Aux Étatsunis, la Fifa file vers un flop
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Le stade de Houston, au Texas, accueillera sept matchs jusqu’aux huitièmes de finale.
1 150 dollars minimum pour le match États-unis – qaraguay du 12 juin.
Pourtant, ce sont bien les États-uniens qui vont remplir stades, hôtels et restaurants. Ils seraient même plus nombreux que les voyageurs internationaux, regrette l’association hôtelière américaine AHLA, créant « un déséquilibre qui menace l’impact économique que la Coupe du monde était censée générer». En effet, les étrangers restent plus longtemps dans les hôtels et dépensent davantage que les locaux (5 058 dollars par personne contre 4 794 dollars). Résultat : L’AHLA a sondé ses 30 000 membres largement déçus par leur taux de réservation, quelle que soit leur ville. À Kansas City (6 matchs), 85 à 90 % des sondés estiment même que leurs chiffres sont moins bons que ceux d’un été normal, sans Coupe du monde. La déception touche plus de 70 % des hôteliers de San Francisco, Seattle, Philadelphie et Boston, plus de 60 % de ceux de Los Angeles, New York, Houston et Dallas.
« Le nombre de réservations est clairement en dessous des attentes. On a encore beaucoup de chambres libres en juin et juillet », confirme Alberto Baptista, qui gère deux hôtels dans le sud-ouest de Houston. « Les réservations sont loin de nos projections», renchérit Sumit Dalwadi, dont l’entreprise familiale gère neuf hôtels à Houston et qui avait planifié ses rénovations en fonction de l’événement. Il a finalement baissé ses tarifs et abandonné ses idées de déco foot et de salles pour regarder les matchs. Pour Bob Heere, professeur de management du sport à l’université du Texas du Nord, ce sont avant tout les prix des billets « vraiment, vraiment élevés » qui font fuir les étrangers. Il faut ainsi compter 1 150 dollars minimum pour le match États-unis – Paraguay du 12 juin. Même Donald Trump trouve cela cher ! « Les Américains ont l’habitude de tels prix pour le Super Bowl (football américain), les Masters (golf) ou la March Madness (basket universitaire), d’après Bob Heere, les étrangers, non. »
L’AHLA avance d’autres raisons à ce manque de voyageurs internationaux. D’après elle, ils craignent des temps d’attente longs pour des visas coûteux, des règles pour entrer sur le territoire qui ne sont pas claires, des files décourageantes dans les aéroports… À cela s’ajoutent un dollar fort, des prix de l’essence élevés et des « politiques imprévisibles », regrette l’association. Brent Deraad, le président du Bureau des congrès et du tourisme d’arlington, près de Dallas, cite quant à lui « un sentiment anti-américain qui s’est exprimé en particulier au Canada ».
Sa ville accueillera neuf matchs, un record dans cette compétition. Elle reste pourtant peu connue, car c’est la grande voisine Dallas qui est mise en avant. Il faut dire qu’arlington doit beaucoup à l’équipe de football américain des Dallas Cowboys, qui jouent toute l’année dans le stade où se dérouleront les matchs de la Fifa. Il y a trois semaines, les hôteliers locaux ont subi de plein fouet l’annulation de milliers de réservations par la Fifa, qui confirme une désaffection internationale. La Fifa « a jugé que ses sponsors et médias iraient à moins de matchs que prévu », explique le professeur Bob Heere. L’impact s’est fait ressentir localement : « Au lieu d’avoir 31 jours d’hôtel pleins, on aura des veilles de match et des soirs de match pleins », estime Brent Deraad.
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