SEIXAS Radiographie d’un physique
Seixas au rayon X
À 19 ans, le Français, vainqueur de la Flèche Wallonne mercredi et un des favoris de Liège-Bastogne-Liège demain, possède un physique déjà bien façonné par des années de travail et un mental à toute épreuve. Dans lequel il puise chaque jour pour montrer son talent en course.
25 Apr 2026 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO (avec A. Ro.)
LA TÊTE
«Seixas Instrument»
Son surnom, il y a quelques années, était un programme à lui tout seul, « Seixas Instrument », du nom d’une calculette que tous les collégiens et lycéens connaissent. Modèle d’organisation sportive, Paul Seixas paramètre tout et suit à la ligne un plan minutieusement écrit. « Son autoanalyse instantanée de la chose est bluffante, admire Philippe Gilbert, vainqueur de Liège-BastogneLiège en 2011. Même Pogacar qui était précoce n’était pas aussi avancé au même âge dans son développement mental. » Ceux qui le suivent depuis longtemps racontent que le Français n’a jamais manqué un entraînement, même tout jeune, à un âge où les distractions peuvent être nombreuses et les excès de flemme pas surprenants. « Il est câblé dans l’exercice de son sport » , entend-on le plus souvent. Avec la tête froide. « Quoi qu’il se passe, je ne vais jamais vraiment paniquer, reconnaît Seixas. Je vais toujours rester calme, serein. Et même avant une course, je ne me prends pas la tête, je ne stresse pas, je ne dors pas mal. »
Mercredi, après avoir remporté la Flèche Wallonne, il avait déjà basculé sur Liège-BastogneLiège, le gros objectif de son plan. « Il a tendance à toujours penser tout de suite à la suite, il ne s’arrête jamais sur ce qu’il vient de faire, c’est sa mentalité depuis très longtemps, glisse son entraîneur, Alexandre Pacot. Quand il gagne Liège chez les juniors en 2024, une heure après, il me parlait des Championnats de France de chrono qui avaient lieu quatre jours plus tard. »
LE HAUT DU CORPS
Du muscle et de la caisse
« Il a évolué comme tous les néo-pros, relève Jean-Baptiste Quiclet à propos de la morphologie de Seixas. On voulait d’abord qu’il soit en bonne santé, et la physiologie fait son oeuvre, au fur et à mesure des charges de travail. »
« Il a une parfaite connaissance de ses sensations, de son corps, cela m’épate » , répète régulièrement Julien Jurdie, un deses directeurs sportifs. Cette impression visuelle et inhérente à l’âge qu’il prend a aussi marqué ses coéquipiers. « À 16-17 ans, c’était vraiment un petit gabarit, quelques mois. Il était déjà grand, mais assez frêle, pas forcément développé. C’est sûr qu’aujourd’hui, il a pris énormément de muscles et de caisse avec les années. Dans les catégories jeunes, il ne dominait pas sur son physique comme certains coureurs. Cela m’avait aussi un petit peu bluffé à l’époque. »
« Au début, il avait un corps d’enfant de 18 ans, il n’était pas formé, il n’avait pas de bras, pas de pecs, il avait le bidon d’un gamin, rigole Pignatelli. Et je me suis toujours demandé, comment, avec ce corps, il pouvait envoyer de l’air comme ça sur le vélo, c’était hallucinant. Et il est encore en pleine progression musculaire. »
Du muscle et de la caisse
« Il a évolué comme tous les néo-pros, relève Jean-Baptiste Quiclet à propos de la morphologie de Seixas. On voulait d’abord qu’il soit en bonne santé, et la physiologie fait son oeuvre, au fur et à mesure des charges de travail. »
« Il a une parfaite connaissance de ses sensations, de son corps, cela m’épate » , répète régulièrement Julien Jurdie, un deses directeurs sportifs. Cette impression visuelle et inhérente à l’âge qu’il prend a aussi marqué ses coéquipiers. « À 16-17 ans, c’était vraiment un petit gabarit, quelques mois. Il était déjà grand, mais assez frêle, pas forcément développé. C’est sûr qu’aujourd’hui, il a pris énormément de muscles et de caisse avec les années. Dans les catégories jeunes, il ne dominait pas sur son physique comme certains coureurs. Cela m’avait aussi un petit peu bluffé à l’époque. »
