Magnier, c’est pour aujourd’hui?
Le coureur français, tête d’affiche d’une formation Soudal - Quick-Step qui cherche à renouer avec sa culture des classiques, va se mesurer à une course dans ses cordes.
“Ce sera un bon test,
il a la possibilité de gagner des courses comme celles-là"
- TOM BOONEN
29 Mar 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS (avec L. He.)
MIDDELKERKE – Dans l’intimité des stages hivernaux de Soudal - Quick-Step, Valentin Paret-Peintre et Paul Magnier ont eu l’occasion de rigoler un paquet de fois, de se chambrer aussi. Le premier rappelle ainsi, souvent, combien son succès au mont Ventoux, l’été dernier pendant le Tour, pèse bien plus lourd que les dix-neuf succès de son coéquipier l’an passé. « Il me dit : “Tu es plus connu que moi !” Cela lui fait mal », rigole Paret-Peintre. Dans leur rivalité arithmétique très amicale, Magnier mène encore au score, deux à zéro, avec ses étapes remportées sur le Tour d’Algarve, mais il n’est pas dit que ce début de saison lui convienne à l’heure d’aborder In Flanders Fields (la nouvelle dénomination de Gand-Wevelgem) , une épreuve à sa mesure.À bientôt 22 ans, Paul Magnier est attendu sur ce In Flanders Fields (la nouvelle dénomination de Gand-Wevelgem), qui pourrait constituer une nouvelle étape dans sa progression.
Poissard avec des incidents mécaniques, il a terminé 11e au Nieuwsblad, où il avait performé douze mois avant (2e), 131e de Kuurne mais, déjà, début février, son équipe l’avait mené à l’herbage avant le Tour de Valence, car elle l’avait trouvé fatigué.
Une gestion saluée par Tom Boonen auquel tout le monde le compare, au sein même du Wolfpack, ce que le triple vainqueur du Ronde ne juge pas utile. « Je ne le connais pas beaucoup, raconte Boonen. Je l’ai rencontré pour la première fois jeudi (avant l’E3, où le Belge était monté dans une voiture de Soudal), on a parlé seulement une minute, mais j’ai cru comprendre qu’il venait du ski (rires) et qu’il a fini par tomber dans le vélo. Ce n’est pas toujours facile d’arriver avec beaucoup de talent ( par rapport aux attentes), mais il est dans la bonne équipe pour l’entourer, ils sont très tranquilles avec lui. Il faut lui laisser le temps nécessaire pour devenir un champion. » Avant toute comparaison avec le quadruple vainqueur de Paris-Roubaix, un autre Tom, Steels, avait préféré en janvier dernier modérer les attentes autour de son coureur. À Calpe, le directeur sportif de la formation belge avait pointé l’épreuve du jour (qu’il a remportée en 1996 et en 1999) plutôt que le Ronde ou l’Enfer du Nord, des courses peut-être encore trop grandes pour le Français qui aura 22 ans le 14 avril, on l’oublie parfois.
De fait, le Grenoblois ne verra pas le Vélodrome cette année, mais plutôt un stage en altitude avant d’attaquer le Giro (du 8 au 31 mai), alors qu’au coeur de l’hiver, il envisageait, en fonction de son état de forme, d’enquiller les deux Monuments.
Tout devait dépendre, selon lui, de la tournure que prendrait Tirreno-Adriatico, où il n’a pu se montrer qu’à une seule reprise (4e de la 3e étape) avant de chuter, comme il y a un an, lors de la dernière journée. Son apprentissage s’est poursuivi à Milan-San Remo, qu’il découvrait sans ambition (80e), mais au départ de Middelkerke, ce matin, il visera beaucoup mieux que la 38e place de l’an passé pour ses débuts sur la classique belge. « Il aura l’équipe avec lui. Il a les qualités pour devenir l’un des meilleurs coureurs ( de classiques) mais il est jeune, désamorçait Steels en janvier. Cette saison, il doit mieux ressentir les sensations, dans son corps et dans sa tête, autour des classiques. » Dans la foulée de sa prolongation jusqu’en 2029, lui-même calmait les ardeurs médiatiques de le voir s’imposer sur les Monuments pavés dans l’immédiat : « Le Tour des Flandres et Roubaix, j’aimerais y performer, mais on prend le temps de faire ça bien. »
Rencontré avant le Nieuwsblad, Tom Dumoulin demandait aussi qu’on ne pressurise par le Grenoblois, attendant de le voir « vraiment passer un cap et devenir un des leaders du peloton, dans les prochaines années, surtout dans les sprints et les classiques pour rivaliser avec des Mads Pedersen par exemple ». Et prendre la trace de Tom Boonen comme l’envisagent les suiveurs, mais aussi ses dirigeants, qui n’ont pas hésité à ouvrir la porte à un autre sprinter, Luke Lamperti (parti chez EF Education-EasyPost)?
« Je n’aime pas dire qu’il pourrait être le prochain untel ou untel, bottait l’ancien vainqueur du Giro (2017). J’espère simplement pour lui qu’il continue à franchir les étapes comme il le fait déjà. Il progresse énormément et j’espère qu’il pourra continuer sur cette lancée et qu’il deviendra vraiment l’un des meilleurs coureurs du monde à l’avenir. »
De loin, l’autre Tom, Boonen cette fois, a déjà perçu cette évolution: « Il a pris beaucoup en maturité et il a beaucoup changé physiquement. Quand on regarde le Paul du début de saison dernière et celui en fin de saison, on voit que c’est devenu un garçon vraiment fort. » Pas encore assez pour rivaliser avec Mathieu Van der Poel, sur sa route encore aujourd’hui, « car il faut beaucoup d’entraînement pour les classiques, pour tout donner sur une journée, être capable de dicter la course à l’avant… Mais je crois que Paul a déjà montré qu’il en était capable. Gand-Wevelgem sera un bon test, il a la possibilité de gagner des courses comme celles-là ». Cette fois, c’est Boonen luimême qui le dit.
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