Équipe de France : les leçons d’une tournée américaine réussie


Les Bleus sont repartis joyeux des États-unis avec l’envie d’y revenir pour frapper un grand coup cet été lors du Mondial.

31 Mar 2026 - Le Figaro
Baptiste Desprez Envoyé spécial à Boston et à Washington

Les Bleus n’ont pas traîné dimanche soir. Après avoir avalé les pizzas dans le vestiaire et signé quelques autographes au moment de rejoindre leur bus, les joueurs de l’équipe de France ont quitté Washington et l’amérique juste après leur victoire face à la Colombie (3-1). Les partenaires de Kylian Mbappé, star de cette séquence américaine, ont posé le pied à Paris lundi matin, avant de se séparer et de se donner rendez-vous fin mai… pour ceux qui seront là.Wezio Mascarenhas, Weziopress / ZUMA Press Wire via Reuters ConnectKylian Mbappé célèbre le but qu’il vient d’inscrire contre le Brésil, jeudi, à Boston.

Si la liste des joueurs retenus pour la Coupe du monde (11 juin-19 juillet) sera dévoilée le 14 mai par Didier Deschamps, l’ensemble des troupes ne se retrouvera pas avant le 27 ou le 28 mai à Clairefontaine pour entamer la préparation au Mondial. Avant de se projeter, retour sur une semaine aux États-unis qui comptera à bien des égards. Entre séduction et promesses.

Une semaine réussie sur le terrain

Deux matchs, deux victoires, une large revue d’effectif (seul Lucas Chevalier n’a pas disputé une minute), des confirmations, des réponses et aucune blessure constatée. Le tableau d’ensemble est idyllique pour cette équipe de France victorieuse du Brésil (2-1) jeudi à Boston et de la Colombie dimanche dans la banlieue de Washington. Deux rendez-vous disputés par deux équipes totalement différentes (11 changements opérés entre jeudi et dimanche) dans deux contextes hostiles et des stades acquis à la cause des Sud-américains…

Pour autant, les Bleus ont fait preuve de sérieux, d’entrain, de culot, d’énergie et même de fraîcheur, au regard du match remporté avec plein d’autorité contre les Cafeteros avec un onze de départ qui ne comportait que trois trentenaires (Samba, L. Hernandez, Kanté). « C’était super, cette tournée, on s’est bien amusés avec les copains», atteste Rayan Cherki, impliqué sur les trois buts dominicaux. Des éléments ont marqué des points, comme l’étonnant Maxence Lacroix, petit bizut pas du tout impressionné par le contexte hostile de Washington.

D’autres aussi dans des rôles divers (Samba, Akliouche, Thuram, Ekitiké…). « Il y a de vrais enseignements », admet Deschamps, heureux du voyage, même s’il a peu goûté les fameuses cooling breaks (« pauses fraîcheur »), qui n’ont servi à rien en mars au regard des températures (moins de 15°C), si ce n’est faire rentrer de l’argent côté spot publicitaire.

Un potentiel offensif fabuleux, mais attention à la suffisance

Si Didier Deschamps refuse que ses troupes s’enflamment (« Il ne faut pas se voir plus beaux que l’on est»), à l’image d’un Lucas Hernandez un peu trop euphorique dimanche soir au moment de répondre à la question piège sur le fait de savoir si la France avait la meilleure équipe du monde (« Je pense que oui, bien sûr. Sur le plan offensif, aucune autre sélection n’a des joueurs comme ça»), difficile de ne pas rêver en (très) grand.

Le potentiel offensif français est monstrueux : Mbappé, Dembélé, Olise, Cherki, Ekitiké, Doué, Barcola, Akliouche, Thuram… N’en jetez plus, la France a vraiment la meilleure attaque du monde. Pour ce qui est de la meilleure équipe, réponse cet été. «Le sportif français n’est jamais bon quand il est dans le confort », rétorque Deschamps, conscient d’avoir à gérer l’excès de confiance de ses troupes, des supporteurs et des médias.

Petit bémol, en 2002, avec le meilleur buteur français (Cissé), anglais (Henry) et italien (Trezeguet), les Bleus étaient sortis piteusement du Mondial dès le premier tour sans un but marqué. En 2021, « DD » rappelle Benzema et tout le monde s’extasie de son association future avec Mbappé et Griezmann. Résultat : élimination en 8es de finale de l’euro contre la Suisse, pire résultat de l’ère Deschamps. Être ambitieux, oui. S’enflammer, non.

Embouteillages, douanes, temps de trajet… Agacé, Deschamps a retenu les leçons

Cette tournée américaine, quelque peu parasitée en début de rassemblement par la sortie de Philippe Diallo dans nos colonnes, qui a confirmé avoir trouvé le successeur de Deschamps - sans prononcer le nom de Zinédine Zidane -, fut aussi importante hors des terrains. Les Bleus ont découvert leur hôtel du Four Seasons (après avoir passé du temps avec Léon Marchand, invité par Nike) en plein centre de Boston, tandis que l’université de Bentley a été validée, après l’absence d’accord avec le campus de Babson College, pour être le centre d’entraînement pendant la compétition estivale. Des dossiers importants.

Sur un autre sujet, Didier Deschamps n’a pas apprécié, et ne s’en est pas caché, de la perte de temps sur les trajets, en raison des embouteillages, ou les contrôles à la douane. « À notre arrivée à Washington, on a passé un temps incroyable à l’aéroport avec des contrôles que je n’avais jamais vus depuis que je suis né», avouait-il, énervé, samedi. Des éléments qu’il a bien pris soin de noter en vue de cet été. Ces fameux détails qui ne vous font pas gagner une Coupe du monde, mais qui peuvent vous la faire perdre. Malgré ces petits désagréments, les Bleus ont pris goût à l’amérique. Cela tombe bien, ils y sont attendus pour tout casser cet été.

