Déjà redoutable sur la Redoute
Paul Seixas célèbre sa victoire à l’arrivée de Liège-Bastogne-Liège juniors, il y a deux ans.
Une course qu’il disputera pour la première fois dans la catégorie seniors ce dimanche.
Seixas a la Redoute en tête
Le 4 mai 2024, Paul Seixas découvrait et remportait Liège-Bastogne-Liège chez les juniors.
Presque un pari à l’époque, mais gagnant sur bien des aspects. Souvenirs.
“Tout le monde était resté à sa place et il s’était envolé"
“Tout le monde était resté à sa place et il s’était envolé"
- BAPTISTE DURAND-TONNERRE,
COUREUR DE L’AS VILLEMUR
"J’ai tout de suite accroché à ce type d’efforts, qui me correspond vraiment bien"
- PAUL SEIXAS, AU SUJET DE
LIÈGE-BASTOGNE-LIÈGE
24 Apr 2026 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO (avec JULIEN CHESNAIS)
LIÈGE (BEL) – C’était il y a deux ans, une éternité à son échelle, une autre époque, un autre statut, mais qui préfigurait sûrement un peu ce qu’il s’est joué ces derniers jours et qui se tramera encore lors des prochains. Cette semaine de Liège-Bastogne-Liège est un souvenir en guise de promesse. Dimanche, Paul Seixas (19 ans) affrontera Tadej Pogacar et Remco Evenepoel dans la Redoute, un endroit où il avait remporté la course version juniors, le 4 mai 2024. Il avait 17 ans.
L’arrivée était alors jugée à la moitié de la côte (800 m à 8,1 % à l’époque, mais 1,6 km à 8,8 % chez les grands) et, ce dimanche, il faudra ensuite aller jusqu’à Liège. Le principal objectif de sa première partie de saison. « Cette course m’a fait rêver, confiait le vainqueur de la Flèche Wallonne au Btwin Village de Lille, lors de la présentation de son équipe Decathlon-CMA CGM, mi-décembre. Ça me tenait à coeur. »
Il y a deux ans, en revanche, cette échéance ne faisait pas figure de rendez-vous majeur pour lui, en tout cas aux yeux de son équipe. « Ah non, pas du tout, rigole aujourd’hui Alexandre Pacot, son entraîneur depuis 2022. Il sortait d’une fracture d’un poignet (en janvier 2024) qui avait signé la fin de sa saison de cyclo-cross avec de France. Quelques jours avant Liège, je me questionnais vraiment sur sa participation. Il avait fait un stage avec beaucoup de volume autour du chrono. Pour moi, c’était un vrai frein. Les Championnats de France avaient lieu quatre jours après Liège, et c’était là son vrai objectif. »
Au printemps 2024, Seixas confiait que sa blessure avait presque été un mal pour un bien : « Ça m’a aidé d’avoir un peu de fraîcheur et cette victoire est peut-être un peu liée à ça, je suis arrivé un peu plus frais que les autres. » Les efforts liés au profil de la course lui convenaient très bien et son potentiel le plaçait déjà parmi les favoris. « Oh oui, bien avant l’épreuve, tout le monde connaissait Seixas, on voyait ses résultats en Coupe des nations, en Coupe de France, se souvient Baptiste Durand-Tonnerre, dossard 76 de l’AS Villemur ce jour-là. Il arrivait en tant que favori, avec Aubin Sparfel. On savait que Paul venait pour gagner et pour gagner avec la manière. » Les faits n’avaient pas été démentis ce jour-là. « Les jeunes aimaient participer à ce genre de course mythique.Il était motivé, les efforts lui convenaient, on les travaillait à l’entraînement », rappelle Paicot. « Pendant 70 kilomètres, on était tranquilles avec Aubin et Paul, on rigolait dans le peloton, on discutait, ça sortait des blagues » , se marre le Belge Louic Boussemaere, l’un des cinq engagés de l’équipe Decathlon-AG2R La Mondiale U19, il y a deux ans. « Paul s’est échappé et il a gagné » , résume Pacot, l’entraîneur qui le connaît si bien.
Paul Seixas sur la plus haute marche du podium,
entre le Néerlandais Daan Dijkman (à gauche) et le Belge Jenthe Verstraete.
