Leçons à tous les étages
Joshua Tarling au premier plan, Oscar Onley, Kévin Vauquelin, Michal Kwiatkowski et Dorian Godon ont réussi un brillant chrono par équipes hier.
La formation Ineos Grenadiers a remporté l’étape et voilà Vauquelin 2e du général à deux petites secondes de Juan Ayuso.
Juan Ayuso, leader du général, son dauphin Kévin Vauquelin, vainqueur avec son équipe de l’étape, sont les gagnants d’une journée qui a vu la formation UAE Emirates-XRG se rater.
11 Mar 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS et THOMAS PEROTTO
POUILLY-SUR-LOIRE (NIÈVRE) – La glissade d’Oscar Onley et Samuel Watson devant Chez Alice, au 46 rue Gambetta, dans un virage serré lors de la reconnaissance du midi n’était donc pas un signe annonciateur. Ineos Grenadiers, avec Kévin Vauquelin et Oscar Onley mais sans l’Espagnol Carlos Rodriguez (à 3’51), a remporté hier un contre-la-montre par équipes qui a propulsé Juan Ayuso (Lidl-Trek) en jaune dans la Nièvre, au milieu des vignes et de longs tronçons colorés.
Test concluant pour Vauquelin avec Ineos Grenadiers
Kévin Vauquelin, vainqueur du chrono par équipes avec Ineos Grenadiers, a bien intégré les codes de sa nouvelle équipe, son exigence surtout. Hier au coeur des superbes paysages de vignes, le Normand était heureux mais refusait de parler de performance parfaite – « cela a bien marché » – et ciblait quelques erreurs, minimes, mais qui comptent à la fin: la chute d’Onley pendant la reco du matin ( « une glissade » minimisait-il), Vauquelin qui touche la chaussure de l’Écossais au moment d’un relais et la roue de Joshua Tarling perdue par les deux co-leaders dans le final. L’idée, aussi, était « de passer la dernière montée avec quatre coureurs, expliquait ensuite Onley. Au final, on n’était plus que trois et, moi, j’ai simplement essayé de m’accrocher dans la descente ».
Lui et le Français se sont ensuite fait la peau pour aller chercher cette victoire d’étape et valider leur choix de rejoindre les Britanniques cet hiver, jugeait l’ancien de Picnic PostNL : « Le est un facteur important dans beaucoup de grandes courses cette saison, donc on a vraiment mis beaucoup l’accent dessus. »
Vauquelin était venu pour cette culture du chrono, « qui est dans le sang d’Ineos. C’était un point très important pour moi quand j’ai voulu rejoindre l’équipe. On a montré que l’on travaille énormément, que ça paie. On l’avait déjà vu à l’Algarve, à Tirreno hier (lundi). Je travaille beaucoup sur mon vélo de chrono et le résultat prouve que j’ai encore progressé ». Mais il lui manque un chouïa (deux secondes) pour endosser le maillot jaune, devancé par Juan Ayuso. Une déception « car j’aurais voulu le prendre ».
Ayuso, un patron qui a été malin
Un jour plus tard, il est déjà l’heure de dire que Juan Ayuso a été sacrément malin d’aller chercher quatre secondes de bonifications, lundi, sur un sprint intermédiaire. Elles lui permettent d’être en jaune après la deuxième place de Lidl-Trek à… deux secondes d’Ineos Grenadiers. « Tout s’additionne, c’est un bon avantage, mais à Paris-Nice, tout peut changer très rapidement, sourit l’Espagnol. Lundi, c’était quatre secondes mais aujourd’hui (hier), c’est pour deux secondes qu’on ne gagne pas l’étape, donc c’est un peu frustrant. Les gars méritaient de gagner. »
« Je pense qu’on a fait le chrono qu’on voulait, on était très homogènes, et Juan était extrêmement fort, il était impressionnant. J’ai fait beaucoup de contre-la-montre par équipes, mais l’impression que Juan m’a laissée, c’est quelque chose » , avoue le Français de LidlTrek, Julien Bernard.
« Juan a fait un très gros finish, je crois qu’il peut avoir de grosses ambitions pour la fin de semaine » , confirme aussi Steven De Jongh, le directeur sportif de la formation américaine. Déjà vainqueur du Tour d’Algarve pour sa première épreuve avec Lidl-Trek, Ayuso, arrivé cet hiver, donne pour le moment de solides garanties. Il a été très costaud après avoir été lancé dans la dernière rampe par Mathias Vacek puis Jakob Söderqvist. « C’est bien d’être en jaune et nous avons encore plusieurs jours devant nous pour essayer d’obtenir un résultat » , anticipe déjà l’Espagnol.
L’étonnante stratégie de Decathlon-CMA CGM, la décevante performance d’UAE
Relégués à 37 secondes d’Ineos Grenadiers et de la victoire, à 22 de Jonas Vingegaard (Visma Lease-a-bike) et plus de deux minutes devant leurs coéquipiers d’UAE Emirates-XRG, Brandon McNulty et Marc Soler ont vite quitté Pouilly-sur-Loire. La formation émirienne a pris un coup sur la tête, comme il y a un an lors du chrono par équipes à Nevers (8 à 41'' de Visma).
Pas dans le bon tempo et avec un train qui s’est délité très tôt (d’abord Sivakov puis Herregodts, Politt et Arrieta avant la bosse de fin de parcours, Oliveira au pied du mur), UAE a livré une copie décevante.
Chez Decathlon-CMA CGM, l’ambiance était meilleure avec une troisième place, grâce à Daan Hoole, lancé à six kilomètres de l’arrivée, seul: « On a utilisé les gars avant et ensuite, c’était à moi de finir, explique le Néerlandais. Le plan était d’utiliser beaucoup de coureurs avant la dernière montée, ensuite on voyait quel était le rythme et qui pouvait suivre. Je pense que ce n’était pas mauvais d’être seul. »
Nicolas Prodhomme, le leader, est arrivé 37 secondes après Hoole et il pointe au 25e rang du général à 51 secondes. « L’objectif était de faire le meilleur résultat possible aujourd’hui, quitte à sacrifier tout le monde, observe le Normand. Je ne prenais des relais que de cinq secondes pour aller le plus loin possible mais je n’ai pas pu suivre. Clairement, vu l’équipe qu’on avait, on visait un résultat. Le général, c’était secondaire par rapport à la victoire. C’était très clair dès la semaine dernière, dès la composition d’équipe. »

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