MARTINEZ Toujours plus haut
Lenny Martinez, hier vers Queralt, où il s’est encore montré épatant.
Le jeune Français, 2e de l’étape, est désormais le dauphin de Jonas Vingegaard,
intouchable, avant l’arrivée finale aujourd’hui à Barcelone.
Le jeune Cannois s’est encore montré solide, hier, malgré une crevaison qui l’a pénalisé dans le final. Le voilà dauphin de Jonas Vingegaard, un rang qui confirme sa régularité nouvelle.
"On venait ici pour un top 5, on savait Lenny capable de le faire,
il l’a déjà montré. Maintenant, on va essayer de maintenir cette 2e place"
- XAVIER FLORENCIO, SON DIRECTEUR SPORTIF
29 Mar 2026 - L'Équipe
PIERRE MENJOT
QUERALT (ESP) - Que faire avec Lenny Martinez? Voilà un garçon capable de lâcher que « les sensations n’étaient honnêtement pas très bonnes » , vendredi, un jour où il fait 3e d’une étape à 4400 mètres de dénivelé. Et de faire encore un peu mieux, le lendemain, malgré un souci technique inédit. « J’ai fait les deux dernières bornes à plat de l’avant, se marrait le grimpeur de Bahrain-Victorious, 2e de l’étape vers Queralt, hier, derrière l’intouchable Jonas Vingegaard. Je ne pouvais pas me mettre en danseuse, sinon je touchais la jante, donc j’ai essayé de mettre le maximumde poids à l’arrière, j’ai réussi à sprinter un peu assis. Ça ne m’était jamais arrivé et heureusement que ça ne m’est pas arrivé plus tôt. »
« Une anecdote » , racontait-il, qui ne doit pas masquer la grande performance que le Cannois (22 ans) réalise. Le voilà dauphin de Vingegaard au classement général du Tour de Catalogne, un rang de mieux qu’au départ de Berga samedi, et si « la première place est impossible, normalement », Lenny Martinez, relégué à 1’22” du Danois, se contenterait volontiers du podium aujourd’hui à Barcelone. « On en serait très heureux, insistait Afonso Eulalio, énorme hier dans le final pour relayer Remco Evenepoel et mettre hors jeu Felix Gall, ex-2e du général, distancé dans une descente. Lenny progresse, il est super jeune et doit encore apprendre, mais il est aussi en train de prouver de belles choses. »
L’an passé, pour sa première saison chez Bahrain Victorious, il avait vécu des hauts (vainqueur d’étapes sur Paris-Nice, le Dauphiné et le Tour de Romandie, 2e du Tour de Romandie) et des absences coupables (Paris-Nice, Tour de France) qui fâchaient sa direction sportive et interrogeaient l’intéressé. « Ça ne me dérangerait pas de ne pas être régulier, honnêtement, si je continue à gagner des courses comme ça, confessait-il cet hiver. Remporter des courses, c’est le but ultime. Et pour l’instant, je m’épanouis à fond là-dedans. Un classement général, c’est beau, mais c’est différent. »
Sa première course par étapes, à Paris-Nice, avait dessiné un nouvel homme, « plus le petit jeune » , assurait-il pendant la Course au Soleil. Capable de gommer ces journées où les jambes pèsent lourd, où la chaleur et le froid se succèdent, sans flancher. Cette progression l’a mené à la 5e place finale à Nice, en plus d’une victoire d’étape le dernier jour. Et s’il n’a pas encore levé les bras en Catalogne (« Sur maforme de Paris-Nice, j’aurais peut-être pu suivre Vingegaard », susurrait-il vendredi), son classement confirme ce cap franchi.
« On venait ici pour un top 5, on savait Lenny capable de le faire, il l’a déjà montré, expliquait Xavier Florencio, son directeur sportif, heureux de pouvoir compter sur un coureur fiable. Maintenant, on va essayer demaintenircette 2e place. » C’était aussi l’objectif du Cannois, qui n’oubliait pas de glisser que le circuit de Monjuïc est « un terrain qui [ lui] convient bien ». Au cas où son instinct d’attaquant revenait.