Boussemaere allonge le scénario : « À 50 ou 60 kilomètres de l’arrivée, on a attaqué tous les trois, Aubin, Paul et moi. Pour commencer, on a repris l’échappée. Plus loin, on sentait qu’on était bien, et j’ai dit à Paul : “Tu veux que je te lance ?” Il m’a dit oui.C’était dans la côte de Vecquée ( 6,7 km à 4,7 %), je l’ai lancé, et au bout de 100 mètres, il me passait déjà devant. J’ai regardé Aubin, on s’est marrés en se disant que c’était fini, qu’il allait gagner. » Durand-Tonnerre a le même souvenir : « Un de mes coéquipiers, Sam Coleman, qui avait joué la gagne dans le premier peloton un moment, m’avait raconté que quand Seixas avait décidé de partir dans la dernière bosse, ça avait été expéditif. Il n’y avait pas eu moyen de rivaliser avec lui, tout le monde était resté à sa place et il s’était envolé. » À l’arrivée, située à la moitié de la Redoute, Seixas s’impose finalement avec 9 secondes d’avance sur le Néerlandais Daan Dijkman et 16 secondes sur le Belge Jenthe Verstraete. Quant à son coéquipier Sparfel, il règle un petit groupe au sprint et termine 4e. « On se sentait tellement bien tous les trois cette saison-là, l’alchimie entre nous était géniale » apprècie toujours Boussemaere, 17e à l’arrivée. « Liège, c’est une course qu’il avait vraiment envie de gagner cette année, confiait en 2024 Alexandre Chenivesse, alors coordinateur des groupes juniors et Conti. Ce n’était pas le plan idéal, mais il a eu cette force de persuasion au sein de l’équipe ou auprès de son coach. Il lui avait dit : “Fais-moi confiance, je veux aller sur cette course-là, j’aibesoin degagnerce Monument.” » « Il m’avait dit qu’il avait bien fait d’insister », en rigole encore Pacot, joint hier par téléphone. Au printemps 2024, l’intéressé reconnaissait la portée de cette victoire à 17 ans : « C’est cool, mythique, ça fait une belle ligne au palmarès. »
L’automne dernier, en fin de saison, la perspective de Liège-Bastogne-Liège, le souvenir de 2024 et la place de ce Monument dans l’histoire lui avaient aussi arraché un sourire et une tirade pleine d’ambition. « Petit, je n’ai pas eu l’occasion d’y aller comme spectateur mais je la regardais souvent à la télé, expliquait ainsi Seixas. Je l’ai gagnée en juniors. J’ai tout de suite accroché à ce type d’efforts qui me correspond vraiment bien. »
« Les efforts de trois à six-sept minutes, c’est un travail différent de pur grimpeur quand on joue un classement général ou sur un chrono, poursuivait-il. Aller sur cette classique permet d’être un coureur complet, c’est pour ça que ça m’intéresse. » Il confirmait au passage sa présence sur la Doyenne des classiques, son premier Monument de la saison 2026 : « La Redoute, par exemple, c’est une bosse qui me conviendrait vraiment bien. C’est pour ça que Liège-Bastogne-Liège est aussi une des étapes pour la saison prochaine. » Vivement dimanche.
***
Paul Seixas festeggia la vittoria all'arrivo della Liegi-Bastogne-Liegi juniores, due anni fa.
Una gara che disputerà per la prima volta nella categoria senior questa domenica.
Già temibile sulla Redoute
Seixas ha in testa la Redoute
Il 4 maggio 2024, Paul Seixas ha scoperto e vinto la Liegi-Bastogne-Liegi nella categoria juniores.
All’epoca era quasi una scommessa, ma vincente sotto molti aspetti. Ricordi.
“Tutti erano rimasti al loro posto e lui era volato via”
- BAPTISTE DURAND-TONNERRE,
CORRIDORE DELLA AS VILLEMUR
“Mi sono subito appassionato a questo tipo di sforzo,
che mi si addice davvero bene”
- PAUL SEIXAS, A PROPOSITO DELLA
LIEGI-BASTOGNA-LIEGI
24 apr 2026 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO (con JULIEN CHESNAIS)
LIEGI (BEL) – Sono passati due anni, un'eternità ai suoi occhi, un'altra èra, un altro status, ma che di nsicuro preannunciava ciò che è accaduto negli ultimi giorni e che continuerà ad accadere in quelli a venire. Questa settimana della Liegi-Bastogne-Liegi è un ricordo che promette bene. Domenica, Paul Seixas (19 anni) affronterà Tadej Pogacar e Remco Evenepoel sulla salita della Redoute, dove ha vinto la versione junior della corsa il 4 maggio 2024. Aveva 17 anni.
L'arrivo era allora situato a metà della salita (800 m all'8,1% all'epoca, ma 1,6 km all'8,8% nella categoria senior) e, questa domenica, bisognerà poi proseguire fino a Liegi. L'obiettivo principale della sua prima parte di stagione. «Questa gara mi ha fatto sognare», aveva confidato il vincitore della Freccia Vallone, durante la presentazione della sua squadra Decathlon-CMA CGM, al Btwin Village di Lille a metà dicembre. «Ci tengo molto».
Due anni fa, invece, questa scadenza non rappresentava un appuntamento importante per lui, almeno agli occhi della sua squadra. «Ah no, per niente», ride oggi Alexandre Pacot, suo allenatore dal 2022. Era reduce da una frattura a un polso (nel gennaio 2024) che ne aveva segnato la fine della stagione di ciclocross con i Campionati di Francia. Pochi giorni prima di quella Liegi, mi chiedevo davvero se avrebbe partecipato. Aveva svolto un ritiro con un carico di lavoro molto intenso incentrato sulla cronometro. Per me, era un vero ostacolo. I Campionati di Francia si sarebbero svolti quattro giorni dopo la Liegi, ed era quello il suo vero obiettivo.»
