Vingegaard retrouve des couleurs


Jonas Vingegaard à la lutte avec Lenny Martinez, hier, 
dans la dernière côte, a pu ensuite brandir pour la première fois son trophée de vainqueur de l’épreuve. 
Avec une allégresse nouvelle.

Martinez chatouille Vingegaard

Le Danois a remporté pour la première fois la Course au soleil au bout d’une semaine maîtrisée mais sans grande concurrence, et où il aura paru bien plus détendu que d’habitude.

"Jonas a passé un bon hiver (…) 
On savait qu’il était prêt pour Paris-Nice" 
   - MARC REEF, DIRECTEUR SPORTIF 
     DE VISMA-LEASE A BIKE

"Je suis beaucoup plus détendu. 
J’ai aussi de nouveaux challenges, ça me motive encore plus et me rend très heureux"
   - JONAS VINGEGAARD 

16 Mar 2026 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO (avec YOHANN HAUTBOIS)

NICE – Le beau temps était revenu hier sur la Côte d’Azur mais il ne s’est pas souvent éloigné de Jonas Vingegaard cette semaine. Le leader de Visma-Lease a Bike a conquis Paris-Nice sans vraiment trembler, sans trop être inquiété au général et sans afficher une quelconque pression pour sa rentrée. « C’est génial de pouvoir enfin gagner Paris-Nice, cette course représente beaucoup pour moi, avouait le Danois (29 ans) en fin de journée, habillé de jaune, dans l’immense salle de presse de l’Allianz Riviera. Je suis très fier. Il a fallu quelques essais mais cette fois, tout s’est déroulé comme prévu. C’est une course où quelque chose semblait toujours aller mal pour moi. Heureusement, cette année, toutes les pièces du puzzle se sont mises en place. »

Après une troisième place en 2023 derrière Tadej Pogacar et David Gaudu et un abandon l’an dernier en milieu de semaine, laissant la voie libre à un doublé de son coéquipier Matteo Jorgenson, la ligne au palmarès est maintenant cochée.

Vingegaard n’avait pas couru depuis le 5 octobre et son abandon aux Championnats d’Europe en Drôme-Ardèche. S’imposer sur Paris-Nice est un signal intéressant. Il a même levé les bras deux fois, à Uchon et Colombier-leVieux, et manqué d’un rien un troisième succès hier, au sprint face à Lenny Martinez. «Jonas a passé un bon hiver, même s’il a connu un coup d’arrêt avec une chute, il a été un peu malade et il n’est pas allé à l’UAE Tour. Mais on savait qu’il était prêt pour Paris-Nice », rappelle Marc Reef, directeur sportif de Visma-Lease a bike.

Si les étapes de cette édition 2026 n’ont pas donné l’occasion de réaliser des performances révélatrices en termes de puissance, son état de forme a confirmé les bonnes impressions laissées par les données cet hiver. « Il était déjà très en confiance parce qu’il a encore franchi une étape pendant ses séances d’entraînement, constatait vendredi, à Apt, Richard Plugge, le grand patron de la formation néerlandaise. Il est meilleur que les années passées. Réaliser ça à l’entraînement est une chose, le faire en course c’est différent. Ce qu’on a vu ici est la confirmation de ce que nous savions. »

« Je me sens moi-même très fort. Cela a toujours été mon objectif de gagner Paris-Nice, maintenant encore plus » , commentait le Danois au soir de l’étape dantesque d’Uchon, mercredi, après avoir assommé la course alors que Juan Ayuso (Lidl-Trek), en très grande forme lui aussi et maillot jaune le temps d’une journée, avait abandonné quelques heures plus tôt. « Il était très motivé dès le matin dans notre bus, c’est super qu’il ait pu s’exprimer. Il était toujours bien placé, il a évité les chutes, je suis très content pour lui, avait alors confié son coéquipier, Axel Zingle. Malheureusement, ses adversaires ont eu de la malchance et il aurait préféré battre tout le monde à la pédale. »

Sans Almeida au départ, sans Ayuso en milieu de semaine ni Brandon McNulty ensuite, ses vrais rivaux étaient une classe en dessous. Ce n’est pas de sa responsabilité, et il faut se souvenir que le Danois n’avait pas pu jouer la gagne l’an dernier, tombé dans la côte de Trèves lors de la 5e étape, un an après une autre chute, bien plus grave, au Pays Basque début avril 2024.

La page est tournée ? « Je le sens plus détendu, observe Reef, qui le côtoie depuis plusieurs années. L’accident en 2024 a eu beaucoup de conséquences sur lui, non seulement physiquement mais aussi mentalement. L’année dernière, c’était encore de la malchance ici, et cela a été difficile pour lui. Mais depuis cet hiver, il se sent à nouveau normal et cela l’aide beaucoup.» «Je crois que j’apprécie les choses bien plus qu’auparavant. Oui, je suis beaucoup plus détendu, livrait Vingegaard dimanche. J’ai aussi de nouveaux challenges et ça me motive encore plus. Ça me rend très heureux.»

Des Yvelines dimanche dernier à Uchon mercredi dans la tempête, en passant par le chrono par équipes de Cosne-sur-Loire et ce week-end niçois entre pluie et soleil, le double vainqueur du Tour de France a toujours affiché un visage souriant et apaisé, disponible pour ses supporters et drôle en zone mixte. « Vous avez vu le Jonas qu’on voit tous les matins dans le bus, très marrant, qui aime les blagues, qui est très ouvert. J’ai l’impression qu’il est moins renfermé vis-à-vis de l’extérieur » glisse-t-on dans son équipe.

En Catalogne à partir de dimanche prochain face à Remco Evenepoel et Joao Almeida, puis au Tour d’Italie en mai, qu’il va découvrir, Vingegaard va continuer sa montée en puissance dans un contexte plus tranquille que juillet sur le Tour. « Cela lui donne aussi une grande motivation de faire quelque chose de différent, observe Reef. Ces dernières années, son programme était plus ou moins le même. C’était un grand souhait de sa part de faire le Giro. Je pense que cela joue également un rôle dans la façon dont vous le voyez en ce moment. Nous voulons avoir un meilleur Jonas. C’est nécessaire aussi sur le Tour, à cause du niveau là-bas en ce moment, alors il fallait essayer quelque chose d’autre. »

« Je sens que j’ai une motivation différente cette saison, peut-être même quelque chose que je n’ai pas eu depuis plusieurs années » , confiait Vingegaard en janvier, à Calpe. « La forme est déjà très bonne et j’espère qu’elle sera encore meilleure » , disait-il en quittant Nice. La saison est encore très longue, mais la Course au Soleil a confirmé ce sentiment.


***

4’23’’ - Avec 4’23’’d’avance sur Daniel Felipe Martinez (qui a chuté hier), Jonas Vingegaard est le vainqueur de Paris-Nice le plus large depuis 1956 et le succès du Belge Alfred De Bruyne, qui avait battu le Français Pierre Barbotin de 3’58’’. L’écart le plus important remonte à 1939, avec 9’33’’ pour Maurice Archambaud sur Frans Bonduel.

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