GANNA Du grand Aert


Filippo Ganna a remporté À travers la Flandre, hier, après avoir rejoint 
et déposé Wout Van Aert à cent mètres de la ligne d’arrivée.

L’Italien Filippo Ganna, dont la journée avait été minée par les accidents mécaniques, est parvenu sur la fin à s’imposer devant Wout Van Aert, toujours maudit sur cette course.

“Gagner ici en Belgique, 
pour moi, c’est vraiment spécial ''
   - FILIPPO GANNA

2 Apr 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS

WAREGEM (BEL) – « Un sacré tour de piste. » Devant le car d’Ineos Grenadiers, Giovanni Lombardi, en connaisseur, saluait, hier, la performance de Filippo Ganna, deuxderniers kilomètres de feu, coincé entre la meute des sprinteurs derrière lui et le loup solitaire Wout Van Aert quelques dizaines de mètres plus loin mais qu’il a arrangé à cent mètres de la ligne.

Le champion olympique de la course aux points à Barcelone, en 1992, pointait la fin du parcours en cercle autant que la capacité de son compatriote à monter les tours de son gros moteur d’ancien pistard pour revenir sur le Belge, lancé depuis 51 km dans la quête de cette course décidément maudite puisqu’elle l’avait salement envoyé au sol, il y a deux ans, puis l’avait crucifié l’an dernier dans un sprint imperdable face à Neilson Powless, à trois Visma contre un.

À côté de Lombardi, Magnus Sheffield, également un acteur du final, revivait sur une tablette la remontée de son équipier et ne put réprimer un rire admiratif. Il savait combien le Piémontais en avait pris plein la figure pour pas un rond depuis Roulers. « Pippo a dû changer de vélo plusieurs fois. Et il n’y a jamais de bon moment pour ça, surtout quand la course explose comme elle l’a fait tôt. Mais c’est un coureur incroyable. »

Assez pour rouler avec un rayon cassé durant une dizaine de bornes, tenir entre ses mains un guidon en guimauve avant d’empoigner un troisième vélo et rentrer dans le peloton à 34 km du terme. Ce qui rend sa victoire à Waregem encore plus prestigieuse selon Ian Stannard, son directeur sportif: « Oui, c’est impressionnant, très impressionnant. Il a cassé la roue très tôt dans la course mais, avec la manière dont la course s’est fragmentée, c’était impossible de le rejoindre. Un vrai cauchemar, mais il s’en est bien sorti et on a pu voir sa détermination à la fin. Après San Remo, il avait faim, très faim. »

Car le coureur Ineos, un an après avoir été à la lutte avec Tadej Pogacar et Mathieu Van der Poel (2e comme en 2023), avait érigé la Primavera en priorité de sa saison, mais cette épreuve qui se joue parfois à la roulette l’avait relégué (33e) sans fleur ni émotion. « Peut-être que je n’avais pas bien récupéré après Tirreno, a-t-il expliqué. Mais les jambes que j’avais aujourd’hui ( hier) et aussi à Gand ( 34e, dimanche) sontcomplètementdifférentes de celles à San Remo. Malheureusement, la forme est peutêtre arrivée une semaine trop tard. Mais, au final, je gagne aujourd’hui (hier) et je suis heureux. Cela compense un peu ma grande déception. » Car l’Italien connaît son palmarès, « surtout des victoires en contre-la-montre plutôt que sur route. Gagner ici en Belgique, pour moi, c’est vraiment spécial. Aujourd’hui, c’était un jour particulier. Je ne suis peut-être pas le coureur le plus fort pour ce type de courses quand on voit le palmarès incroyable des coureurs devant moi. Cette victoire me donne de très bonnes sensations pour la suite. »

La suite? Normalement, Roubaix dans dix jours mais, au sein de son équipe, un directeur sportif a glissé que les plans pouvaient changer, sous-entendant que, sur sa forme, avec la présence également de Remco Evenepoel pour renverser la table, Ganna pourrait être au départ du Ronde, dimanche. « Il doit appeler ma copine parce qu’elle a prévu un dîner pour Pâques, a souri l’Italien. Avec de grands noms comme Wout, Mathieu, on sait que le podium est très difficile à aller chercher. Mais l’an dernier, j’ai aussi fait un top 10 (8e), donc il ne faut jamais dire jamais. Je suis ouvert à tout. Mais je le répète: j’ai un bon dîner qui m’attend et une télé de 165 centimètres, je peux m’asseoir sur le canapé et regarder la course tranquillement (rires). »

Malgré sa cruelle deuxième place, Wout Van Aert a d’autres plans que s’enfoncer entre les coussins. Ses deux raids, celui d’hier (avec notamment Romain Grégoire) et d’In Flanders Field, rappelle sa forme du moment. Même si, une nouvelle fois, il retourne fanny dans son car où Richard Plugge, le patron de la formation néerlandaise, ne rigolait vraiment pas. Grischa Niermann, son directeur sportif, à peine plus, puisqu’il estimait que « partir en solitaire était la meilleure option. On s’attache à la bonne forme de Wout et de Christophe (Laporte, 7e) mais, au final, tout tourne autour de la victoire et, aujourd’hui (hier), on a perdu. »

Pas de bière, donc, pour les Visma, que Ganna avait prévu, au contraire, de s’enfiler pour fêter, à 29 ans, son premier succès sur une course d’une journée.

***

Filippo Ganna ha vinto ieri la «À Travers la Flandre» (Attraverso le Fiandre), 
dopo aver raggiunto e superato Wout Van Aert a cento metri dal traguardo.

