A L'Équipe, la rédaction sort les cartons

LA CHRONIQUE SPORT DE 
MEJDALINE MHIRI 
JOURNALISTE INDÉPENDANTE
11 May 2026 - L'Humanité

Réunis en assemblée générale il y a une semaine, les salariés de l’Équipe, en concertation avec l’intersyndicale et la société des journalistes, ont appelé à une grève le vendredi 8 mai à la suite de l’annonce d’un projet de bâtonnage automatique de dépêches via l’intelligence artificielle (IA). La goutte de trop alors que les récriminations à l’encontre de la direction de l’unique quotidien sportif du pays s’accumulent : « détérioration des conditions de travail, suppressions de postes, absence de vision éditoriale », détaille l'intersyndicale. La veille de la grève prévue, la direction a donc annoncé la présentation d'un cadre pour utiliser l'AI. « Mais il reste beaucoup de flous, alors que l'on est l'un des derniers médias à ne pas avoir de charte sur le sujet. Globalement, on veut en faire beaucoup plus avec beaucoup moins de moyens », résume Stephane Antoine, élu SJ-CGTd'une rédaction comptant 353 équivalents temps plein, dont 331 journalistes. Depuis quelques mois, le malaise grossit à l'Équipe. En mars 2024, Rolf Heinz à la tête de Prisma Media durant douze ans, est nommé directeur général du groupe. Six mois plus tard, le directeur de la rédaction, Lionel Dangoomau, et son adjoint, Jean-Philippe Leclaire, sont évincés, « leurs badges et leur adresse mail professionnelle désactivés le soir même. En interne, la méthode, décrite comme “brutale” par de nombreux salariés, a choqué », relatait le Monde, quand bien même le duo « ne faisait pas l’unanimité ». 

En provenance de l’hebdomadaire Gala, Matthias Gurtler est nommé pour les remplacer, malgré son inexpérience en sport et en presse quotidienne nationale (courte parenthèse : il n’y a bien qu’aux hommes que ces parcours sont promis, tandis que les femmes sont sommées de prouver leur compétence à des postes moindres). La gronde ne tarde pas : en novembre 2025, une motion de défiance est adoptée à plus de 92 %, les reproches se cristallisant autour d’une ligne éditoriale qui préfère les infos people et les clics plutôt que les enquêtes sourcées. En février, Matthias Gurtler quitte officiellement son poste. À sa place, un trio de journalistes est choisi: Hervé Fouillet, Frédérique Galametz et Frédéric Waringuez. Un casting largement critiqué par l’intersyndicale : « Trois personnes qui sont en responsabilité depuis plus de vingt ans, qui ne dialoguent pas, et qui n’incarnent vraiment pas la “transformation” vantée par le DG mais qui savent obéir. » Enfin, selon L’AFP, une nouvelle motion de défiance est adoptée fin mars à plus de 83 % à l’encontre du directeur général, Rolf Heinz. Ainsi, derrière les changements de direction qui s’enchaînent, une question demeure : comment transformer un média sans épuiser celles et ceux qui le fabriquent ? C’est précisément ce qui se joue à L'Équipe.

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LA CRONACA SPORTIVA DI
MEJDALINE MHIRI
GIORNALISTA INDIPENDENTE

A l'Équipe, la redazione tira fuori gli scatoloni

11 maggio 2026 - L'umanità

Riuniti in assemblea generale una settimana fa, i dipendenti de l'Équipe, in consultazione con l'intersindacale e l'associazione giornalisti, hanno indetto uno sciopero per venerdì 8 maggio in seguito all'annuncio di un progetto di bloccaggio automatico delle agenzie tramite l'intelligenza artificiale (IA). L'ultima goccia mentre le recriminazioni contro la direzione dell'unico quotidiano sportivo del Paese si accumulano: «Deterioramento delle condizioni di lavoro, soppressione di posti di lavoro, assenza di visione editoriale», dettaglia l'intersindacale. 

Il giorno prima dello sciopero previsto, la direzione ha dunque annunciato la presentazione di un quadro per utilizzare l'AI. «Ma rimangono molte vaghezze, mentre siamo uno degli ultimi media a non avere una carta sull'argomento. Nel complesso, vogliono fare molto di più con molti meno mezzi", riassume Stephane Antoine, eletto SJ-CGT di una redazione che conta 353 assunti a tempo pieno, di cui 331 giornalisti. Da qualche mese, a l'Équipe il malcontento cresce. Nel marzo 2024, Rolf Heinz, a capo di Prisma Media per dodici anni, è stato nominato direttore generale del gruppo. Sei mesi dopo, il direttore della redazione, Lionel Dangoomau, e il suo vice, Jean-Philippe Leclaire, sono stati estromessi, e «i loro badge e il loro indirizzo e-mail aziendali disattivati la sera stessa. Internamente, il metodo, descritto come "brutale" da molti dipendenti, ha scioccato», ha riferito Le Monde, anche se il duo «non era unanime».

Proveniente dal settimanale Gala, Matthias Gurtler è stato nominato per sostituirli, nonostante la sua inesperienza nello sport e nella stampa quotidiana nazionale (breve parentesi: è solo agli uomini che questi percorsi sono promessi, mentre le donne sono chiamate a dimostrare la loro competenza in posizioni minori). Le rimostranze non tardano: nel novembre 2025, una mozione di sfiducia è stata adottata a più del 92%, le rimostranze si cristallizzano intorno a una linea editoriale che preferisce le informazioni popolari e i clic anziché le inchieste. A febbraio, Matthias Gurtler lascia ufficialmente l'incarico. Al suo posto, viene scelto un terzetto di giornalisti: Hervé Fouillet, Frédérique Galametz e Frédéric Waringuez. Un cast ampiamente criticato dall'intersindacale: «Tre persone che sono responsabili da più di vent'anni, che non dialogano e che davvero non incarnano la "trasformazione" rivendicata dal DG ma che sanno obbedire. Infine, secondo l'AFP, una nuova mozione di sfiducia è stata adottata a fine marzo a più dell'83% contro il direttore generale, Rolf Heinz. Così, dietro i cambiamenti di direzione che si susseguono, rimane una domanda: come trasformare un media senza sfinire coloro che lo costruiscono? Questo è esattamente ciò che è in gioco a l'Équipe.

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