Après sa saison magique, Lens rêve de la Coupe de France
Dauphin du PSG en L1, le club nordiste va tenter de remporter la Coupe pour la première fois de son histoire ce vendredi, face à L’OGC Nice.
« Dès le début, Pierre Sage (entraîneur de Lens) nous a parlé de marquer l’histoire de ce club.
On est en train de le faire puisqu’on ramène le club en Ligue des champions
et on s’est donné le droit de rêver avec cette Coupe de France »
- Florian Sotoca Capitaine du RC Lens
22 May 2026 - Le Figaro
Louis Fumeron Envoyé spécial à Lens
Finir de la plus belle des manières et briser la malédiction. C’est le défi qui attend le RC Lens, ce vendredi au Stade de France face à L’OGC Nice (21 heures, France 2 et bein Sports), en finale de la Coupe de France. Les Sang et Or tenteront de décrocher pour la première fois, après trois échecs en finale (1948, 1975, 1998), le trophée tant convoitée par le club et par tous les supporteurs lensois, qui seront nombreux à Saint-denis.
Un paramètre important pour Florian Sotoca, capitaine du RC Lens, que Le Figaro a rencontré mardi à la Gaillette, le centre d’entraînement du club nordiste. «Ici, vous comptez toujours sur cette ferveur. Les supporteurs sont tout aussi importants que nous. Je ne sais pas combien ils seront au Stade de France (le chiffre de 50 000 circule), mais c’est extraordinaire. Il n’y a pas tous les clubs qui ont une ferveur aussi importante.» Et de glisser : «Pour la plupart des joueurs de l’effectif, dont moi, on n’a jamais joué au Stade de France. L’entraînement de jeudi là-bas va nous faire du bien pour prendre nos repères. Mais forcément, entendre que ce soit la Lensoise ou les Corons à la mi-temps, ça va être quelque chose de très fort. Mais les émotions, je préfère les garder pour l’après. »
Cette année, le club fondé en 1906 fête ses 120 ans. En soulevant le trophée vendredi sur les coups de 23 heures, son capitaine marquerait une page indélébile dans le livre des Sang et Or. « On sait que c’est un moment important de l’histoire du Racing Club de Lens. C’est une super date », affirme Florian Sotoca, au club depuis 2019. «Maintenant, le plus important, c’est de la gagner. Je sais que ça va être difficile mais on va tout faire pour la gagner parce que Lens n’a jamais gagné la Coupe de France. Ce serait historique et on aimerait marquer l’histoire de ce club. »
Si Florian Sotoca souhaite « rester vigilant », Lens garde tout de même un avantage sur son adversaire niçois, qui, au terme d’une saison calamiteuse en Ligue 1 (16e), disputera trois jours après la finale de Coupe son barrage aller face à Saint-étienne pour tenter de rester dans l’élite du football français. Pour ne pas se laisser griser, le numéro 7 lensois a la clé : « Si on veut rester dans ce qu’on fait depuis le début de saison, il faut rester avant tout nous-mêmes.» Avant de détailler : «On attaque ce match très sereinement, comme on a l’habitude de faire, avec une préparation qui est la même qu’avant un match de championnat. On sort d’une grosse victoire à Lyon où l’effectif a pu tourner. On a pu préparer tranquillement cette finale. Tous les signaux sont au vert. »
Il est vrai que la fin de saison de Lens rime avec réussite. Avec une dernière victoire éclatante au Groupama Stadium (4-0) et après un duel épique à distance avec le Paris Saint-germain tout au long de la saison, Lens, qui disputera la Ligue des champions la saison prochaine grâce à sa place de dauphin obtenue avec la manière, compte bien finir en point d’orgue cette fabuleuse aventure.