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Deux par deux
Comme sur Paris-Nice début mars, Jonas Vingegaard a remporté une seconde étape d’affilée hier, à Queralt, dominateur dès que la route s’élève.
29 Mar 2026 - L'Équipe
de notre envoyé spécial à Queralt
Il veut gagner, fait rouler son équipe, et lève les bras. Il y a quelque chose de répétitif à voir Jonas Vingegaard en course cette saison, mais comme le dit son équipier Sepp Kuss, de retour à un niveau de super lieutenant cette semaine, «quand tu as les jambes comme lui, il faut en profiter». Déjà double vainqueur d’étape (et du général) sur Paris-Nice début mars, le Danois de Visma-Lease a bike a remis ça en Catalogne.
Après sa démonstration en haute montagne vendredi, il s’est montré patient, hier, pour s’imposer au sanctuaire de Queralt, une beauté de monument, construit en épousant le relief d’une montagne, devant lequel se trouve un tableau re présentant Eddy Merckx et Tadej Pogacar, dernier vainqueur ici, en 2024.
Le circuit de Montjuic,
un avant-goût de Tour
Comme le Slovène, Vingegaard n’a laissé aucune chance aux autres candidats à la victoire. Une seule attaque, ou plutôt une accélération, à un peu plus de 2 km du sommet et alors que Remco Evenepoel en finissait de son rôle d’équipier, et le maillot blanc et vert de leader de la Catalogne est parti. «Je suis heureux d’avoir suivi les Red Bull (d’Evenepoel et Lipo qui ont mis la pression dans la descente ( de la collada de Sant Isidre, avant l’ascension finale), ils ont fait un très bon boulot, relevait-il. Gagner deux étapes signifie beaucoup pour moi, la Catalogne est une grande course et je veux gagner des grandes courses.»
Avec 1’22’’ d’avance au général, le grimpeur peut voir venir, aujourd’hui, dans l’étape de Barcelone, qui lui servira de reconnaissance pour le début du Tour, également dessiné autour du circuit de Montjuic. « L’objectif principal sera seulement de défendre le maillot, ensuite on verra, expli quait-il, prudent. L’étape convient davantage à d’autres coureurs. »
Un dernier effort avant de couper et repartir en stage en vue du Giro (8-31 mai). Le Danois s’estime « dans une bonne forme mais pas encore la meilleure». Sympa pour les autres.
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SEMAINE COPPI ET BARTALI
Laurance en verve
On prend les mêmes et on recommence ! Comme lors de la première étape mercredi, Axel Laurance (24 ans, Ineos-Grenadiers) s'est imposé hier devant Mauro Schmid lors de la 4 étape de la Semaine Coppi et Bartali.
À l'image de sa première victoire de la semaine en Italie, le Français a profité d'un dernier kilomètre en bosse pour faire parler ses qualités de puncheur et régler le Suisse de l'équipe Jayco-AlUla au sprint, au milieu des vignobles de Valdobbiadene.
Dans un final au profil accidenté, le travail du peloton a éteint les derniers espoirs des deux Italiens Emanuele Ansaloni et Filippo Agostinacchio, derniers rescapés de l'échappée reprise à 14 km du terme.
Après un gros relais de l'équipe XDSAstana pour son leader Diego Ulissi, les favoris se sont expliqués au sprint. En décrochant son deuxième succès de la semaine, Axel Laurance a récupéré le maillot de leader du général à son dauphin du jour au jeu des bonifications. Pour espérer garder sa tunique, le Français devra tenir dans le Monte Stella, (4,6 km à 8,7 %) situé à une vingtaine de kilomètres de l'arrivée de la 5e et dernière étape, aujourd’hui.

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