment, on était à 50/50. »
Aujourd’hui, la boucle accidentée dans l’arrière-pays (129,2 km de Nice à Nice) devrait sacrer Jonas Vingegaard et passer entre les gouttes. Du soleil est même annoncé et il sera alors temps pour le vainqueur du jour d’ouvrir la bouteille de vin achetée en début de saison, la bien nommée « satisfait ».
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Sivakov vers Decathlon-CMA CGM
15 Mar 2026 - L'Équipe
Th.P.
Ce serait un coup important réalisé par Decathlon CMA CGM : Pavel Sivakov devrait, selon nos informations, rejoindre la formation française à partir de 2027. Le Français aurait même donné son accord pour un contrat portant sur trois saisons. Lieutenant de Tadej Pogačar chez UAE Emirates-XRG depuis 2024 après six saisons passées chez Ineos, Sivakov va venir épauler Paul Seixas l’an prochain tout en ayant sa carte à jouer à certains moments. Le vainqueur du Tour d’Andalousie en 2025 est une grosse prise pour Decathlon, qui cherche à asseoir son projet sportif vis-à-vis des autres formations du peloton et qui, avec ce renfort, entend montrer à Seixas, en fin de contrat en 2027, qu’il est au bon endroit pour poursuivre sa progression.
Seixas et Sivakov (pilier de l’équipe de France) avaient notamment disputé ensemble les Mondiaux au Rwanda et les Championnats d’Europe en DrômeArdèche. Le premier avait décroché la médaille de bronze derrière Tadej Pogacar et Remco Evenepoel et Sivakov l’avait chaudement félicité à l’arrivée.
Par ailleurs, toujours selon nos informations, Decathlon CMA CGM est très intéressé par le profil du coureur de TotalÉnergies, Jordan Jegat. Le 10e du dernier Tour de France, en fin de contrat en décembre 2026, serait une autre recrue intéressante pour la montagne autour de Paul Seixas. Si aucun contrat n’a encore été signé, les discussions sont plus qu’avancées et vont dans le bon sens.
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