Les Bressans à l’assaut d’un premier titre européen


BASKET - Deux ans après sa défaite contre le Paris Basketball, à Istanbul. 
Outsider, la formation bressane veut créer la surprise.

Nicolas Guillermin
22 Apr 2026 - L'Humanité

Ça commence à devenir une habitude. Pour la deuxième fois en trois saisons, la JL Bourg s’apprête à disputer la finale de l’eurocoupe, la deuxième compétition continentale la plus prestigieuse après l’euroligue. Deux ans après sa défaite contre le Paris Basketball, la formation bressane retrouve, ce mercredi (19 heures), le Besiktas à Istanbul avec l’ambition de décrocher le premier grand titre de son histoire.

Le défi s’annonce toutefois considérable. Le club turc part favori, fort de deux succès face à Bourg-en-bresse (Ain) cette saison et de l’avantage du terrain. « Besiktas est une équipe programmée pour l’euroligue, avec une masse salariale trois ou quatre fois supérieure à la nôtre » , rappelle le directeur sportif François Lamy, qui compare cette mission à l’ascension de l’himalaya. Le président Julien Desbottes tempère toutefois : « Ce serait une erreur de se mettre la pression. »

DES DUNKS RAGEURS

Pourtant, malgré ce statut d’outsider, la « Jeu » (Jeunesse laïque de Bourg-enBresse) – remontée dans l’élite en 2017 – a acquis ces dernières saisons une crédibilité sur la scène européenne. Elle l’a encore démontré en demi-finale avec un scénario renversant. Après une lourde défaite à domicile contre Ankara (99-71), les joueurs de Frédéric Fauthoux ont arraché l’égalisation dans l’ambiance bouillante de la capitale turque (76-73), avant de s’imposer sur le parquet de l’ekinox face à une équipe pourtant renforcée par plusieurs anciens d’Euroligue, dont Kyle Alexander, Uros Trifunovic et Marko Simonovic.

Un parcours européen d’autant plus remarquable que l’effectif a été profondément renouvelé à l’intersaison : 10 des 11 joueurs sont partis à l’été 2025, seul le capitaine, Kevin Kokila, ayant été conservé. Le technicien bressan a néanmoins su reconstruire un collectif compétitif, porté par des recrues inspirées comme l’arrière américanosud- soudanais Both Gach, arrivé de Darüssafaka, qui s’est notamment illustré par des dunks rageurs face à Ankara.

Au fil des saisons, Bourg-en-Bresse s’est affirmé comme un club tremplin. Des joueurs comme Zaccharie Risacher, premier choix de la draft NBA 2024, ou encore Jeremy Morgan, qui dispute l’euroligue, illustrent cette dynamique. En dépit des renouvellements d’effectif fréquents, la direction sportive maintient un haut niveau de performance grâce à un recrutement ciblé. François Lamy et Frédéric Fauthoux privilégient des profils adaptés à leur projet, recherchant des « caractéristiques basket » là où le championnat de France valorise davantage le « physique » .

Des joueurs tel Darius Mcghee (1,76 m), arrivé de Bonn ( Allemagne), ou l’australien Will Mcdowell-white, passé par l’alba Berlin, incarnent cette stratégie. Leur présence témoigne aussi de l’attractivité croissante du club, capable d’attirer des talents courtisés malgré des moyens limités. « Bourg-en-bresse est désormais reconnu en Europe par l’euroligue (qui organise aussi l’eurocoupe – NDLR), les autres clubs et les agents, souligne François Lamy. La finale de 2024 a été un vrai tournant. »

En coulisses, le développement du club se poursuit. Avec un budget en hausse (8,1 millions d’euros cette saison), Bourg-en-bresse reste loin des géants du trio de tête du championnat de France, composé de Monaco ( 38,7 millions), Paris (28,8 millions) et l’asvel (18,7 millions), mais compense par une stratégie de diversification, incluant entre autres des projets dans le loisir indoor et le sportsanté. Un modèle économique nécessaire pour un territoire et une salle – l’ekinox et ses 3 500 places – aux opportunités économiques plus limitées.

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