GANNA - Opera d'Aert

L'italiano Filippo Ganna, la cui giornata era stata compromessa da problemi meccanici, è riuscito nel finale a imporsi su Wout Van Aert, ancora una volta sfortunato in questa gara.

“Vincere qui in Belgio,
per me, è davvero speciale”
   - FILIPPO GANNA

2 aprile 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS

WAREGEM (BEL) – «Un giro di pista incredibile». Davanti al pullman della Ineos Grenadiers, Giovanni Lombardi (ex velociusta e attuale suo procuratore, ndr), da intenditore, ha elogiato ieri la prestazione di Filippo Ganna, autore di due ultimi chilometri infuocati, incastrato tra il gruppo dei velocisti alle sue spalle e il lupo solitario Wout Van Aert a poche decine di metri di distanza, ma che lo stesso Ganna ha battuto a cento metri dal traguardo.

L'olimpionico della corsa a punti a Barcellona 1992 (Lombardi, ndr) sottolineava tanto la fine del percorso in circuito quanto la capacità del suo connazionale di sfruttare il proprio potente motore da (ormai) ex pistard per recuperare sul belga, lanciato da 51 km alla ricerca di questa gara (per lui) decisamente maledetta, dato che lo aveva mandato a terra in modo brutale due anni fa, per poi crocifiggerlo l'anno scorso in uno sprint "imperdibile" contro Neilson Powless, con tre Visma contro uno.

Accanto a Lombardi, Magnus Sheffield, anch'egli protagonista del finale, stava guardando la replica della rimonta del compagno di squadra su un tablet e non riusciva a trattenere una risata ammirata. Sapeva quanto il corridore piemontese avesse speso da Roeselare in poi. "Pippo ha dovuto cambiare bici diverse volte. E non c'è mai un momento giusto per farlo, soprattutto quando la corsa esplode come è successo all'inizio. Ma è un corridore incredibile."

Incredibile al punto da pedalare con un raggio rotto per circa dieci chilometri, da tenere in mano un manubrio morbido come un marshmallow prima di afferrare una terza bici e rientrare nel gruppo a -34 km dal traguardo. Il che rende la sua vittoria a Waregem ancora più prestigiosa, secondo Ian Stannard, il suo direttore sportivo: "Sì, è impressionante, davvero  impressionante. Gli si è rotta la ruota molto presto, ma con il modo in cui la corsa si è frammentata, era impossibile raggiungerlo." Un vero incubo, ma ne è uscito bene e si è vista la sua determinazione fino alla fine. Dopo la Sanremo, aveva fame, molta fame.

Perché il corridore della Ineos, un anno dopo aver lottato con Tadej Pogačar e Mathieu van der Poel (2°, come nel 2023), aveva fatto della Primavera la sua priorità stagionale, ma questa corsa, che a volte può essere decisa dal caso, lo ha relegato (33°) senza clamore né emozioni. "Forse non ho recuperato bene dopo la Tirreno-Italia", ha spiegato. "Ma le gambe che avevo oggi (ieri) e anche alla Gand (34°, domenica) sono completamente diverse da quelle che avevo alla Sanremo. Purtroppo, la mia forma potrebbe essere arrivata con una settimana di ritardo. Ma, alla fine, ho vinto oggi (ieri) e sono felice. Questo in qualche modo compensa la mia grande delusione". L'italiano conosce il suo palmarès, "soprattutto vittorie a cronometro piuttosto che in linea. Vincere qui in Belgio, per me, è davvero speciale. Oggi è stata una giornata speciale". "Potrei non essere il corridore più forte per questo tipo di gara, considerando l'incredibile palmarès dei corridori che mi precedono. Questa vittoria mi dà un'ottima sensazione per quello che verrà."

Che cosa succederà ora? Normalmente, la Roubaix tra dieci giorni, ma all'interno della sua squadra, un direttore sportivo ha lasciato intendere che i piani potrebbero cambiare, sottintendendo che, vista la sua forma e con Remco Evenepoel a dare una scossa alla situazione, Ganna potrebbe essere al via del Giro delle Fiandre domenica. "La mia ragazza starà chiamando perché sta organizzando una cena per Pasqua", ha detto sorridendo l'italiano. "Con grandi nomi come Wout e Mathieu, sappiamo che il podio è molto difficile da raggiungere. Ma l'anno scorso ho anche fatto un piazzamento tra i primi 10 (8°), quindi mai dire mai. Sono aperto a tutto. Ma ripeto: mi aspetta una bella cena e una tv da 65 pollici, posso sedermi sul divano e guardare la corsa comodamente (ride)".

Nonostante il suo secondo posto, che gli ha spezzato il cuore, Wout Van Aert ha altri progetti oltre a sprofondare nei cuscini. Le sue due fughe, quella di ieri (con Romain Grégoire tra gli altri) e quella a In Flanders Field (l'ex Gand-Wevelgem, 56 km domenicqa 29 marzo), sono un promemoria della sua forma attuale. Anche se, ancora una volta, è tornato a mani vuote al pullman della squadra, dove Richard Plugge, il capo della squadra neerlandese, non sembrava affatto contento. Grischa Niermann, il suo direttore sportivo, era solo leggermente più divertito, convinto che "andare in solitaria fosse l'opzione migliore. Siamo concentrati sulla buona forma di Wout e Christophe (Laporte, 7°), ma in fin dei conti, tutto si riduce alla vittoria, e oggi (ieri) abbiamo perso".

Niente birra, dunque, per la Visma, che Ganna aveva invece previsto di bere per festeggiare, a 29 anni, il suo primo successo in una corsa di un giorno.

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