Nella primavera del 2024, Seixas confidò che il suo infortunio si era rivelato quasi una benedizione sotto mentite spoglie: "Mi ha aiutato a essere un po' più fresco, e quella vittoria è forse in parte dovuta a questo; sono arrivato un po' più fresco degli altri". Le esigenze del tracciato gli si addicevano molto, e il suo potenziale lo poneva già tra i favoriti. "Oh sì, ben prima della gara, tutti conoscevano Seixas; avevamo visto i suoi risultati nella Coppa delle Nazioni e nella Coppa di Francia", ricorda Baptiste Durand-Tonnerre, dorsale numero 76 per la AS Villemur quel giorno. "Arrivò come uno dei favoriti, insieme con Aubin Sparfel. Sapevamo che Paul sarebbe venuto per vincere, e per vincere con stile". Quella giornata diede loro ragione. "I giovani adoravano partecipare a quel tipo di gara così leggendaria. Era motivato, il percorso gli si addiceva, ci avevamo lavorato in allenamento", ricorda Paicot. «Per 70 chilometri, eravamo tranquilli con Aubin e Paul, ridevamo in mezzo al gruppo, chiacchieravamo, facevamo battute», ride il belga Louic Boussemaere, uno dei cinque corridori della squadra Decathlon-AG2R La Mondiale U19, due anni fa. «Paul è andato in fuga e ha vinto», riassume Pacot, l’allenatore che lo conosce così bene.
Paul Seixas sul gradino più alto del podio, tra l'olandese Daan Dijkman
(a sinistra) e il belga Jenthe Verstraete.
Boussemaere descrive così la scena: «A 50-60 chilometri dall’arrivo, abbiamo attaccato tutti e tre, Aubin, Paul e io. All’inizio abbiamo raggiunto la fuga. Più avanti, sentivamo di stare bene, e ho chiesto a Paul: “Vuoi che ti lanci?” Mi ha risposto di sì. Era sulla salita di Vecquée (6,7 km al 4,7%), l’ho lanciato e dopo 100 metri mi aveva già superato. Ho guardato Aubin, ci siamo fatti una risata dicendoci che era finita, che avrebbe vinto». Durand-Tonnerre ha lo stesso ricordo: «Uno dei miei compagni di squadra, Sam Coleman, che per un po’ aveva puntato alla vittoria nel primo gruppo, mi aveva raccontato che quando Seixas aveva deciso di partire sull’ultima salita, (per Paul) era stato un gioco da ragazzi. Non c’era modo di competere con lui, tutti erano rimasti al loro posto e lui era volato via». All’arrivo, situato a metà della Redoute, Seixas alla fine si impose con 9 secondi di vantaggio sul neerlandese Daan Dijkman e 16 secondi sul belga Jenthe Verstraete. Quanto al suo compagno di squadra Sparfel, ha battuto un gruppetto in volata e ha chiuso al 4° posto. «Ci sentivamo così bene tutti e tre in quella stagione, l’alchimia tra noi era fantastica», ricorda ancora Boussemaere, 17° all’arrivo. «La Liegi è una gara che voleva davvero vincere quell'anno», ha confidato nel 2024 Alexandre Chenivesse, allora coordinatore dei gruppi juniores e Conti. «Non era il piano ideale, ma è riuscito a convincere la squadra e il suo allenatore. Gli aveva detto: «Fidatevi di me, voglio partecipare a quella gara, ho bisogno di vincere quella Monumento». «Mi disse che aveva fatto bene a insistere», ride ancora Pacot, raggiunto ieri al telefono. Nella primavera del 2024, l’interessato riconosceva l’importanza di quella vittoria a 17 anni: «È fantastico, mitico, è una bella voce nel palmarès».
Lo scorso autunno, a fine stagione, la prospettiva della Liegi-Bastogne-Liegi, il ricordo del 2024 e il posto di questo Monumento nella storia gli avevano strappato un sorriso tirato e piena di ambizione. «Da piccolo non ho avuto l’occasione di andarci come spettatore, ma la guardavo spesso in tv», ha spiegato Seixas. «L’ho vinta da junior. Mi sono subito appassionato a quel tipo di sforzo che mi si addice davvero bene».
« Gli sforzi da tre a sei-sette minuti sono un lavoro diverso da quello dello scalatore puro, quando si punta alla classifica generale o a una cronometro», ha proseguito. «Partecipare a questa classica significa essere un corridore completo, ecco perché mi interessa». Ha confermato, tra l’altro, la sua presenza alla “Doyenne des classiques”, la sua prima Monumento della stagione 2026: «La Redoute, ad esempio, è una salita che mi si addice davvero bene. È per questo che la Liegi-Bastogne-Liegi sarà anche una delle tappe della prossima stagione». Non vedo l’ora che arrivi domenica.
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