« Au début, il avait un corps d’enfant de 18 ans, il n’était pas formé, il n’avait pas de bras, pas de pecs, il avait le bidon d’un gamin, rigole Pignatelli. Et je me suis toujours demandé, comment, avec ce corps, il pouvait envoyer de l’air comme ça sur le vélo, c’était hallucinant. Et il est encore en pleine progression musculaire. »
LES JAMBES
Un bras de levier efficace
L’outil principal de Seixas force l’admiration des observateurs. « Il a des jambes très longues, un levier au niveau des manivelles impressionnant, et cela fait la différence, note Philippe Gilbert. Il a un fémur très long, semblable à Eddy Merckx. Ça veut dire qu’il a un bras de levier efficace, ça le fatigue moins, il a un rendement incroyable. »
« La première fois que j’ai vu ses jambes, je ne me suis rien dit de particulier, car je ne le connaissais pas musculairement, il était très jeune. Par contre, au fur et à mesure des massages, j’ai ressenti en lui une détente musculaire, développe l’assistant sportif Sabino Pignatelli, qui le masse tous les jours. Après chaque massage, il a la sensation d’avoir des jambes neuves. Aujourd’hui, je vais chercher plus facilement les tensions, les douleurs, je les travaille plus qu’avant. »
Cet hiver, le vainqueur du Tour du Pays basque a fait un peu plus de course à pied que d’habitude, pour suivre son évolution physique – il n’a que 19 ans ! – et les besoins qui peuvent aller avec. « Je vois un peu des choses différentes, confiait-il en février lors de son stage en Sierra Nevada. En début de saison, on fait un peu plus de course à pied pour solidifier les os. Le cyclisme est un sport où, certes, il n’y a pas d’impact mais, du coup, parfois, notre squelette devient un peu plus fragile. Il faut vraiment y faire attention. »
LEREGARD
Le sens du placement
La concentration mentale et la concentration visuelle font partie intégrante des qualités du leader de Decathlon-CMA CGM. Voir avant les autres ou voir mieux, pour sentir la course et ses mouvements ou le placement en peloton, lui viennent probablement un peu de ses années cyclo-cross. La vision et le sens du pilotage y sont prépondérants.
« Une fois sur le vélo, il mobilise toute son attention. L’énergie qu’il évite de dépenser inutilement en dehors du vélo, il la concentre une fois dessus. Il est alors un vrai cannibale » , avouait, en février, en Sierra Nevada, Alexandre Abel, un des entraîneurs du groupe World Tour. Sur la Flèche Wallonne mercredi, cette faculté de bien scanner la course lui a permis de se faufiler dans l’approche du mur de Huy pour remonter le peloton et se replacer efficacement. L’air de rien, et les différentes vidéos de course le prouvent, ses yeux se promènent en permanence sur ses adversaires et sur la route.
La parole du leader
Le Lyonnais est loin d’être le coureur qui parle le plus dans un groupe, qui met l’ambiance, monte sur les tables et monopolise les discussions. Mais lorsqu’il faut évoquer une course, un objectif ou un plan de bataille, il le fait instinctivement.
« Tous ses débriefs étaient tout le temps pertinents et réfléchis, se souvient Yann Berny, son directeur sportif chez les jeunes au VC Villefranche Beaujolais, avec qui il a gardé le contact. C’était une démarche intelligente à chaque fois, et collective. C’était naturel pour lui. »
« À partir du moment où on prend le départ d’une course, Paul a toujours été un leader, observe son coéqui
pier Antoine L’Hote (20 ans). Sans dire “ouais, allez les gars, il faut rouler pour moi”, s’il sent qu’il faut qu’on soit placés à tel ou tel endroit ou à un certain moment, il le dira, il dira ce qu’il pense et donnera son point de vue. Il sait dire ce qu’il veut. »
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