***

Qui sont ces Bleus assurés d’aller à la Coupe du monde 2026 ?

31 Mar 2026 - Le Figaro
B. D.

Le suspense n’est pas insoutenable, mais il existe quand même malgré tout pour certains joueurs, pas certains d’être dans l’avion pour les États-unis. Dans la quête de sa liste de 24, 25 ou 26 éléments - ce n’est pas encore déterminé -, Didier Deschamps est reparti des États-unis dimanche soir avec quelques enseignements. Ces fameux détails, dans une compétition qui peut s’étirer sur six semaines (11 juin-19 juillet), qui compteront lors du Mondial. « Cette liste ne sera pas compliquée parce que j’ai une richesse de choix, avance-t-il. Il y aura des déçus. Ma fonction de sélectionneur n’a pas que des bons côtés.» États des lieux.

Chez les gardiens de but, une seule incertitude domine : est-ce que Lucas Chevalier va rejouer avec le Paris SG ? Déclassé dans son club et supplanté par le Russe Matveï Safonov, l’ancien portier de Lille a passé le rassemblement dans la peau d’un numéro trois, derrière Mike Maignan et Brice Samba. C’est le seul international à ne pas avoir disputé la moindre minute sur les pelouses américaines. Si le sélectionneur a « tendu la main » à Chevalier, est-ce qu’il peut en faire de même cet été pour la Coupe du monde? C’est toute la question. Mais derrière, personne ne s’impose. Alphonse Areola joue peu à West Ham, et les profils de Jean Butez (Côme)/robin Risser (RC Lens), n’ont pas fait sauter au plafond le staff français. Pour le rôle anecdotique du numéro trois, ce débat ne mettra pas la France du football dans la rue.

Du côté des défenseurs, là aussi, peu de suspense, même si Maxence Lacroix a sorti un match énorme lors de la victoire contre la Colombie (3-1). Le sélectionneur fera confiance, sauf blessure, à ces huit éléments. Jules Koundé, absent sur blessure aux États-unis mais titulaire indiscutable, et Malo Gusto, à droite, sont des partants certains. À gauche, Lucas Digne et Théo Hernandez aussi. Les outsiders partent de trop loin (Kalulu, Clauss, Mendy, Udol…) mais peuvent y croire en cas de pépins. Dans l’axe, le quatuor des cadres est connu : Konaté, Saliba, Upamecano, Lucas Hernandez.

Au milieu de terrain, la question est de savoir combien d’éléments Didier Deschamps choisira sachant qu’il semble parti pour jouer avec quatre offensifs sur la ligne d’attaque. Attention tout de même en configuration compétition internationale… Cinq ou six milieux pourraient figurer dans l’avion pour le pays de Donald Trump et cela aura son incidence dans le choix final. Aurélien Tchouaméni, Adrien Rabiot, N’golo Kanté, Manu Koné et Warren Zaïre-emery peuvent dormir tranquillement. C’est moins le cas pour Eduardo Camavinga, qui n’a commencé aucun match aux États-unis et semble stagner. Son entrée en jeu contre la Colombie s’inscrit dans cette ligne. Pour autant, son expérience (première sélection en 2020) et son profil, avec une polyvalence en mesure de lui permettre de jouer aussi latéral gauche, plaide malgré tout en sa faveur. Les autres candidats (Guendouzi, Fofana, Kamara, K. Thuram…) sont là aussi, très en retard.

Nombreux talents en attaque

Conscient d’avoir à sa disposition un remarquable potentiel offensif, Didier Deschamps répète son envie de vouloir voir ses Bleus évoluer avec quatre joueurs devant. À une condition : que ces derniers effectuent le travail défensif à la perte du ballon et ne brisent pas la fameuse quête d’équilibre, socle d’un possible sacre l’été prochain. Dans ce secteur de jeu qui a fait saliver Carlo Ancelotti, battu avec le Brésil jeudi dernier (1-2) à Foxborough, les incontournables sont nombreux à se savoir déjà dans l’avion.

Le capitaine Kylian Mbappé, le Ballon d’or Ousmane Dembélé, le Munichois Michael Olise, les Parisiens Bradley Barcola et Désiré Doué ou encore l’artiste Rayan Cherki sont partants certains… Grand vainqueur de ce rassemblement avec son but contre la Seleção, Hugo Ekitiké (8 sélections, 2 buts) frappe même à la porte des titulaires cet été. Son quart de finale de Ligue des champions avec Liverpool face au PSG, son ancien club, sera scruté avec intérêt. Derrière ces sept internationaux, capables d’évoluer à plusieurs postes et de permuter pour rendre « le jeu moins lisible » aux adversaires, comme le veut Deschamps, d’autres postulent. Maghnes Akliouche et Marcus Thuram, décisifs dimanche face aux Cafeteros, frappent à la porte. Tout comme Randal Kolo Muani, pourtant méconnaissable et grand perdant cette semaine. Réponse le 14 mai.

Les 22 Bleus certains de partir en Amérique : 
Maignan, Samba, 
Koundé, Gusto, Konaté, Upamecano, Saliba, L. Hernandez, T. Hernandez, Digne, 
Tchouaméni, Kanté, Rabiot, Koné, Zaïre-Emery, 
Mbappé, Dembélé, Olise, Ekitiké, Cherki, Barcola, Doué.

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