« Quand on regarde un peu en arrière et l’avant-saison où il y a eu beaucoup de changements au club, on ne savait pas trop où on allait. Mais les dirigeants, que ce soit le président Joseph Oughourlian, Benjamin Parrot (le directeur général) ou Jean-louis Leca (le directeur sportif), ont fait un boulot extraordinaire. On a su créer une alchimie entre nous, qui a envoyé des signaux très positifs. Cette année, tout a marché pour nous. C’est une saison magnifique, où au fur et à mesure on s’est senti de plus en plus fort. C’est tout un club qui est à féliciter. On a essayé de titiller Paris jusqu’au bout, mais c’est très dur de rivaliser avec eux sur toute une saison. On ne peut qu’être fier de ce qu’on a fait. On est aussi en finale de Coupe de France. Il y a tout qui va bien pour nous, mais j’espère qu’on pourra la terminer de la meilleure des façons », analyse Florian Sotoca, qui a récemment prolongé son contrat jusqu’en 2027.
Cette épopée 2025-2026 n’aurait jamais pu se faire sans Pierre Sage, arrivé l’été dernier dans le Pas-de-calais et qui « a fait un travail fabuleux avec son staff », dixit Florian Sotoca. Une première saison complète auréolée de la désignation du meilleur entraîneur de Ligue 1 lors de la récente cérémonie des trophées UNFP. Pour le capitaine du RC Lens, tout sauf une surprise. « Pierre a amené beaucoup de sérénité, beaucoup de calme et le côté compétiteur. Dès le début, il nous a parlé de marquer l’histoire de ce club. On est en train de le faire puisqu’on ramène le club en Ligue des champions et on s’est donné le droit de rêver avec cette Coupe de France. Tous les jours, il nous a apporté son exigence avec son adjoint, Jamal Alioui, qui est tout aussi important pour lui et pour nous. Pierre nous a beaucoup apporté cette année. Il a été proche de nous. Ce qu’il avait fait à Lyon, c’était très beau. Ce qu’il fait avec nous, c’est magnifique. C’est un jeune entraîneur, mais qui a déjà beaucoup de succès. On espère qu’il gagnera aussi un titre. J’aimerais lui dire chapeau pour son titre de meilleur entraîneur de Ligue 1 parce qu’il avait de sacrés entraîneurs en face. C’est magnifique pour lui et c’est une belle reconnaissance. »
À 35 ans, l’attaquant lensois n’a jamais glané de titres majeurs. Ce vendredi, au Stade de France, l’opportunité se présente, unique. « J’avais gagné un titre avec l’équipe de France universitaire, mais ça n’a rien à voir avec un club. C’est ma septième année ici. C’est vrai qu’on n’a jamais eu l’opportunité d’aller en finale de la Coupe de France. On l’a fait cette année, on en est fiers, mais il reste une étape à franchir et j’espère qu’elle sera la plus belle possible. Quand j’étais dans mon petit club à Narbonne, je regardais la Coupe de France avec des étoiles plein les yeux. Ce serait extraordinaire de soulever ce trophée parce que c’est un symbole pour moi et pour le RCL. Cette compétition est extraordinaire. J’avais un rêve depuis tout petit, c’était d’y participer. De là à la gagner, ce serait incroyable », avance le joueur qui disputera son 250e match sous les couleurs lensoises pour qui il porte « un amour profond ».
Avant la joie, il reste une étape. Et pas n’importe laquelle. «Une finale reste une finale », rappelle Florian Sotoca. Pas question de se voir trop beau face à une équipe niçoise au bord du gouffre. « Une finale, c’est particulier parce que ça reste un match à gagner. Je vais faire une phrase bateau, mais le match débute à zéro-zéro et tant que vous n’avez pas pris l’avantage, ça reste très difficile. Surtout face à une équipe de Nice qui est en difficulté, mais qui, sur le papier, a de très bons joueurs. Restons vigilants. On est en confiance, mais tout est possible. Ne jouons pas le match avant dans nos têtes et tout se passera bien. Tous les à-côtés, il faut les oublier car si on écoute tout le monde, on a déjà gagné. C’est ça, le plus dur. Tant que l’arbitre n’aura pas sifflé le coup de sifflet final, il faudra être vigilant.» Jusqu’au bout sur la pelouse d’un Stade de France annoncé incandescent.
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