Van der Poel au forceps
Mathieu van der Poel à la lutte, hier, avec Isaac del Toro et Giulio Pellizzari,
sur le chemin blanc bien caillouteux peu avant l’arrivée au coeur de San Gimignano. Le Néerlandais les battra au sprint mais le combat fut rude.
Le Néerlandais a dû s’employer hier pour remporter l’étape du chemin blanc de San Gimignano, face à Giulio Pellizzari mais aussi Isaac Del Toro, qui a pris le maillot azzurro de leader.
“C’est compliqué de dire si je suis mieux que l’an passé.
Je suis ici pour essayer de m’améliorer encore un peu (…)
et je crois que je suis à l’heure ''
- MATHIEU VAN DER POEL
11 Mar 2026 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS
SAN GIMIGNANO (ITA) – Comme quoi, il n’y a pas besoin d’en mettre trop, un petit chemin blanc de cinq bornes bien caillouteux, quelques gouttes de pluie pour rendre ça glissant, une bosse pour finir de se hisser dans les ruelles ancestrales de la magnifique San Gimignano, au milieu de ces tours rectangulaires et austères qui lui valurent le surnom a posteriori de « Manhattan du Moyen-Âge » et vous avez un joyeux bazar. Des coureurs plus sales qu’à la sortie des Strade Bianche et surtout au bord de la suffocation tant l’effort avait été violent, bouches rondes et grandes ouvertes comme des carpes qu’on vient de sortir de l’étang.
Mathieu van der Poel luimême a franchi la ligne en vainqueur mais le visage de travers, sans même avoir la force de lever les bras et il lui a fallu de longues secondes recroquevillé sur son cadre pour récupérer, le coeur qui tapait fort dans sa cage thoracique. Un peu plus loin, on entendait Isaac del Toro cracher une toux sèche. Les deux ont été les principaux dynamiteurs du final, avec Giulio Pellizzari, plus en vue que son leader Primož Roglič, et si van der Poel a empoché l’étape, Del Toro a chipé le maillot bleu de leader à Filippo Ganna.
Le Néerlandais avait pris le commandement sur le chemin empierré assez rapidement, au relais de Julian Alaphilippe, et son forcing avait notamment poussé à la faute Matteo Jorgenson, qui glissa dans un virage. Mais le champion du monde 2023 ne parvint pas à creuser et il fut donc rejoint par Del Toro et Pellizzari. L’Italien lança le sprint d’un peu trop loin et Van der Poel se fit la peau pour le déborder.
La victoire était là, mais le leader d’Alpecin-Premier Tech dut s’employer un peu plus que ce qu’on aurait pu imaginer à dix jours de Milan-San Remo. Après une rapide toilette sous une tente de fortune, van der Poel réapparut avec sa bouille remise à l’endroit, sourcils soignés, joues glabres un brin rosies, mâchoires découpées et regard clair pour livrer son analyse. « Dans le virage glissant où j’ai perdu ma chaîne et failli tomber, j’ai dû pousser tellement fort pour revenir dans la roue de del Toro qu’ensuite j’étais aussi à la limite pour prendre les relais, expliqua
t-il. Je savais qu’il allait relayer pour son classement général, ce qui est normal, j’ai juste essayé de rendre la course la plus difficile possible. » Et les jambes ? « Elles étaient plutôt correctes, poursuivit-il. Je me sentais mieux à l’Omloop (Nieuwsblad), mais bien sûr si tu gagnes une étape comme ça, tu ne peux pas te plaindre. C’est compliqué de dire si je suis mieux que l’an passé. Je suis ici pour essayer de m’améliorer encore un peu pour mes principaux objectifs de la saison et je crois que je suis à l’heure. »
Après sa victoire dans la semiclassique d’ouverture, Mathieu van der Poel est resté en Belgique, où la météo a été assez clémente pour qu’il puisse bien s’entraîner. « C’était sympa d’être à la maison, j’ai eu du repos et pu passer du temps précieux avec ma copine et ma famille. »
Bien sûr, Milan-San Remo est déjà là, dans toutes les discussions, et si del Toro a bourdonné dans ses oreilles hier, il sait qu’il le retrouvera du côté de la Cipressa. « Il peut jouer un rôle crucial pour rendre la course très dure, a reconnu van der Poel.
Quand tu vois comme Tadej (Pogačar) et toute son équipe sont forts, ils ont bien sûr toutes les clés pour gagner cette course. Mais je l’ai déjà dit, tout doit être absolument parfait pour réussir dans la Cipressa. S’il y a vent de face par exemple, je ne crois pas que c’est possible de faire la même chose que l’an dernier. » Encore quelques jours à patienter pour découvrir les premières prévisions et imaginer tous les scénarios possibles.
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