Fiorelli sacré par Visma
Filippo Fiorelli a devancé au sprint le Français
Alexis Renard et le Britannnique Lewis Askey.
Vainqueur surprise du Tro Bro Leon hier, le Sicilien a profité du travail collectif de son équipe pour remporter le plus beau succès de sa carrière.
"Fiorelli fait un sacré numéro dans le final ;
moi, je ne pouvais pas changer le scénario"
- BENOÎT COSNEFROY, COUREUR
D’UAE EMIRATES–XRG
11 May 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS
LANNILIS (FINISTÈRE) – À défaut de fêter la victoire d’Alexis Renard, 2e du Tro Bro Leon hier, l’équipe Cofidis pensait se consoler avec le cochon, trophée sur quatre pattes qui, traditionnellement, revient au meilleur Breton de l’épreuve. Las, il n’y aura pas de méchoui au programme de l’équipe nordiste. Une association de défense des animaux a effectué, ces derniers jours, une descente dans une exploitation porcine du coin pour mauvais traitements, ce qui a amené les organisateurs et les Jeunes Agriculteurs du Finistère à revoir leur plan.
Pourtant, de bon matin, dans la salle de sport de Kergroas, des centaines de personnes s’enfilaient le Kig ha farz, la spécialité locale à base d’une pâte de blé noir et blanc, et de morceaux roses et gras arrosés de sauce lipig (à base de beurre et d’échalote) et sans que personne ne pleure sur le sort de la bête, pas au mieux de sa forme.
Si Renard, déçu, est reparti avec un porcelet en bois et un autre en chocolat, il ne désespérait pas d’en récupérer un avec des poils. « Notre mécano “Frobi” (Franck Robert) s’était dévoué pour le ramener car il passe à côté de chez mes parents ! Mais je suis en discussion avec les agriculteurs du coin, c’est toujours sympa d’avoir un petit cochon chez soi. C’est un peu l’objectif ( de finir premier Breton), c’est marrant de jouer avec ça. »
Le coureur de Plorec-sur-Arguenon ne crache pourtant pas sur sa deuxième place car il avait rapidement évalué que la situation dans le final ne lui était pas favorable, qu’il y avait plus fort que lui, le vainqueur inattendu Filippo Fiorelli, et plus nombreux. Si le Sicilien de Visma-Lease a bike n’avait pas été sacré à Lannilis, après cinq heures sublimes dans les ribinou et le long de la route touristique surplombant l’immensité de l’océan, ses coéquipiers Axel Zingle (7e ) ou Per Strand Hagenes (10e) auraient pu lever les bras également. Leur directeur sportif Gaëtan Pons ajoutait même un quatrième nom pour la gagne : « Menno Huising, s’il n’avait pas eu un souci dans les derniers kilomètres. Mais on a réussi à se retrouver à trois et ça a fait la différence. On a pu partir en anticipation avec Per Strand, mais quand son groupe a été repris, on a décidé de jouer la carte de Filippo. Avec Axel au sprint, on avait alors deux cartes. Le plan a fonctionné. »
Comme l’an passé avec Decathlon qui avait déposé Bastien Tronchon et Pierre Gautherat sur les deux premières places du podium, la formation néerlandaise, pour sa première participation, a misé sur le collectif et Benoît Cosnefroy, parti à 30 kilomètres de l’arrivée avec Hagenes, Fred Wright, Lewis Askey et Paul Lapeira, pouvait regretter, à l’inverse, d’avoir été « esseulé ». « Fiorelli fait un sacré numéro dans le final; moi, je ne pouvais pas changer le scénario. C’était compliqué seul, surtout avec le vent sur la fin, on ne pouvait pas courir après tout ce qui bougeait. »
Entre-temps, le vainqueur du Grand Prix du Morbihan, la veille, avait perdu Filippo Baroncini (fracture de la clavicule) après un soleil dans un buisson et, comme Renard, revenu sur la fin grâce à Clément Izquierdo qui a bien charbonné dans les derniers ribinou, il a dû s’incliner face à la maîtrise tactique de Visma.
Sébastien Hinault, directeur sportif de Cofidis, connaît bien la course et avait prévenu « le matin au briefing qu’il fallait être en surnombre dans le final. À un moment, on était quatre sur vingt, c’était pas mal mais quand les cinq sont sortis, Clément s’est sacrifié, Jenthe (Biermans) avait déjà fait beaucoup d’efforts, Hugo (Page) était un peu moins bien et Alexis s’est retrouvé tout seul. On sait l’importance du collectif sur le Tro Bro. Dans mon ancienne équipe (Arkéa), à chaque fois qu’on l’a gagné, on était en surnombre. » Arrivé sept secondes après son coéquipier, Per Strand Hagenes l’avait bien compris et il haranguait la foule sur la ligne comme s’il venait de remporter lui-même cette baston du bout du monde.
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